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Thomas Sankara: Discours devant l’assemblée générale de l’ONU le 4 octobre 1984

LA CCG NUMERO 30000 / AWS NUMBER 30000 / LA CCG N° 30000 / SVL NRO 30000
Lingua: Francese

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Sankara ONU


Le 4 octobre 1984, Sankara s’adresse à la Trente-neuvième session de l’Assemblée générale des Nations Unies. La source de son discours ci-après est une brochure distribuée par la représentation du Burkina Faso auprès des Nations Unies.

Il 4 ottobre 1984, Sankara si rivolge alla trentanovesima sessione dell'Assemblea generale delle Nazioni Unite. La fonte del suo discorso qui sotto è un opuscolo distribuito dalla rappresentanza del Burkina Faso alle Nazioni Unite.

On 4 October 1984, Sankara addresses the thirty-ninth session of the United Nations General Assembly. The source of his speech below is a brochure distributed by the Burkina Faso representation to the United Nations.

Sankara käsittelee 4. lokakuuta 1984 Yhdistyneiden Kansakuntien yleiskokouksen kolmekymmentä yhdeksäs istuntoa. Alla hänen puheenvuoronsa on esite, jonka Burkina Faso edustaa Yhdistyneissä Kansakunnissa.






Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire Général,

Honorables représentants de la Communauté internationale

Je viens en ces lieux vous apporter le salut fraternel d’un pays de 274000 km², où sept millions d’enfants, de femmes et d’hommes, refusent désormais de mourir d’ignorance, de faim, de soif, tout en n’arrivant pas à vivre véritablement depuis un quart de siècle d’existence comme Etat souverain, siégeant à l’ONU.

Je viens à cette Trente-neuvième session vous parler au nom d’un peuple qui, sur la terre de ses ancêtres, a choisi, dorénavant de s’affirmer et d’assumer son histoire, dans ses aspects positifs, comme dans ses aspects négatifs, sans complexe aucun.

Je viens enfin, mandaté par le Conseil National de la Révolution (CNR) du Burkina Faso, pour exprimer les vues de mon peuple concernant les problèmes inscrits à l’ordre du jour, et qui constituent la trame tragique des évènements qui fissurent douloureusement les fondements du monde en cette fin du vingtième siècle. Un monde où l’humanité est transformée en cirque, déchirée par les luttes entre les grands et les semi-grands, battue par les bandes armées, soumise aux violences et aux pillages. Un monde où des nations, se soustrayant à la juridiction internationale, commandent des groupes hors-la-loi, vivant de rapines, et organisant d’ignobles trafics, le fusil à la main.

Monsieur le Président

Je n’ai pas ici la prétention d’énoncer des dogmes. Je ne suis ni un messie ni un prophète. Je ne détiens aucune vérité. Ma seule ambition est une double aspiration : premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évidence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso ; deuxièmement, parvenir à exprimer aussi, à ma manière, la parole du “Grand peuple des déshérités”, ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter.

Tout cela dénote de l’intérêt que nous portons à l’ONU, les exigences de nos droits y prenant une vigueur et la rigueur de la claire conscience de nos devoirs.

Nul ne s’étonnera de nous voir associer l’ex Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, à ce fourre-tout méprisé, le Tiers Monde, que les autres mondes ont inventé au moment des indépendances formelles pour mieux assurer notre aliénation culturelle, économique et politique. Nous voulons nous y insérer sans pour autant justifier cette gigantesque escroquerie de l’Histoire. Encore moins pour accepter d’être “l’arrière monde d’un Occident repu”. Mais pour affirmer la conscience d’appartenir à un ensemble tricontinental et admettre, en tant que non-alignés, et avec la densité de nos convictions, qu’une solidarité spéciale unit ces trois continents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique dans un même combat contre les mêmes trafiquants politiques, les mêmes exploiteurs économiques.

Reconnaître donc notre présence au sein du Tiers Monde c’est, pour paraphraser José Marti, “affirmer que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde”. Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublées. Mais le cœur du méchant ne s’est pas attendri. Ils ont piétiné la vérité du juste. Du Christ ils ont trahi la parole. Ils ont transformé sa croix en massue. Et après qu’ils se soient revêtus de sa tunique, ils ont lacéré nos corps et nos âmes. Ils ont obscurci son message. Ils l’ont occidentalisé cependant que nous le recevions comme libération universelle. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. Il n’y aura plus de gifles.

Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre vingt années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture.

Du reste, tous les nouveaux “maîtres-à-penser” sortant de leur sommeil, réveillés par la montée vertigineuse de milliards d’hommes en haillons, effrayés par la menace que fait peser sur leur digestion cette multitude traquée par la faim, commencent à remodeler leurs discours et, dans une quête anxieuse, recherchent une fois de plus en nos lieu et place, des concepts-miracles, de nouvelles formes de développement pour nos pays. Il suffit pour s’en convaincre de lire les nombreux actes des innombrables colloques et séminaires.

Loin de moi l’idée de tourner en ridicule les efforts patients de ces intellectuels honnêtes qui, parce qu’ils ont des yeux pour voir, découvrent les terribles conséquences des ravages imposés par lesdits “spécialistes” en développement dans le Tiers Monde. La crainte qui m’habite c’est de voir les résultats de tant d’énergies confisquées par les Prospéro de tout genre pour en faire la baguette magique destinée à nous renvoyer à un monde d’esclavage maquillé au goût de notre temps.

Cette crainte se justifie d’autant plus que la petite bourgeoisie africaine diplômée, sinon celle du Tiers Monde, soit par paresse intellectuelle, soit plus simplement parce qu’ayant goûté au mode de vie occidental, n’est pas prête à renoncer à ses privilèges. De ce fait, elle oublie que toute vraie lutte politique postule un débat théorique rigoureux et elle refuse l’effort de réflexion qui nous attend. Consommatrice passive et lamentable, elle se regorge de vocables fétichisés par l’Occident comme elle le fait de son whisky et de son champagne, dans ses salons à l’harmonie douteuse.

On recherchera en vain depuis les concepts de négritude ou d’”African Personality” marqués maintenant par les temps, des idées vraiment neuves issues des cerveaux de nos “grands” intellectuels. Le vocabulaire et les idées nous viennent d’ailleurs. Nos professeurs, nos ingénieurs et nos économistes se contentent d’y adjoindre des colorants parce que, des universités européennes dont ils sont les produits, ils n’ont ramené souvent que leurs diplômes et le velours des adjectifs ou des superlatifs.

Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui, le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité. Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, car il est déjà trop tard, que ces élites, ces hommes de l’Afrique, du Tiers Monde, reviennent à eux-mêmes, c’est-à-dire à leur société, à la misère dont nous avons hérité pour comprendre non seulement que la bataille pour une pensée au service des masses déshéritées n’est pas vaine, mais qu’ils peuvent devenir crédibles sur le plan international, qu’en inventant réellement, c’est-à-dire, en donnant de leurs peuples une image fidèle. Une image qui leur permette de réaliser des changements profonds de la situation sociale et politique, susceptibles de nous arracher à la domination et à l’exploitation étrangères qui livrent nos Etats à la seule perspective de la faillite.

C’est ce que nous avons perçu, nous, peuple burkinabè, au cours de cette nuit du 4 août 1983, aux premiers scintillements des étoiles dans le ciel de notre Patrie. Il nous fallait prendre la tête des jacqueries qui s’annonçaient dans les campagnes affolées par l’avancée du désert, épuisées par la faim et la soif et délaissées. Il nous fallait donner un sens aux révoltes grondantes des masses urbaines désoeuvrées, frustrées et fatiguées de voir circuler les limousines des élites aliénées qui se succédaient à la tête de l’Etat et qui ne leur offraient rien d’autre que les fausses solutions pensées et conçues par les cerveaux des autres. Il nous fallait donner une âme idéologique aux justes luttes de nos masses populaires mobilisées contre l’impérialisme monstrueux. A la révolte passagère, simple feu de paille, devait se substituer pour toujours la révolution, lutte éternelle contre la domination.

D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point ” le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche”.

Dans le cas de l’ex Haute Volta, le processus était encore plus exemplaire. Nous étions la condensation magique, le raccourci de toutes les calamités qui ont fondu sur les pays dits “en voie de développement”. Le témoignage de l’aide présentée comme la panacée et souvent trompetée, sans rime ni raison, est ici éloquent. Très peu sont les pays qui ont été comme le mien inondés d’aides de toutes sortes. Cette aide est en principe censée œuvrer au développement. On cherchera en vain dans ce qui fut autrefois la Haute-Volta, les signes de ce qui peut relever d’un développement. Les hommes en place, soit par naïveté, soit par égoïsme de classe, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu maîtriser cet afflux extérieur, en saisir la portée et exprimer des exigences dans l’intérêt de notre peuple.

Analysant un tableau publié en 1983 par le Club du Sahel, Jacques Giri dans son ouvrage “Le Sahel Demain”, conclut avec beaucoup de bon sens que l’aide au Sahel, à cause de son contenu et des mécanismes en place, n’est qu’une aide à la survie. Seuls, souligne-t-il, 30 pour cent de cette aide permet simplement au Sahel de vivre. Selon Jacques Giri, cette aide extérieure n’aurait d’autres buts que de continuer à développer les secteurs improductifs, imposant des charges intolérables à nos petits budgets, désorganisant nos campagnes, creusant les déficits de notre balance commerciale, accélérant notre endettement.

Juste quelques clichés pour présenter l’ex Haute-Volta :
– 7 millions d’habitants, avec plus de 6 millions de paysannes et de paysans
– Un taux de mortalité infantile estimé à 180 pour mille
– Une espérance de vie se limitant à 40 ans
– Un taux d’analphabétisme allant jusqu’à 98 pour cent, si nous concevons l’alphabétisé comme celui qui sait lire, écrire et parler une langue.
– Un médecin pour 50000 habitants
– Un taux de scolarisation de 16 pour cent
– et enfin un produit intérieur brut par tête d’habitant de 53356 francs CFA soit à peine plus de 100 dollars.

Le diagnostic à l’évidence, était sombre. La source du mal était politique. Le traitement ne pouvait qu’être politique.

Certes nous encourageons l’aide qui nous aide à nous passer de l’aide. Mais en général, la politique d’assistance et d’aide n’a abouti qu’à nous désorganiser, à nous asservir, à nous déresponsabiliser dans notre espace économique, politique et culturel.

Nous avons choisi de risquer de nouvelles voies pour être plus heureux. Nous avons choisi de mettre en place de nouvelles techniques.

Nous avons choisi de rechercher des formes d’organisation mieux adaptées à notre civilisation, rejetant de manière abrupte et définitive toutes sortes de diktats extérieurs, pour créer ainsi les conditions d’une dignité à la hauteur de nos ambitions. Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir. Briser et reconstruire l’administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que sans formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance. Tel est notre programme politique.

Au plan de la gestion économique, nous apprenons à vivre simplement, à accepter et à nous imposer l’austérité afin d’être à même de réaliser de grands desseins.

Déjà, grâce à l’exemple de la Caisse de solidarité nationale, alimentée par des contributions volontaires, nous commençons à répondre aux cruelles questions posées par la sécheresse. Nous avons soutenu et appliqué les principes d’Alma-Ata en élargissant le champ des soins de santé primaires. Nous avons fait nôtre, comme politique d’Etat, la stratégie du GOBI FFF, préconisée par l’UNICEF.

Par l’intermédiaire de l’Office du Sahel des Nations Unies (OSNU), nous pensons que les Nations unies devraient permettre aux pays touchés par la sécheresse la mise sur pied d’un plan moyen et long termes afin de parvenir à l’autosuffisance alimentaire.

Pour préparer le vingt et unième siècle, nous avons, par la création d’une tranche spéciale de la Tombola, “Instruisons nos enfants”, lancé une campagne immense pour l’éducation et la formation de nos enfants dans une école nouvelle. Nous avons lancé à travers l’action salvatrice des Comités de Défense de la Révolution un vaste programme de construction de logements sociaux, 500 en trois mois, de routes, de petites retenues d’eau etc… Notre ambition économique est d’œuvrer pour que le cerveau et les bras de chaque burkinabè puissent au moins lui servir à inventer et à créer de quoi s’assurer deux repas par jour et de l’eau potable.

