Lingua   

Charles et Claes

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese



En l’an cinquante-huit du siècle,
Charles mourut en Estramadoure
Et Katheline vit de ses yeux de folle
L’empereur et le charbonnier, tour à tour.

Claes interpelle sa voisine :
Que fais-tu ici femme Katheline ?
Et toi, père de Till, te voir est étrange.
Je vais au jugement. Entends le clairon de l’ange !

Je voulais le toucher, ma main le traversait ;
Son corps était comme une buée.
D’Espagne, une autre ombre montait
Vieille, laide, décrépite, essoufflée

Le menton en pantoufle, visage de pierre,
Couronne impériale, manteau de roi,
D’une main, l’ombre tient un anchois ;
De l’autre, un hanap empli de bière.

Elle voudrait boire sa bière, finir son anchois,
Mais une fois encore, le clairon sonna.
Claes et Charles étaient au pied du trône,
Prêts au jugement et sans couronne.

Charles, dit la voix, qu’as-tu pour ta défense ?
Je me suis confessé de mes offenses,
Oint par vos prêtres, sacré roi et empereur
Pour garder votre pouvoir, j’ai semé la terreur.

Tu semas la terreur chez les gens sans défense.
Tu fis décapiter, brûler, pendre pour t’enrichir.
De ton avidité, cent mille personnes périrent.
Despote, tu n’aimais que toi, bière, vins et magnificence.

Claes, le bon homme, fut aimable et tendre ;
Travaillant et riant, il hérita d’argent.
C’était corde pour le pendre.
On le dit réformé et on le brûla incontinent.

Ainsi parla l’ange au juge suprême.
Qui dit : va, Claes, au paradis, Marie t’emmène.
Les anges te laveront et tu seras beau et jeune.
L’éternité pour toi et ceux qui t’aiment.

Le clairon sonna encore à nouveau
Du fond de l’abîme, nu et fier, arrive Lucifer.
Que faut-il faire de ce vieil hobereau ?
Emporte-le dans tes enfers.


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