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The Band Played Waltzing Matilda

Eric Bogle
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Versione francese di Riccardo Gullotta
I LA BANDA TOCÀ EL VALS DE MATILDA

Quan jo era jove, un fardell vaig portar
i roder en ma terra vaig viure.
De les verdes muntanyes a l'immens pedregar,
ballí el vals de Matilda ben lliure.
Però en mil nou-cents quinze em van dir: "Xaval,
la pàtria et reclama, hi ha una tasca que cal".
Em donaren un casc, un fusell i un punyal
i em dugueren molt lluny a la guerra.
I la banda tocà el vals de Matilda
quan els xics embarcàvem al port.
Entre vítols i crits i missatges de sort,
vam salpar cap a Gal·lípoli.

Me'n recorde molt bé del dia del terror
quan la sang tenyí l'aigua i l'arena.
La badia de Suvla fou l'escorxador;
a l'infern, no s'hi troba més pena.
Joan el Turc no era imbècil, s'havia estat preparant,
a aquella ratera ens anà arrossegant.
Una pluja de bales quasi ens tornà volant
en poc més d'uns minuts a Austràlia.
I la banda tocà el vals de Matilda
quan paràrem a enterrar tots els morts,
els nostres morts, i els turcs, els seus morts.
I el combat començà novament.

En un món dement de mort, sang i foc,
alguns com jo sobrevivien;
set llargues setmanes al maleït lloc
on les piles de cadàvers creixien.
I, de colp, un canó m'encertà a l'engonal.
I quan vaig despertar en un llit d'hospital
vaig conéixer, en veure quin era el meu mal
que hi ha coses pitjors que morir-se.
Ja no ballaré el vals de Matilda
entre els arbres, tan verds, tan llunyans.
Per trescar i acampar no tinc prou amb les mans.
S'ha acabat el vals per a mi.

Ajuntaren després tots els mutilats
i ens van repatriar a Austràlia.
Els cegos, els coixos, mancs i trastornats,
els herois orgullosos de Suvla.
Quan el nostre vaixell entrà al Moll Circular
mirí on les meues cames havien d'estar.
No tenia ningú que em vinguera a esperar
i això al cel li ho vaig agrair.
I la banda tocà el vals de Matilda
i atracàrem i baixàrem pel pont.
Però ningú va brindar. Ens miraven de front
i giraven els ulls lentament.

I ara, cada abril, me n'isc al portó
i veig passar la desfilada.
Veig els meus camarades marxant al mateix so
revivint una glòria passada.
Els vells van a espai, torts i encarcarats;
d'una guerra oblidada, els herois oblidats.
La xicalla demana: "Per què van desfilant?",
i això em pregunte jo a mi mateix.
I la banda toca el vals de Matilda
i n'hi ha qui a la crida respon,
però any rere any, qualques menys en són.
Algun dia, no hi vindrà ningú.

Vals de Matilda, vals de Matilda...
Qui ballarà el vals junt a mi?
LE GROUPE JOUAIT WALTZING MATILDA

Quand j'étais un jeune homme j’emmenais mon sac
et je vivais la vie libre d'un vagabond.
Des verdoyants bassins de Murrays [1] à la savane poussiéreuse,
bon, je valsais avec ma Waltzing Matilda partout.

Mais en 1915 mon pays m’a dit : « Fils,
Il est temps d'arrêter de vagabonder car il y a du travail à faire».
Alors ils m'ont donné un casque en étain et un fusil,
et ils m'ont envoyé au loin à la guerre.
Et le groupe jouait «Waltzing Matilda»
tandis que nous nous éloignions du quai,
et au milieu de toutes les acclamations, des drapeaux flottant au vent, des larmes,
nous avons pris la mer pour Gallipoli.

Et ô combien je me souviens de ce terrible jour,
comme notre sang tacha le sable et l'eau;
et comme dans cet enfer-là qu'ils appellent baie de Süvla
nous fûmes charcutés comme des agneaux à l'abattoir.
Les Turcs [2] nous attendaient , il s'étaient bien préparé.
Ils nous couvrirent de balles et firent pleuvoir des bombes,
et en cinq minutes pile ils nous renversèrent tous d’un souffle à l’enfer,
ils nous renversèrent arrière presque droit en Australie.
Mais le groupe jouait «Waltzing Matilda»,
quand nous arrêtions d'enterrer nos morts ‒
eh bien, nous avons enterré les nôtres et les turcs les leurs ‒
à ce moment-là on a recommencé encore.

Et ceux qui ont été laissés, eh bien, nous essayions de survivre
dans ce monde fou de sang, mort et feu.
Et pendant dix semaines épuisantes je me suis gardé en vie
quoiqu’il autour de moi les corps s'empilaient toujours plus haut.
Ensuite une grande balle turque me blessa en renversant cul par-dessus tête,
et je me suis réveillé dans mon lit d'hôpital
et j'ai vu ce que ça avait fait, bref, j'ai souhaité être mort ‒
je n'avais jamais su qu'il y avait des choses pires que mourir.
Car je ne valserai plus avec ma «Waltzing Matilda»
tout autour des verts buissons loin et libre ‒
Pour porter sa tente et ses piquets un homme a besoin de ses deux jambes ‒
pas plus de «Waltzing Matilda» pour moi.

Alors ils ont collectés les boiteux, les blessés, les mutilés,
et il nous ont renvoyés à la maison en Australie.
Les manchots, les cul-de-jatte, les aveugles, les fous,
ces fiers héros blessés de Süvla.
Et tandis que notre navire entrait au Circular Quay [3],
j'ai regardé l'endroit où mes jambes avaient pour habitude d'être,
et j'ai remercié Christ qu'il n'y avait personne qui m'attendait
pour me plaindre, pour pleurer et pour avoir pitié.
Mais le groupe jouait «Waltzing Matilda»
alors qu'ils nous débarquèrent par la passerelle
et que personne n’acclama, ils restèrent juste immobiles en nous fixant,
puis ils détournèrent leurs visages.

Et maintenant chaque Avril je m'assois sous mon porche
et je regarde la parade qui passe devant moi.
Et je vois mes vieux camarades, qu’ils marchent fièrement!,
en ravivant des vieux rêves de gloire passée.
Et les vieux hommes marchent lentement, tous courbés et endoloris,
ils sont des vieux héros crevés d'une guerre oubliée.
Et les jeunes gens demandent "Qu’est-ce qu’ils marchent ?"
Et je me pose la même question.
Mais le groupe joue « Waltzing Matilda»,
et ces vieux hommes répondent encore à l'appel,
mais année après année plus de vieux disparaissent,
un jour personne ne marchera là pas du tout.

Waltzing Matilda,Waltzing Matilda.
Qui viendra valser avec Waltzing Matilda avec moi ?
Et on peut entendre leurs fantômes tandis qu’ils marchent proche du Billabong, [4]
Qui viendra valser avec Waltzing Matilda avec moi ?
[1] Fleuve de l’Australie méridionale
[2] « Johnny Turc » dans l’original, surnom attribué par les militaires australiens, ça serait «Jeannot le Turc»
[3] Port de Sydney
[4] il s’agit d'une oasis formée par une courbe morte d’un fleuve


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