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GUILLAUME SEZNEC: [2] Le Voyage

Tri Yann
Lingua: Francese



L’allumage est malade, le moteur a des ratés,
Seznec au volant sue comme un damné ;
Quémeneur attend à Rennes où il commence à s’énerver
Et les pneus qui sont pourris n’arrêtent pas de péter !

Râlant de villes en villages,
La Cadillac se traîne,
A vingt cinq ou trente à l’heure de moyenne ;
Rotant de pompes en garages,
La vieille américaine
Boit ses cinq ou six bidons avant Rennes.

Le lendemain à l’aube, dès 5 heures du matin,
Il fait beau, l’auto mène son train-train ;
A Ernée, on s’arrête à l’heure du petit déjeuner,
Mais on crève et on re-crève deux fois dans la matinée.

Toussant de villes en villages,
La bagnole se traîne.
Faudra changer les charbons à Mayenne !
Fumant de pompes en garages,
La vieille américaine
Perd ses tôles et ses boulons depuis Rennes.

Quémeneur en a marre, à Dreux il faut rafistoler
Un joint de culasse qui vient de claquer !
La nuit tombe avant Houdan, ces fichus phares n’éclairent rien,
Les écuireuils comme des tordus se marrent au bord du chemin.

Crachant l’huile au passage,
La Cadillac se paie
Ennuis, pannes et crevaisons à la pelle ;
Grognant de pompes en garages,
La vieille américaine
Bringuebale depuis Alençon jusqu’à Rennes.

La bagnole à Houdan dégueule ses derniers boyaux,
Les deux associés avalent un morceau ;
Quémeneur prend le train et laisse Guillaume se débrouiller,
Mais après dix bornes à peine, ça craque de tous côtés !

Sifflant comme une autoclave,
La Cadillac s’arrête
Dans la côte de Millemont, c’est trop bête !
Pour Paris ne restent guère
Plus de cinquante kilomètres,
Seznec s’endort une heure, ou deux peut-être.

Il s’éveille au matin. La bagnole est tellement minable :
Dans cet état-là, elle est invendable ;
C’est plus sage de retourner à Morlaix retaper l’engin :
Les garagistes à Paris passent pour de vrais requins.

Rentrant de villes en villages,
La Cadillac se traîne
Par Mortagne et Alençon vers Mayenne.
Rotant de pompes en garages
La vieille américaine
Boit ses huit ou dix bidons jusqu’à Rennes.

Rentrant de villes en villages
La vieille épave se traîne
A vingt cinq ou trente à l’heure de moyenne.
Rotant de pompes en garages
La vieille américaine
Perd ses tôles et ses boulons jusqu’à Rennes.


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