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Facétieux oiseaux... Scherzosi Uccelli !

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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Facétieux oiseaux... Scherzosi Uccelli !

Canzone léviane – Facétieux oiseaux... Scherzosi Uccelli ! – Marco Valdo M.I. – 2009

Cycle du Cahier ligné – 22

Facétieux oiseaux... Scherzosi Uccelli ! est la vingt-deuxième chanson du Cycle du Cahier ligné.

Le Cycle du Cahier Ligné a ceci de particulier qu'il est construit à partir de l'idée folle de transcrire – à partir de la traduction en langue française - le Quaderno a Cancelli, dernière œuvre du peintre et écrivain antifasciste italien Carlo Levi, sous forme de canzones.

L'ambition – s'il peut y en avoir une – était de faire ressurgir, comme une rivière qui aurait traversé une montagne, la poésie qui est la matière principale du Quaderno.

Il fallait aussi que l'ensemble – le Cycle – renouant avec d'anciennes pratiques poétiques : celles des aèdes qui sillonnaient le monde pour l'inonder de mots, le Cycle donc ait une certaine cohérence interne et raconte en quelque sorte une histoire.

Nous y voilà. Une histoire... Mais qui donc pense cette histoire ? Est-ce le fruit purement imaginaire d'une imagination ou sinon, que peut-elle être ? C'est là qu'intervient la particularité majeure du Quaderno. L'histoire est tout simplement le flot ininterrompu qui submerge l'esprit du blessé-prisonnier; ce flot ininterrompu s'appelle la pensée.

On y découvre ainsi que la pensée est œuvre de résistance (Ora e sempre : Resistenza !) et qu'elle met en déroute le bourreau. De quoi est-elle composée ? La chose est bien mystérieuse, mais il est sûr que c'est elle qui permet d'arriver – au travers de milliers de détails – jusqu'à la libération.

Que le prisonnier soit un homme, un individu (Carlo Levi, Benvenuto Cellini, Marco Camenisch...), ou que ce soit tout un peuple – comme le peuple italien sous le fascisme (d'hier et bien évidemment, dans sa version contemporaine et berlusconienne), la pensée, les pensées sont les voix qui mènent à la résistance d'abord, à la libération ensuite. Elles permettent d'aller de l'une à l'autre, en dépit du désespoir, en dépit de l'oppression. Elles maintiennent en quelque sorte la tête hors de l'eau; elles permettent au moins de ne pas étouffer.

Bien sûr, l'apparence est celle d'un monde onirique, d'une sorte de songe continu... Mais quelle autre forme pourrait donc prendre la pensée quand on emprisonne ou quand on tient sous hypnose avec les étranges lucarnes quand on drogue des populations entières à coups de mensonges,de fesses et de seins télévisuels.

Il s'agit de résister, de résister encore, de construire le monde nouveau par la pensée, pour ensuite, en des temps meilleurs, au bout du chemin de résistance, au moment de la délivrance, mettre en œuvre ce qui précisément a été pensé.

Le mathématicien français Poincaré en avait parlé de la pensée et disait (il pensait spécialement à la science, mais il faut ici étendre la portée de son propos ) : « La pensée ne doit jamais se soumettre... parce que pour elle ce serait cesser d'être. »

Et Marco Valdo M.I. se propose de résumer la chose et de lui donner une portée plus universelle en émettant cette sentence simple et correcte:
« NE JAMAIS SE SOUMETTRE
car se soumettre, ce serait cesser d'exister ».

Les pensées sont comme les Canuts; elles ont la même ambition. Comme eux, elles chantent, même en sourdine, quand elles ne peuvent faire autrement : « Nous tisserons le linceul du vieux monde... »

Les pensées sont des oiseaux facétieux... Scherzosi Uccelli !

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.
O scherzosi uccelli ! Ô facétieux oiseaux !
Mes pensées me sauvent de l'ombre des barreaux.
Je me souviens de l'enfance au bord de l'eau
Et des pommes en compote dans les tonneaux.

Reviennent les images, comme les matins,
Comme les hirondelles après les neiges et les gelées.
Comme des bannières à l'ennemi arrachées,
Dans un kaléidoscope enfantin,
Où les fragments de papier coloré ou les morceaux de verre
Se fixent en flocons de neige multicolores,
On voit des châteaux imaginaires,
Emprisonnés dans les listels d'or.
Comme un enfant avec sa langue serrée
Colle à la gomme
Sur les pages de son album,
Des papiers aux couleurs bigarrées
Et impose ses images aux formes découpées.
Les premières silhouettes apparaissent isolées :
Judith, dans sa beauté d'assassine manquée
Et le sourire de la jeune fille des îles magnifiques.
L'ostracisme est nuisible pour la république.
Qu'y a-t-il entre l'Homme de l'espace
Icare et le Premier Chrétien,
Rien, peut-être, un songe ancien,
Une embrouille, un tour de passe-passe.
Le monde entier flotte à la dérive.
L'heure est chose fuyante et vive.
Une fatigue totale emplit le temps
Sans bouger, comme un guerrier
Dans son armure enfermé,
Vidé de son sang,
Voyant le ciel au-dessus de ses yeux,
Dans un sommeil merveilleux,
Je trouve une nouvelle confiance
Avec les voix et les bruits familiers,
Et de vagues silences
Qui m'emmènent vers mon éternité.
Nuage blanc, nuage noir...
Je voulais lui donner un baiser du soir.
Il est presque midi.
Où est passée mon éternité ?
Tous mes jours enfuis
Reviennent m'encourager.

Je me souviens de l'enfance au bord de l'eau
Et des pommes en compote dans les tonneaux,
Mes pensées me sauvent des lenteurs du bourreau.
Ô scherzosi uccelli ! Ô facétieux oiseaux !

inviata da Marco Valdo M.I. - 6/6/2009 - 19:05



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