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L'Histoire du Soldat

Igor Stravinskij


Lingua: Francese

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Musica di Igor' Fëdorovič Stravinskij
Testo di Charles-Ferdinand Ramuz.
Soggetto tratto da una fiaba raccolta dallo scrittore russo Aleksandr Nikolaevič Afanas'ev nel suo “Racconti popolari russi”

stravinsky
La trama

Un soldato se ne sta tornando a casa in licenza, incontra il diavolo (nei panni di un vecchio signore con retino acchiappafarfalle) mentre sta suonando il proprio violino sulla riva di un ruscello e viene convinto a barattarlo con un libro magico in grado di predire il futuro e di procurare denaro e potere. Il soldato dovrà restare con il diavolo tre giorni per insegnargli a suonare il violino. In realtà, senza accorgersene, il soldato non rimane con il diavolo tre giorni, bensì tre anni, e una volta ritornato al proprio villaggio la madre non lo riconosce e la fidanzata si è sposata. Gli ricompare il diavolo (ora nelle vesti di un ricco mercante di bestiame), che lo incita ad usare il libro magico, dal quale otterrà ricchezza e potere, ma non la felicità. Per questo il soldato rimpiange il proprio piccolo e vecchio violino. Ancora una volta riappare il diavolo (vestito da vecchia mezzana) con il violino, ma il soldato si rende conto che non è più in grado di saperlo suonare, si infuria e distrugge il libro, rompendo l'incantesimo.

Il soldato si rimette in cammino e giunge in un regno il cui re ha promesso in sposa la propria figlia a chi riuscirà a guarirla da una misteriosa malattia. Guarda caso, anche il diavolo si trova in questa città, come elegante violinista. Il soldato lo sfida a carte, lo fa ubriacare e riesce così a recuperare il violino. Con esso si reca al capezzale della principessa, suona tre danze che ridanno vita alla malata e la fanno danzare. Ricompare il diavolo, questa volta proprio nelle sue peculiari vesti di diavolo, ma il soldato lo costringe a ballare al suono del violino, fino a che cade esausto. Il soldato e la principessa si sposano, ma sulla loro felicità grava la maledizione del diavolo, che si attuerà nel caso abbandonino il loro regno. Quando la nostalgia e il desiderio della principessa di conoscere la madre e il villaggio dello sposo li condurranno oltre i confini del regno, infatti, per l'ultima e definitiva volta ricompare il diavolo, che al suono del violino trascina con sé il soldato.

L’antisoldato di Stravinskij

"Quest'opera da camera per voce recitante, mimi e strumenti venne composta nel 1918 quando si era rifugiato nella Svizzera neutrale a fronte della Grande Guerra. Si trovava a Morges, sulle rive del lago di Ginevra, dove si era trasferito dopo aver abbandonato Pietroburgo nel 1914. Era in un periodo di grave crisi esistenziale, turbato dai recenti lutti familiari e dall'incerta situazione economica, mentre in Russia divampavano i tumulti della rivoluzione bolscevica con la politica economica del comunismo di guerra che gli aveva bloccato le rendite. […]

Il racconto del soldato cui il diavolo ruba l'anima venne tratto da un noto libro di storie popolari russe di Afanas'ev che Stravinskij aveva portato con sé dall'ultimo viaggio in patria. Il materiale venne rielaborato da Ramuz che mantenne, essenzializzandola, la linea faustiana del patto col diavolo stilato dal soldato cedendo il violino, simbolo della sua anima, in cambio del libro universale in cui è scritta tutta la scienza del mondo. In metafora il soldato scambia il suo estro amoroso, privo di cervello raziocinante, con la scienza potentissima ma arida.
In una linea metaforica più immediata e popolare il contatto del soldato col diavolo fu identificato con la partenza verso le morte o la quasi morte, nel senso che dalla guerra o non si ritorna più o si ritorna come morti viventi, perché il lungo tempo trascorso lontano dalla patria fa scolorare ricordi ed emozioni in amici e parenti. Il soldato viaggia col diavolo: gli sembrano passato tre giorni e invece sono trascorsi tre anni. Quando ritorna al villaggio nessuno lo riconosce.
Ju. Lotman e B. Uspenskij scrivono, in un saggio sulla cultura russa nell'epoca di Pietro I cui si riferisce la fiaba: ‘Arruolarsi viene identificato con la morte e il coscritto con il defunto' e, citando un brano di Leskov, 'il coscritto [...] era ritenuto dal popolo un uomo finito, ma anche un individuo spregevole. [...] Avere rapporti con queste persone era considerato ripugnante.’ […]"


Stravinskij realizzò due versioni di quest'opera da camera.

La suite de 1919, per clarinetto, violoncello e pianoforte, era articolata in cinque movimenti:

1. Marche du soldat
2. Le violon du soldat
3. Petit concert
4. Tango / Valse / Ragtime
5. Danse du diable

La suite del 1920 prevede invece nove movimenti:

1. Marche du soldat
2. Musique pour la scène 1
3. Musique pour la scène 2
4. Marche royale
5. Petit concert
6. Tango / Valse / Ragtime
7. Danse du diable
8. Petit chorale / Grand chorale
9. Marche triomphale du diable

Libretto riprodotto da questo documento pdf
PREMIERE PARTIE
Musique. Airs de marche.

LE LECTEUR, pendant la musique.
Entre Denges et Denezy,
Un soldat qui rentre chez lui...
Quinze jours de congé qu'il a,
Marche depuis longtemps déjà.
A marché, a beaucoup marché.
S’impatiente d’arriver,
Parce qu’il a beaucoup marché.
Le rideau se lève. La musique continue.
Le décor représente les bords d'un ruisseau.
Le soldat entre en scène. Fin de la musique.

LE LECTEUR
Voilà un joli endroit...
Si on se reposait un moment ?
Le soldat s'arrête au bord du ruisseau.
Mais le fichu métier qu'on a !
Toujours en route, jamais le sou...
Le soldat s'assied. Il ouvre son sac.
C'est ça ! Mes affaires sens dessus dessous !
Mon Saint-Joseph qui est perdu !
(C’est une médaille en argent doré
Avec saint Joseph, son patron, dessus)
Non, tant mieux !...
Va toujours fouillant,
sort des papiers avec des choses dedans,
des cartouches, sort un miroir,
(tout juste si on peut s'y voir)
mais le portrait, où est-ce qu'il est ?
(un portrait de sa bonne amie
qui lui a donné son portrait)
Il l'a retrouvé, il va plus profond,
il sort de son sac un petit violon.

LE SOLDAT, accordant le violon.
On voit que c'est du bon marché :
il faut tout le temps l'accorder...
Le soldat se met à jouer. Musique.
Petits airs au bord du ruisseau.
Entre le diable.
C'est un petit vieux
qui tient à la main un filet à papillons.
Tout à coup, il tombe en arrêt.
La musique continue.
Le diable s'approche du soldat par derrière.

LE DIABLE
Donnez-moi votre violon.

LE SOLDAT
Non !

LE DIABLE
Vendez-le-moi.

LE SOLDAT
Non !

LE DIABLE,
posant son filet à papillons,
et prenant dans la main droite
le livre qu'il a sous le bras gauche.
Changez-le-moi contre ce livre.

LE SOLDAT
Je sais pas lire.

