Lingua   

La défense de Paris

Chorale Ouvrière Les Barricades
Lingua: Francese


Ti può interessare anche...

Papieres papieres papieres
(Chorale Ouvrière Les Barricades)
Lied für die Pariser Kommune
(anonimo)
Tous défendons les sans papiers !
(Chorale Ouvrière Les Barricades)


[1871]
Paroles: Anon
Musique: Sur l'air de "Fualdès"

Testo: Anonimo
Musica: Sull'aria di "Fualdès"


Chorale Ouvrière Les Barricades - Grenoble.
Chorale Ouvrière Les Barricades - Grenoble.



"Complainte et récit véridique des maux soufferts par la population Parisienne pendant le siège".
Non, jamais sur cette terre
On ne vit en vérité,
Pareille calamité,
Ni plus affreuse misère,
Que celle que l'on subit
Sous le siège de Paris

Paris! Cette ville aimable,
Qui donc ose l'assiéger ?
Serait-ce cet étranger,
Qu'avec un accueil affable
Elle admettait dans son sein ?
Oui, c'est lui son assassin.

C'est d'accord avec l'infâme
Celui qui livra Sedan :
Bonaparte, ce tyran !
Ce gredin sans cœur, sans âme!
Que la Prusse, avec ardeur,
Accomplit notre malheur.

Lors du fameux plébiscite,
Sans tous ceux qu'on voté oui
On n'aurait pas aujourd'hui
Cette guerre tant maudite :
Paris qui n'y est pour rien
A cette heure en souffre bien.

Que de chagrin, que de peine!
Pour un moment d'abandon ;
Si l'on avait voté non,
La France Républicaine,
Pour l'instant, ne serait pas
Dans un si triste embarras.

Quand on pense que nous sommes
Privés de relations,
De communication,
Avec le reste des hommes;
Du monde pour nous le bout
Ne vas pas même à Saint-Cloud.

Quand le ballon nous emporte
Dans tous les départements,
Des lettres pour nos parents,
Jamais il ne nous rapporte
Les réponses, ce qui fait
Qu'on en est très inquiets.

Nous n'avons de leurs novelles
Qu'au moyen de nos pigeons ;
Mais des Prussiens, les faucons
Les chassent à tire-d'ailes :
Sur dix il en revient deux ;
On le voit, c'est très chanceux.

L'aspect de toutes nos rues
Est lugubre car, hélas!
On a supprimé le gas
Même avant une heure indue,
Et les magasins, le soir,
Font vraiment du mal à voir.

D'ailleurs, toutes les boutiques
N'ont plus rien d'étalagé,
A part chez le boulanger,
C'est en vain que les pratiques
Chercheraient quoi que ce soit ;
On a même plus de bois.

Car dans cet horrible siège
On est bien privé de tout;
Mais de chauffage surtout,
Et sur nos toits, blancs de neige,
L'hiver, en signe de deuil,
Vient étendre son linceul.

Un jour une pauvre mère,
Privée de bois, de charbon,
Attend la distribution
Une journée toute entière ;
Dans ses bras, cruel effroi !
Son enfant est mort de froid !

On a vu dans les tranchées
Des soldats, de froid périr ;
Ils préféraient mourir
D'une mort plus recherchée,
Vis à vis de l'ennemi,
En défendant le pays.

Et nos pauvres ménagères
Attendent en pataugeant,
Souvent trois heures durant,
Pour obtenir d'ordinaire,
Un pot-au-feu de cheval,
Ce brave et noble animal !

C'est en pleurant qu'on le mange,
Et l'on en a pas toujours;
Il arrive bien des jours
Que, par force, l'on s'arrange
D'un plat, qui n'est pas très gros,
Du riz cuit avec de l'eau.

Il est des êtres rapaces!
J'en rougis ; mais des marchands
Exploitent les pauvres gens;
Jugez où va leur audace,
Ils vendent un mauvais chou
Jusqu'à des six francs dix sous !

On se nourrit d'épluchures,
De chats, de chiens et de rats ;
On vend des choses au tas
Que l'on jetait aux ordures ;
Mais on s'en repaît enfin,
Pour ne pas mourir de faim.

Dans une pauvre mansarde,
Située rue Desnoyers
La femme vient d'expirer,
Et, seul, son mari la garde ;
Quand, privé de tous secours,
De faim, il meurt à son tour.

Et le matin quand on rentre
De la garde du rempart,
Des pommes de terre au lard
Feraient tant de bien au ventre ;
Mais ce légume est passé ;
Du moins, c'est pour les blessés.

Or, toutes les ambulances
Que l'on fait à grand frais,
Sont pleines, ou a peu près,
Sans compter ceux que la France,
Parmi ses enfants perdus,
Ne reverra jamais plus!

Que de mères en alarmes!
Gémissent en ce moment
Sur le sort de leurs enfants
Qu'a trahi celui des armes ;
Mort sous le plomb meurtrier,
Ou tout au moins prisonnier !

Moralité

Et bien ! de tous ces ravages,
Nous souffrons sans murmurer ;
Loin de nous désespérer
Ils augmentent nos courages :
On ne vaincra pas Paris,
Tant que nous serons unis !

inviata da Riccardo Venturi - 18/1/2007 - 23:58



Pagina principale CCG

Segnalate eventuali errori nei testi o nei commenti a antiwarsongs@gmail.com




hosted by inventati.org