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Le Déserteur

Boris Vian
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LE DÉSERTEUR DES SANS-PAPIERS
IL DISERTORE 2003

Signor Presidente
Le scrivo una lettera
che forse leggerà
se avrà la NATO [*]
Ho appena visto alla TV
le sue prove contro l'Iraq
e le dico che è uno schifo
e che puzza di truffa.
Signor presidente,
io non voglio la guerra,
non siamo sulla terra
per uccidere povera gente
Non è per farti arrabbiare
ma bisogna che te lo dica:
ti disprezzo, maledetto,
sei un perfetto imbecille.

Tuo padre non era meglio, [**]
correva dietro ai casini
e tu non sei che un povero succube
che si piega sotto il suo giogo
Vuoi tutto il loro petrolio
e la vita dei loro figli,
è agire da mongoloide
e manco te ne penti.
Quando l'ONU dichiara
che lui non ci ha le armi [***]
ti adombri e poi dichiari
"Siete tutti bugiardi!"
Domani al mattino presto
mi leggerò il giornale
vedrò che hai iniziato le danze
e ti augurerò di star nella merda.

Miri alla distruzione
di un popolo che chiede la grazia
e tutto questo per del petrolio,
e penso che sia vomitevole.
Rifiutate d'obbedire,
rifiutate di farla,
non approvate questa guerra,
rifiutate di subirla.
Anche se il prezzo della benzina
supera quello del dollaro,
è veramente cadere in basso,
non vale questa sofferenza.
E se malgrado tutto questo
lei vuole che la facciano
allora, buon pro le faccia,
non siete più miei amici.

[*] gioco di parole intraducibile tra "le temps" dell'originale e "l'OTAN" (= la NATO), che sono quasi omofoni (ndt)

[**] George Bush senior, ovviamente

[***] Le famose "armi di distruzione di massa", no?...


LETTRE AU MIRACULÉ DE LA RÉPUBLIQUE

Monsieur Chevènement, je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être, si vous avez le temps
Voici en commençant, mes voeux les plus sincères
Pour gagner votre guerre en bon convalescent.
Vous êtes le miraculé, essayez donc le doute
Changez un peu de route, envers les sans-papiers.
C'est pas pour vous fâcher, il faut que je vous dise
Que ce dossier s'enlise faute d'humanité.

Je suis venu chez vous, six années en arrière
Contraint par la misère qui sévissait chez nous
J'étais plein d'espérances, j'écoutais mon grand-père,
Qui avait fait la guerre, pour libérer la France.
J'ai fait plusieurs boulots, payés au lance-pierres
A l'usine, à la terre, j'ai connu bien des maux
Mais je gardais au coeur, tout au long des jours sombres
Et des pépins sans nombre, l'espoir des jours meilleurs.

Puis, j'ai appris un jour que ma terre d'asile
Rendrait bien plus facile un titre de séjour
Qu'il suffisait d'aller dans une préfecture
Avec des preuves sûres et beaucoup de papiers.
J'y suis allé confiant et j'ai tout révélé
De mes activités, de mes antécédents.
Mais quelques mois après, on m'a dit (c'est énorme !)
Que j'étais hors des normes, que j'étais refusé.

Monsieur Chevènement, dans votre circulaire
Que je ne connais guère, comme beaucoup de gens
Paraît que vous fixez des conditions très dures
Pour ouvrir l'aventure d'être régularisé.
Pour sortir du pétrin il serait raisonnable
De croire les gens capables de partager le pain
Il serait plus humain d'ouvrir les coeurs, les villes
A ces soixante mille qui demandent en vain
A ces soixante mille qui attendent en vain
A ces soixante mille qui espèrent sans fin.




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