LE DIABLE
Vous ne savez pas lire ? ça ne fait rien.
C'est un livre...
on n'a pas besoin de savoir lire pour le lire.
C’est un livre, je vais vous dire,
qui se lit tout seul, il se lit pour vous.
On n'a qu'à l'ouvrir, on sait tout.
C'est un livre... c'est un coffre-fort...
On n'a qu'à l'ouvrir, on tire dehors...
Des titres ! Des Billets ! De l'or !

LE SOLDAT
Faudrait me le montrer d'abord.

LE DIABLE
Je suis parfaitement d'accord.
Il tend le livre au soldat,
qui se met à lire, bougeant les lèvres
et suivant les lignes avec le doigt.

LE LECTEUR
A terme, à vue, cours des changes...
Pas moyen d'y rien comprendre.

LE SOLDAT
Je lis, c'est vrai, mais je ne comprends pas.

LE DIABLE
Essayez toujours, ça viendra.

LE SOLDAT
Et puis aussi, monsieur,
si ce livre vaut tant d'argent,
mon violon, à moi, il m'a coûté dix francs.

LE DIABLE
Ce que c'est quand même que l'honnêteté !
Elle va vous récompenser
en vous faisant faire une bonne affaire.
L'occasion n'est pas ordinaire.
Dites que oui, profitez-en !

LE SOLDAT
Oh ! bien, si vous y tenez tant !
Il donne le violon au diable
et se met à lire dans le livre.

LE LECTEUR
A terme, à vue, cours des changes,
bourse du samedi 31... Quel jour est-ce qu'on est ? on est un mercredi, le mercredi 28...
C'est un livre qui est en avance. C'est un livre qui dit les choses avant le temps, drôle ça !...

LE DIABLE, brusquement,
après avoir inutilement essayé de jouer.
Dis donc, tu vas venir chez moi.

LE SOLDAT
Pour quoi faire ?

LE DIABLE, montrant le violon.
Tu ne vois pas ? Je n'ai pas encore le coup.
Tu me donnes vite deux ou trois leçons,
et je te ramène à la maison.

LE SOLDAT
Où est-ce que c'est ça, chez vous ?

LE DIABLE
Tout près d'ici, de tes côtés*. [*vers chez toi]

LE SOLDAT
C'est que je n'ai que quinze jours,
rien que quinze jours de congé.

LE DIABLE
Ce sera pour toi à peine un détour.
Et puis j'ai ma voiture :
tu seras rendu plus vite qu'à pied.

LE SOLDAT
Et ma fiancée qui m'attend.

LE DIABLE
Puisque tu arriveras à temps...

LE SOLDAT
On sera logé ?

LE DIABLE
Logé, nourri, soigné, rafraîchi, dorloté,
ma voiture pour te ramener,
deux ou trois jours, un tout petit détour,
après quoi riche pour toujours...

LE SOLDAT
Qu'est-ce qu'on aura à manger ?

LE DIABLE
La cuisine est au beurre, et de première qualité.

LE SOLDAT
On aura de quoi boire ?

LE DIABLE
Rien que du vin bouché.

LE SOLDAT
Et on aura de quoi fumer ?

LE DIABLE
Des cigares à bagues en papier doré.
Le rideau se baisse.

LE LECTEUR
Eh bien ! c'est comme vous voudrez.
C'est comme vous voudrez, je vous dis;
et il a suivi le vieux chez lui,
qui se trouve avoir dit l'exacte vérité,
c'est-à-dire que Joseph a eu à boire et à manger,
et a été soigné comme il n'avait jamais été,
et montra au vieux à jouer,
et le livre lui fut montré.
Deux jours valant bien le détour…
Puis, vint ce matin du troisième jour.
Tout à coup, il vit le vieux qui entrait,
et le vieux lui dit «Es-tu prêt ?
Mais d'abord as-tu bien dormi ?»
Et Joseph qui répond que oui.
«Et est-ce qu'on a tenu ce qu'on t'avait promis ?»
Et Joseph qui répond que oui.
«Alors tu es content ?» «Oh ! oui.»
«Eh bien, dit le vieux, allons-y !»
Ils montèrent dans la voiture, la voiture partit.
Mais tout à coup Joseph s'accroche des deux mains
au rebord en cuir des coussins;
«Attention ! tiens-toi ! tiens-toi bien !
c'est que mes chevaux vont bon train»;
il voudrait se lever, il voudrait sauter, pas moyen;
la calèche est montée en l'air,
elle prend le ciel en travers;
«Es-tu content ? es-tu toujours content ?»
elle glisse en l'air au-dessus des champs,
combien de temps ? il n'y a plus de temps…
Musique. Airs de marche, comme au début.
Entre Denges et Denezy,
un soldat qui rentre chez lui.
Quinze jours de congé qu’il a :
marche depuis longtemps déjà.
A marché, a beaucoup marché,
Se réjouit d’être arrivé,
parce qu’il a beaucoup marché.
Bravo ! ça y est ! on est chez nous;
Bonjour, madame Chapuis !
elle est dans son plantage*, [*jardin]
bonjour, comment ça va-t-il ?
elle n’entend pas, mais voilà Louis : Hé ! Louis !
il passe dans le pré sur son char à échelles,
c’est Louis, c’est un vieil ami;
hein, quoi ? qu’est-ce qu’il y a ?
lui non plus qui ne répond pas ?
Hé ! Louis, tu ne me reconnais pas, ou quoi ?
Joseph, Joseph le soldat,
Joseph, tu te rappelles bien !
(l’autre continue son chemin,
il continue aussi le sien);
et voilà la maison d’école,
avec sa cloche et ses engins
Joseph, Joseph, vous vous rappelez bien !
Voilà le four, l’auberge,
et partout des gens, à présent,
des hommes, des femmes, des enfants,
qu’est-ce qu’il y a ? qu’est-ce qu’il y a ?
est-ce qu’ils auraient peur de moi ?
vous vous rappelez bien pourtant,
Joseph Dupraz ! Joseph !…
Une première porte se ferme,
une autre qui s’est fermée, et une, et une encore,
et elles crient, étant rouillées.
Toutes ces portes qu’on entend…
Et lui alors : «Heureusement !…»
c’est qu’il pense à sa mère :
mais, le voyant venir, elle se sauve en criant;
et il pense : «J’ai ma fiancée…»
Mariée ! Deux enfants !
Ah ! brigand ! bougre de brigand !
je sais qui tu es à présent.
Je comprends, j'y ai mis du temps.
Ça n’est pas trois jours, c'est trois ans !...
Ils m'ont pris pour un revenant :
je suis mort parmi les vivants.
Ah ! brigand ! Bougre de brigand ! je l'ai écouté bêtement; et c'est vrai que j'avais bien faim et que j'étais bien fatigué, ça
n'explique pourtant pas pourquoi je l'ai écouté, est-ce qu'on fait attention à ce que les gens qu'on ne connaît pas vous disent ?
On leur répond : «Je ne vous connais pas», au lieu de quoi, je l'ai écouté...
Le rideau se lève.
Le décor représente le clocher du village
vu à une certaine distance.
On voit le diable, appuyé sur sa canne, il attend.
J'aurais dû me méfier de lui, au lieu de quoi je l'ai écouté, bêtement je l'ai écouté et je lui ai donné mon violon; ah !
malheureux que je suis ! et à présent qu'est-ce que je vais faire ? et à présent qu'est-ce que je vais faire ? et à présent qu'est-ce
que je vais faire ?...