Nous jurons, nous proclamons, que désormais au Burkina Faso, plus rien ne se fera sans la participation des burkinabè. Rien qui n’ait été au préalable décidé par nous, élaboré par nous. Il n’y aura plus d’attentat à notre pudeur et à notre dignité.

Forts de cette certitude, nous voudrions que notre parole s’élargisse à tous ceux qui souffrent dans leur chair, tous ceux qui sont bafoués dans leur dignité d’homme par un minorité d’hommes ou par un système qui les écrase.

Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom du Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.

Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire ou qu’ils sont de culture différente et bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal.

Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur.

Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.

Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. Pour ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes les suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil de l’État et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.

Je parle au nom des mères de nos pays démunis, qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.

Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre, qui a faim et qui louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une vitre épaisse. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier, placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que représentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.

Je parle au nom des artistes (poètes, peintres, sculpteur, musiciens, acteurs), hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations de show-business.

Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge pour ne pas subir les dures lois du chômage.

Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage modernes.

Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes. C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim.

Militaire, je ne peux oublier ce soldat obéissant aux ordres, le doigt sur la détente, et qui sait que la balle qui va partir ne porte que le message de la mort.

Enfin, je veux m’indigner en pensant aux Palestiniens qu’une humanité inhumaine a choisi de substituer à un autre peuple, hier encore martyrisé. Je pense à ce vaillant peuple palestinien, c’est-à-dire à ces familles atomisées errant de par le monde en quête d’un asile. Courageux, déterminés, stoïques et infatigables, les Palestiniens rappellent à chaque conscience humaine la nécessité et l’obligation morale de respecter les droits d’un peuple : avec leurs frères juifs, ils sont antisionistes.

Aux côtés de mes frères soldats de l’Iran et de l’Irak, qui meurent dans une guerre fratricide et suicidaire, je veux également me sentir proche des camarades du Nicaragua dont les ports sont minés, les villes bombardées et qui, malgré tout, affrontent avec courage et lucidité leur destin. Je souffre avec tous ceux qui, en Amérique latine, souffrent de la mainmise impérialiste.

Je veux être aux côtés des peuples afghan et irlandais, aux côtés des peuples de Grenade et de Timor Oriental, chacun à la recherche d’un bonheur dicté par la dignité et les lois de sa culture.

Je m’élève ici au nom des tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre. Oui je veux donc parler au nom de tous les “laissés pour compte” parce que “je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger”.

Notre révolution au Burkina Faso est ouverte aux malheurs de tous les peuples. Elle s’inspire aussi de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’Humanité. Nous voulons être les héritiers de toutes les révolutions du monde, de toutes les luttes de libération des peuples du Tiers Monde. Nous sommes à l’écoute des grands bouleversements qui ont transformé le monde. Nous tirons des leçons de la révolution américaine, les leçons de sa victoire contre la domination coloniale et les conséquences de cette victoire. Nous faisons nôtre l’affirmation de la doctrine de la non-ingérence des Européens dans les affaires américaines et des Américains dans les affaires européennes. Ce que Monroe clamait en 1823, « L’Amérique aux Américains », nous le reprenons en disant « l’Afrique aux Africains », « Le Burkina aux Burkinabè ». La Révolution française de 1789, bouleversant les fondements de l’absolutisme, nous a enseigné les droits de l’homme alliés aux droits des peuples à la liberté. La grande révolution d’octobre 1917 a transformé le monde, permis la victoire du prolétariat, ébranlé les assises du capitalisme et rendu possible les rêves de justice de la Commune française.

Ouverts à tous les vents de la volonté des peuples et de leurs révolutions, nous instruisant aussi de certains terribles échecs qui ont conduits à de tragiques manquements aux droits de l’homme, nous ne voulons conserver de chaque révolution, que le noyau de pureté qui nous interdit de nous inféoder aux réalités des autres, même si par la pensée, nous nous retrouvons dans une communauté d’intérêts.

Monsieur les Président,

Il n’y a plus de duperie possible. Le Nouvel Ordre Economique Mondial pour lequel nous luttons et continuerons à lutter, ne peut se réaliser que :
– si nous parvenons à ruiner l’ancien ordre qui nous ignore,
– si nous imposons la place qui nous revient dans l’organisation politique du monde,
– si, prenant conscience de notre importance dans le monde, nous obtenons un droit de regard et de décision sur les mécanismes qui régissent le commerce, l’économie et la monnaie à l’échelle planétaire.

Le Nouvel Ordre Economique international s’inscrit tout simplement, à côté de tous les autres droits des peuples, droit à l’indépendance, au libre choix des formes et de structures de gouvernement, comme le droit au développement. Et comme tous les droits des peuples, il s’arrache dans la lutte et par la lutte des peuples. Il ne sera jamais le résultat d’un acte de la générosité d’une puissance quelconque.

Je conserve en moi la confiance inébranlable, confiance partagée avec l’immense communauté des pays non-alignés, que sous les coups de boutoir de la détresse hurlante de nos peuples, notre groupe va maintenir sa cohésion, renforcer son pouvoir de négociation collective, se trouver des alliés parmi les nations et commencer, de concert avec ceux qu peuvent encore nous entendrez, l’organisation d’un système de relations économiques internationales véritablement nouveau.

Monsieur le Président,

Si j’ai accepté de me présenter devant cette illustre assemblée pour y prendre la parole, c’est parce que malgré les critiques qui lui sont adressées par certains grands contributeurs, les Nations Unies demeurent la tribune idéale pour nos revendications, le lieu obligé de la légitimité des pays sans voix.

C’est cela qu’exprime avec beaucoup de justesse notre Secrétaire général lorsqu’il écrit : “L’organisation des Nations Unies est unique en ce qu’elle reflète les aspirations et les frustrations de nombreux pays et gouvernements du monde entier. Un de ses grands mérites est que toutes les Nations, y compris celles qui sont faibles, opprimées ou victimes de l’injustice, (il s’agit de nous), peuvent, même lorsqu’elles sont confrontées aux dures réalités du pouvoir, y trouver une tribune et s’y faire entendre. Une cause juste, même si elle ne rencontre que revers ou indifférence, peut trouver un écho à l’Organisation des Nations Unies ; cet attribut de l’Organisation n’est pas toujours prisé, mais il n’en est pas moins essentiel”.

On ne peut mieux définir le sens et la portée de l’Organisation.

Aussi est-il, pour chacun de nous, un impératif catégorique de consolider les assises de notre Organisation, de lui donner les moyens de son action. Nous adoptons en conséquence, les propositions faîtes à cette fin par le Secrétaire Général, pour sortir l’Organisation des nombreuses impasses, soigneusement entretenues par le jeu des grandes puissances afin de la discréditer aux yeux de l’opinion publique.

Monsieur le Président,

Reconnaissant les mérites mêmes limités de notre Organisation, je ne peux que me réjouir de la voir compter de nouveaux adhérents. C’est pourquoi la délégation burkinabè salue l’entrée du 159ème membre de notre Organisation : l’Etat du Brunei Daressalam.

C’est la déraison de ceux entre les mains desquelles la direction du monde es tombée par le hasard des choses qui fait l’obligation au Mouvement des pays non alignés, auquel je l’espère, se joindra bientôt l’Etat du Brunei Darussalam, de considérer comme un des objectifs permanents de sa lutte, le combat pour le désarmement qui est un des aspects essentiels et une condition première de notre droit au développement.

Il faut, à notre avis des études sérieuses prenant en compte tous les éléments qui ont conduit aux calamités qui ont fondu sur le monde. A ce titre, le Président Fidel Castro en 1979, a admirablement exprimé notre point de vue à l’ouverture du sixième sommet des Pays non alignés lorsqu’il déclarait : “Avec 300 milliards de dollars, on pourrait construire en un an 600000 écoles pouvant recevoir 400 millions d’enfants ; ou 60 millions de logements confortables pour 300 millions de personnes ; ou 30000 hôpitaux équipés de 18 millions de lits ; ou 20000 usines pouvant employer plus de 20 millions de travailleurs ou irriguer 150 millions d’hectares de terre qui, avec les moyens techniques adéquats pourraient alimenter un milliard de personnes…”

En multipliant aujourd’hui ce chiffre par 10, je suis certainement en deçà de la réalité, on réalise ce que l’Humanité gaspille tous les ans dans le domaine militaire, c’est-à-dire contre la paix.

On perçoit aisément pourquoi l’indignation des peuples se transforme rapidement en révolte et en révolution devant les miettes qu’on leur jette sous la forme ignominieuse d’une certaine “aide”, assortie de conditions parfois franchement abjectes. On comprend enfin pourquoi dans le combat pour le développement, nous nous désignons comme des militants inlassables de la paix.

Nous faisons le serment de lutter pour atténuer les tensions, introduire les principes d’une vie civilisée dans les relations internationales et les étendre à toutes les parties du monde. Ce qui revient à dire que nous ne pouvons assister passifs, au trafic des concepts.

Nous réitérons notre résolution d’être des agents actifs de la paix ; de tenir notre place dans le combat pour le désarmement ; d’agir enfin dans la politique internationale comme le facteur décisif, libéré de toute entrave vis-à-vis de toutes les grandes puissances, quels que soient les projets de ces dernières.

Mais la recherche de la paix va de pair avec l’application ferme du droit des pays à l’indépendance, des peuples à la liberté et des nations à l’existence autonome. Sur ce point, le palmarès le plus pitoyable, le plus lamentable _ oui, le plus lamentable_ est détenu au Moyen Orient en termes d’arrogance, d’insolence et d’incroyable entêtement par un petit pays, Israël, qui, depuis, plus de vingt ans, avec l’inqualifiable complicité de son puissant protecteur les Etats-Unis, continue à défier la communauté internationale.

Au mépris d’une histoire qui hier encore, désignait chaque Juif à l’horreur des fours crématoires, Israël en arrive à infliger à d’autres ce qui fut son propre calvaire. En tout état de cause, Israël dont nous aimons le peuple pour son courage et ses sacrifices d’hier, doit savoir que les conditions de sa propre quiétude ne résident pas dans sa puissance militaire financée de l’extérieur. Israël doit commencer à apprendre à devenir une nation comme les autres, parmi les autres.

Pour l’heure, nous tenons à affirmer du haut de cette tribune, notre solidarité militante et agissante à l’endroit des combattants, femmes et hommes, de ce peuple merveilleux de la Palestine parce que nous savons qu’il n’y a pas de souffrance sans fin.

Monsieur, le Président,

Analysant la situation qui prévaut en Afrique sur les plans économique et politique, nous ne pouvons pas ne pas souligner les graves préoccupations qui sont les nôtres, face aux dangereux défis lancés aux droits des peuples par certaines nations qui, sûres de leurs alliances, bafouent ouvertement la morale internationale.

Certes, nous avons le droit de nous réjouir de la décision de retrait des troupes étrangères au Tchad, afin que le Tchadiens entre eux, sans intermédiaire, cherchent les moyens de mettre fin à cette guerre fratricide, et donner enfin à ce peuple qui n’en finit pas de pleurer depuis de nombreux hivernages, les moyens de sécher ses larmes. Mais, malgré les progrès enregistrés çà et là par les peuples africains dans leur lutte pour l’émancipation économique, notre continent continue de refléter la réalité essentielle des contradictions entre les grandes puissances, de charrier les insupportables apories du monde contemporain.

C’est pourquoi nous tenons pour inadmissible et condamnons sans recours, le sort fait au peuple du Sahara Occidental par le Royaume du Maroc qui se livre à des méthodes dilatoires pour retarder l’échéance qui, de toute façon, lui sera imposée par la volonté du peuple sahraoui. Pour avoir visité personnellement les régions libérées par le peuple sahraoui, j’ai acquis la confirmation que plus rien désormais ne saurait entraver sa marche vers la libération totale de son pays, sous la conduite et éclairée du Front Polisario.

Monsieur le Président,

Je ne voudrais pas trop m’étendre sur la question de Mayotte et des îles de l’Archipel malgache. Lorsque les choses sont claires, lorsque les principes sont évidents, point n’est besoin d’élaborer. Mayotte appartient aux Comores. Les îles de l’archipel sont malgaches.

