Lingua   

Le transporté (La chanson de Jean Fagot)

Patrick Denain & Daniel Dénecheau
Lingua: Francese



C'est Jean Fagot qu'on me surnomme,
J'suis un ancien
Oui, j'ai vu tomber plus d'un homme
Qu'était malin.
Maintenant que je sens que je calanche,
J'veux vous conter
Ce que j'ai vu depuis qu'sur la planche
J'suis l'transporté.

Il faut nous voir quand on turbine
A s'faire crever,
Le Corse armé d'sa carabine
Pour nous braver.
L'insulte aux lèvres, il nous bouscule,
Fatalité !
Coucher la tête sous la férule,
V'là l'transporté.

La faim qui nous poursuit sans cesse,
O sort hideux !,
Fait naître plus d'une bassesse
Parmi les gueux.
Le ventre creux fait la bourrique,
Quel sale métier !
Il vendrait son père pour une chique,
Le transporté.

Même le plus fort fait des courbettes,
C'est effrayant.
Car pour dresser les fortes têtes,
Y a le repoussant !
Pour un seul mot, on nous terrasse
Sans hésiter.
C'est comme ça qu'on se débarrasse
Du transporté.

Faut pas songer à sa misère.
Ah ! Quel tableau !
Comme tout l'monde est célibataire,
On cherche la peau
D'un gars qui bientôt s'abandonne
A volupté.
C'est pour un mâle qu'il se passionne
Le transporté.

Plus d'un forçat, quand la nuit tombe,
Triste et rêveur,
Voudrait voir s'entrouvrir la tombe
De sa douleur.
Pourquoi ainsi souffrir sans cesse ?
Humanité !
Supprim'le donc ! Vaut mieux qu'il crève !
Le transporté.


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