Lingua   

Pedra filosofal

Manuel Freire
Lingua: Portoghese

Lista delle versioni e commenti


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O sangue não dá flor
(Manuel Freire)
Ouvindo Beethoven
(Manuel Freire)
Eles
(Manuel Freire)


‎[1956]‎
Versi di António Gedeão, pseudonimo artistico di Rómulo Vasco da Gama de Carvalho (1906-‎‎1997), scienziato, docente di chimica, storico e poeta portoghese.‎
Dalla raccolta “Movimento Perpétuo” pubblicata nel 1956.‎
Musica di Manuel Freire.‎
Lato A di un singolo del 1969. Sul lato B un’interpretazione di Menina dos olhos tristes.‎



“Loro non sognano, non sanno che è il sogno il motore dell’esistenza. Non sanno che quando ‎un uomo sogna il mondo va avanti e migliora, come una palla colorata tra le mani di un ‎bimbo…”

Versi che inevitabilmente si trasformarono in un inno della resistenza contro la dittaura ‎salazarista…‎
Eles não sabem que o sonho
é uma constante da vida
tão concreta e definida
como outra coisa qualquer,
como esta pedra cinzenta
em que me sento e descanso,
como este ribeiro manso
em serenos sobressaltos,
como estes pinheiros altos
que em verde e oiro se agitam,
como estas aves que gritam
em bebedeiras de azul.

Eles não sabem que o sonho
é vinho, é espuma, é fermento,
bichinho álacre e sedento,
de focinho pontiagudo,
que fossa através de tudo
num perpétuo movimento.

Eles não sabem que o sonho
é tela, é cor, é pincel,
base, fuste, capitel,
arco em ogiva, vitral,
pináculo de catedral,
contraponto, sinfonia,
máscara grega, magia,
que é retorta de alquimista,
mapa do mundo distante,
rosa-dos-ventos, Infante,
caravela quinhentista,
que é cabo da Boa Esperança.

Ouro, canela, marfim,
florete de espadachim,
bastidor, passo de dança,
Colombina e Arlequim,
passarola voadora,
pára-raios, locomotiva,
barco de proa festiva,
alto-forno, geradora,
cisão do átomo, radar,
ultra-som, televisão,
desembarque em foguetão
na superfície lunar.

Eles não sabem, nem sonham,
que o sonho comanda a vida,
que sempre que um homem sonha
o mundo pula e avança
como bola colorida
entre as mãos de uma criança.‎

inviata da Dead End - 10/12/2012 - 11:46




Lingua: Italiano

Versione italiana di Riccardo Venturi
10 dicembre 2012

PIETRA FILOSOFALE

Loro non sanno che il sogno
è una costante della vita,
concreta, definita
come ogni altra cosa,
come questa pietra grigia
su cui mi siedo a riposare,
come questo mite ruscello
con soprassalti sereni,
come questi alti pini
che si agitano di verdeoro,
come questi uccelli che gridano
ubriacandosi d'azzurro.

Loro non ‎sanno che il sogno
è vino, è spuma, è fermento,
bestiola alacre e assetata
con il musetto a punta
che scava attraverso tutto
come il moto perpetuo.

Loro non sanno che il sogno
è tela, è colore, è pennello,
base, fusto, capitello,
vetrata, arco ogivale,
pinnacolo di cattedrale,
contrappunto, sinfonia,
maschera greca, magia,
la storta dell'alchimista,
la mappa del mondo distante,
la rosa dei venti, l'Infante,
la caravella nel Cinquecento,
il Capo di Buona Speranza.

Oro, cannella, avorio,
fioretto di spadaccino,
telaio, passo di danza,
Col‎ombina e Arlecchino,
la mongolfiera che vola,
il parafulmine, la locomotiva,
la nave pavesata a festa,
l'altoforno, il generatore,
la scissione dell'atomo, il radar,
l'ultrasuono, la televisione,
lo sbarco su una navicella
sulla superficie lunare.