Musique. Le rideau se baisse.
Fin de la musique.
Le rideau se lève. Même décor.
Le diable est toujours là, dans la même position.

LE SOLDAT, dans la coulisse.
Ah ! brigand ! bougre de brigand !
Il apparaît, le sabre hors du fourreau,
et se jette sur le diable.

LE DIABLE, sans bouger.
Qu'est-ce que tu vas faire, à présent ?

LE SOLDAT, reculant
Tout en le menaçant encore.
Ah ! Brigand, attends seulement !...

LE DIABLE
Tâche de parler poliment !
Et puis, tranquille !... Bon... Tu m'entends ?
Qu’est-ce que tu vas faire à présent ?
Le soldat a baissé la tête. Silence.

LE DIABLE
As-tu déjà tout oublié ? Et ce livre bien relié ?

LE SOLDAT
Il est parmi mes affaires.

LE DIABLE
Alors de quoi te plains-tu ?
Tu as plus que le nécessaire,
puisque tu as le superflu.
Et puis, tu es soldat, ou quoi ?
Fais voir à ces messieurs et dames (Criant) :
Garde à vous !... Bouge plus !... Bon !...
Montrant le sabre.
Cache-moi ça !
Le soldat remet le sabre au fourreau.
Ote ton sac, pose-le là !...
Il montre le fond de la scène.
Le soldat obéit.
Bon !... Tu reprends la position...
Garde à vous !... A présent, attention !
Tu vas ôter ton bonnet de police. Mets ça ! Tiens !
Il lui jette une casquette.
Elle te va joliment bien.
Ote ta vareuse, on te trouvera un veston.
Tu reprends la position.
Le soldat ôte sa vareuse.
Tu reprends la position...
Garde à vous !... C'est pas fini.
Le livre, où est-ce que tu l'as mis ?
Le soldat montre le sac.
Ah ! oui, tu me l'as déjà dit. Va le chercher.
Le soldat va à son sac. Le diable l'observe.
Le soldat fouille dans le sac
et en tire plusieurs objets.
Rien que le livre ! Bon, tu l'as ?
A présent, tu reviens vers moi.
Le soldat vient, le livre à la main.
Mais ne le tiens pas comme ça.
Tu pourrais le perdre, mets-le sous ton bras.
Il met le livre sous le bras du soldat.
Un livre qui vaut des millions !
Là, sous ton bras. Ça va bien, mon garçon.
Il sort le violon de sa poche.
Ce que j'ai, et ce que tu as;
chacun son bien, comme tu vois.
Il emmène le soldat.
La scène reste vide un instant.

Musique. La même qu'au commencement de la scène. Le rideau se baisse. Fin de la musique.

LE LECTEUR
Il se mit à lire dans le livre,
et le produit de la lecture fut l'argent,
fut beaucoup d'argent,
parce qu'il connaissait l'événement avant le temps.
Il se mit à lire tant qu'il put,
alors il eut tout l'argent qu'il voulut,
et avec cet argent, tout ce qu'il voulait;
ayant été marchand d'abord,
marchand d'objets;
puis...
puis il n'y eut même plus besoin d'objets,
parce qu'on est entré dans l'esprit,
et on est en dehors du temps,
et j'use des autres comme j'entends,
parce qu'ils sont dans le présent,
et moi, je sais déjà, quand eux croient seulement.
C'est un livre qui se lit tout seul...
c'est un coffre-fort.
On n'a qu'à l'ouvrir, on tire dehors...
Des titres. Des billets. De l'OR.
Et les grandes richesses, alors,
et tout ce que les grandes richesses
sont dans la vie :
femmes, tableaux, chevaux, châteaux,
tables servies…
Tout, j'ai tout, tout ce que je veux;
tout ce qu'ont les autres, et je le leur prends,
et, ce que j'ai, ils ne peuvent pas, eux !
Alors il va, des fois, le soir, se promener.
Ainsi, ce soir; c'est un beau soir de mai.
Un beau soir de mai, il fait bon;
il ne fait pas trop chaud
comme plus tard dans la saison.
On voit le merle faire pencher la branche,
puis la quittant,
la branche reprend sa place d'avant.
J'ai tout, les gens arrosent les jardins,
«Combien d'arrosoirs ?»
Fins de semaine, samedis soir,
il se sent un peu fatigué,
les petites filles jouent à «capitaine russe, partez»,
J'ai tout, j'ai tout ce qu'ils n'ont pas,
alors comment est-ce qu'il se fait que ces autres choses ne soient pas à moi ?
quand tout l'air sent bon comme ça,
seulement l'odeur n'entre pas;
tout le monde, et pas moi,
qui est en train de s'amuser;
des amoureux partout, personne pour m'aimer;
les seules choses qui font besoin,
et tout mon argent ne me sert à rien,
parce qu'elles ne coûtent rien,
elles ne peuvent pas s'acheter;
c'est pas la nourriture qui compte, c'est l'appétit;
alors, je n'ai rien, ils ont tout;
je n'ai plus rien, ils m'ont tout pris.
Et, rentrant à présent chez lui :
c'est pas les cordes qui font le son,
parce que toutes les cordes y sont;
et ce n'est pas la qualité du bois,
j'ai les plus fins, les plus précieux :
mon violon valait dix francs,
mon violon valait bien mieux.
Satan ! Satan ! tu m'as volé,
comment faire pour s'échapper ?
Comment faire ? comment faire ?
est-ce que c'est dans le livre, ça ?
et il l'a ouvert encore une fois,
l'a ouvert, l'a repoussé;
Satan ! Satan ! tu m'as volé !
mais peut-être que le livre sait quand même,
il sait tout, alors (dit-il au livre) réponds :
les autres sont heureux,
comment est-ce qu'ils font ?
les amoureux sont sur le banc, comment faire ? comment faire pour être comme avant ?
dis donc, parce que tu dois savoir,
comment faire pour ne rien avoir ?
On entend la sonnerie du téléphone.
Qu'est-ce qu'il y a ?...
Monsieur, c'est pour ces cinq cent mille francs;
est-ce qu'il faut les verser à votre compte courant ?

LE SOLDAT
Faites comme vous voudrez !
On frappe à la porte.
C’est un télégramme
qui lui apporte des nouvelles de ses bateaux :
toutes les mers à moi ! je suis enfermé.
On m'envie comme jamais homme n'a été envié,
on m’envie, je suis mort, je suis hors de la vie.
Je suis énormément riche,
je suis riche énormément.
Je suis mort parmi les vivants.
Le rideau se lève; on voit le soldat assis
avec le livre à son bureau.
Le diable habillé en vieille femme
apparaît sur le côté de la scène.

LE DIABLE,
En voilà-t-il pas des façons
pour un pauvre petit violon !...

LE SOLDAT, levant la tête.
Va-t'en, je te dis, va-t'en !...
Il se remet à lire.

LE DIABLE
Je vois qu'on y revient pourtant !
On commence par dire non,
puis on se fait une raison...
Le soldat se redresse brusquement,
prend le livre et le jette à terre.

LE DIABLE,
passant la tête par la porte du fond.
Voix de fausset.
Est-ce qu'il est permis d'entrer ?

LE SOLDAT
Qu'est-ce que vous voulez ?

LE DIABLE
On voudrait vous parler...
S'avançant à petits pas.
Mais permettez !...
Ramassant le livre qu'il tend au soldat.
Quelque chose, monsieur,
que vous avez laissé tomber.

