Language   

La Danse de l’Empereur

Marco Valdo M.I.
Language: French


Related Songs

Signé Vittorugo
(Marco Valdo M.I.)
Nous les ânes
(Lucien Lane)
Le grand bond au plafond
(Marco Valdo M.I.)


La Danse de l’Empereur

Chanson française – La Danse de l’Empereur – Marco Valdo M.I. – 2020

ARLEQUIN AMOUREUX – 38

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l’édition française de « LES JAMBES C’EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

Dialogue Maïeutique

rançois I d'Autriche, par le peintre de cour officiel Friedrich Von Amerling (1809)


Vois-tu, Lucien l’âne mon ami, tout comme le Concerto de l’Empereur) fut un hommage contrarié à la Révolution française et son titre inexact transmis pour toujours à la postérité, au point d’en faire une inévitable réminiscence de l’Empereur des Français, Napoléon Ier, cette danse de l’Empereur est l’hommage forcé du bateleur Matěj Kuře, alias Matthias, Mathieu, Luigi Sevastiano, Andrea Sereno à François Ier, Empereur d’Autriche.

Ah bien, dit Lucien l’âne, voilà-t-il pas que Matthias, etc. danse pour l’Empereur. La chose est surprenante, vraiment inattendue et je suis fort curieux de savoir comment cela s’est-il produit, comme le demandait la Marquise (Tout va très bien, Madame la Marquise).

Un peu par hasard évidemment, répond Marco Valdo M.I., mais très certainement logiquement, comme on va le voir. C’est d’ailleurs souvent ainsi que les rencontres les plus invraisemblables ont lieu, car quand même, le déserteur Matěj Kuře n’a aucune raison, ni aucun intérêt à se trouver à danser en présence de l’Empereur, qui – je rappelle tout de même – est le chef suprême de l’armée que le fugitif doit à toute force éviter.

Sur ça, il n’y a aucun doute, dit Lucien l’âne. S’il était reconnu, il serait sûrement dans une situation très périlleuse : arrêté, emprisonné et puis, réincorporé une fois encore, dans un régiment disciplinaire, où il serait tenu à l’œil.

Pour rappel et resituer cette rencontre historique, Matthias s’était réfugié loin de la ville à la bergerie du comte Wallenstein, son ancien « patron ». C’est un endroit censément isolé et tranquille, un lieu de tout repos. Il y avait été accueilli, hébergé et nourri par le berger qu’il connaissait depuis son passage au château comme « maestro di teatro ». Sur le midi, arrive une triclée de gens en berlines, le tout escorté de gendarmes à cheval. C’est La Visite impériale, une venue impromptue. L’Empereur, auquel le comte entend montrer ses pouliches, ses brebis et ses jardins d’agrément, s’ennuie, s’ennuie énormément et prétexte un malaise pour pouvoir se retirer dans un petit pavillon. Entretemps, Matthias, alias Sereno, est entraîné par les soldats de l’escorte dans leur beuverie. Pour se faire bien voir de ces nouveaux partenaires, avec sa peau de mouton sur le dos, il fait des pitreries et les soldats, par blague, le poussent dans le pavillon, où il se retrouve subitement et tout seul, face à l’Empereur. C’est cette rencontre du déserteur bêlant, couvert d’une laine puante et du souverain impérial que relate la chanson.

Ce n’est pas une rencontre banale, dit Lucien l’âne, et le mouton ne doit pas en mener large.

Évidemment, reprend Marco Valdo M.I., d’autant que toute la cour, le comte de Wallenstein en tête, accourt affolée à l’idée d’un possible attentat. Pour sauver la situation, le pauvre Matthias comme à son habitude dans de telles circonstances a recours à son art de comédien de rue et sous son apparence de mouton, il se met à bêler et à danser pour amuser l’Empereur et la galerie. C’est la consternation, on s’apprête à empoigner l’animal et à le bastonner quand l’Empereur tout souriant applaudit au spectacle de ce sujet tchèque tellement poilu et malodorant.

Ouf, dit Lucien l’âne qui s’y connaît dans ce genre de situation – souvenez-vous de « ce pelé, ce galeux d’où venait tout le mal », il est sauvé.

Certes, dit Marco Valdo M.I., et même, il est requis pour une nouvelle séance en soirée au château pour amuser les invités et leurs dames. Mais pour cette soirée, il te faudra patienter ; c’est l’histoire d’une autre chanson.

Le destin du déserteur prend parfois d’étranges tournures, dit Lucien l’âne. J’ai un peu l’impression que comme l’âne, il doit le supporter en recourant à une infinie patience et à beaucoup de stoïcisme. Ce sont des situations philosophiques ; mais dans La Guerre de Cent mille ans, les pauvres et les plus faibles sont souvent forcés à des actes et des conduites qu’ils n’aiment pas. C’est le cas du travail, par exemple. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde inéquitable, forcené, féroce, pharamineux et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
« Schön ! », dans sa vie, un Empereur
Connaît bien des choses et des êtres,
Des maréchaux, des prêtres et des ambassadeurs
Des ministres, des prophètes et des traîtres.

« Schön ! », le Kaiser d’Autriche n’a jamais
De plus loin ou de si près, approché
Si poilu, si laineux, en mouton habillé,
Un bateleur plébéien, qui plus est, un de ses sujets

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.
Debout face au souverain, Matěj, est sidéré:
Aucune fuite n’est laissée, aucune ouverture,
L’Empereur sourit de cette aventure :
« Schön !, Tanzen ? Peux-tu danser ? »

Avec sa toison sur le dos, avec sa toison sur le dos,
À quatre pattes aussitôt, à quatre pattes aussitôt,
Matthias danse la danse du mouton, la danse de la brebis,
De deux doigts, Sa Majesté applaudit, sérieux applaudit.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Sais-tu le tchèque et l’allemand ?, demande le comte.
En ce cas, bouffon, présente-toi au château
Ce soir, décrassé, lavé comme il faut ;
Nous t’attendrons pour la danse de la tonte.

« Bonne nuit, Père Prosper, à la fête, je suis attendu
En personne. » « Vous connaissez donc l’Empereur ? »
« Je suis son fou de cour, à peine devenu,
Pour toujours, pour un jour, pour une heure. »

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2020/1/29 - 18:50



Main Page

Please report any error in lyrics or commentaries to antiwarsongs@gmail.com

Note for non-Italian users: Sorry, though the interface of this website is translated into English, most commentaries and biographies are in Italian and/or in other languages like French, German, Spanish, Russian etc.




hosted by inventati.org