Loro non sanno, e non sognano,
che il sogno è motore di vita,
che ogni volta che un uomo sogna
il mondo va avanti e matura
come una palla colorata
nelle mani di una creatura.

11/12/2012 - 00:14


Mi sia permesso di dire che nutro una particolare predilezione per gli uomini di scienza che, nel loro cammino, incrociano la poesia; forse perché la scienza e la poesia si somigliano moltissimo, sono bellissime sorelle che sanno promanare a perfezione l'una dall'altra. C'è poesia pura nella matematica di Galois, mi viene da dire.

Riccardo Venturi - 11/12/2012 - 00:22




Lingua: Francese

Version française – PIERRE PHILOSOPHALE – Marco Valdo M.I. – 2012
d'après la version italienne de Riccardo Venturi
d'une chanson portugaise – Pedra filosofal – Manuel Freire – 1956
Poème d' António Gedeão, pseudonyme de Rómulo Vasco da Gama de Carvalho (1906-‎‎1997), savant, chimiste, historien et poète portugais.

 «Ils ne savent pas, eux, et ils ne rêvent pas,
Que le rêve est le moteur de la vie
Que chaque fois qu'un homme rêve
Le monde roule et s'embellit
Comme une balle colorée
Dans les mains d'un enfant. »
Des vers qui inévitablement se transformèrent en un hymne de la résistance contre la dictature salazariste...


Oh, mais mon ami Marco Valdo M.I., nous voici à nouveau au Portugal et au cœur d'une des dictatures les plus longues de l'histoire contemporaine.

En effet, elle durait déjà depuis un bon temps quand fut écrit ce poème qui donna la chanson. Et tu fais bien de me relancer ; nos discussions commençaient à me manquer. Nos petits commérages, vois-tu Lucien l'âne mon ami, me sont devenus presque indispensables. J'ai l'impression, souvent, de ne pas avoir fait ce qu'il convenait quand je me suis arrêté à traduire une chanson et ne pas avoir commenté la chose avec toi. Il y a là comme un vide. C'est bien étrange, vois-tu, tout ça. On commence par jeu et puis, on finit par en faire une chose essentielle. Ainsi ces derniers jours, je traduisais des chansons de Manuel Freire... Bien sûr, la précédente que j'ai traduite était commentée par Riccardo Venturi et fort bien...


Je me souviens. Ouvindo Beethoven, si je me souviens bien, il y avait là un hommage à José Saramago, le serrurier lusitanien comme tu l'appelles parfois. Mais n'avais-tu pas, toi-même, rendu quelque hommage au dernier des évangélistes... Car il est quand même l'auteur d'un évangile, le bon José...


Certes, un évangile apocryphe, diront certains... Mais à la vérité, tous les évangiles sont apocryphes. Cependant, celui-ci est – selon le chroniqueur, un évangile selon J.C., selon Jésus Christ. Je précise tout ceci pour que celui qui n'en a jamais entendu parler puisse en retrouver trace dans l'une ou l'autre bonne bibliothèque... La bonne bibliothèque se distingue par le fait qu'elle n'a pas d'enfer... Franchement, cet évangile-là vaut qu'on s'y arrête. Et il est bien exact que j'avais consacré une chanson à faire écho à un de ses romans à cet ancien journaliste... Très précisément au Siège de Lisbonne. Mais, il est une autre chanson qui elle relate un épisode de résistance au temps de Salazar...


Laisse-moi deviner... Je crois bien qu'il s'agit de cette chanson où un vieux journaliste lisboète catho et conservateur vire sa cuti et suite à l'assassinat, chez lui, dans son appartement généralement si tranquille, par la PIDE (la police politique de Salazar) d'un jeune homme qu'il hébergeait (un certain Monteiro Rossi, antifasciste italien) devient clandestin, change de nom et s'exile en France. N'était-ce pas cette histoire ?