En Amérique Latine, nous saluons l’initiative du Groupe de Contadora, qui constitue une étape positive dans la recherche d’une solution juste à la situation explosive qui y prévaut. Le commandant Daniel Ortega, au nom du peuple révolutionnaire du Nicaragua a fait ici des propositions concrètes et posé des questions de fond à qui de droit. Nous attendons de voir la paix s’installer dans son pays et en Amérique Centrale, le 15 octobre prochain et après le 15 octobre et nous prenons à témoin l’opinion publique mondiale.

De même que nous avons condamné l’agression étrangère de l’île de Grenade, de même nous fustigeons toutes les interventions étrangères. C’est ainsi que nous ne pouvons pas nous taire face à l’intervention militaire en Afghanistan.

Il est cependant un point, mais dont la gravité exige de chacun de nous une explication franche et décisive. Cette question, vous vous en doutez, ne peut qu’être celle de l’Afrique du Sud. L’incroyable insolence de ce pays à l’égard de toutes les nations du monde, même vis-à-vis de celles qui soutiennent le terrorisme qu’il érige en système pour liquider physiquement la majorité noire de ce pays, le mépris qu’il adopte à l’égard de toutes nos résolutions, constituent l’une des préoccupations les plus oppressantes du monde contemporain.

Mais le plus tragique, n’est pas que l’Afrique du Sud se soit elle-même mise au banc de la communauté internationale à cause de l’abjection des lois de l’apartheid, encore moins qu’elle continue de maintenir illégalement la Namibie sous la botte colonialiste et raciste, ou de soumettre impunément ses voisins aux lois du banditisme. Non, le plus abject, le plus humiliant pour la conscience humaine, c’est qu’elle soit parvenue à “banaliser” le malheur de millions d’êtres humains qui n’ont pour se défendre que leur poitrine et l’héroïsme de leurs mains nues. Sûre de la complicité des grandes puissances et de l’engagement actif de certaines d’entre elles à ses côtés, ainsi que de la criminelle collaboration de quelques tristes dirigeants de pays africains, la minorité blanche ne se gêne pas pour ridiculiser les états d’âme de tous les peuples, qui, partout à travers le monde, trouvent intolérable la sauvagerie des méthodes en usage dans ce pays.

Il fut un temps où les brigades internationales se constituaient pour aller défendre l’honneur des nations agressées dans leur dignité. Aujourd’hui, malgré la purulence des plaies que nous portons tous à nos flancs, nous allons voter des résolutions dont les seules vertus, nous dira-t-on, seraient de conduire à résipiscence une Nation de corsaires qui “détruit le sourire comme la grêle tue les fleurs”.

Monsieur le Président,

Nous allons bientôt fêter le cent cinquantième anniversaire de l’émancipation des esclaves de l’Empire britannique. Ma délégation souscrit à la proposition des pays d’Antigua et de la Barbade de commémorer avec éclat cet événement qui revêt, pour les pays africains et le monde noir, une signification d’une très grande importance. Pour nous, tout ce qui pourra être fait, dit ou organisé à travers le monde au cours des cérémonies commémoratives devra mettre l’accent sur le terrible écot payé par l’Afrique et le monde noir, au développement de la civilisation humaine. Ecot payé sans retour et qui explique, sans aucun doute, les raisons de la tragédie d’aujourd’hui sur notre continent.

C’est notre sang qui a nourri l’essor du capitalisme, rendu possible notre dépendance présente et consolidé notre sous-développement. On ne peut plus escamoter la vérité, trafiquer les chiffres. Pour chaque Nègre parvenu dans les plantations, cinq au moins connurent la mort ou la mutilation. Et j’omets à dessein, la désorganisation du continent et les séquelles qui s’en sont suivies.

Monsieur le Président,

Si la terre entière, grâce à vous, avec l’aide du Secrétaire Général, parvient à l’occasion de cet anniversaire à se convaincre de cette vérité-là, elle comprendra pourquoi, avec toute la tension de notre être, nous voulons la paix entre les nations, pourquoi nous exigeons et réclamons notre droit au développement dans l’égalité absolue, par une organisation et une répartition des ressources humaines.

C’est parce que de toutes les races humaines, nous appartenons à celles qui ont le plus souffert, que nous nous sommes jurés, nous burkinabè, de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre, le moindre déni de justice. C’est le souvenir de la souffrance qui nous place aux côtés de l’OLP contre les bandes armées d’Israël. C’est le souvenir de cette souffrance qui, d’une part, nous fait soutenir l’ANC et la SWAPO, et d’autre part, nous rend intolérable la présence en Afrique du Sud des hommes qui se disent blancs et qui brûlent le monde à ce titre. C’est enfin ce même souvenir qui nous fait placer l’Organisation des Nations Unies toute notre foi dans un devoir commun, dans un tâche commune pour un espoir commun.

Nous réclamons :
– Que s’intensifie à travers le monde la campagne pour la libération de Nelson Mandela et sa présence effective à la prochaine Assemblée générale de l’ONU comme une victoire de fierté collective.
– Que soit créé en souvenir de nos souffrances et au titre de pardon collectif un Prix international de l’Humanité réconciliée, décerné à tous ceux qui par leur recherche auraient contribué à la défense des droits de l’homme.
– Que tous les budgets de recherches spatiales soient amputés de 1/10000e et consacrés à des recherches dans le domaine de la santé et visant à la reconstitution de l’environnement humain perturbé par tous ces feux d’artifices nuisibles à l’écosystème

Nous proposons également que les structures des Nations Unies soient repensées et que soit mis fin à ce scandale que constitue le droit de veto. Bien sûr, les effets pervers de son usage abusif sont atténués par la vigilance de certains de ses détenteurs. Cependant, rien ne justifie ce droit : ni la taille des pays qui le détiennent ni les richesses de ces derniers.

Si l’argument développé pour justifier une telle iniquité est le prix payé au cours de la guerre mondiale, que ces nations, qui se sont arrogé ces droits, sachent que nous aussi nous avons chacun un oncle ou un père qui, à l’instar de milliers d’autres innocents arrachés au Tiers Monde pour défendre les droits bafoués par les hordes hitlériennes, porte lui aussi dans sa chair les meurtrissures des balles nazies. Que cesse donc l’arrogance des grands qui ne perdent aucune occasion pour remettre en cause le droit des peuples. L’absence de l’Afrique du Club de ceux qui détiennent le droit de veto est une injustice qui doit cesser.

Enfin ma délégation n’aurait pas accompli tous ses devoirs si elle n’exigeait pas la suspension d’Israël et le dégagement pur et simple de l’Afrique du Sud de notre organisation. Lorsque, à la faveur du temps, ces pays auront opéré la mutation qui les introduira dans la Communauté internationale, chacun de nous nous, et mon pays en tête, devra les accueillir avec bonté, guider leur premier pas.

Nous tenons à réaffirmer notre confiance en l’Organisation des Nations Unies. Nous lui sommes redevables du travail fourni par ses agences au Burkina Faso et de la présence de ces dernières à nos côtés dans les durs moments que nous t traversons.

Nous sommes reconnaissants aux membres du Conseil de Sécurité de nous avoir permis de présider deux fois cette année les travaux du Conseil. Souhaitons seulement voir le Conseil admettre et appliquer le principe de la lutte contre l’extermination de 30 millions d’êtres humains chaque année, par l’arme de la faim qui, de nos jours, fait plus de ravages que l’arme nucléaire.

Cette confiance et cette foi en l’Organisation me fait obligation de remercier le Secrétaire général, M. Xavier Pérez de Cuellar, de la visite tant appréciée qu’il nous a faite pour constater, sur le terrain, les dures réalités de notre existence et se donner une image fidèle de l’aridité du Sahel et la tragédie du désert conquérant.

Je ne saurai terminer sans rendre hommage aux éminentes qualités de notre Président (Paul Lusaka de Zambie) qui saura, avec la clairvoyance que nous lui connaissons, diriger les travaux de cette Trente-neuvième session.

Monsieur le Président,

J’ai parcouru des milliers de kilomètres. Je suis venu pour demander à chacun de vous que nous puissions mettre ensemble nos efforts pour que cesse la morgue des gens qui n’ont pas raison, pour que s’efface le triste spectacle des enfants mourant de faim, pour que disparaisse l’ignorance, pour que triomphe la rébellion légitime des peuples, pour que se taise le bruit des armes et qu’enfin, avec une seule et même volonté, luttant pour la survie de l’Humanité, nous parvenions à chanter en chœur avec le grand poète Novalis :

“Bientôt les astres reviendront visiter la terre d’où ils se sont éloignés pendant nos temps obscurs ; le soleil déposera son spectre sévère, redeviendra étoile parmi les étoiles, toutes les races du monde se rassembleront à nouveau, après une longue séparation, les vieilles familles orphelines se retrouveront et chaque jour verra de nouvelles retrouvailles, de nouveaux embrassement ; alors les habitants du temps jadis reviendront vers la terre, en chaque tombe se réveillera la cendre éteinte, partout brûleront à nouveau les flammes de la vie, le vieilles demeures seront rebâties, les temps anciens se renouvelleront et l’histoire sera le rêve d’un présent à l’étendue infinie”.

A bas la réaction internationale !

A bas l’impérialisme !

A bas le néocolonialisme !

A bas le fantochisme !

Gloire éternelle aux peuples qui luttent pour leur liberté !

Gloire éternelle aux peuples qui décident de s’assumer pour leur dignité !

Victoire éternelle aux peuples d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie qui luttent !

La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

Je vous remercie.

5/4/2019 - 14:06




Lingua: Italiano

Traduzione italiana di Marinelle Corregia
Traduction italienne de Marinelle Corregia
Italian translation by Marinelle Corregia
Marinelle Corregian italiankielinen käännös

Fonte / Source / Lähde : thomassankara.net
Presidente, Segretario generale, onorevoli rappresentanti della comunità internazionale.

Vi porto i saluti fraterni di un paese di 274.000 chilometri quadrati in cui sette milioni di bambini, donne e uomini si rifiutano di morire di ignoranza, di fame e di sete, non riuscendo più a vivere nonostante abbiano alle spalle un quarto di secolo di esistenza come stato sovrano rappresentato alle Nazioni Unite.

Sono davanti a voi in nome di un popolo che ha deciso, sul suolo dei propri antenati, di affermare, d’ora in avanti, se stesso e farsi carico della propria storia – negli aspetti positivi quanto in quelli negativi – senza la minima esitazione.

Sono qui, infine, su mandato del Consiglio nazionale della rivoluzione (Cnr) del Burkina Faso, per esprimere il suo punto di vista sui problemi iscritti all’ordine del giorno, che costituiscono una tragica ragnatela di eventi che scuotono dolorosamente le fondamenta del nostro mondo alla fine di questo millennio. Un mondo dove l’umanità è trasformata in circo, lacerata da lotte fra i grandi e i meno grandi, attaccata da bande armate e sottoposta a violenze e saccheggi. Un mondo dove le nazioni agiscono sottraendosi alla giurisdizione internazionale, armando gruppi di banditi che vivono di ruberie e di altri sordidi traffici.

Non pretendo qui di affermare dottrine. Non sono un messia né un profeta; non posseggo verità. I miei obiettivi sono due: in primo luogo, parlare in nome del mio popolo, il popolo del Burkina Faso, con parole semplici, con il linguaggio dei fatti e della chiarezza; e poi, arrivare ad esprimere, a modo mio, la parola del “grande popolo dei diseredati”, di coloro che appartengono a quel mondo che viene sprezzantemente chiamato Terzo mondo. E dire, anche se non riesco a farle comprendere, le ragioni della nostra rivolta. È chiaro il nostro interesse per le Nazioni Unite, ed è nostro diritto essere qui con il vigore e il rigore derivanti dalla chiara consapevolezza dei nostri compiti.

Nessuno sarà sorpreso di vederci associare l’ex Alto Volta – oggi Burkina Faso – con questo insieme così denigrato che viene chiamato Terzo mondo, una parola inventata dal resto del mondo al momento dell’indipendenza formale per assicurarsi meglio l’alienazione sulla nostra vita intellettuale, culturale, economica e politica.

