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La Rue des Blancs Manteaux

Jean-Paul Sartre
Lingua: Italiano

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(1950)
La Rue des Blancs Manteaux

Chanson française – Jean-Paul Sartre
Musique - Joseph Kosma
Interprétée par Juliette Gréco.


Juliette Greco


Cette chanson a une histoire toute particulière. Elle raconte en fait une exécution capitale à la guillotine du temps où la chose ignoble était encore pratiquée à Paris. La rue des Blancs Manteaux qui doit son nom à un couvent est une rue d'aspect ancien située dans le quartier du Marais à Paris.
Sartre qui n'était pas n'importe qui et qui au moment où Juliette Gréco se lançait dans les cabarets, lui donna cette chanson, lui conseillant de voir Kosma (encore un Joseph) pour la musique, disait à propos de cette chanson, écrite pour sa pièce Huis Clos : On fait bien des pièces pour des acteurs, pourquoi n'écrirait-on pas des poèmes pour une voix ? ... Le travailleur de la plume, qui trace sur le papier des signes ternes et noirs, finit par oublier que les mots ont une beauté sensuelle. ... Gréco... C'est grâce à elle, et pour voir mes mots devenir des pierres précieuses, que j'ai écrit des chansons. Il est vrai qu'elle ne les chante pas... »
Comme Sartre avait raison quand il parlait de Juliette, certainement et comme il avait raison quant au pauvre destin du travailleur de la plume.

Il avait d'autant plus raison que cette chanson sans avoir l'air, ni le son... Prenait son parti contre la peine de mort...

Et puis, on n'a pas beaucoup de chansons de philosophes...

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Ils ont élevé des tréteaux
Et mis du son dans un seau
Et c'était un échafaud
Dans la rue des Blancs-Manteaux

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Le bourreau s'est levé tôt
C'est qu'il avait du boulot
Faut qu'il coupe des généraux
Des évêques, des amiraux,
Dans la rue des Blancs-Manteaux

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Sont venues des dames comme il faut
Avec de beaux affûtiaux
Mais la tête leur faisait défaut
Elle avait roulé de son haut
La tête avec le chapeau
Dans le ruisseau des Blancs-Manteaux

inviata da Marco Valdo M.I. - 5/3/2009 - 23:57


Bien sûr, Marco Valdo, on n'a pas beaucoup de chansons de philosophes; mais il y en a une, très importante pour ce site. Elle s'appelle La vie s'écoule, la vie s'enfuit, et je n'ai aucun doute que tu la connaisses très bien. Elle est importante pour ce site, en soi, car c'était la dernière chanson de la “collection primitive” des Canzoni Contro la Guerra, en avril 2003: la chanson n° 600 qui concluait le 5ème volume de la collection de chansons contre la guerre et antimilitaristes qu'on avait commencée en février 2003 (trois jours avant de la grande manifestation planétaire pour la paix et contre la “Bushguerre” en Iraq) sur deux listes et deux forums de chanteurs. Pourtant, ce site existait déjà: le gouebmestre Lorenzo Masetti l'avait créé le 20 mars 2003, le jour même de l'attaque américaine sur Bagdad. Donc, ce site va “fêter” dans peu de jours son sixième anniversaire, et je mets le mot “fêter” entre guillemets car il n'y a absolument rien à fêter dans ce cas-ci. Même si on s'amuse, même si on se fait des amis (et des camarades), même si on tombe amoureux dans ce site-ci, il ne faut jamais oublier que c'est un site qui raconte la plus grande tragédie humaine à travers des chansons, et que ses pages sont souvent écrites avec le sang et les larmes.

Mais c'est aussi important d'avoir Raoul Vaneigem sur ce site, celui qui a dit que “Rien n'est sacré, tout peut se dire”. Dans cette chanson, écrite en 1960 (!), il avait tout prévu: “le travail tue, le travail paie, le temps s'achète au supermarché”. Malheureusement, le temps a donné raison aux vieux situationnistes. Il a donné raison à Vaneigem, à Guy Débord (dont on a aussi une chanson, à propos de chansons de philosophes...) qui considérait l'Italie des années '60 et '70 comme le laboratoire de toute innovation et de toute répression, aux autres; et ce message veut être aussi un hommage au “Vampire du Borinage” (le même Borinage où prêchait le jeune Van Gogh...et j'ai vécu pas très loin de là) et au philosophe du plus important bouquin du monde moderne, “La société du spectacle”. Ce n'est peut-être pas par hazard qu'ils ont écrit des chansons: une chanson n'est pas seulement une histoire, elle peut être l'histoire, aussi. Elle nous peut raconter, ou prévoir, l'histoire telle qu'elle est ou sera, et vachement mieux qu'une symphonie de Beethoven.

Riccardo Venturi - 6/3/2009 - 05:09



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