Si, si. Le journaliste s'appelle Pereira, la chanson était tirée d'un roman de Tabucchi. Je l'avais d’ailleurs écrite en italien, puis traduite en français. C'était La Ballata di Pereira [37262]. Pereira, un grand rêveur, un songeur, un homme qui échappera au fascisme par la pensée, tiré hors de l'enfer par son intelligence et sa culture – en l'occurrence, française. On était aux temps du Front Populaire et de la Guerre civile espagnole, de la république massacrée par les franquistes, aidés en cela par les fascistes italiens et les nazis allemands. Une longue période de dictature en découlera et figera l'Espagne pour près d'un demi-siècle.


Elle ne s'en est pas encore remise d'ailleurs, dit Lucien l'âne en inclinant doucement le front vers la droite comme s'il cherchait un herbe, un chardon, que sais-je... Je ne sais comment dire, comment formuler cette impression, cette intuition, cette prescience, mais regarde, Marco Valdo M.I. mon ami, les quatre dictatures fascistes des années trente (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) sont encore à la traîne et justement traînent encore certains boulets de ce temps-là. Comme une sorte de densité qui les empêchent de prendre leur envol. Quant à l’Allemagne... Les mêmes ambitions bismarckiennes resurgissent... En fait, rien n'a encore été résolu et le ventre est encore fécond... Je veux dire ceci que ceux qui ont porté ces régimes - les "Eux" de la chanson de Freire, qui en ont profité et qui d'ailleurs n'en verraient pas d'un mauvais œil le retour, eux ou leurs descendants, sont toujours là et n'ont jamais été éliminés. Pire, il y a eu des retours en grâce. En somme, je finirai par penser que les mouvements tectoniques de la Guerre de Cent Mille Ans sont fort lents, qu'il y a là des inerties gigantesques et que rien n'est jamais acquis et qu'il en faudra encore bien du temps et des efforts pour faire advenir l'homme... L'hydre renaît ; les riches (anciens et nouveaux) mènent avec une certaine opiniâtreté la même guerre d'asservissement des pauvres. Ceci tient sans doute à leur insatiable avidité... Tissons dès lors avec une obstination encore plus inébranlable le linceul de ce vieux monde absurde, avide, arrogant, absolu, asocial, ahistorique et cacochyme.
( Heureusement !)


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
PIERRE PHILOSOPHALE

Ils ne savent pas, eux, que le rêve
Est une constante de la vie,
Concrète, définie
Comme toute autre chose
Comme cette pierre grise
Où je m'assieds et me repose,
Comme ce ruisseau doux
Avec des sursauts sereins
Comme ces hauts pins
Qui s'agitent dans l'or et le vert
Comme ces oiseaux qui crient
En s'enivrant de bleu.

Ils ne savent pas, eux, que le rêve
Est vin, est mousse, est ferment,
Bestiole vive et assoiffée
Avec son museau en pointe
Qui creuse à travers tout
En un perpétuel mouvement.

Eux ne savent pas que le rêve
Est toile, il est couleur, il est pinceau,
Base, tronc, chapiteau,
Vitrail, arc ogival,
Pinacle de cathédrale,
Contrepoint, symphonie,
Masque grec, magie,
L'alambic de l'alchimiste,
La carte du monde éloigné,
La Rose des Vents, l'Infante,
La caravelle en Quinze-Cent,
Le Cap de Bonne Espérance

Or, cannelle, ivoire
Fleuret de spadassin,
Toile, pas de danse
Colombine et Arlequin
La montgolfière qui vole,
Le paratonnerre, la locomotive,
Le navire pavoisé en fête,
Le haut fourneau, le générateur,
La scission de l'atome, le radar,
L'ultrason, la télévision,
Le débarquement d'une navette
À la surface de la Lune.

Ils ne savent pas, eux, et ils ne rêvent pas,
Que le rêve est le moteur de la vie
Que chaque fois qu'un homme rêve
Le monde roule et s'embellit
Comme une balle colorée
Dans les mains d'un enfant.

inviata da Marco Valdo M.I. - 12/12/2012 - 20:39



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