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Der Handstand auf der Loreley (Nach einer wahren Begebenheit)

Erich Kästner
Language: German

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Der Handstand auf der Loreley
(Nach einer wahren Begebenheit)


Der Handstand auf der Lorelei (Nach einer wahren Begebenheit) – Erich Kästner – 1932
Die Loreley, bekannt als Fee und Felsen,
ist jener Fleck am Rhein, nicht weit von Bingen,
wo früher Schiffer mit verdrehten Hälsen,
von blonden Haaren schwärmend, untergingen.

Wir wandeln uns. Die Schiffer inbegriffen.
Der Rhein ist reguliert und eingedämmt.
Die Zeit vergeht. Man stirbt nicht mehr beim Schiffen,
bloß weil ein blondes Weib sich dauernd kämmt.

Nichtsdestotrotz geschieht auch heutzutage
noch manches, was der Steinzeit ähnlich sieht.
So alt ist keine deutsche Heldensage,
daß sie nicht doch noch Helden nach sich zieht.

Erst neulich machte auf der Loreley
hoch überm Rhein ein Turner einen Handstand!
Von allen Dampfern tönte Angstgeschrei,
als er kopfüber oben auf der Wand stand.

Er stand, als ob er auf dem Barren stünde.
Mit hohlem Kreuz. Und lustbetonten Zügen.
Man fragte nicht: Was hatte er für Gründe?
Er war ein Held. Das dürfte wohl genügen.

Er stand, verkehrt, im Abendsonnenscheine.
Da trübte Wehmut seinen Turnerblick.
Er dachte an die Loreley von Heine.
Und stürzte ab. Und brach sich das Genick.

Er starb als Held. Man muß ihn nicht beweinen.
Sein Handstand war vom Schicksal überstrahlt.
Ein Augenblick mit zwei gehobnen Beinen
ist nicht zu teuer mit dem Tod bezahlt!

P.S. Eins wäre allerdings noch nachzutragen:
Der Turner hinterließ uns Frau und Kind.
Hinwiederum, man soll sie nicht beklagen.
Weil im Bezirk der Helden und der Sagen
die Überlebenden nicht wichtig sind.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2016/5/3 - 22:03



Language: French

Version française – LE POIRIER SUR LA LORELEI (d’après un événement vrai) – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson allemande – Der Handstand auf der Lorelei (Nach einer wahren Begebenheit) – Erich Kästner – 1932
(d’après un événement vrai)

en allemand :



Lorelei - interprétation de Karl Valentin (1906)
Lorelei - interprétation de Karl Valentin (1906)


Cette fois, avec cette chanson de notre ami, Erich Kästner, nous partons à la chasse à la légende germanique et à ses héros. Je dis les choses comme ça, car Erich Kästner adapte ici une légende du Rhin, mais à sa manière et dans un but précis.

Commençons, si tu veux bien, Marco Valdo M.I. mon ami, par le commencement. De quelle légende rhénane s’agit-il ? Et que raconte-t-elle ? Tu m’avais déjà servi Faust l’autre jour, Ulenspiegel avant et qu’en est-il cette fois-ci ? Ensuite, et ensuite seulement, on pourra aborder ce qu’en a fait Erich Kästner.

Procédons donc par ordre. Il y eut d’abord l’histoire que rapporta Brentano (1801), dans laquelle c’est Laure Lay, alias Lorelei, qui se noie par désespoir d’amour dans le Rhin au pied de l’éperon rocheux connu sous le nom de Lorelei et sur celle que composa à son tour, Heinrich Heine (1823) dans laquelle un batelier troublé par la Lorelei, une belle blonde, finit par couler avec sa barque.

Prenant appui sur la légende allemande, ce « Poirier sur la Lorelei » d’Erich Kästner raconte l’histoire d’un héros, fanatique des traditions et des mythologies germaniques, gymnaste endurci, qui s’en va faire le poirier sur la tête au sommet du rocher de la Lorelei et évidement, s’en va finir le cou cassé au bas de la paroi rocheuse.

Comme tu le devines, cette Lorelei est une personne très romantique et portée aux amours excessives.

Cette légende de la Lorelei m’est connue, dit Lucien l’âne, et cette « belle blonde » enchanteresse me paraît incarner Germania elle-même.
Donc, Lucien l’âne mon ami, je retrace le tableau : une blonde rebondie qui se peigne, une femme séductrice et parfois, séduite, un amoureux aux abois, telle est la trame de la légende. Une histoire romantique qui se passait dans un siècle romantique, très appréciée des poètes – en langue française, il y eut des Lorelei chez Nerval et Apollinaire, notamment.

