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Exit Strategy

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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Exit Strategy ou La retraite victorieuse

Chanson française – Exit Strategy ou La retraite victorieuse – Marco Valdo M.I. – 2012

D'habitude, je le sais bien, Lucien l'âne mon ami, j'ai toujours l'air de me traîner dans le temps et d'avoir un regard sur le passé. D'abord, c'est vrai... Je scrute le passé, mais pour comprendre et le passé et le présent. Ce dernier découlant du précédent... Il y a dans tout ça, ce qu'on appelle le paradoxe temporel. Je te l'explique ou je te le rappelle. Le passé n'est plus, le futur n'est pas encore et le présent est déjà passé au moment où j'en parle ; bref, il n'est nulle part et pourtant, c'est lui qui fait les deux autres et toutes nos existences. En fait, on est dans un présent continu qui s'appelle la vie... Elle a toujours un début et toujours une fin. Je vois à ton œil noir fluorescent que tu te demandes où donc je vais pouvoir encore t'emmener...

En effet, ton discours est assez sibyllin et ce qui est sibyllin, je le connais bien, dit Lucien l'âne en éclatant d'un rire roulant comme les cascades du Zambèze. Je peux te garantir que tu me fais impérieusement penser aux sibylles, dont une des plus célèbres, que j'ai d'ailleurs eu le plaisir de promener durant la célèbre Guerre de Troie n'était autre que Cassandre... Mais, je t'en prie, poursuis ton discours, tu m'intéresses.

Tu as l'esprit plus perçant encore qu'un chat. Je vais, comme on dit, avec cette canzone terriblement contemporaine, jouer au Cassandre et en quelque sorte, prophétiser. Il n'y a rien là de mal, rassure-toi. D'ailleurs, pour une Sibylle, je serai fort clair. Voici l'affaire : je ferai comme pour les Histoires d'Allemagne... Je vais montrer un mouvement, une sorte de courant souterrain, une force inertielle à l'œuvre au travers des vicissitudes de l'histoire... La mise à nu d'un projet clandestin ou généralement ignoré dans son ensemble. Bref, je vais reconstituer un puzzle et indiquer ce qui pourrait s'ensuivre. On a vu, nous avons vu au travers des histoires d'Allemagne un tel mouvement inertiel se poursuivre depuis au moins deux siècles – et ce n'est pas fini... ce mouvement développe l'ambition du grand Reich, née dans le petit royaume de Prusse. C'est le danger qui guette l'Europe entière. Le mastodonte une fois lancé a bien du mal à s'arrêter. Ici, c'est le profil d'un autre mouvement tectonique que la chanson tente de cerner... et elle y arrive. La conclusion quant à un tel mouvement est que les Zétazunis sont en train de faire la guerre de façon quasiment ininterrompue depuis deux cent cinquante ans. Je dis bien depuis près de 250 ans. Un quart de millénaire...

C'est hallucinant, dit Lucien l'âne... Je ne m'étais jamais aperçu de ce fait...

C'est pourtant ce qui ressort de l'histoire telle qu'on peut la lire... L'avantage de la chanson, c'est qu'elle synthétise ce qui est caché au milieu du fatras des faits... Une des conséquences... je laisserai à d'autres le soin de décortiquer l'ensemble des conséquences de ce fait, de ce mouvement souterrain de l'histoire étazunienne, une des conséquences les plus évidentes est dite dans la chanson : « Le Kosovo, la Libye... On était en guerre tout le temps.
Rien d'étonnant, on a la plus grande industrie d'armements. » . Et oui, la plus grande industrie d'armements... Tu imagines les intérêts en jeu...

Si on examinait tout cela à l'aune de la Guerre de Cent Mille Ans... On pourrait dire que dans cet épisode, les riches font faire la guerre aux pauvres et les forcent à travailler pour développer leur industrie de l'armement...