Noi vogliamo inserirci nel mondo senza giustificare comunque questo inganno della storia, né accettiamo lo status di “entroterra del sazio Occidente”. Affermiamo la nostra consapevolezza di appartenere a un insieme tricontinentale, ci riconosciamo come paese non allineato e siamo profondamente convinti che una solidarietà speciale unisca i tre continenti, Asia, America Latina ed Africa in una lotta contro gli stessi banditi politici e gli stessi sfruttatori economici.

Riconoscendoci parte del Terzo mondo vuol dire, parafrasando José Martí, “affermare che sentiamo sulla nostra guancia ogni schiaffo inflitto contro ciascun essere umano ovunque nel mondo”. Finora abbiamo porto l’altra guancia, gli schiaffi sono stati raddoppiati. Ma il cuore del cattivo non si è ammorbidito. Hanno calpestato le verità del giusto. Hanno tradito la parola di Cristo e trasformato la sua croce in mazza. Si sono rivestiti della sua tunica e poi hanno fatto a pezzi i nostri corpi e le nostre anime. Hanno oscurato il suo messaggio. L’hanno occidentalizzato, mentre per noi aveva un significato di liberazione universale. Ebbene, i nostri occhi si sono aperti alla lotta di classe, non riceveremo più schiaffi.

Non c’è salvezza per il nostro popolo se non voltiamo completamente le spalle a tutti i modelli che ciarlatani di tutti i tipi hanno cercato di venderci per vent’anni. Non ci sarà salvezza per noi al di fuori da questo rifiuto, né sviluppo fuori da una tale rottura. Tutti quei nuovi “intellettuali” emersi dal loro sonno – risvegliati dalla sollevazione di miliardi di uomini coperti di stracci, atterriti dalla minaccia di questa moltitudine guidata dalla fame che pesa sulla loro digestione – iniziano a riscrivere i propri discorsi, e ancora una volta ansiosamente cercano concetti miracolosi e nuove forme di sviluppo per i nostri paesi. Basta leggere i numerosi atti di innumerevoli forum e seminari per rendersene conto.

Non voglio certo ridicolizzare i pazienti sforzi di intellettuali onesti che, avendo gli occhi per vedere, scoprono le terribili conseguenze delle devastazioni che ci hanno imposto i cosiddetti “specialisti” dello sviluppo del Terzo mondo. Il mio timore è che i frutti di tanta energia siano confiscati dai Prospero di tutti i tipi che – con un giro della loro bacchetta magica – ci rimandano in un mondo di schiavitù in abiti moderni.

Questo mio timore è tanto più giustificato in quanto l’istruita piccola borghesia africana – se non quella di tutto il Terzo mondo – non è pronta a lasciare i propri privilegi, per pigrizia intellettuale o semplicemente perché ha assaggiato lo stile di vita occidentale. Così, questi nostri piccolo borghesi dimenticano che ogni vera lotta politica richiede un rigoroso dibattito, e rifiutano lo sforzo intellettuale per inventare concetti nuovi che siano all’altezza degli assalti assassini che ci attendono. Consumatori passivi e patetici, essi sguazzano nella terminologia che l’Occidente ha reso un feticcio, proprio come sguazzano nel whisky e nello champagne occidentali in salotti dalle luci soffuse.

Dopo i concetti di negritudine o di personalità africana, segnati ormai dal tempo, risulta vana la ricerca di idee veramente nuove prodotte dai cervelli dei nostri “grandi” intellettuali. Il nostro vocabolario e le nostre idee hanno un’altra provenienza. I nostri professori, i nostri ingegneri ed economisti si accontentano di aggiungervi semplicemente un po’ di colore – perché spesso le sole cose che si sono riportati indietro dalle università europee sono le lauree e i loro eleganti aggettivi e superlativi!

È al tempo stesso necessario e urgente che i nostri esperti e chi lavora con la penna imparino che non esiste uno scrivere neutro. In questi tempi burrascosi non possiamo lasciare ai nemici di ieri e di oggi alcun monopolio sul pensiero, sull’immaginazione e sulla creatività. Prima che sia troppo tardi – ed è già tardi – questa élite, questi uomini dell’Africa, del Terzo mondo, devono tornare a casa davvero, cioè tornare alla loro società e alla miseria che abbiamo ereditato, per comprendere non solo che la lotta per un’ideologia al servizio dei bisogni delle masse diseredate non è vana, ma che possono diventare credibili a livello internazionale solo divenendo autenticamente creativi, ritraendo un’immagine veritiera dei propri popoli. Un’immagine che gli permetta di realizzare dei cambiamenti profondi delle condizioni politiche e sociali e che strappi i nostri paesi dal dominio e dallo sfruttamento stranieri che lasciano i nostri stati nella bancarotta come unica prospettiva.

È questo che noi, popolo burkinabé, abbiamo capito la notte del 4 agosto 1983, quando le prime stelle hanno iniziato a scintillare nel cielo della nostra terra. Abbiamo dovuto guidare la rivolta dei contadini che vivevano piegati in due in una campagna insidiata dal deserto che avanza, abbandonata e stremata dalla sete e dalla fame. Abbiamo dovuto indirizzare la rivolta delle masse urbane prive di lavoro, frustrate e stanche di vedere le limousine guidate da élite governative estraniate che offrivano loro solo false soluzioni concepite da cervelli altrui. Abbiamo dovuto dare un’anima ideologica alle giuste lotte delle masse popolari che si mobilitavano contro il mostro dell’imperialismo. Abbiamo dovuto sostituire per sempre i brevi fuochi della rivolta con la rivoluzione, lotta permanente ad ogni forma di dominazione.

Prima di me, altri hanno spiegato, e senza dubbio altri spiegheranno ancora, quanto è cresciuto l’abisso fra i popoli ricchi e quelli la cui prima aspirazione è saziare la propria fame e calmare la propria sete, e sopravvivere seguendo e conservando la propria dignità. Ma è al di là di ogni immaginazione la quantità di “derrate dei poveri che sono andate a nutrire il bestiame dei nostri ricchi!”

Lo stato che era chiamato Alto Volta è stato uno degli esempi più lampanti di questo processo. Eravamo l’incredibile concentrato, l’essenza di tutte le tragedie che da sempre colpiscono i cosiddetti paesi in via di sviluppo. Lo testimonia in modo eloquente l’esempio dell’aiuto estero, tanto sbandierato e presentato, a torto, come la panacea. Pochi paesi sono stati inondati come il Burkina Faso da ogni immaginabile forma di aiuto. Teoricamente, si suppone che la cooperazione debba lavorare in favore del nostro sviluppo. Nel caso dell’Alto Volta, potevate cercare a lungo e invano una traccia di qualunque cosa si potesse chiamare sviluppo. Chi è al potere, per ingenuità o per egoismo di classe non ha potuto o voluto controllare questo afflusso dall’esterno, e orientarlo in modo da rispondere alle esigenze del nostro popolo.

Analizzando una tabella pubblicata nel 1983 dal Club del Sahel, con notevole buon senso Jacques Giri concludeva nel suo libro “Il Sahel domani” che, per i suoi contenuti e i meccanismi che ne reggono il funzionamento, l’aiuto al Sahel era un aiuto alla mera sopravvivenza. Solo il 30%, sottolinea Giri, di questo aiuto permette al Sahel di vivere. Secondo Giri, il solo obiettivo dell’aiuto estero è continuare a sviluppare settori non produttivi, imporre pesi insopportabili ai nostri magri bilanci, disorganizzare le campagne, aumentare il deficit della nostra bilancia commerciale, accelerare il nostro indebitamento.

Pochi dati bastano a descrivere l’ex Alto Volta. Un paese di sette milioni di abitanti, più di sei milioni dei quali sono contadini; un tasso di mortalità infantile stimato al 180 per mille; un’aspettativa di vita media di soli 40 anni; un tasso di analfabetismo del 98%, se definiamo alfabetizzato colui che sa leggere, scrivere e parlare una lingua; un medico ogni 50.000 abitanti; un tasso di frequenza scolastica del 16%; infine un prodotto interno lordo pro capite di 53.356 franchi CFA, cioè poco più di 100 dollari per abitante. La diagnosi era cupa ai nostri occhi. La causa della malattia era politica. Solo politica poteva dunque essere la cura. Naturalmente incoraggiamo l’aiuto che ci aiuta a superare la necessità di aiuti. Ma in generale, la politica dell’aiuto e dell’assistenza internazionale non ha prodotto altro che disorganizzazione e schiavitù permanente, e ci ha derubati del senso di responsabilità per il nostro territorio economico, politico e culturale.

Abbiamo scelto di rischiare nuove vie per giungere ad una maggiore felicità. Abbiamo scelto di applicare nuove tecniche e stiamo cercando forme organizzative più adatte alla nostra civiltà, respingendo duramente e definitivamente ogni forma di diktat esterno, al fine di creare le condizioni per una dignità pari al nostro valore. Respingere l’idea di una mera sopravvivenza e alleviare le pressioni insostenibili; liberare le campagne dalla paralisi e dalla regressione feudale; democratizzare la nostra società, aprire le nostre anime ad un universo di responsabilità collettiva, per osare inventare l’avvenire. Smontare l’apparato amministrativo per ricostruire una nuova immagine di dipendente statale; fondere il nostro esercito con il popolo attraverso il lavoro produttivo avendo ben presente che senza un’educazione politica patriottica, un militare non è nient’altro che un potenziale criminale. Questo è il nostro programma politico.

Dal punto di vista della pianificazione economica, stiamo imparando a vivere con modestia e siamo pronti ad affrontare quell’austerità che ci siamo imposti per poter sostenere i nostri ambiziosi progetti. Già ora, grazie a un fondo di solidarietà nazionale alimentato da contributi volontari, stiamo cominciando a trovare risposte all’enorme problema della siccità. Abbiamo sostenuto ed applicato i principi di Alma Ata aumentando il nostro livello dei servizi sanitari di base. Abbiamo fatto nostra come politica di stato la strategia del GOBI FFF consigliata dall’UNICEF; pensiamo che le Nazioni Unite dovrebbero utilizzare il proprio ufficio nel Sahel per elaborare piani a medio e lungo termine che permettano ai paesi che soffrono per la siccità di raggiungere l’autosufficienza alimentare.

In vista del XXI secolo abbiamo lanciato una grande campagna per l’educazione e la formazione dei nostri bambini in un nuovo tipo di scuola, finanziato da una sezione speciale della nostra lotteria nazionale “istruiamo i nostri bambini”. E, grazie al lavoro dei Comitati per la difesa della rivoluzione, abbiamo lanciato un vasto progetto di costruzione di case pubbliche (500 in cinque mesi), strade, piccoli bacini idrici ecc. Il nostro obiettivo economico è creare una situazione in cui ogni burkinabé possa impiegare le proprie braccia ed il proprio cervello per produrre abbastanza da garantirsi almeno due pasti al giorno ed acqua potabile.

Promettiamo solennemente che d’ora in avanti nulla in Burkina Faso sarà portato avanti senza la partecipazione dei burkinabé. D’ora in avanti, saremo tutti noi a ideare e decidere tutto. Non permetteremo altri attentati al nostro pudore e alla nostra dignità.

Rafforzati da questa convinzione, vorremmo abbracciare con le nostre parole tutti quelli che soffrono e la cui dignità è calpestata da un pugno di uomini o da un sistema oppressivo.

Chi mi ascolta mi permetta di dire che parlo non solo in nome del mio Burkina Faso, tanto amato, ma anche di tutti coloro che soffrono in ogni angolo del mondo. Parlo in nome dei milioni di esseri umani che vivono nei ghetti perché hanno la pelle nera o perché sono di culture diverse, considerati poco più che animali. Soffro in nome degli Indiani d’America che sono stati massacrati, schiacciati, umiliati e confinati per secoli in riserve così che non potessero aspirare ad alcun diritto e la loro cultura non potesse arricchirsi con una benefica unione con le altre, inclusa quella dell’invasore. Parlo in nome di quanti hanno perso il lavoro, in un sistema che è strutturalmente ingiusto e congiunturalmente in crisi, ridotti a percepire della vita solo il riflesso di quella dei più abbienti.

