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Typhus Walzer

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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Typhus Walzer


Canzone française – Typhus Walzer – Marco Valdo M.I. – 2009


(Dachau Express - Suite en plusieurs tableaux.)


Typhus Walzer est la vingt-deuxième étape d'un cycle de chansons, intitulé Dachau Express, qui raconte l'histoire d'un jeune Italien qui déserta pour ne pas servir le fascisme; réfugié en France, il fut rendu par les pétainistes aux sbires du régime, emprisonné. Les étapes ultérieures de ce tour d'Italie un peu particulier se prolongent en Allemagne et racontent la suite de l'aventure qui se terminera à Dachau.
Comme on le découvrira ici, ces canzones racontent l'histoire d'un homme, aujourd'hui âgé de 88 ans, mais encore plein de vie, qui habite quelque part loin de l'Italie dans le Limbourg près de la frontière hollandaise, en pays flamand. Il s'appelle encore et toujours Joseph Porcu (en Italie, Giuseppe), il est né en Sardaigne et connut une vie passablement agitée. Il connaît et suit avec attention ce Giro d'Italia, ce cycle de chansons et il espère que la mémoire qu'il transmet ainsi pourra permettre de mieux résister à tout retour de la bête immonde (encore qu'actuellement en Italie...) et inciter les gens à tout faire pour créer enfin ce monde de justice (sociale) et de liberté pour lequel sont morts tant de résistants.
Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

Les camps étaient de gigantesques concentrations de populations auxquelles il n'était accordé presque rien, à peine de quoi survivre. L'équipement sanitaire de ces camps ( Francis Ambrière qui fut déporté lui aussi a écrit à leur sujet, un « roman » qu'il intitula d'une ironie cinglante : Les grandes Vacances) était des plus déficients et toutes les maladies y circulaient sans passeport. Parmi elles, le typhus allait se distinguer à Dachau à partir de 1944 et s'y répandre comme l'eau derrière une digue rompue. Les ravages furent énormes, d'autant plus que la population du camp était en croissance, que des déportés aux allures de morts vivants arrivaient de partout par trains entiers , tous les jours. La population des chambrées passa au triple, puis au quadruple de leur contenance originellement prévue, laquelle était déjà fort serrée. On passa ainsi de 400 à 1000 puis à 1600 personnes. Ainsi, il fallait survivre dans une promiscuité effrayante. Tous n'y parvenaient pas. Les poux et le typhus s'en mêlèrent. Les cadavres s'entassèrent en plein air, près du crématoire, qui fonctionnait pourtant en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais il n'y suffisait plus.
Les SS sentant leur fin venir ne tentaient même plus d'enrayer l'épidémie. À vrai dire, ils s'en foutaient complètement de la façon dont mouraient les prisonniers et même, du fait qu'ils mouraient. Bien au contraire, ils se réjouissaient d'ajouter les morts absurdes aux morts absurdes. Ces nazis étaient pires que les poux....

Du point de vue strict de la chanson, il serait bien de lui donner un rythme de valse, une sorte de Typhus Walzer ... Au moins pour le refrain.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



Typhus, typhus, typhus
Ce sont poux qui nous l'ont donné
Typhus, typhus, typhus
C'est sûr, on va tous en crever !
Typhus, typhus, typhus
Ce sont poux qui nous l'ont donné
Typhus, typhus, typhus
C'est sûr, on va tous en crever !


Les mois passaient à Dachau
En juin, il y fait très chaud
La rumeur circulait : typhus
Quelqu'un avait le typhus.
Le typhus se diffuse,
Comme on sait, par les poux.
Nous, les déportés, on portait les poux
Comme le rosaire autour du cou.
Ils se nichaient ces insectes
Jusque dans nos caleçons infects.
On dormait dans des lieux surpeuplés
On passait la nuit plus de mille entassés
où quatre-cents suffisaient
Le typhus sans peine progressait.

Typhus, typhus, typhus
Ce sont poux qui nous l'ont donné
Typhus, typhus, typhus
C'est sûr, on va tous en crever !

Peur du typhus, terreur de nos journées
La course était lancée
Entre les poux et les Alliés.
Par les grands chariots traînés
À grande peine par dix déportés.
Chaque matin, l'épidémie avait avancé.
Étranges et horribles scènes !
Auprès du four, tumuli obscènes,
Patiemment, les corps empilés
Attendaient d'être brûlés.
De grands convois arrivaient en continu
Peuplés de corps blêmes, raides et nus.
Les nouveaux se dissolvaient
On ne sait où ils disparaissaient

Typhus, typhus, typhus
Ce sont poux qui nous l'ont donné
Typhus, typhus, typhus
C'est sûr, on va tous en crever !

On arriva ainsi à décembre
Le typhus moissonnait dans les chambres
Deux cents cadavres tous les matins
On crevait également de faim
Il me restait vingt-neuf kilos
Aux autres, je comptais les os.
Les choses avaient changé
On n'enregistrait plus les prisonniers
Aux nazis, peu importait
Comment on mourrait
Typhus, froid ou faim
Les SS sentant déjà leur fin.
Ajoutaient les morts absurdes
À l'infinité des morts absurdes.

Typhus, typhus, typhus
Ce sont poux qui nous l'ont donné
Typhus, typhus, typhus
C'est sûr, on va tous en crever !

inviata da Marco Valdo M.I. - 23/3/2009 - 17:22



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