Lingua   

Gavotte des frontières naturelles

Gilles Servat
Lingua: Francese



C'était un brave héros comme on n'en voit plus guère
Un géant plein de médailles, travail famille et mitraille
Un géant plein de médailles et de canett's de bière.

Un jour qu'il était au mess devant sept cent bouteilles
Parmi les éléphants roses, travail famille overdose
Il vit une merveille.

C'était la France éternelle élégante et racée
Avec un bonnet coupé, travail famille et patré [1]
Par un grand couturier.

Ell' s'assit sur les genoux de ce brave colosse
Et passa douc'ment sa main, travail famille et patrin [2]
Dans ses cheveux en brosse.

Ell' lui dit mon gros chéri que ma vie est cruelle
Je pleure le jour et la nuit, travail famille et patrie
Ça délaie mon rimmel.

A l'ouest au sud et à l'est notre patrie si belle
S'arrête c'est merveilleux, travail famille et patreux
Aux frontières naturelles.

C'est à cause du côté nord que j'ai mon gros chagrin
Ah notre frontière hélas, travail famille et patras [3]
Pourquoi n'est-ce plus le Rhin ?

Tiens c'est vrai dit le héros pourquoi n'est-ce plus le Rhin
Et la main dans l'dos d'la France, travail famille et patrance
Il caressait les siens.

Lors en croisant haut les jambes pour fair' voir ses jarr'telles
Ell' dit rends moi pour toujours, travail famille et patrours
Mes frontières naturelles.

Lève une armée invincible lui dit-elle dans le cou
Il sentit qu'sous son corsage labourage et pâturage [4]
Elle portait rien du tout.

Puis elle dit en se mettant un parfum de grand luxe
Avec cette armée attaque, travail famille et patraque [5]
Illico l'Benelux.

Sur la rive du grand fleuve plante tes étendards
Les douaniers viendront bientôt, travail famille patrotôt [6]
Attendez-les peinards.

Mais dit-il les Hollandais ça les coup'ra en deux
Aux frontières naturelles dit-elle, travail famille et patrelle
T'as rien compris mon vieux.

Aux Basques et aux Catalans nous l'avons déjà fait
Nous couperons donc aussi Giscard et Poniatowski
En deux les Hollandais.

Y'a des coins du Benelux qui parlent français comme nous
Cela prouve mon bon droit, travail famille et patroit
Ces pays sont à nous.

Ell' sussura en mordant l'oreille du militaire
Pour ceux qui caus'nt pas français, travail famille et patrait
Faisons comme d'ordinaire.

Nous leur dirons qu'leur langage n'est qu'un vulgaire patois
Gémit-elle en dégrafant, travail famille et patrant
Son corsage de soie.

C'est en leur disant cela que tout au bout du compte
On a pu faire des Bretons, travail famille et patron [7]
Des Français par la honte.

Restera un bout d'All'magne pour avoir tout le Rhin
Remarqua-t-il réaliste, travail famille et pas triste [8]
En embrassant ses seins.

Ell' répondit en troussant sa jupe tricolore
Tu l'envahiras aussi, travail famille et patrie
Embrasse-moi encore.

Pendant que nous y serons prenons aussi la Suisse
Cria le colosse ému, travail famille et patru
En lui caressant la cuisse.

Mon grand fou jusqu'où ira donc ta soif de conquêtes
Lui murmura-t-elle en lui, travail famille et patrie
Défaisant sa braguette.

Mêm' pas jusqu'à ma carrée dit l'officier d'carrière
Il la prit sans plus attendre, travail famille et pas tendre [9]
Sur un casier de bière.

Çui qu'a fait cette chanson, çui là n'en revient pas
Ô France pure et farouche, travail famille et pas touche
Qui donc aurait crû ça !
I DOPPI SENSI E LE ASSONANZE

[1] “non molto” (pas très)

[2] assonanza con “pétrin” (impastatrice per il pane): “être dans le pétrin” = essere in un pasticcio, nei guai.

[3] “Patrasso”. Come in italiano: “Andare a Patrasso” = alla malora.

[4] "Agricoltura e pastorizia", "lavoro nei campi e pascolo del bestiame".

[5] “Malandato, malaticcio”; ma anche assonanza con “matraque” = manganello.

[6] “Non troppo presto” (pas trop tôt)

[7] “padrone”. Qui si è tentato di rendere la cosa (male) anche nella traduzione.

[8] “neppure triste”.

[9] “non tenero”.


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