C'est un peu caricatural, mais c'est assez exact, finalement. Les sommes en jeu sont considérables... On parle en centaines de milliards de dollars... par an. Rien que pour les seuls Zétazunis. Sans guerre, tout ceci ne tiendrait pas... Quelle perte pour certains ! Voilà qui met au jour, un des plus puissants ressorts de la Guerre de Cent Mille Ans... Vu par l'industrie de l'armement, la paix est une aberration totale... en quelque sorte, intolérable. Il ne faut certes pas la guerre partout et tout le temps... Mais une bonne guerre de temps en temps, à gauche, à droite, ici et là... C'est bon pour le commerce et le moral de ces braves gens.

Mais dis-moi, Marco valdo M.I., mon ami, qu'est-ce que cette histoire de la valeur d'un Afghan... et cette Exit Strategy ?

Pour l'Afghan, la réponse est simple. Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, dans les guerres, il y a toujours des bavures, des erreurs de tirs, des balles perdues. Ainsi, en Afghanistan, qui est le pays des Afghans, quand un ou plusieurs (généralement, plusieurs) Afghans – des civils qui passent par là, se font tuer par l'armée alliée des Zétazuniens... On indemnise les familles...

Ça leur fait une belle jambe... dit Lucien l'âne.

D'accord, ça ne résout rien, mais tenons-nous au fait. On indemnise. Habituellement, un Afghan mort vaut quatre à cinq mille dollars. Pas plus. Pas de funérailles nationales pour lui, pas de président avec une tête d'enterrement. Pour la victime étazunienne, soldat ou sergent, on en est à cinquante mille dollars par tête. Il y a comme un déséquilibre patent. Le prix du mépris. Quant à l'Exit Strategy, c'est un nouveau nom sur une vieille habitude étazunienne (et pas seulement étazunienne, d'ailleurs !)... Maquiller l'échec en victoire et baptiser la retraite en sortie stratégique victorieuse. C'est ce qui se fait en Irak et qu'ils auraient bien voulu faire au Vietnam... Mais là, la défaite était trop grosse. Quant aux Afghans, demain après l'apothéose de l'Exit Strategy, ils retourneront à leur opium, leurs guerres locales et leurs talibans...

Je vois, je vois, dit Lucien l'âne. Mais si on écoutait ta chanson qui m'a l'air de tisser à sa manière le linceul de ce vieux monde grippe-sou, bassement intéressé, guerroyeur et cacochyme.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.
Que vaut la vie d'un Afghan
Tué sans son consentement ?
Trois à quatre mille dollars
Le soldat étazunien ou son sergent
Vaut cinquante mille dollars

Après le Viet-Nam, la Somalie et l'Irak,
Exit Strategy s'annonce maintenant
Notre retraite victorieuse de l'Afghanistan
Après avoir cassé la baraque,
On rentre au pays triomphants.

La guerre, la guerre, ça nous connaît
On l'a faite partout depuis cent cinquante ans
D'abord contre les Indiens, puis contre les Anglais
Puis toujours chez nous, c'est entre nous qu'on se tuait
Ensuite contre l'Espagne, on s'est fait les dents

Au Mexique, on a pris la moitié du pays
Le Colorado et la Californie,
Le Nevada, l'Utah, l'Arizona
On est même allés en Algérie, en Tunisie
En Uruguay, au Nicaragua

Fallait pas se gêner
Vera Cruz, Dominique, Haïti, occupés
On a carrément annexé
Porto-Rico, Hawai, les Philippines,
On a même débarqué en Chine

On est allés au Salvador, à Panama,
Au Guatemala, à Sumatra
Avec deux Guerres mondiales qu'on voulait pas
On a envahi le monde entier.
Et c'est pas fini, attendez.

On a vu la Corée, le Vietnam, l'Iran
Le Chili, le Congo et l'Afghanistan
Le Honduras, la Grenade, le Liban
Le Kosovo, la Libye... On était en guerre tout le temps.
Rien d'étonnant, on a la plus grande industrie d'armements.

Le soldat étazunien ou son sergent
Vaut cinquante mille dollars
Maintenant, l'Afghan vaut quatre mille dollars
Mais ne vaudra bientôt plus l'ombre un dollar
Quand Exit Strategy... on sera foutu le camp.

inviata da Marco Valdo M.I. - 30/3/2012 - 23:35


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