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Les Juifs

Philippe Clay
Lingua: Francese


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[1975]
Paroles : Henri Djian

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Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson qui a toutes les raisons de se retrouver ici dans les Chansons contre la Guerre… Une chanson qui poursuit l'antisémitisme et plus exactement, cette inexplicable haine qui roule sournoisement dans nos sociétés et soudain, resurgit au jour et puis éclate en un grand feu de destruction collective. Il n'y a pas d'explication rationnelle à cette maladie de société. Comment expliquer cette barbarie distillée goutte à goutte jusqu'à noyer des peuples entiers dans la fange brune, dans l'ordure noire ?

Tu as raison, Marco Valdo M.I. mon ami. Il n'y a pas de raison dans tout cela. Et surtout qu'on ne vienne pas parler ici de race… Il n'y a, foi d'âne, qu'une seule race humaine. Délirante, autodestructice, irrationnelle, paranoïaque, schizophrène, tout ce qu'on veut et pire encore, mais une seule. Enfin, c'est comme si on disait que les ânes noirs sont d'une autre race que les blancs ; que chez les ânes blancs, ceux qui ont de longues oreilles forment une race différente de ceux qui ont une grande queue… Que sais-je comme autres âneries seraient-ils encore capables d'inventer ?

Donc, pour en venir à la canzone, qui se garde d'ailleurs bien d'évoquer cette absurdité de race, elle décortique ce que les gens disent des « Juifs », comme son titre l'indique. D'abord, essayons de dire ce qu'est un Juif… Selon moi, un Juif est celui qui se désigne lui-même comme tel ou celui que d'autres désignent comme tel. Au-delà de cela, on entre dans l'affabulation, la fantasmagorie, la bêtise, la méchanceté, l'odiosité … Elle capte la haine à sa source : dans le ragot, cette rumeur assassine qui n'ose pas dire son nom. Celle-là même qui depuis des siècles rampe dans le marigot et se colporte de bouche à oreille… Sous-entendus susurrés à propos de sous-hommes suspects… C'est le grand air de la calomnie aux grandes orgues et puis, venue du rien, elle éclate dans le néant. Mais, attention, Lucien l'âne mon ami, on la croyait anéantie dans son propre néant et voilà qu'elle se reprend à fuiter de tous côtés.

Oh, la détestable chose..., dit Lucien l'âne en se raidissant de tous ses poils.

Un instant, Lucien l'âne, un instant avant que tu conclues… Deux mots encore à propos de la chanson elle-même, qui se trouve en bonne compagnie auprès de La petite juive de Maurice Fanon ou de Anne, ma sœur Anne de Louis Chedid… Pour te faire remarquer combien elle me semble avoir été inspiré d'une chanson du Grand Jacques, publiée dix ans avant elle, intitulée : « Ces Gens-là »… En tout cas, pour la forme… Regarde bien le début

« D’abord, d’abord, il y a l’aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui ne sait plus son nom »


et puis, compare avec le début de celle de Philippe Clay :

«  D'abord, ils ont un nez
Un nez, un drôle de nez
Et puis, un nom, un nom, 
Un drôle de nom »

Ceci dit, c'est plutôt flatteur cette ascendance… et sans doute, une sorte de réminiscence et de coup de chapeau. De toute façon, il n'est pas donné à tout le monde et encore moins, à n'importe qui d'écrire comme Brel… Enfin, reprenons notre tâche et à notre tour, tissons le linceul de ce vieux monde idiot, médisant, calomniateur, insensé et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

D'abord, ils ont un nez.
Un nez, un drôle de nez
Et puis, un nom, un nom, 
Un drôle de nom.

Ils ont comme un accent.
Oui, c'est ça, un accent,
Un drôle d'accent qui fait...
Comment dire... pas français.

On dit qu'ils ont de l'argent.
Oh oui, beaucoup d'argent
Qu'ils ont gagné comment ?
Sûrement pas honnêtement !
Ils sont toujours ensemble, 
Qu'est-ce qu'ils complotent ensemble ?

Et les commères disent :
"C'est pas qu'on ne les aime pas, mais",
"C'est pas qu'on ne les aime pas, mais"...

À propos... et le Christ ?
N'oublions pas le Christ !
De Barabas et lui, 
Lequel ont-ils choisi ?
C'est vrai qu'en deux mille ans,
Nous avons eu tout le temps
De le recrucifier...
Oui, mais c'était après.

C'est vrai qu'ils ont payé, 
Qu'on leur a fait payer
Un peu trop cher... mais nous,
On n'était pas dans le coup.
Nous, on ne voulait pas,
Nous, on ne savait pas.

Et tous les braves gens disent :
"C'est pas qu'on ne les aime pas, mais",
"C'est pas qu'on ne les aime pas, mais".

Mais quoi... c'est le passé.
Le passé... ressassé...
Pourquoi ? pour des ragots
Ou bien quoi ?... quelques mots,
Sur les murs d'un métro
La porte d'un lavabo...
Il n'y a vraiment pas
De quoi fouetter un chat.

Ils sont chez eux, d'accord, 
Les autres aussi. Alors,
Ça peut durer longtemps.
Oui, mais pendant ce temps,
Qui paiera l'addition ?

Et au café du Pont Les joueurs de belote disent :
"C'est pas qu'on ne les aime pas, mais",
"C'est pas qu'on ne les aime pas, mais".

Mais moi, je me demande :
Pourquoi toujours ce "mais" ?
Mais moi, je vous demande :
Quand cela va cesser ?
Ils ont bien mérité,
D'avoir enfin la paix
Et qu'on leur dise, comme
À tous les hommes :
Shalom ! Shalom ! Shalom ! 

inviata da Marco Valdo M.I. - 29/12/2014 - 18:25



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