Parlo in nome delle donne del mondo intero, che soffrono sotto un sistema maschilista che le sfrutta. Per quel che ci riguarda siano benvenuti tutti i suggerimenti, di qualunque parte del mondo, circa i modi per favorire il pieno sviluppo della donna burkinabé. In cambio, possiamo condividere con tutti gli altri paesi la nostra esperienza positiva realizzata con le donne ormai presenti ad ogni livello dell’apparato statale e in tutti gli aspetti della vita sociale burkinabé. Le donne in lotta proclamano all’unisono con noi che lo schiavo che non organizza la propria ribellione non merita compassione per la sua sorte. Questo schiavo è responsabile della sua sfortuna se nutre qualche illusione quando il padrone gli promette libertà. La libertà può essere conquistata solo con la lotta e noi chiamiamo tutte le nostre sorelle di tutte le razze a sollevarsi e a lottare per conquistare i loro diritti.

Parlo in nome delle madri dei nostri paesi impoveriti che vedono i loro bambini morire di malaria o di diarrea e che ignorano che esistono per salvarli dei mezzi semplici che la scienza delle multinazionali non offre loro, preferendo piuttosto investire nei laboratori cosmetici, nella chirurgia estetica a beneficio dei capricci di pochi uomini e donne il cui fascino è minacciato dagli eccessi di calorie nei pasti, così abbondanti e regolari da dare le vertigini a noi del Sahel. Questi mezzi semplici raccomandati dall’OMS e dall’UNICEF abbiamo deciso di adottarli e diffonderli.

Parlo, anche, in nome dei bambini. Di quel figlio di poveri che ha fame e guarda furtivo l’abbondanza accumulata in una bottega dei ricchi. Il negozio è protetto da una finestra di spesso vetro; la finestra è protetta da inferriate; queste sono custodite da una guardia con elmetto, guanti e manganello, messa là dal padre di un altro bambino che può, lui, venire a servirsi, o piuttosto, essere servito, giusto perché ha credenziali garantite dalle regole del sistema capitalistico.

Parlo in nome degli artisti – poeti, pittori, scultori, musicisti, attori – che vedono la propria arte prostituita per le alchimie dei businessman dello spettacolo. Grido in nome dei giornalisti ridotti sia al silenzio che alla menzogna per sfuggire alla dura legge della disoccupazione. Protesto in nome degli atleti di tutto il mondo i cui muscoli sono sfruttati dai sistemi politici o dai moderni mercanti di schiavi.

Il mio paese è la quintessenza di tutte le disgrazie dei popoli, una sintesi dolorosa di tutte le sofferenze dell’umanità, ma anche e soprattutto una sintesi delle speranze derivanti dalla nostra lotta. Ecco perché ci sentiamo una sola persona con i malati che scrutano ansiosamente l’orizzonte di una scienza monopolizzata dai mercanti d’armi. Il mio pensiero va a tutti coloro che sono colpiti dalla distruzione della natura e ai trenta milioni di persone che muoiono ogni anno abbattute da quella terribile arma chiamata fame.

Come militare non posso dimenticare il soldato che obbedisce agli ordini, il dito sul grilletto e che sa che la pallottola che sta per partire porta solo un messaggio di morte. Parlo con indignazione a nome dei palestinesi, che un’umanità disumana ha scelto di sostituire con un altro popolo, solo ieri martirizzato. Il mio pensiero va al valoroso popolo palestinese, alle famiglie frantumate che vagano per il mondo in cerca di asilo. Coraggiosi, determinati, stoici e instancabili, i palestinesi ricordano alla coscienza umana la necessità e l’obbligo morale di rispettare i diritti di un popolo: i palestinesi, con i loro fratelli ebrei, si oppongono al sionismo.

Sono al fianco dei miei fratelli soldati dell’Iran e dell’Iraq che muoiono in una guerra fratricida e suicida, come sono vicino ai compagni del Nicaragua, i cui porti minati e i villaggi bombardati affrontano il loro destino con tanto coraggio e lucidità. Soffro con tutti i latinoamericani che faticano e lottano sotto i predatori dell’imperialismo. Sono a fianco dei popoli dell’Afghanistan e dell’Irlanda, di Grenada e di Timor Est, tutti alla ricerca di una serenità ispirata dalla loro dignità e dalle leggi della propria cultura. Parlo qui in nome di tutti coloro che cercano invano una tribuna davvero mondiale dove far sentire la propria voce ed essere presi in considerazione realmente. Molti mi hanno preceduto su questo palco e altri seguiranno. Però solo alcuni prenderanno le decisioni. Eppure, qui ufficialmente siamo tutti uguali.

Bene, mi faccio portavoce di tutti coloro che invano cercano un’arena dalla quale essere ascoltati. Sì, vorrei parlare in nome di tutti gli “abbandonati del mondo”, perché sono un uomo e niente di quello che è umano mi è estraneo. La nostra rivoluzione in Burkina Faso abbraccia le sfortune di tutti i popoli; vuole ispirarsi alla totalità delle esperienze umane dall’inizio del mondo. Vogliamo essere gli eredi di tutte le rivoluzioni del mondo e di tutte le lotte di liberazione dei popoli del Terzo mondo. I nostri occhi guardano ai profondi sconvolgimenti che hanno trasformato il mondo. Traiamo insegnamenti dalla rivoluzione americana, le lezioni della sua vittoria contro la dominazione coloniale e le conseguenze della sua vittoria. Facciamo nostra la dottrina della non ingerenza degli europei negli affari americani e degli americani negli affari europei. Ciò che Monroe proclamava nel 1823 “l’America agli Americani”, oggi viene da noi ripreso affermando “l’Africa agli Africani” e “il Burkina Faso ai Burkinabé”. La rivoluzione francese del 1789, distruggendo le basi dell’assolutismo, ci ha insegnato l’intimo legame che esiste fra diritti umani e diritti dei popoli alla libertà. La grande rivoluzione d’ottobre del 1917 ha trasformato il mondo, portato il proletariato alla vittoria, scosso le fondamenta del capitalismo e realizzato i sogni di giustizia della comune di Parigi.

Aperti a tutti i venti di volontà dei popoli e delle loro rivoluzioni, ad avendo appreso anche la lezione di alcuni terribili fallimenti che hanno portato a tragiche violazioni dei diritti umani, vogliamo prendere da ogni rivoluzione solo il suo nocciolo di purezza che ci impedisce di diventare schiavi della realtà di altri, anche quando, dal punto di vista ideologico, ci ritroviamo con interessi comuni.

Signor presidente, questo inganno non è più possibile. Il nuovo ordine economico mondiale per cui stiamo lottando e continueremo a lottare può essere raggiunto solo se saremo capaci di fare a pezzi il vecchio ordine che ci ignora; se occuperemo il posto che ci spetta nell’organizzazione politica internazionale e se, data la nostra importanza nel mondo, otterremo il diritto di essere parte delle discussioni e delle decisioni che riguardano i meccanismi regolatori del commercio, dell’economia e del sistema monetario su scala mondiale. Il nuovo ordine economico internazionale non può che affiancarsi a tutti gli altri diritti dei popoli, – diritto all’indipendenza, all’autodeterminazione nelle forme e strutture di governo – come il diritto allo sviluppo. Come tutti gli altri diritti dei popoli può essere conquistato solo nella lotta e attraverso la lotta dei popoli. Non sarà mai il risultato di un atto di generosità di qualche grande potenza.

Continuo a nutrire un’incrollabile fiducia – condivisa dalla grande comunità dei paesi non allineati – che sotto le grida di dolore dei nostri popoli, il nostro gruppo manterrà la sua coesione, rafforzerà il suo potere di negoziazione collettivo, troverà alleati fra tutte le nazioni, e insieme a quelli che ci possono ascoltare, inizierà ad organizzare un sistema di relazioni economiche internazionali realmente nuovo.

Signor Presidente, ho accettato di parlare in questa illustre assemblea perché, malgrado tutte le critiche che le sono rivolte da alcuni dei membri più importanti, le Nazioni Unite rimangono un forum ideale per le nostre richieste, un luogo indispensabile di legittimità per tutti i paesi senza voce.

È questo giustamente ciò che il Segretario Generale dell’Onu vuole significare quando scrive: “L’organizzazione delle Nazioni Unite è unica nel senso che riflette le aspirazioni e le frustrazioni di numerosi paesi e raggruppamenti in tutto il mondo. Uno dei maggiori meriti dell’Onu è che tutte le nazioni, incluse quelle oppresse e vittime dell’ingiustizia” – sta parlando di noi – “anche quando devono fronteggiare la dura realtà del potere, possono venire e trovare una tribuna dove essere ascoltati. Una giusta causa può anche incontrare opposizione o indifferenza, ma troverà comunque una eco presso le Nazioni Unite; tale caratteristica non è sempre stata apprezzata, tuttavia è fondamentale”. Non ci può essere migliore definizione del senso e del significato della nostra organizzazione.

C’è quindi la necessità urgente che ciascuno di noi lavori per consolidare le fondamenta dell’Onu e per attribuirgli i mezzi necessari all’azione. Adottiamo quindi le proposte fatte dal Segretario generale perché possiamo aiutare la nostra organizzazione a superare i numerosi ostacoli che i grandi poteri le oppongono con tanta solerzia per screditarla agli occhi dell’opinione pubblica.

Signor presidente, riconosciuti i meriti, benché limitati, della nostra organizzazione, non posso che essere lieto dell’arrivo di nuovi membri. La delegazione burkinabé dà quindi il benvenuto al 159° membro della nostra organizzazione, lo stato del Brunei Darussalam. A causa della follia di coloro che, per la stravaganza del destino, hanno in mano la leadership del mondo, il Movimento dei non allineati – di cui, mi auguro, il Brunei Darussalam farà presto parte – ha l’obbligo di considerare la lotta per il disarmo un obiettivo permanente, come presupposto essenziale del nostro diritto allo sviluppo.

A nostro parere, dobbiamo analizzare con cura tutti gli elementi che hanno portato alle calamità che hanno afflitto il mondo. In questo senso, il presidente Fidel Castro esprimeva in modo mirabile il nostro punto di vista quando, nel 1979, all’apertura del Sesto summit dei non allineati, dichiarava: “Trecento miliardi di dollari sono sufficienti a costruire 600.000 scuole all’anno per 400 milioni di bambini; oppure 60 milioni di case confortevoli per 300 milioni di persone; oppure 30.000 ospedali con 18 milioni di letti; oppure 20.000 fabbriche che possono dare lavoro a 20 milioni di lavoratori; oppure a rendere possibile l’irrigazione di 150 milioni di ettari di terra che, con adeguate scelte tecniche, possono produrre cibo per un miliardo di persone…”. Se moltiplichiamo queste cifre per dieci – e sono sicuro che rimarremmo al di sotto della realtà di spesa odierna – ci rendiamo conto di quanto l’umanità sperperi ogni anno nel settore militare a scapito della pace.

Ecco perché l’indignazione delle masse si trasforma rapidamente in rivolta e in rivoluzione contro le briciole che vengono loro gettate sotto la forma insultante degli “aiuti”, aiuti spesso legati a condizioni francamente spregevoli. Si può comprendere infine perché il nostro impegno per lo sviluppo ci chiede di essere dei combattenti per la pace, sempre.

Promettiamo dunque di lottare per sciogliere le tensioni e introdurre nelle relazioni internazionali principi degni di un modo di vivere civile, estendendoli a tutte le regioni del mondo. Ciò significa che non possiamo continuare a vendere passivamente parole. Riaffermiamo la nostra determinazione ad essere proponenti attivi di pace, ad assumere il nostro posto nella lotta per il disarmo, e infine ad agire come fattori decisivi nella politica internazionale, liberi dal controllo delle superpotenze, qualunque piano esse possano avere.