LE SOLDAT, prenant le livre.
Est-ce tout ?

LE DIABLE
Monsieur, on va vous expliquer...
J'ai mon carton sur le palier,
des raretés, monsieur, des curiosités...

LE SOLDAT
Non, merci.

LE DIABLE
Oh ! mon bon monsieur, par pitié...

LE SOLDAT, sortant sa bourse.
Alors faisons vite; tenez...

LE DIABLE
Monsieur, on a sa dignité !
Rien qu'on ne l'ait d'abord gagné.
On fait son métier, son petit métier.
Mon carton est sur le palier.
Si j'allais vous le chercher ?...
Il sort brusquement.
Le diable rentre avec le sac du soldat,
qu'il pose à terre.
Regardez, monsieur, regardez !…
De plus en plus vite.
Des bagues, des montres, des colliers ? Non ?
Signe du soldat.
Des dentelles ? Non ? Dites non sans vous gêner...
C'est vrai, vous n'êtes pas marié...
On fait son métier, son petit métier...
Et une médaille en argent doré ?...
Signe du soldat. Comme avec étonnement.
Non ? toujours non ?...
Mais j'ai trouvé ! Un beau portrait tout encadré ?...
Le soldat se tourne vers lui.
Ah ! voilà qui a l'air de vous intéresser.
Est-ce encore non ?... est-ce encore non ?...
Il sort le violon du soldat.
Et si on vous offrait un petit violon ?
Le soldat se lève. Le diable parle
par-dessus son épaule tout en se retirant.

LE SOLDAT
Combien ?
Le soldat se met à le suivre.
Combien ? je vous dis.
Le soldat se précipite sur lui.
Le diable cache le violon derrière son dos.

LE DIABLE
On s'arrange toujours entre amis.
Tendant le violon.
Je vous permets de l'essayer,
nous conviendrons du prix après.
Le soldat s'empare du violon.
Il essaie de jouer, le violon reste muet.
Le soldat se retourne. Le diable a disparu.
Le soldat jette de toutes ses forces
le violon dans la coulisse.
Il revient à son bureau. La musique joue toujours.
Il prend le livre, il le déchire en mille morceaux.
Le rideau se baisse. Fin de la musique.

DEUXIEME PARTIE
Musique. Airs de marche comme au début de la première partie.
LE LECTEUR, pendant la musique.
Entre Denges et Denezy,
et il s'en va droit devant lui.
Où est-ce qu'il va comme ça ?...
il va depuis longtemps déjà.
Le ruisseau, ensuite le pont,
où est-ce qu'il va ? Le sait-on ?
Fin de la musique.

Il ne le sait pas lui-même,
il ne le sait pas, lui non plus,
et seulement qu'il a fallu,
parce qu'on n'y tenait plus.
Plus rien de toutes les richesses qu'on a eues,
on s'en est débarrassé,
on n'a rien dit à personne,
on s'est sauvé après le livre déchiré;
et on est comme dans le temps,
avec le sac en moins, et les choses dedans.
Reprise de la musique. Airs de marche.
Sur la route de Denezy,
à cause que c'est le pays,
et puis que non ! ce n'est plus lui.
Et le dos tourné au pays.
Et de nouveau il a été,
a marché, a beaucoup marché...
Fin de la musique.

Un autre pays à présent,
avec un village dedans,
et il pense : «Entrons», et il entre;
et vient une auberge, il y est entré;
trois décis* qu'il a commandés;
[*un verre de 30cl]
on boira son verre, et après ?
Et il s'est mis à regarder,
regarde à travers les petits carreaux,
par l'intervalle des rideaux,
les rideaux de mousseline blancs
tenus relevés par des embrasses rouges,
les rideaux blancs, les jolis rideaux blancs,
regarde les feuilles qui bougent...
Et puis quoi ? tout à coup,
ce tas de monde autour du four...
Ce tas de monde autour du four,
c'est qu'on a battu le tambour,
et on a battu le tambour
à cause de la fille du roi
(le roi de ce royaume-là),
qui est malade, ne dort pas,
ne mange pas, ne parle pas,
et le roi, il fait dire au son du tambour, comme ça :
qu'il donnera la fille au roi
à celui qui la guérira...
Juste à ce moment entre un homme
qui dit à Joseph : «Salut, toi !
(quand même on ne se connaît pas,
mais c'est que moi aussi j'ai été soldat).
Et c'est pourquoi je t'appelle collègue,
et, quand je t'ai vu entrer,
je me suis dit : allons lui parler.
Il n'a pas l'air tant content,
je me suis dit, alors essayons.
C'est peut-être pour lui une bonne occasion.
Qu'en penses-tu ? La fille du roi,
ça vaut la peine d’essayer,
rien n'empêche qu'elle soit à toi.
Parce que, moi, vois-tu, moi,
je suis déjà marié,
mais toi, tu as ta liberté,
et tu viens, ça ne coûte rien;
tu viens, tu dis : «Je suis soldat-médecin.»
Médecin, c'est tout ce qu'on veut;
même si tu ne réussis pas, ça vaut le coup...»
Coup de poing du lecteur sur la table.
Pourquoi pas ?
Nouveau coup de poing.
Pourquoi pas, après tout ?
Au revoir, collègue,
et merci du renseignement !
Il se lève dans le même instant.
Il se lève, il sort, il s'en va.
A l'entrée des jardins du roi,
les gardes lui demandent où il va :
Où je vais ? Je vais chez le roi !
Éclate la marche royale.
Le diable paraît devant le rideau.
Il est en tenue de soirée. Habit, cravate blanche.
Il tient sur son coeur, d'un air avantageux,
le violon du soldat.
Il sort en saluant. Fin de la marche royale.
On a fait marcher la musique,
le roi m'a reçu, ça va bien;
il m'a dit : «Vous êtes médecin ?»
j'ai dit : «Oui, soldat-médecin...»
«C'est qu'il en est déjà venu beaucoup pour rien…»
«Oh ! moi, j'ai dit, j'ai un moyen…»
Alors, a dit le roi, vous verrez ma fille demain...»
Le lecteur a un jeu de cartes;
il le retourne entre ses doigts.
Ça va bien ! je dis : ça va bien !
Le collègue avait raison.
Et, en effet, pourquoi pas moi ?
Une fille qu'on aurait à soi,
depuis le temps qu'on n'en a pas !...
Le rideau se lève.
On voit une salle du palais. Le soldat est assis avec un jeu de cartes à une petite table toute pareille à celle du lecteur. Une
chopine et un verre, comme le lecteur. Il faut qu'il y ait une parfaite symétrie entre le jeu du soldat et celui du lecteur.

LE SOLDAT
Qu'en dites-vous, les cartes, qu'en dites-vous ?
Sept de coeur, dix de coeur,
rien que du coeur, rien que de l'atout...
Il boit.
Et je dis bien : pourquoi pas moi ?
Une fille qu'on aurait à soi, et rien qu'à soi,
depuis le temps qu'on n'en a pas...
Le diable se dresse à côté du soldat
avec le violon qu'il tient sur son coeur.

LE DIABLE
Seulement, mon ami, voilà :
on est arrivé avant toi.
Silence. Le soldat a baissé la tête
et ne bouge plus.

