Lingua   

L’Auberge de Sambre et Meuse

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese



En Meuse, Lamme pêche le sandre et le gardon.
Till arrive, sa bonne arquebuse à la main,
Lamme interpelle son compagnon.
As-tu vu ma femme sur ton chemin ?

Lamme est triste comme un cloîtré,
Son cœur est gros comme une baleine,
Il mange tant pour se consoler.
On le voit à sa bedaine.

Demain, dit Lamme, on partira
Chercher ma femme ; on achètera
Un âne pour chacun. On les nommera
Jef et Jean, comme il se doit.

Juste deux gueux devisant :
L’un sur Jean ;
L’autre sur Jef ;
Entre eux deux, point de chef,

Califourchonnant côte à côte,
Face au soleil levant,
Sous les pluies grêleuses et le vent,
Vers les crêtes, ils montent les côtes.

Une jambe de-ci, sur leur baudet,
Une jambe de-là, ils allaient.
Pendant ce temps, à Damme, Nelle cousait
Et Katheline, le feu dans la tête, délirait.

Monsieur du Soleil, dit Till rieur,
Bénissez les pauvres pèlerins,
Réchauffez-nous le cœur !
Lamme dit : J’ai faim.

À l’auberge à la table si bonne,
Lamme se lamente et mange ;
Autour de la fille, Till tourne.
Lamme dit : C’est une espionne.

Corde, glaive et potence,
C’est une espionne, n’y va point !
Et la fille rit d’impertinence
Et Lamme lui montre le poing.

Et Lamme retient Till par le corps ;
Et Till rue et Till se démène encore.
Et Lamme dit : « Je vais faire ma crevaille
De rire. Il vaut mieux qu’on s’en aille. »


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