Lingua   

Les folles Filles

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese



À sa belle commère, le Comte confesse, au lit,
Que sa troupe envahirait Bois-le-Duc au matin.
Le fier homme endormi, la commère rejoint Till et lui dit.
Le temps d’un adieu peu vertueux et Till se met en chemin.

Déguisé en pèlerin, Till s’élance incontinent
Sans rien, sans provisions, sans argent.
Il rattrape la troupe des soldats
Et marche avec eux du même pas.

En tête va l’enseigne wallonne aux tambours tambourinants
Suivie de l’enseigne flamande, aux fifres glapissants.
Ils sont plus de trois cents derrière l’oriflamme,
Suivis de deux chariots de femmes.

Les dames légères comme des fauvettes
Mangent et boivent et font la causette.
Ce ne sont que plumes et couleurs :
Satins et tissus rouge, bleu, vert, azur : des fleurs.

Certaines en uniforme de lansquenets,
Décolletées, laissent voir leurs attraits.
Des femmes de métier assurément
Qui rient et grimacent à la barbe du sergent.

Alors, criant, rigolant, hoquetant, caquetant,
Les folles filles avisent Till hardiment.
Que fais-tu là, beau manant ?
Selon le vœu du Pape, je pèlerine pèlerinant.

Je vais prêchant l’amour du prochain et la Sainte Foi
Par monts et par vaux à tous les soldats.
Tu es bien jeune, disent les filles, pour cet amour-là.
Monte près de nous, l’amour de la prochaine, on t’enseignera.

Apprendre d’elles, Till aurait bien voulu,
Ce sont des filles savantes et franches.
Mais l’autorité veille sur la vertu :
Le sergent garde-putes dit : « Si tu ne t’en revas, je te détranche. »


À l’étape, prudent, Till se méfie
Des soldats, des sergents, pas des filles,
Chez qui il veut encore monter.
Le sergent jaloux l’abandonne au fossé.

Délivré, Till coupe par chemins et par sentiers,
Gagne Bois-le-Duc comme le vent.
Les bourgeois se regroupent à huit cents.
Ainsi, les soudards de Merghem sont repoussés.


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