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Le Programme du Parti

Marco Valdo M.I.
Language: French


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Le Programme du Parti

Chanson française – Le Programme du Parti – Marco Valdo M.I. – 2021

Épopée en chansons, tirée de L’Histoire du Parti pour un Progrès modéré dans les Limites de la Loi (Dějiny Strany mírného pokroku v mezích zákona) de Jaroslav Hašek – traduction française de Michel Chasteau, publiée à Paris chez Fayard en 2008, 342 p.

Épisode 2

Dialogue maïeutique



Par nécessité et principe, dit Marco Valdo M.I., un parti en lutte pour le pouvoir a besoin d’un programme ; et même, de plusieurs. Il y a le programme général du Parti ; disons ce qu’on nomme ordinairement sa Déclaration de Principes ; pour faire court, il y a aussi le programme qu’il présente aux électeurs. La Déclaration de Principes est en quelque sorte sa Constitution et concerne principalement les membres du Parti. Le programme électoral vise un but plus direct et sert à convaincre les électeurs d’apporter leur voix aux candidats du Parti. Le programme électoral est un utile instrument de propagande ; il a des visées pratiques et de ce fait, il tient compte de la ligne du Parti, mais il l’adapte aux circonstances.

Je vois, dit Lucien l’âne, c’est assez contingent ; c’est le Parti qui confronte et ajuste ses idées au réel électoral. Mais à cet égard, que raconte la chanson ?

Eh bien, répond Marco Valdo M.I., tout d’abord, il faut savoir qu’elle suit avec fidélité ligne, quelque peu sinueuse, de la pensée de Jaroslav Hašek et s’en va ainsi au gré de son cheminement. Elle, la chanson commence au niveau de la moitié du monde en évoquant la guerre russo-japonaise – une guerre commencée ces années-là et qui rebondira jusqu’en 1945 aux confins de l’Eurasie et qui passera pour l’essentiel inaperçue de ce côté-ci du monde ; puis, elle focalise son attention sur la Bohême ; ensuite, elle s’intéresse à Prague pour en finir à l’Auberge du Litre d’Or, où elle présente de façon succincte le programme du Parti.

Bref, Marco Valdo M.I. mon ami, à la façon dont elles sont dessinées, on commence à entrevoir le dadaïsme de la démarche politique propre à Jaroslav Hašek, mais on en reste aux grandes lignes.

Évidemment, Lucien l’âne mon ami, mais comme je l’ai annoncé précédemment, l’histoire du P.P.M.L.L. (Parti pour un Progrès Modéré dans les Limites de la Loi) est assez complexe et on n’en viendra à bout qu’en parcourant tous les méandres de cette campagne électorale.

Eh bien, dit Lucien l’âne, on verra donc ça au fur et à mesure du déroulement des événements et des chansons qui les détailleront, dont je suppose que tu n’en connais pas encore le nombre.

Non, répond laconiquement Marco Valdo M.I.

Quant à nous, conclut Lucien l’âne, par le moment, tissons le linceul de ce vieux monde électoral, positif, affirmatif, démocratico-dictatorial et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
C’était la guerre entre la Russie et le Japon,
Devant la cathédrale, les Tchèques chantaient à l’unisson
« Debout les Slaves ! » et les Slaves se levèrent
Les écrasantes victoires russes en défaites se muèrent.
Comme la foudre, la pluie, la grêle du ciel
Un formidable élan intellectuel,
Un grand bond révolutionnaire,
Au même moment sur l’Europe déferlèrent.
En Bohême, les mineurs en grève retravaillèrent
Quand les patrons eurent baissé les salaires.

En Bohême, soufflait un vent universel
Une conscience confuse de démocratie.
Les journaux animaient la partie
D’importants propos solennels.
Le peuple tchèque ne manque pas de journalistes
La Démocratie tchèque portait sa parole,
La Parole tchèque était son école.
La Commune, propriété d’un anarchiste,
Et son concurrent Le Pauvre Hère,
Voulaient tous deux la liberté entière.

En ce temps-là, les jeunes poètes exaltés
Enlevaient les filles de boulanger
Et se livraient à des outrages envers Sa Majesté ;
Les mouches volaient bas dans les cafés ;
Un libraire distribuait des bibles aux clients
Et saintement, leur empruntait de l’argent ;
Une Église étrangère achetait les âmes catholiques ;
Les adventistes baptisaient les femmes nues dans les bains publics.
En Macédoine, éclatait la révolution ;
À Salonique, les insurgés faisaient sauter les ponts.

À l’auberge du Litre d’Or, à cette époque-là,
On créa un nouveau parti politique,
Le Parti pour un Progrès modéré dans les Limites de la Loi.
Son programme était la synthèse idéologique
Des termes « modéré », « progrès », « limites » et « loi ».
Il se modulait de façon systématique
Suivant la politique du moment.
Selon les circonstances ou les événements,
Avec intelligence, le Parti suivait le mouvement.
Jamais en arrière, toujours en avant.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2021/6/14 - 20:52



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