LE DIABLE, tournant autour de la table.
Et c'est nous qu'on va la guérir... avec ça...
Montrant le violon.
Une chose qu'on a et que, toi, tu n'as pas,
que tu avais, que tu n'as plus...
Mon pauvre ami, tu es perdu.
Nouveau silence.
Le soldat ne bouge toujours pas.
Sept de coeur, dix de coeur, reine de coeur,
on se disait : c'est le bonheur !
On y croyait quand même, ou bien ?…
Montrant de nouveau le violon.
Mais c'est qu'il y a le moyen,
et c'est moi qui l'ai, le moyen.

LE DIABLE, parallèlement aux répliques
écrites ci-contre, à droite,
et avec des temps entre chaque phrase
qu'il remplit en faisant des jongleries
sur son violon.

LE LECTEUR, sourdement.
C'est vrai, ce qu'il dit, il me tient;
et c'est lui qui l'a, le moyen;
moi, je n'ai rien, je n’ai plus rien.

LE DIABLE
Moyen unique ! Remède unique !
Musique, musique, musique !
Arrêt brusque.
Puis le lecteur s'adresse tout à coup au soldat.

LE LECTEUR
Hardi ! vas-y quand même !
saute-lui dessus, casse-lui les reins !

LE DIABLE
Il n'y a qu'elle, cher ami...

LE SOLDAT, sans bouger.
C'est pas un homme, je ne lui peux rien.

LE DIABLE
Pour toi, c'est fini...
f… i… fi… n… i… ni…

LE LECTEUR
Que si ! que si !
tu lui peux quelque chose, je te dis;
lui, il te tient encore,
parce que tu as de l'argent à lui.
Le soldat lève la tête et regarde le lecteur.
Débarrasse-toi de cet argent, tu es sauvé.
Joue aux cartes avec lui; il va te le gagner.

LE SOLDAT, brusquement.
Jouez-vous ? on a de l'argent.

LE DIABLE, s'arrêtant étonné.
Comment ?

LE SOLDAT
Je vous dis : Voulez-vous jouer ?

LE DIABLE
Cher ami... (Il prend une chaise).
mais très volontiers. (Il s'assied).

LE LECTEUR, au soldat.
Il gagnera, il veut toujours gagner.
Toi, tu vas perdre : il sera perdu.

LE SOLDAT,
sortant de l'argent de ses poches.
De l'or, des billets, des écus.

LE DIABLE,
déposant le violon sur ses genoux.
Très bien !

LE SOLDAT
Combien ?

LE DIABLE
Dix centimes le point.

LE SOLDAT
Deux francs le point, pas un sou de moins.

LE DIABLE
Si vous voulez, mais attention !...
Le soldat bat les cartes. Le diable coupe.
Plus de livre, plus de violon;
restaient les petits sous, les petits sous s'en vont...

Ils jouent. Le diable gagne.
Ensuite ce sera la fin... vous n'aurez plus rien,
Ils jouent. le diable gagne.
plus rien que la faim. F... a... i... m..., faim !
Ils jouent. Le diable gagne.
Tu vois; jamais plus, jamais plus !
Tu iras pieds nus, tu iras tout nu.

LE LECTEUR, au soldat.
Hardi ! cent sous !

LE SOLDAT
Je dis : cent sous.

LE DIABLE, déjà assez difficilement.
Tu... tu es fou !
Ils jouent. Le Diable gagne.

LE LECTEUR, criant.
Cinquante francs !

LE DIABLE, parlant avec peine,
et mettant le violon sous son bras.
Doucement... monsieur... dou... cement....
Ga . . . gné quand même.

LE LECTEUR, s'adressant au soldat.
Tout ton argent !

LE SOLDAT
Tout mon argent !
Il sort de sa poche tout ce qui lui reste d'argent
et le jette sur la table.

LE DIABLE, se levant lentement.
As de pique, as... de... pique... et ... toi ?

LE SOLDAT
Reine de coeur !

LE DIABLE
C’est.... c'est... encore moi.
Il chancelle

LE LECTEUR
Tu vois, tu vois !
Le soldat écarte sa chaise, met les mains sur ses cuisses et, penché en avant, considère le diable qui chancelle de plus en
plus.
Tu vois, tu vois, il va tomber !
Attends. A présent, lève-toi.
Donne-lui à boire ! ça le remettra !
Dis-lui : «A votre bonne santé !»

LE SOLDAT, s'approchant du diable avec le verre.
Tenez ! ça vous remettra.
Le diable, titubant, fait un geste.
Je vous dis de boire, tenez !
Il le force à boire. Remplissant le verre.
Et je bois à votre santé.
Remplissant de nouveau le verre.
Encore un !

LE DIABLE
Vooouuus a... bu... sez !...

LE LECTEUR
Attention ! il va tomber.
En effet, le diable tombe sur la chaise
puis le haut de son corps se renverse sur la table.

LE SOLDAT
On est léger ! on est léger !
Il se penche sur le diable
et tend la main vers le violon.
Eh ! eh ! peut-on essayer ?
Mouvement convulsif du diable.

LE LECTEUR
Il n'en a pas encore assez !

LE SOLDAT, vidant le verre à plusieurs reprises
dans la bouche du diable.
Ah ! c'est comme ça.
Eh bien, tiens !... tiens !... tiens !...
Il attend un instant. Le diable ne bouge plus.

LE LECTEUR
A présent, tu reprends ton bien.
Le soldat s’empare du violon et se met à jouer.
Musique : petit concert.
On baisse le rideau.

LE LECTEUR,
pendant le petit concert, en criant :
Mademoiselle, à présent, on peut le dire,
sûrement qu’on va vous guérir.
On va tout de suite aller vers vous,
Parce qu’à présent, on peut tout.
On va venir, on va oser,
parce qu’on s’est retrouvé.
On va venir, on se sent fort;
on a été tiré de la mort, on va vous tirer de la mort.
Fin du petit concert.
La chambre de la princesse.
Elle est couchée sur son lit et ne bouge pas.
Le soldat entre et se met à jouer.
La princesse ouvre les yeux
et se tourne vers le soldat.
Elle sourit.

DANSES : 1. Tango. 2. Valse. 3. Ragtime.
Fin de la musique.

Le soldat et la Princesse
tombent dans les bras l’un de l’autre.
Le Diable arrive en marchant à quatre pattes.
Il supplie le soldat de lui donner le violon.
Il essaie de le lui arracher,
tandis que le soldat le menace de son archet.
Le soldat a une idée : il se met à jouer du violon.
Le Diable est obligé de danser.
Il se contorsionne, et essaie de retenir ses jambes avec ses mains.
Il finit par être épuisé et tombe à terre.
La Princesse et le soldat sortent le Diable en coulisse, en le tirant par les pieds.
Ils reviennent sur la scène
et tombent dans les bras l’un de l’autre.

LE DIABLE, passant brusquement la tête
par la porte du fond :
Ça va bien pour le moment,
mais le royaume n’est pas tant grand.
Le soldat et la Princesse se tournent vers le Diable, puis reprennent leur attitude.
Qui les limites franchira
en mon pouvoir retombera !
Même jeu.
Ne poussez pas plus loin qu’il est permis,
sans quoi Madame sera forcée de se remettre au lit;
et, quant au Prince son époux,
qu’il sache qu’à présent ma patience est à bout !…
Même jeu.
On le mènera droit en bas
où, tout vivant, il rôtira !
Musique : choral. On baisse le rideau.

