Lingua   

La Saint-Barthélémy

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese



Les flibots au soleil se traînent,
Les vigies dans les hunes sifflent
Et depuis le matin, scrutent l’horizon en vain.
Trèslong interroge, elles répondent : « Rien ! »

« D’où vient, Lamme, ton air si dolent ? »
« Oui, riez de moi, pauvre et souffrant,
Riez, par abandon, le cœur me faut :
Pain, fromage et boisson, il me faut.

Le Prince défend de prendre pour notre bien
Vivres des riches, ni rien des couvents.
Je n’ai plus ni ma femme, ni bon vin.
Je vis de petite bière et de hareng.

Où est passée la joie, où est passée la vie ? »
Till dit : « Je vais te le dire une bonne fois.
Oh Lamme ! Laisse-là tes mélancolies,
Frappe le soldat d’Albe où tu le trouveras.

Ils ont tué dix mille cœurs libres à Paris
La nuit de la Saint-Barthélémy.
Ils ont jeté au fleuve de pleines charretailles
De morts et de vivants et faisaient ripaille.

La Seine était rouge de sang et neuf jours entiers,
Les corbeaux s’abattant par nuées
Se repurent de ce carnage de réformés
Et d’autres villes sont encore endeuillées.

Les dames de la cour en grandes prêtresses
De leurs mains fines dépouillaient les corps
Pour voir et mesurer la virilité des morts
Et elles riaient ces paillardes, de cette étrange messe.

Si l’arrière-goût du hareng te rend malade,
L’odeur de cette vilenie est bien plus fade
Et les assassins ont les mains sales et roides
D’avoir tant tâté tant de viande froide.

Ces tueurs offraient aux dévotes damoiselles
Des oies grasses, le croupion ou les ailes.
Comme les charognards, des cadavres nourris,
Ces festins honteux fêtaient Saint Barthélémy. »

« Je ne me plaindrai plus, dit Lamme,
Ni du hareng, ni de la petite bière.
Tristesse et mélancolie, c’était hier.
Mon cœur est en joie, je reverrai ma femme. »


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