Mais, dit Erich Kästner : « Nous changeons. Y compris les bateliers », et en 1932, l’ambiance culturelle est passée à un romantisme plus sportif et musculeux. La « belle blonde » s’appelle toujours Lorelei, elle campe toujours sur son rocher, elle n’en finit toujours pas de lisser sa chevelure.

Mais le batelier a changé ; il a des mœurs plus viriles, il se laisse porter par un amour puissant, musclé, fanatique. Il se promène nu dans les bois, s’exerce en rythme, marche comme une oie en groupe serré et s’applique aux performances de gymnastique. Il vise à atteindre la force par la joie et à conquérir la belle Lorelei par un exploit sans précédent. Il va, désireux d’éblouir, tel un paon germanique, se dresser tout là-haut au bord de la falaise qui surplombe le Rhin. Il s’y plantera sur les mains, en poirier.

Je vois le tableau, dit Lucien l’âne en riant : le m’as-tu vu, tout nu, au bord du gouffre.

Et ce qui devait arrivera. Tout à son admiration, troublé par les ondulations capillaires, il perd l’équilibre et chute dans le vide. Arrivé au sol, il se casse le cou au pied du rocher de la Lorelei, qui démêle ses cheveux. Telle cette aventure, revue par Erich Kästner.

Il reste à identifier les protagonistes, dit Lucien l’âne, car j’imagine que Kästner, à son habitude, a usé de la parodie comme d’une arme politique.

Bien sûr, Lucien l’âne mon ami. Lorelei, la blonde germaine des bords du Rhin, n’est autre que l’Allemagne et le brillant gymnaste à moustache n’est autre que l’ineffable Adolf Hitler. Dernière pointe tirée contre le sportif amoureux de 1932, Erich Kästner lui révèle (Oh, Cassandre!) son destin : après une dernière pirouette, périr, périr, il n’est pas de héros à moins.

Un dernier mot à propos de la Lorelei proposée pour illustrer cette poésie sarcastique. Comme il apparaît à l’œil exercé, cette Lorelei est un homme qui manifestement se moque du mythe. Il s’agit d’une photo de Karl Valentin, prise en 1906. Karl Valentin est un poète et artiste satirique très peu convaincu par le respect des légendes et traditions et distribuant assez volontiers des litres d’acide comique. Son humour ravageur appliqué au pouvoir lui valut quelques ennuis au temps de l’oncle Adolf.

Ceci dit, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l’âne, il fallait un sacré courage pour écrire ça à Berlin en ces temps-là. Il n’y a rien d’étonnant qu’ils aient brûlé tous ses bouquins.

Maintenant reprenons notre longue tâche et tissons le linceul de ce vieux monde inconscient, dérisoire, fanatique et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
LE POIRIER SUR LA LORELEI

La Lorelei, à la fois fée et rocher,
Se tient sur le Rhin, près de Bingen. Là-bas
Où autrefois, la tête à l’envers, un batelier
Subjugué par ses cheveux blonds, se noya.
Nous changeons. Y compris les bateliers.
Le Rhin est canalisé et régulé.
Le temps passe. Quand on navigue, on ne meurt plus
Car une femme blonde se peigne l’occiput.

Néanmoins aussi, de nos jours comme hier,
Certains se voient encore à l’âge de la pierre.
Mais il n’existe pas de légende allemande si tôt,
Où l’on peut trouver de héros.

Récemment, sur la Lorelei, un gymnaste a effectué,
Tout en haut au-dessus du Rhin, un poirier !
Tous les vapeurs lançaient des cris d’effroi
Quand sur la paroi, on le vit tête en bas.

Il se tenait comme sur les barres.
Avec le dos cambré. Et des gestes bizarres.
On ne demandait pas : A-t-il tout son entendement ?
C’était un héros. C’était suffisant.

En poirier, dans le soleil du soir, il voyait tout.
La nostalgie troublait son œil de gymnaste.
Il pensait à la Lorelei de Heine.
Il tomba et se brisa le cou.

Il ne faut pas le pleurer. Il est mort en héros,
Son poirier par le destin était illuminé.
Un instant à lever les deux jambes, à cambrer le dos,
Pour une telle mort, ce n’est pas trop payer.

Précision ultime :
Le gymnaste laisse femme et enfant.
On ne doit pas le regretter, cependant,
Car dans le monde des héros et des légendes,
Les survivants ne sont pas importants.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2016/5/3 - 22:05



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