LE LECTEUR
Il ne faut pas vouloir ajouter à ce qu’on a
ce qu’on avait,
on ne peut pas être à la fois qui on est
et qui on était
On n’a pas le droit de tout avoir : c’est défendu.
Un bonheur est tout le bonheur;
deux, c’est comme s’ils n’existaient plus.
Reprise du choral.
«J’ai tout, j’ai tout», pense-t-il.
Mais un jour, elle, elle lui dit :
«Je ne sais rien encore de toi;
raconte-moi, raconte-moi un peu de toi.»
Reprise du choral.
«C’est que… c’est dans le temps, tout là-bas,
dans le temps que j’étais soldat;
tout là-bas chez ma mère dans mon village,
loin, bien loin, et j’ai oublié le chemin.»
Reprise du choral, et fin.
«Si on y allait ?» «C’est défendu.»
«On sera vite revenus,
et personne n’en saura rien !»
Elle le regarde, elle lui a dit :
«Tu en as bien envie, toi aussi !…
Que si !… Que si !… Que si !…
Oh ! si, je vois bien», a-t-elle dit.
Et il disait : «Venez ici.»
Mais elle : «Pas avant que vous n’ayez dit oui.»
Et alors il a réfléchi, et il se disait :
«Pourquoi pas ?
Peut-être que ma mère me reconnaîtra, cette fois;
elle viendrait habiter avec nous,
et, comme ça, on aurait tout.
J’aurais tout ce que j’avais avant
et tout ce que j’ai à présent…»
Le Diable, habillé en rouge,
passe devant le rideau.
Ils sont partis, ils sont près d’arriver.
On commence à voir le clocher.
Voilà, à présent, la borne frontière.
Elle, elle est restée en arrière.
Le Diable passe de nouveau devant le rideau.
Il l’appelle, il s’est retourné…
Le rideau se lève.
Même décor qu’à la seconde scène :
le clocher du village et la borne frontière.
Le soldat s’est retourné
et fait des signes à la Princesse.
Il se remet en marche, il arrive à la borne.
Le Diable se plante devant lui.
Il a de nouveau le violon, et il se met à jouer.
Musique : Marche triomphale du Diable.
Le soldat baisse la tête. Il se met à suivre le Diable, très lentement, sans révolte.
On entend la Princesse qui l’appelle au loin,
dans la coulisse.
Le soldat s’arrête un instant
Le Diable insiste pour qu’il le suive.
Le Diable et le soldat sortent de scène
La Princesse appelle une dernière fois.
Le rideau se baisse.
Fin de la musique.

inviata da Alessandro - 25/3/2008 - 14:37



Lingua: Inglese

Nel 1993, lo scrittore americano Kurt Vonnegut riscrisse il libretto di Ramuz, trasformandolo in un racconto su Edward Donald Slovik, un soldato dell’esercito statunitense che nel 1945 fu giustiziato per diserzione. Slovik fu il primo disertore dalla Guerra Civile (1861–1865) ad essere mandato di fronte al plotone di esecuzione.
en.wikipedia

L’Histoire du Soldat, nell’adattamento di Kurt Vonnegut

An american soldier's tale
CAST: Major General, Soldier, Military Police Sergeant, Red Cross Girl, Two Ordinary Infantry Privates

PROLOGUE

GENERAL: Good evening. L'histoire du soldat, in English A Soldier's Story, has until now been performed as it was premiered in
1918, in peaceful Switzerland when World War I, in which eight million soldiers died, was going on. Bursts of brilliant music by the
great Igor Stravinsky alternate with spoken words written by the composer's Swiss friend, the novelist Charles-Ferdinand Ramuz.
Neither collaborator had ever been a soldier. The story Ramuz wrote to go with Stravinsky's music is based on an intentionally silly,
whimsical Russian folktale, supposedly about a soldier. But this soldier is unlike any real soldier in all of history. How is he armed?
With a rifle? With grenades? With a spear? With a violin, friends and neighbors. A violin! That's it! Let's hope it doesn't rain.

He is all alone, as a real soldier almost never is-a private without comrades, without a superior to tell him what to do next. Does he
run into an enemy? Or at least into a military policeman, who asks him what in hell he's doing away from his unit, and armed with
nothing but a violin? Not this soldier. He runs into a devil, who offers him great riches and the favors of a beautiful noblewoman, in
exchange for violin lessons. To protest that this soldier isn't a real soldier would be like protesting that the wolf in Prokofiev's Peter
and the Wolf isn't a real wolf-in yet another lighthearted Russian folktale set to music. (Pause. ) To protest that the soldier isn't a real
soldier would be perfectly inane, if it weren't for this: Igor Stravinsky's music, possibly in unconscious response to the sufferings and
deaths of millions of real soldiers not far away, is anything but innocent. Its folkloric merriment is so soured by wry melodic ironies
that it might in fact be a setting for a real down-and-dirty soldier's story.

We propose to prove this-as I become the commander of an American infantry division invading Germany very near the end of World
War II. Our front is three miles (pointing left) in that direction. It is under heavy bombardment-an erupting earth under an exploding
sky and a blizzard of razor blades. Not nice.

PART I-THE SOLDIER'S MARCH

GENERAL: ( Wry, weary, humane) A victory march? Almost. Not quite, The enemy capital Is nearly in sight. The decisive battles Have all been fought and won. In a very short time, now, This war will be done. So I order my men, children, actually, and far from home, To fight and die for nothing.

(SOLDIER enters left, goofy, dazed. ) What the hell are you supposed to be? No rifle, no helmet, no pack. What a sad, sad sack!

SOLDIER: A sack of shit. I quit. I quit.

GENERAL: Snap to attention! Salute! Salute!

SOLDIER: That's all over for me. You can have my fucking soldier suit. (Shell-shocked, singing dreamily) We don't want no more of
your bullshit, We don't want no more of your bullshit. We don't want no more of your bullshit. We just want to eo home.

GENERAL: Where are you supposed to be today?

SOLDIER: Where all the people are getting killed. So I ran away.

GENERAL: That's all you've got to say?

SOLDIER: If you knew me, you'd know That all my life I've run away. Never asked to be born in the first place.

GENERAL: You couldn't have run away to a worse place. I can have you shot for being here.

SOLDIER: All I want is what we're fighting for

GENERAL: Which is?

SOLDIER: Freedom from fear. (SOLDIER laughs helplessly.) Kyuk kyuk kyuk.

PART II-AIRS BY A STREAM

GENERAL: (Calling) MP! MP! (MP enters smartly, salutes.)

MP: Sir!

GENERAL: Take this disgusting wreck somewhere And wring his neck.

MP: Company G, or I miss my guess. Artillery had their range. One hell of a mess. Probably one of the replacements came in last
night. (To SOLDIER) That right? SOLDIER: (Airily) Howdy do.

GENERAL: A pitiful sight! The human trash they send us now, And
they're supposed to fight! Arrest this creep, And charge him with desertion In the face of the enemy. (To SOLDIER)

You are about to become infamous All the way to Supreme Headquarters. SOLDIER: Little old me? Just a P.V.T.?

GENERAL: You'll see.

SOLDIER: The guy in the foxhole with me, He quit, too.

GENERAL: (Emptily) Whoop-dee-doo. What was his name?

SOLDIER: Should have been Fountain.

GENERAL: Fountain? (To MP) Write that down.