La ricerca della pace va di pari passo con la realizzazione dei diritti dei paesi all’indipendenza, dei popoli alla libertà e delle nazioni all’autodeterminazione. In questo senso il premio più miserabile e terribile – sì, terribile – va assegnato al Medio Oriente, in termini di arroganza, insolenza e incredibile ostinazione, ad un piccolo paese, Israele, che da più di venti anni con l’inqualificabile complicità della sua potenza protettrice, gli Stati Uniti, continua a sfidare la comunità internazionale. Beffa della storia, che solo ieri consegnava gli ebrei all’orrore delle camere a gas, Israele infligge ora agli altri la sofferenza che ieri fu sua. Israele, il cui popolo amiamo per il suo coraggio e i sacrifici del passato, deve sapere che le condizioni della propria tranquillità non possono essere raggiunte con la forza delle armi finanziate dall’estero. Israele deve imparare a diventare una nazione come le altre e con le altre. Oggi, da questo podio, affermiamo la nostra solidarietà attiva e militante con gli uomini e le donne dello splendido combattivo popolo palestinese, e ci rincuoriamo sapendo che nessuna sofferenza dura per sempre.

Signor Presidente, quanto alla situazione politica ed economica dell’Africa, nutriamo una profonda preoccupazione per le pericolose sfide che vengono lanciate ai diritti dei nostri popoli, da parte di alcuni paesi che, sicuri delle proprie alleanze, si fanno beffe dell’etica internazionale. Naturalmente, abbiamo il diritto di rallegrarci per la decisione di ritirare le truppe straniere dal Ciad affinché gli abitanti di questo paese, liberi da ingerenze esterne, possano cercare tra loro nuove vie per porre fine a questa guerra fratricida e, dare al popolo che piange da molte stagioni, i mezzi per asciugarsi le lacrime.

Tuttavia, malgrado alcuni progressi registrati dai popoli africani nelle lotte all’emancipazione economica, il nostro continente continua a riflettere la realtà essenziale delle contraddizioni tra le superpotenze, a portare il peso delle intollerabili e apparentemente infinite tribolazioni del mondo contemporaneo. Riteniamo inaccettabile e condanniamo incondizionatamente il destino dispensato al popolo del Sahara occidentale dal regno del Marocco che ricorre a tattiche dilatorie per rinviare il momento inevitabile della restituzione, che il volere del popolo Saharawi imporrà. Dopo aver visitato personalmente le regioni liberate dai Saharawi, mi è chiaro che nulla potrà impedire il cammino verso la liberazione totale del paese sotto la guida militante e lungimirante del Fronte Polisario.

Signor Presidente, non parlerò a lungo della questione di Mayotte e delle isole dell’arcipelago Malagasy (Madagascar). Quando le cose sono ovvie, e quando i principi sono chiari, non c’è bisogno di elaborarli. Mayotte appartiene alle Isole Comore; le isole dell’arcipelago al Madagascar.

In America Latina, salutiamo l’iniziativa del gruppo di Contadora che costituisce un passo positivo nella ricerca di una giusta soluzione per una situazione esplosiva. Il comandante Daniel Ortega, a nome del popolo rivoluzionario del Nicaragua, ha fatto qui proposte concrete ed ha posto questioni di fondo a chi di dovere. Aspettiamo di vedere la pace nel suo paese e in tutta l’America centrale il prossimo 15 ottobre e dopo il 15 ottobre, e prendiamo l’opinione pubblica mondiale a testimone di ciò.

Come abbiamo condannato l’aggressione straniera nell’isola di Grenada, condanniamo tutte le invasioni; ecco perché non possiamo tacere di fronte all’invasione armata dell’Afghanistan.

C’è una questione particolare di una tale gravità da richiedere a ognuno di noi una posizione franca e ferma. Si tratta, potete immaginarlo, del Sudafrica. L’incredibile insolenza che questo paese ha per tutte le nazioni del mondo, incluse quelle che sostengono il suo sistema terroristico volto a liquidare fisicamente la maggioranza nera di questo paese, e il disprezzo con cui accoglie tutte le risoluzioni dell’Assemblea generale costituiscono una delle preoccupazioni maggiori del mondo contemporaneo.

Ma la cosa più tragica non è che il Sudafrica sia accusato dall’intera comunità internazionale per le sue leggi apartheid, né che continui illegalmente a tenere la Namibia sotto il suo stivale colonialista e razzista, o che sottometta impunemente i suoi vicini alla legge del banditismo. No, la cosa più deprecabile e umiliante per la coscienza umana è che sia divenuta una “banalità” la miseria di milioni di esseri umani che per difendersi non hanno altro che il loro petto e l’eroismo delle loro mani nude. Certa di poter contare sulla complicità delle grandi potenze, sul coinvolgimento attivo di alcune di queste e sulla collaborazione di qualche triste leader africano, la minoranza bianca non si vergogna a deridere i sentimenti dei popoli che nel mondo ritengono intollerabile la crudeltà che ha corso legale in Sudafrica.

Un tempo si sarebbero formate brigate internazionali per difendere l’onore delle nazioni la cui dignità era minacciata. Oggi, malgrado le ferite purulente che tutti abbiamo sopportato, votiamo risoluzioni che hanno come unico potere, ci viene detto, di portare alla ragione un Paese di pirati che “distrugge il sorriso come la grandine abbatte i fiori”.

Signor presidente, presto ricorrerà il 150° anniversario dell’emancipazione degli schiavi dell’impero britannico. La mia delegazione sostiene la proposta avanzata da Antigua e Barbuda di commemorare con solennità questo evento così importante per i paesi africani e per tutti i neri. A nostro avviso, tutto quello che potrà essere fatto, detto e organizzato nel corso delle cerimonie commemorative dovrebbe sottolineare il terribile prezzo pagato dall’Africa e dagli africani allo sviluppo della civiltà umana. Un prezzo pagato senza ricevere nulla in cambio e che spiega senza alcun dubbio la tragedia attualmente in corso nel nostro continente. È il nostro sangue che ha nutrito le radici del capitalismo, provocando la nostra attuale dipendenza e consolidando il nostro sottosviluppo. La verità non può più essere nascosta da cifre addomesticate. Dei neri deportati nelle piantagioni, molti sono morti o sono rimasti mutilati. Per non parlare della devastazione cui è stato sottoposto il nostro continente e delle sue conseguenze.

Signor presidente, se il mondo, grazie a Lei e al nostro Segretariato generale, si convincerà, in occasione di questo anniversario, di tale verità, comprenderà poi perché, con tutti noi stessi, vogliamo la pace fra le nazioni e perché sosteniamo e proclamiamo il nostro diritto allo sviluppo nell’uguaglianza assoluta attraverso l’organizzazione e la ridistribuzione delle risorse umane.

Dal momento che tra tutte le razze umane apparteniamo a quelle che hanno sofferto di più, noi burkinabé abbiamo giurato di non accettare d’ora in avanti la più piccola ingiustizia nel più piccolo angolo del mondo. È il ricordo della nostra sofferenza che ci pone vicino all’OLP contro le bande armate israeliane, che ci fa sostenere l’African National Congress (ANC) e la South West Africa People’s Organization (SWAPO), ritenendo intollerabile la presenza sul suolo sudafricano di uomini “bianchi” che distruggono il mondo in nome del loro colore. Infine, è sempre questo ricordo che ci fa riporre nell’Organizzazione delle Nazioni Unite una fiducia profonda in un dovere comune, in un compito comune per una comune speranza.

Chiediamo di intensificare la campagna per la liberazione di Nelson Mandela affinché possa essere qui con noi nella prossima sessione dell’Assemblea generale, testimone del trionfo della nostra dignità collettiva. Chiediamo che, in ricordo delle nostre sofferenze e nel segno del perdono collettivo, sia creato un Premio internazionale della riconciliazione umana, da assegnare a chi contribuirà alla difesa dei diritti umani. Proponiamo che il budget destinato alle ricerche spaziali sia tagliato dell’1%, per devolvere la cifra corrispondente alla ricerca sulla salute e al ripristino dell’ambiente umano perturbato da tutti questi fuochi d’artificio nocivi all’ecosistema.

Proponiamo anche di rivedere tutta la struttura delle Nazioni Unite per porre fine allo scandalo costituito dal diritto di veto. È vero che certi effetti più diabolici del suo abuso sono stati controbilanciati dalla vigilanza di alcuni fra gli stati che detengono il veto. Tuttavia, nulla può giustificare un tale diritto, né le dimensioni di un paese né la sua ricchezza.

Alcuni difendono tale iniquità sostenendo che essa si giustifica con il prezzo pagato durante la Seconda guerra mondiale. Ma sappiano, questi paesi, che anche noi abbiamo avuto uno zio o un padre che, come migliaia di altri innocenti, sono stati strappati dal Terzo mondo e inviati a difendere i diritti calpestati dalle orde di Hitler. Anche la nostra carne porta i solchi delle pallottole naziste. Mettiamo fine all’arroganza delle grandi potenze che non perdono occasione per rimettere in questione i diritti degli altri popoli. L’assenza dell’Africa dal club di quelli che hanno il diritto di veto è ingiusta e deve finire.

La mia delegazione non avrebbe assolto al suo compito se non avesse chiesto la sospensione di Israele e l’espulsione del Sudafrica dalle Nazioni Unite. Quando, con il tempo, questi paesi avranno compiuto le trasformazioni necessarie a renderli ammissibili nella comunità internazionale, ognuno di noi, e il mio paese per primo, darà loro il benvenuto e guiderà i loro primi passi.

Vogliamo riaffermare la nostra fiducia nelle Nazioni Unite. Siamo loro grati per il lavoro compiuto dalle loro agenzie in Burkina Faso e per la loro presenza al nostro fianco mentre stiamo attraversando tempi difficili. Siamo anche grati ai membri del Consiglio di Sicurezza per averci concesso di presiedere il lavoro del Consiglio per due volte quest’anno. Possiamo solo augurarci che questo Consiglio adotterà e applicherà il principio della lotta contro lo sterminio per fame di 30 milioni di esseri umani ogni anno, una distruzione maggiore di quella di una guerra nucleare.

La mia fiducia in questa organizzazione mi porta a ringraziare il Segretario generale Xavier Pérez de Cuellar, per la sua visita in Burkina, durante la quale ha potuto toccare con mano la dura realtà della nostra esistenza, e farsi un quadro fedele dell’aridità del Sahel e della tragedia del deserto che avanza. Non potrei terminare senza rendere omaggio alle eccellenti qualità del nostro presidente (Paul Lusaka dello Zambia) capace di condurre questa 39ª sessione con la saggezza che gli riconosciamo.

Signor presidente, ho viaggiato per migliaia di chilometri. Sono venuto qui per chiedere a ciascuno di voi di unirvi in uno sforzo comune perché abbia fine l’arroganza di chi ha torto, svanisca il triste spettacolo dei bambini che muoiono di fame, sia spazzata via l’ignoranza, vinca la legittima rivolta dei popoli, e tacciano finalmente i suoni di guerra, e che infine si lotti con una volontà comune per la sopravvivenza dell’umanità. Cantiamo insieme con il grande poeta Novalis: “Presto le stelle ritorneranno a visitare la terra che lasciarono durante l’era dell’oscurità; il sole depositerà il suo spettro severo e tornerà ad essere una stella fra le stelle, tutte le razze del mondo torneranno nuovamente insieme; dopo una lunga separazione, le famiglie rese un tempo orfane saranno riunificate e ogni giorno sarà un giorno di riunificazione e di rinnovati abbracci; poi gli abitanti dei tempi antichi torneranno sulla terra, in ogni tomba si riaccenderanno le spente ceneri; dappertutto le fiamme della vita bruceranno di nuovo, le antiche dimore saranno ricostruite, i tempi antichi rinasceranno e la storia sarà il sogno di un presente esteso all’eternità”.

La patrie ou la mort, nous vaincrons!

Grazie a tutti

inviata da CCG/AWS Staff - 5/4/2019 - 14:08




Lingua: Inglese

English translation
Traduction anglaise
Traduzione inglese
Italiankielinen käännös


Thomas Sankara Speech before the General Assembly of the United Nations

Delivered: In French, at the United Nations General Assembly, in New York City, on 4 October 1984.
Source of the translation into English:United Nationas (1984), United Nations General Assembly Official Records, 20th Plenary Meeting, Thursday, 4 October 1984, at 10.40 a.m., New York, (A/39/PV.20), pp. 405-410.
This edition: Marxists Internet Archive, January 2019.
Dear President

I bring the fraternal greetings of a country covering 274,000 square kilometres, where 7 million men, women and children refuse henceforth to die of ignorance, hunger and thirst, even though they are not yet able to have a real life, after a quarter of a century as a sovereign State represented here at the United Nations.

