Lingua   

Verdun

Bernard Joyet
Lingua: Francese


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[2001]
Parole e musica di Bernard Joyet, cantautore francese classe 1947
Nel suo album d’esordio intitolato “Prolongations”

Prolongations

“Siamo come gli insetti, le stesse guerre. La Terra è un bordello che assomiglia a Verdun...”

Le temps semble s'offrir une sublime pause
Tout est sérénité dans mon joli jardin
Si je me penche un peu, quelle métamorphose !
Si je me penche encore, alors là, c'est Verdun !

Élytres, carapaces
Se heurtent, se fracassent
Boucliers et carcasses
S'entassent dans des trous
Et dans un spasme infime
Un soubresaut ultime
Les infirmes victimes
S'embourbent dans la boue
C'est Verdun !

Des griffes s'articulent
Comme des tentacules
Portant aux mandibules
Une nymphe éventrée,
Par une plaie ouverte
Perle la sève verte
De cette larve inerte
Lacérée, déchirée
C'est Verdun !

Cruellement la mante
Au demeurant charmante
Délicieuse amante
Dissèque son amant
Une fourmi géante
Suce la chair gluante
D'une cigale béante
Qui se meurt en chantant
C'est Verdun !

Et le grillon champêtre
Gesticule, s'empêtre
Ses pattes s'enchevêtrent
Dans les mailles de soie
La nasse arachnéenne
De force herculéenne
L'enrobe d'une gaine
Qui étouffe sa proie
C'est Verdun !

Tétanisés de trouille
Des soldats en vadrouille
Croisent une patrouille
De carabes dorés
Narguant la citadelle
La brave coccinelle
Exhibe aux sentinelles
Son torse décoré
C'est Verdun !

On s'incise la carne
On s'étripe, on s'écharne
On s'agrippe, on s'acharne
Corps-à-corps, bout portant
Les viscères tranchés
Les ailes arrachées
Et les têtes fauchées
Jonchent le sol fumant
C'est Verdun !

Quand le jour s'étiole
Sous le feu des lucioles
Les dernières bestioles
S'escriment au combat
Les silphes nécrophages
Passent au ramassage
Des restes du carnage
Des boyaux, des abats
C'est Verdun !

Si, au-dessus de nous, trône un Être suprême
Il devrait se pencher sur son joli jardin
Les insectes c'est nous, nos guerres sont les mêmes
La Terre est un foutoir qui ressemble à Verdun

Crânes et carapaces
Se heurtent, se fracassent
Boucliers et carcasses
S'entassent dans des trous
On s'incise la carne
On s'étripe, on s'écharne
On s'agrippe, on s'acharne
Embourbés dans la boue

En débâcles fébriles
Des effarés s'exilent
Quand la botte imbécile
A piétiné les fleurs
En colonne infinie
Une horde bannie
Dérive à l'agonie
Sous l'œil du prédateur

inviata da Bernart Bartleby - 16/8/2017 - 13:57



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