MP: Yes, sir!

SOLDIER: That's what his neck was After his head fell off.

PART III-THE SOLDIER'S MARCH

(SOLDIER and MP in ruined farmhouse)

SOLDIER: Nice place we have here. I'm a very lucky louse.

MP: Used to be a farmer's house. This is where an enemy sniper died. They blew off the roof, And shot out the windows With him
inside.

SOLDIER: Died a hero. What a way to go. Somebody should tell his mother so.

MP: His helmet hangs over there on a rusty nail, and this former family dwelling Is now a makeshift jail.

SOLDIER: Cozy.

MP: It is now my duty, captured coward, Who could take no more, To read aloud to you Article Number Fifty-eight From the Articles
of War.

SOLDIER: My mother used to read aloud to me Before I went sleepy-bye.

MP:Article Number Fifty-eight is about (pause) Going sleepy-bye.

SOLDIER: Love it already!

MP: (Reading)"The penalty for misbehavior In the face of the enemy-"

SOLDIER: Never saw one.

MP: "Shall be dishonorable discharge From the service-"

SOLDIER: (Gaily) Can I go home now?

MP: "Forfeiture of all pay and allowances-"

SOLDIER: (Mockingly) Boo-hoo.

MP: "And being shot to death By a firing squad."

SOLDIER: I'm dead. I'm dead.

MP: Didn't you hear what I said? They haven't shot anybody in this man's army For what you did since 1865, Since the Civil War!

Not one American was shot for cowardice During the Spanish-American War. Not one American was shot for cowardice During the
First World War. And nobody is going to be shot for cowardice In this damn war. You're as safe as you'd be in your mother's arms.

SOLDIER: You don't know my mother, brother. Or my bad luck.

MP: (Impatiently) Oh fuck! A couple of years in prison, Ten years at most. You'll be well-fed, And warm as toast.

PART IV-PASTORALE

(RED CROSS GIRL enters, stops at imaginary doorway.)

RED CROSS: (Aside) The Red Cross girl. I'm their mother, their sister, The girl next doorWhen what they need, so close to Death,
is a brainless whore, A holeA piece of meat with leaky orifices, Which is what they've become, Diddley dum, diddley dum. (Calling)
Anybody in there? Red Cross. Red Cross. (To SOLDIER) Who says you're not lucky? Red Cross!

She can get you coffee and doughnuts, Shaving cream, toothpaste and dental floss. If you were an officer, She might fuck you.
Since you are an enlisted man, She will duck you, And your cow-eyed pleas for relief.

RED CROSS: (Aside) Good grief! As though I weren't an angel of mercy, but a rank-happy sex-appeal abuser.

SOLDIER: Don't tell her I'm a loser. Don't tell her what I did, that I ran away.

MP: Entrez, mademoiselle, s'il vous plait. (Aside) Feminine sex appeal corrupts. Feminine sex appeal near the front corrupts
Absolutely. That she sleeps with the general Is common knowledge.

RED CROSS: (Aside) Not because he's a general, But because we've both been to college. He went to West Point, I went to Bryn
Mawr.

MP: (Aside) Har de har har.

RED CROSS: I'm here to pay your prisoner a call.

MP: No prisoner in here at all, at all. Just me and my heroic buddy here.

SOLDIER: (Aside) Nobody here but us chickens.

RED CROSS: Oh dear. I wonder where they've got him.

MP: Search me.

SOLDIER: Search me.

RED CROSS: You think they've already shot him?

MP: They don't shoot deserters anymore. (To SOLDIER) Tell her.

SOLDIER: They don't shoot deserters anymore.

RED CROSS: You haven't heard? Here's the latest word: Supreme Headquarters has just made a decision Which sickens the
commander of this division. The deserter he's put under arrest Is to be made a lesson for all the rest. And killed.

SOLDIER: (A two-note long) Bing-go.

PART V-AIRS BY A STREAM

(Same farmhouse. SOLDIER sitting, inert, resigned, MP standing. GENERAL enters. MP snaps to attention, salutes.)

MP: (Barking) A-ten-hut!

(SOLDIER stays seated. GENERAL stands over him. )

GENERAL: On your feet!

SOLDIER: (Inert, expecting to be taken to
execution) I'm ready. Make it short and sweet.

GENERAL: You're not going to be shot. You're going back to your platoon.

SOLDIER: Take a flying fuck at the moon. I'd just run away again, If I wasn't killed before I could do it. So screw it.

GENERAL: In violation of orders From Supreme Headquarters, I've offered you a chance to go on living, And you just blew it.

SOLDIER: I'm no damn good. Never was. So get it over with.

MP: What about your folks? SOLDIER: Sorry they ever had me. Look at me! Me and my Folks are dirty jokes.

GENERAL: A girl? A wife?

SOLDIER: No girl, no wife, no fucking life. Get it over with! (GENERAL does dementia dance.)

GENERAL: Act like a raving maniac! Put on a really zany act. Be so sick and crazy that you never should have Passed your draft
physical in the first place. And save your butt!

SOLDIER: I'm not a nut. I'm just a disgrace to the human race. At least it won't hurt much. At least I'll know who did it and why,
which is more than I'd know If I were some poor runt at the front. At least it won't leave me a cripple. Get it over with!

PART VI-THE SOLDIER'S MARCH

(GENERAL and RED CROSS in his office. He is seated, she stands behind him, massaging his neck and shoulders.)

GENERAL: "For this relief much thanks; 'Tis bitter cold, And I am sick at heart."

RED CROSS: A general quoting William Shakespeare!

GENERAL: The world is full of surprises, dear. West Point was my joint,

But my father was an English teacher. RED CROSS: Mine was a preacher.

GENERAL: After years of faithful and honorable service To my nation, I am now under orders to commit What either of our fathers
Would declare an abomination. For me, Betty, And for my beloved division, It will be An utterly undeserved humiliation. (RED
CROSS stops massage, moves away, spooked.)

RED CROSS: Betty is dead. My name is Caroline.

GENERAL: What happened to Betty?

RED CROSS: She had body lice.

GENERAL: We all do. (He scratches himself.)

RED CROSS: On her way to the delousing station, Betty stepped on a mine. (Scratches herself) The lice lived through it.

GENERAL: If anybody can, the lice can do it. (Pause, with RED CROSS considering him and their empty relationship from a
distance.)

RED CROSS: You must have sent many boys to die.

GENERAL: Without batting an eyeIn North Africa, and Sicily and France. But every one of them had a fighting chance. I now find
myself the only American officer In eighty years to be ordered To stage a shameful dance, With some poor, weak son of a bitch
Who has probably shit in his pants, And shoot him. Some show! It'll let every soldier know That he can be killed for entertainment.

RED CROSS: Entertainment for who?

GENERAL: Somebody at Supreme H.Q. (He scratches himself.) Son of a bitch! Oh, how I itch!

PART VII-THE ROYAL MARCH

(GENERAL, RED CROSS, SOLDIER and MP do lice dance, scratching. All but SOLDIER and MP exit, setting next scene, which is
back in farmhouse. SOLDIER is seated, happily writing with pencil on a pad. )

MP: You've already made quite an impression On people who would really Rather not shoot you. What more do you hope to
accomplish With a written confession?