I come to this thirty-ninth session of the General Assembly to speak on behalf of a people which, on the land of its ancestors, has chosen from now on to assert itself and to taku responsibility for its own history, in both its positive and negative aspects, without any complexes.

I come here, mandated by the National Council of the Revolution of Burkina Faso, to express the views of my people on the problems that have been included on the General Assembly’s agenda, which form the tragic background of the events which are sadly undermining the foundations of the world late in this twentieth century. It is a world of chaos, in which the human race is tom apart by struggles between the great and the not-so-great, attacked by armed bands and subjected to violence and plunder. It is a world in which the nations, eluding international jurisdiction, command groups beyond the law, which, with gun in hand, live by preying on others and organizing the most despicable kinds of trafficking.

I do not intend to enunciate dogmas here. I am neither a messiah nor a prophet. I possess no truths. My only ambition is a twofold aspiration: first, to be able to speak in simple language, the language of facts and clarity, on behalf of my people, the people of Burkina Faso, and, secondly, to be able-to express in my own way the feelings or that mass of people who are disinherited—those who belong to that world maliciously dubbed “the third world”—and to state, even if I cannot make them understood, the reasons that have led us to rise up, all of which explains our interest in the United Nations, the demands of our rights drawing strength in the clear awareness of our duties.

Nobody will be surprised to hear us associate the former Upper Volta, now Burkina Faso, with that despised rag-bag, the third world, which the other worlds invented at the time of our independence in orde: better to ensure our intellectual, cultural, economic and political alienation. We want to fit in there without at all justifying this great swindle of history, still less accepting that we are a backward world left behind by the West. Rather, we do so to affirm our awareness of belonging to a three-continent whole and to state, as one of the non-aligned countries, our deeply felt conviction that a special solidarity unites the three continents of Asia, Latin America and Africa in the same battle against the same political traffickers and economic exploiters.

Thus to recognize our presence in the third world is, to paraphrase José Marti, to affirm that we feel on our cheek every blow struck against every other man in the world. So far, we have turned the other cheek. The slaps in the face have been redoubled and the evil-doers have felt no tenderness in their hearts. They have trampled on the truth of the just. They have betrayed the word of Christ. They have turned His cross into a club, and after putting on His robe they have tom our bodies and souls to shreds. They have obscured His message, making it a Western one, whereas we saw it as a message of universal liberation. Now our eyes have been opened to the class struggle and there will be no more blows dealt against us. It must be proclaimed that there will be no salvation for our peoples unless we turn our backs completely on all the models that all the charlatans of that type have tried to sell us for 20 years. There can be no salvation for us unless we reject those models; there can be no development without that break.

Now all the new “master minds” are awakening, roused by the dizzy increase of millions of men in rags and frightened by the threat to their digestion of this multitude hounded by hunger. They are beginning to change their tune and are again anxiously seeking among us miraculous ideas for new forms of development for our countries. In order to understand this it is necessary only to read the proceedings of innumerable colloquys and seminars.

I certainly do not wish to ridicule the patient effort tf those honest intellectuals who, because they have t, ;s to see, have observed the terrible consequences of the ravages caused in the third world by the so-called development specialists.

I fear that the results of all the energies seized by the Prósperos of all kinds may be turned into a magic wand to be used to turn us back in to a world of slavery, dressed up according to the taste of our times. This fear is justified by the fact that the African petite bourgeoisie with its diplomas, if not that of the whole third world, is not ready—whether because of intellectual laziness or simply because it has sampled the Western way of life—to give up its privileges. It therefore forgets that all true political struggle requires a rigorous theoretical debate, and it refuses to do the thinking necessary in order to invent the new concepts needed to wage the kind of struggle to the death that is ahead of us. A passive and pathetic consumer group, it overflows with the “in” words of the West, just as it overflows with its whisky and champagne, in salons where there is a dubious kind of harmony. One will search in vain— the concepts of Blackness or the African personality now being a little outdated—for truly new ideas from the brains of our so-called intellectual giants. Words and ideas come to us from elsewhere. Our professors, engineers and economists are content simply to add a little colouring, because they have brought from the European universities of which they are the products only their diplomas and the surface smoothness of adjectives and superlatives. It is urgently necessary that our qualified personnel and those who work with ideas learn that there is no innocent writing. In these tempestuous times, we cannot leave it to our enemies of the past and of the present to think and to imagine and to create. We also must do so.

Before it is too late—and it is already late—this élite, these men of Africa, of the third world, must come to their senses; in other words, they must turn to their own societies, they must look at this wretchedness that we have inherited, to understand that the battle for thought that will help the disinherited masses not only is not a vain one but can become credible at the international level. They must provide a faithful picture for their own peoples, a picture that will enable them to carry out profound changes in the social and political situation so that we can free ourselves from the foreign domination and exploitation that can lead our States only to failure.

This is something that we understood, we, the people of Burkina Faso, on that night of 4 August 1983, when the stars first began to shine in the heavens of our homeland. We had to take the lead of the peasant uprisings in the countryside, threatened by desertification, exhausted by hunger and thirst, and abandoned. We had to give some sense of meaning to the revolts of the unemployed urban masses, frustrated and tired of seeing the limousines of the alienated élite flash by following the head of State, who offered them only false solutions devised and conceived in the brains of others. We had to give an ideological soul to the just struggles of our masses mobilized against the monstrosity of imperialism. Instead of a minor, short-lived revolt, we had to have revolution, the eternal struggle against all domination. Others have noted this before me and yet others will say after me how broad the gap now is between the rich peoples and those that aspire only to have enough to eat, enough to drink, to survive and to defend their dignity, but nobody could believe how much of the food of our people has gone to feed the rich man’s cow.

In the case of Upper Volta, the process was even more crystal clear. We demonstrated the essence of all the calamities that have crushed the so-called developing countries.

The truth about aid, represented as the panacea for all ills and often praised beyond all rhyme or reason, has been revealed. Very few countries have been so inundated with aid of all kinds as has mine.

Aid is supposed to help development, but one can look in vain in what used to be Upper Volta to see any sign of any kind of development. The people who were m power through either naivety or class selfishness could not or else did not want to gain control over this inflow from the outside or grasp the scope of it and use it in the interests of our people.

Analysing a table that was published in 1983 by the Sahel Club, Jacques Giri, in his book entitled The Sahel Tomorrow, concluded quite sensibly that aid to the Sahel, because of its content and because of the machinery in place, was only aid for survival. He emphasized that only 30 per cent of that aid would enable the Sahel simply to remain alive. According to Jacques Giri, this outside aid was designed only for the continued development of the unproductive sectors, imposing intolerable burdens on our small budgets, completely disrupting our countryside, creating deficits in our trade balance and, in fact, speeding up our indebtedness.

Here are just a few standard facts to describe what Upper Volta used to be like: 7 million inhabitants, with more than 6 million peasants; infant mortality at 180 per 1,000; life expectancy of 40 years; an illiteracy rate of 98 per cent, if literacy is considered to mean being able to read, write and speak a language; one doctor for 50,000 inhabitants; 16 per cent receiving schooling; and lastly, a gross domestic product of 53,356 CFA francs, that is, just over $100 per capita.

The diagnosis obviously was a very bad one. The source of the evil was political and so the only cure must be a political one.

Of course, we encourage aid that can help us to manage without aid, but in general the aid and assistance policies merely led us to become completely disorganized, to enslave ourselves, to shirk our responsibility in our economic, political and cultural areas..

We have chosen a different path to achieve better results. We have chosen to establish new techniques. We have chosen to seek forms of organization that are better adapted to our civilization, abruptly and once and for all rejecting all kinds of outside diktats, so that we can create the conditions for a dignity in keeping with our ambitions.

We refuse simple survival. We want to ease the pressures, to free our countiyside from medieval stagnation or regression. We want to democratize our society, to open up our minds to a universe of collective responsibility, so that we may be bold enough to invent the future. We want to change the administration and reconstruct it with a different kind of civil servant. We want to get our army involved with the people in productive work ana remind it constantly that, without patriotic training, a soldier is only a criminal with power. That is our political programme.

At the economic level, we are learning to live simply, to accept and to demand of ourselves the austerity that we need in order to carry out our great designs.

Thanks to the revolutionary solidarity fund, which is fed by voluntary contributions, we are now beginning to deal with the cruel questions posed by the drought. We support and have applied the principles of the Declaration of Alma-Ata/ expanding our primary health care. We endorse as a State policy the global strategy of GOBI FFF advocated by UNICEF.

We believe that through the United Nations Sudano-Sahelian Office, the United Nations should enable those countries affected by drought to establish a medium- and long-term plan to achieve selfsufficiency in food.

To prepare for the twenty-first century, we have begun, by creating a special tombola section, an immense campaign for the education and training of our children in a new school. The programme is called “Let’s teach our children”. Through committees to defend the revolution, we have established a vast house-building programme—500 units in three months—and we are also building roads, small water collectors, and so forth. Our economic ambition is to work to ensure that the use of the mind and the strength of each inhabitant of Burkina Faso will produce what is necessary to provide two meals a day and drinking-water.

We swear that in future in Burkina Faso nothing will be done without the participation of the people of Burkina Faso themselves, nothing that has not been decided by us, that has not been prepared by us. There shall be no more attacks on our honour and dignity.

Strengthened by this conviction, we want our words to cover all those who suffer, all those whose dignity has been crushed by a minority or a system.

Let me say to those who are listening to me now that I speak not only on behalf of Burkina Faso, my country which I love so much, but also on behalf of all those who suffer, wherever they may be.

I speak on behalf of those millions of human beings who are in ghettos because their skin is black, or because they have a different kind of culture, those whose status is hardly higher than that of an animal.

I suffer, too, on behalf of those Indians who have been massacred, trampled on and humiliated and who, for centuries, have been confined to reservations, so that they do not have any aspirations to any rights whatsoever, so that their culture cannot become enriched through contact with other cultures, including that of the invader.

I speak out on behalf of those who are unemployed because of a structurally unjust system which has now been completely disrupted, the unemployed who have been reduced to seeing their lives as only the reflection of the lives of those who have more than themselves.

I speak on behalf of women throughout the entire world who suffer from a system of exploitation imposed on them by men. As far as we are concerned, we are willing to welcome all suggestions from anywhere in the world that will help us to promote the full development and prosperity of the women of Burkina Faso. In return, we will share with all countries the positive experience we are now undertaking with our women, who are now involved at all levels of the State apparatus and social life in Burkina Faso, women who struggle and who say with us that the slave who will not shoulder responsibility to rebel does not deserve pity. That slave will alone be responsible for his own wretchedness if he has any illusions whatsoever about the suspect indulgence shown by a master who pretends to give him freedom. Only struggle helps us to become free, and we call on all our sisters of all races to rise up to regain their rights.

I speak on behalf of the mothers of our poor countries who see their children dying of malaria and diarrhoea, unaware that to save them there are simple methods available but which the science of the multinationals does not offer to them, preferring to invest in cosmetics laboratories and engage in cosmetic surgery to satisfy the whims and caprices of a few men and women who feel they have become too fat because of too many calories in the rich food they consume with regularity. That must make even members of this Assembly dizzy—not to mention the peoples of the Sahel. We have decided to adopt and popularize the methods that have been advocated by WHO and UNICEF.

I speak on behalf of the child, the child of the poor man, who is hungry and who furtively eyes the wealth piled up in the rich man’s shop, a shop that is protected by a thick window, a window which is defended by an impassable grille, the grille guarded by a policeman in a helmet with gloves and a bludgeon, the policeman placed there by the father of another child, who comes there to serve himself or rather to be served because these are the guarantees of capitalistic representativeness and norms of the system.

I speak on behalf of the artists—poets, painters, sculptors, musicians, actors and so on—people of good will who see their art being prostituted by the show-business magicians.

I cry out on behalf of the journalists who have been reduced to silence or else to lies simply to avoid the hardships of unemployment.