SOLDIER: I want everybody to know it's okay, What they have to do. The more I think about it, The less reason there is to raise A
stink about it. I always wanted to do something good. Nobody ever thought I could. All of a sudden, guess what? I can give my life
for my country. Other soldiers will fight better because of me.

MP: (Vomiting sounds) Bluhh. Uhhh. (etc. ) (RED CROSs enters, carrying a paperback booklet, an army manual, stops at imaginary
door.)

RED CROSS: Red Cross! Red Cross!

MP: (To SOLDIER ironically) Coffee and doughnuts, shaving cream, Toothpaste and dental floss. (To RED CROSS): Entrez,
mademoiselle, s'il vous plait.

RED CROSS: (Entering) How is the prisoner this awful day?

SOLDIER: (Cheerfully) I'm all set to play.

MP: He says it's all okay.

RED CROSS: The general will do anything to stop it, If only you'll cooperate.

SOLDIER: (Radiant) I'm giving the orders now.

RED CROSS: You've turned the general, Who's one in a million, into a chickenhearted civilian.

SOLDER: (Radiant) Tough shit for him.

RED CROSS: He sent this book. He thought you ought to have a look. It's an army manual written in 1863.

MP: The Civil War.

SOLDIER: It's just for me?

RED CROSS: (Hauntedly) We'll see. We'll see. It's still in print. This copy's mint. (SOLDIER takes manual.) You now have in your
hands, Along with your own life, So help you God, The official manual For the organization and duties Of a firing squad.

SOLDIER: Somebody must be really pissed off at me. Who could it be? So mightily pissed off At little me.

PART VIII-THE LITTLE CONCERT

MP: (Reading) "The place of execution will be prepared to provide For a back wall made of absorbent material, before Which the
prisoner will be placed. An upright post Will be placed in front of the back wall, And will be used to support the prisoner If necessary.
If, while the condemned is being prepared for, Or marched to, The place of execution, Collapse has taken place Or is imminent, A
suitable braceboard And straps Will be adjusted."

PART IX-THREE DANCES

(GENERAL tangos with RED CROSS, SOLDIER with MP. GENERAL exits, leaving SOLDIER, RED CROSS and MP to continue
previous scene.)

SOLDIER: (Reading aloud, with MP raising his hand whenever sergeant is mentioned) "A firing squad in charge of a sergeant,
Consisting of not less than eight And no more than twelve enlisted men"(Aside) All pals of mine"Enlisted men skilled in the use Of
the regulation rifle"(Aside) I used to have one of those. Easy come, easy go"Will be selected by the officer designated To carry out
the act Of execution. When the hood has been adjusted, And the signal given that the prisoner Is in final readiness, The firing squad
Will be marched by the sergeant To a designated spot And formed in a single or double rank, Facing the prisoner, And not less than
twenty paces from him. The members of the firing squad Will be armed with regulation rifles, Each of which will have been loaded
And the pieces locked by the officer Charged with the execution of the sentence. One of the rifles will contain a blank round, And the
identity of this piece will not Be disclosed."

PART X-THE DEVIL'S DANCE

(GENERAL enters left and RED CROSS retreats to right, to serve as observers, while MP and SOLDIER and two other ENLISTED
MEN dance a pantomime of taking SOLDIER from place of confinement to place of execution, tying to a post, and putting a hood
over his head.)

GENERAL: So we shot him.

PART XI-LITTLE CHORALE

GENERAL: His last words were

SOLDIER: (SOLDIER removes hood, takes time before speaking.) They'd better be good. (Experimenting unseriously) How much
wood could a woodchuck chuck, If a woodchuck could chuck wood?

GENERAL: His last words were

SOLDIER: (Experimenting) Oh, beautiful for spacious skies, For amber waves of grain.

GENERAL: His last words were

SOLDIER: With my life all through, These words will have to do: (Pause) Remember me. (Silence. ALL onstage are drained, sick of
the story, no longer military, becoming actors in the present, having done a job they didn't like. GENERAL strips off tunic. MP and
two ENLISTED MEN get rid of helmet liners, throw them away or whatever. SOLDIER remains at the stake, still a troubling figure.)

GENERAL: (To audience, a casual host once more) No more acting. (To SOLDIER) Not coming down from the cross?

SOLDIER: In a minute.

GENERAL: No rush.

SOLDIER: (Sepulchrally) There's something else the people here should know.

GENERAL: Indeed. Would you like to tell?

SOLDIER: Let a woman tell.

RED CROSS: By process of elimination that must be me. (Pulls herself together, takes center stage) Okay. This new libretto is
based very loosely on the true story of the execution of an American private, a friendless replacement sent at once to a unit under
heavy artillery fire. It was too much for him. He was terrified. He ran away. His name was Eddie D. Slovik.

MP: Serial number 36896415. The first number, three, indicates that he hadn't volunteered. Eddie Slovik was a draftee, a poor boy
from a Polish neighborhood in Detroit, who had been arrested once for petty thievery.

SOLDIER: Eddie Slovik confessed that he had deserted. He said he would do it again, if he was forced to fight.

RED CROSS: (Pleading his case) That's how Eddie Slovik was. Under fire, Eddie became what he was born to be.

SOLDIER: A deserter from G Company, 109th Infantry.

GENERAL: Twenty-eighth Infantry Division, which was engaged in heavy fighting near the French village of Elbeuf.

ALL: Poor son of a bitch!

GENERAL: All this can be found in a splendid book by William Bradford Huie, The Execution of Private Slovik.

SOLDIER: Now out of print.

GENERAL: Published in 1954.

PART XII-DEVIL'S SONG

SOLDIER: Eddie Slovik, the only American soldier Executed for cowardice Since the Civil War, And to the present day. He died of
multiple bullet wounds At 10:04 in the morning, On January 31, 1945.

GENERAL: Instantly! That much we know.

SOLDIER: Easy come. Easy go. Private Slovik had no last words. We put those words in his mouth:

ALL: Remember me.

RED CROSS: He was shot in a French garden in the wintertime.

PART XIII-GREAT CHORALE

RED CROSS: I showed our libretto to a Russian emigre, and he couldn't believe it.

GENERAL: Couldn't believe what?

RED CROSS: Thousands of soldiers were shot by their own armies in two world wars for running away from the enemy: Russians,
Germans, Italians, British, French. You name it. It made no sense to him to hear That we, the United States of America, Had
executed Exactly one. He thought we must be crazy.

SOLDIER: The man who signed Eddie Slovik's death warrant was General of the Armies Dwight David Eisenhower.

ALL: Ike.

GENERAL: Years later, General Eisenhower, then retired from the presidency to his estate in Gettysburg, Pennsylvania, was asked
by the historian Bruce Catton to comment on the unique position in American military history to which he had assigned Eddie
Slovik. And the general is said by Catton to have Replied

MP: May I?

GENERAL: By all means.

MP: (Impersonating Eisenhower) As a matter of fact, I approved that one. It was for a repeated case of desertion. The man refused to
believe That he would ever be executed. At the very last moment, I sent my judge advocate general to see him. And I said, "If you
will go back and serve in your company honorably, and until this war is over, you'll get an honorable discharge, and not the death
sentence." He said, "Baloney," or words to that effect.

ALL: (Continuing impersonation) And so he was executed.

THE TRIUMPHAL MARCH OF THE DEVIL

THE END

inviata da Alessandro - 25/3/2008 - 14:54


Pare che anche qua il diavolo centri :)

krzyś - 27/5/2014 - 20:25



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