I protest on behalf of the athletes of the entire world whose muscles are being exploited by political systems or by those who deal in the modem slavery of the stadium.

My country is the essence of all the miseries of peoples, a tragic synthesis of all the suffering of mankind but also, and above all, the synthesis of the hopes of our struggles. That is why I speak out on behalf of the sick who are anxiously looking to see what science can do for them—but that science has been taken over by the gun merchants. My thoughts go to all those who nave been affected by the destruction of nature, those 30 million who are dying every year, crushed by that most fearsome weapon, hunger.

As a soldier, I cannot forget that obedient soldier who does what he is told, whose finger is on the trigger and who knows that the bullet which is going to leave his gun will bring only a message of death.

Lastly, I speak out in indignation as I think of the Palestinians, whom this most inhuman humanity has replaced with another people, a people who only yesterday were themselves being martyred at leisure. I think of the valiant Palestinian people, the families which have been splintered and split up and are wandering throughout the world seeking asylum. Courageous, determined, stoic and tireless, the Palestinians remind us all of the need and moral obligation to respect the rights of a people. Along with their Jewish brothers, they are anti-Zionists.

Standing alongside my soldier brothers of Iran and Iraq, who are dying in a fratricidal and suicidal war, I wish also to feel close to my comrades of Nicaragua, whose ports are being mined, whose towns are being bombed and who, despite all, face up with courage and lucidity to their fate. I suffer with all those in Latin America who are suffering from imperialist domination.

I wish to stand side by side with the peoples of Afghanistan and Ireland, the peoples of Grenada and East Timor, each of those peoples seeking happiness in keeping with their dignity and the laws of their own culture.

I rise up on behalf of all who seek in vain any forum in the world to make their voices heard and to have themselves taken seriously.

Many have already spoken from this rostrum. Many will speak after me. But only a few will take the real decisions, although we are all officially considered equals. I speak on behalf of all those who seek in vain for a forum in the world where they can be heard. Yes, I wish to speak for all those—the forgotten—because I am a man and nothing that is human is alien to me.

Our revolution in Burkina Faso takes account of the ills of all peoples. We are also inspired by all the experiences of mankind, from the very first breath of the first human being.

We wish to enjoy the inheritance of all the revolutions of the world, all the liberation struggles of the third-world peoples. We are trying to learn from the great upheavals that have transformed the world. We have drawn the lessons of the American revolution, the lessons of its victory against colonial domination, and the consequences of that victory. We endorse the doctrine of non-interference by Europeans in American affairs and non-interference by Americans in European affairs. In 1823, Monroe said “America for the Americans”. We would say “Africa for the Africans; Burkina Faso for the Burkinabe”. The French revolution of 1789, which disrupted the foundations of absolutism, has taught us the rights of man linked to the rights of peoples to freedom. The great revolution of October 1917 transformed the world and made possible the victory of the proletariat, shook the foundations of capitalism and made possible the dreams of justice of the French Commune.

Open to all the wishes of the peoples and their revolutions, learning also from the terrible failures that have led to truly sad infringements of human rights, we want to preserve from each revolution only that essence of purity that prohibits us from becoming servants to the realities of others, even though in our thinking we find that there is a community of interests among us.

There must be no more deceit. The new international economic order, for which we are struggling and will continue to struggle, can be achieved only if we manage to do away with the old order, which completely ignores us, only if we insist on the place which is ours in the political organization of the world, only if we realize our importance in the world and obtain the right to decision-making with respect to the machinery governing trade, economic and monetary affairs at the world level.

The new international economic order is simply one among all the other rights of peoples—the right to independence, to the free choice of the form and structure of government, the right to development— and like all the rights of peoples it is a right which can be gained only through the struggle of the peoples. It will never be obtained by any act of generosity by any Power whatsoever.

I continue to have unshakeable confidence—a confidence I share with the immense community of non-aligned countries—that, despite our peoples’ battering-ram cries of distress, our group will preserve its cohesion, strengthen its power of collective negotiation, find allies among all nations, and begin, together with all who can still hear us, to organize a really new system of international economic relations.

I agreed to come to speak before the Assembly because, despite the criticism of certain major contributors, the United Nations remains tlie ideal forum for our demands, the place where the legitimacy of countries which have no voice is recognized. This was expressed very accurately by the Secretary- General, when he wrote:

“The United Nations reflects in a unique way the aspirations and frustrations of many nations and groups all over the world. One of its great merits is that all nations—-including the weak, the oppressed and the victims of injustice”—that is, us—“can get a hearing and have a platform even in the face of the hard realities of power. A just cause, however frustrated or disregarded, can find a voice in the United Nations. This is not always a well- liked attribute of the Organization, but it is an essential one.”

The meaning and scope of the Organization could not be better defined.

Therefore, it is absolutly essential for the good of each of us that the United Nations be strengthened and provided with the means to take action. That is why we endorse the Secretary-General’s proposals to this end, to help the Organization break the many deadlocks which have been carefully preserved by the great Powers in order to discredit it in the eyes of the world.

Since I recognize the admittedly limited merits of the Organization, I cannot but rejoice to see new Members join us That is why the delegation of Burkina Faso welcomes the admission of the 159th Member of the United Nations, the State of Brunei Darussalam.

The folly of those who, by a quirk of fate, rule the world makes it imperative for the Movement of Non-Aligned Countries—which, I hope, the State of Brunei Darussalam will soon join—to consider as one of the permanent goals of its struggle the achievement of disarmament, which is an essential aspect of the principal conditions of our right to development.

In our view, there must be serious studies of all the factors which have led to the calamities which have befallen the world. In this connection, President Fidel Castro stated our view admirably at the opening of the Sixth Conference of Heads of State or Government of Non-Aligned Countries, held at Havana in September 1979, when he said:

“Three hundred billion dollars could build 600,000 schools, with a capacity for 400 million children; or 60 million comfortable homes, for 300 million people; or 30,000 hospitals, with 18 million beds; or 20,000 factories, with jobs for more than 20 million workers; or an irrigation system for 150 million hectares of land—that, with the application of technology, could feed a billion people.”

If we multiply those numbers by 10—and I am sure that that is a conservative figure—we can see how much mankind wastes every year in the military field, that is, against peace.

It is easy to see why the indignation of the peoples is easily transformed into rebellion and revolution in the face of the crumbs tossed to them in the ignominious form of some aid, to which utterly humiliating conditions are sometimes attached. It can be understood why, in the fight for development, we consider ourselves to be tireless combatants for peace.

We swear to struggle to ease tension, to introduce the principles of civilized life into international relations and to extend these to all parts of the world. That means that we can no longer stand by passively and watch people haggle jver concepts.

We reiterate our determination to work actively for peace; to take our place in the struggle for disarmament; to take action in the field of international politics as a decisive factor, free of all hindrance by any of the big Powers, whatever may be their designs.

But the quest for peace also involves the strict application of the right of countries to independence. On this point, the most pathetic—indeed, the most appalling—example is found in the Middle East, where, with arrogance, insolence and incredible stubbornness, a small country, Israel, has for more than 20 years, with the unspeakable complicity of its powerful protector, the United States, continued to defy the international community.

Only yesterday, Jews were consigned to the horrors of the crematorium, but Israel scorns history by inflicting on others the tortures it suffered.

In any event, Israel—whose people we love for its courage and sacrifices of the past—should realize that the conditions for its own tranquillity are not to be found in military strength financed from outside. Israel must begin to learn to be a nation like other nations, one among many.

For the present, we declare from this rostrum our militant, active solidarity with the fighters, both men and women, of the wonderful people of Palestine, for we know that there is no suffering that has no end.

Analysing the economic and political situation in Africa, we cannot fail to stress our serious concern at the dangerous challenges to the rights of peoples hurled by certain nations which, secure in their alliances, openly flout international morality.

We are naturally pleased at the decision to withdraw foreign troops from Chad so that the Chadian people themselves, without intermediaries, can find the way to put an end to that fratricidal war and finally be able to dry the tears that have been shed for so many years. But, despite the progress made here and there in the struggle of the African peoples for economic emancipation, our continent continues to reflect the essential reality of the contradictions between the big Powers and to be oppressed by the unbearable scourges of today’s world.

That is why we cannot accept and must unreservedly condemn the treatment of the people of Western Sahara by the Kingdom of Morocco, which has been using delaying tactics to postpone the day of reckoning that will in any event be forced upon it by the will of the Saharan people. I have visited the regions liberated by the Saharan people, and I have

come to believe more firmly than ever that nothing will stop its progress towards the total liberation of its country under the militant and enlightened leadership of the Frente POLISARIO.

I do not wish to dwell too long on the question of Mayotte and the islands of the Malagasy archipelago; since the facts are clear and the principles obvious, there is no need to dwell on them. Mayotte belongs to the Comoros; the islands of the archipelago belong to Madagascar.

With regard to Latin America, we welcome the initiative of the Contadora Group as a positive step in the search for a just solution to the explosive situation in the region. Commander Daniel Ortega, speaking here [16th meeting] on behalf of the revolutionary people of Nicaragua, made concrete proposals and posed some basic, direct questions. We hope to see peace in his country and throughout Central America on and after 15 October; this is what world public opinion calls for.

Just as we condemned the foreign aggression against the island of Grenada, so we condemn all foreign intervention. Thus, we cannot remain silent about the foreign military intervention in Afghanistan.

And yet there is one point that is so serious that each of us must give a very open and clear explanation of it. That question, as members can imagine, is that of South Africa. The unbelievable insolence of that country with respect to all nations of the world—even those that support the terrorism which it has erected into a State system designed physically to liquidate the black majority of that country—and the contempt that it has shown for all our resolutions constitute one of the most serious and overwhelming concerns of the world today.

But the most tragic factor is not that South Africa has outlawed itself from the international community because of its apartheid laws, not even that it continues to occupy Namibia illegally and keep it under its colonialist and racist boot or that it continues with impugnity to subject its neighbours to the laws of banditry. No, what is the most abject and the most humiliating for the human conscience is that it has made this tragedy a matter of everyday reality for millions of human beings, who have only their own body and the heroism or their bare hands to defend themselves. Sure of the complicity of the big Powers and the active support of certain among them, as well as of the criminal collaboration of some pathetic African leaders, the white minority simply ignores the feelings of all those people, everywhere in the world, who find the savage methods of that country to be absolutely intolerable.

There was a time when international brigades went to defend the honour of nations that suffered aggression. Today, despite the agonizing open wounds that are suffered, all we do is vote for resolutions that do nothing more than call on a nation of pirates, which “destroys a smile as hail kills flowers”, to mend its ways.

We shall soon be celebrating the one-hundred- and-fiftieth anniversary of the emancipation of slaves in the British Empire. My delegation supports the proposal of Antigua and Barbuda for the commemoration of that event, which is of very great importance to African countries and the black world. For us, all that can be said throughout the world during the commemorative ceremonies must emphasize the terrible cost paid by Africa and the black world in the development of civilization. Nothing was given us in return, which no doubt explains the tragedy on our continent today. It is our blood that nourished the rise of capitalism, that made possible our present condition of dependence and consolidated our underdevelopment. But we cannot hide the truth any more; it cannot be ignored. The figures cannot be simply haggled away. For every black man who came to the plantations, five died or were crippled. And here I do not mention the disorganization of the continent and its consequences.

While the entire world, thanks to you, Mr. President, with the help of the Secretary-General, will be commemorating that anniversary and noting this truth, it will understand why we long for peace among nations and why we demand our right to development with absolute equality through the organization and distribution of human resources. It is because we belong to one of the races that has suffered the most that we in Burkina Faso have sworn that we shall never accept any splitting up of our country or any denial of justice. It is the memory of that suffering that causes us to stand side by side with the Palestine Liberation Organization [PLO] against the armed bands of Israel. It is the memory of that suffering which, on the one hand, causes us to support the African National Congress of South Africa [ANC] and the South West Africa People’s Organization [SWAPO] and, on the other, makes absolutely intolerable the presence in South Africa of men who say they are white and feel entitled on that account to set the whole world on fire. It is that memory of suffering that makes us put all our faith in the United Nations, with the common responsibility, the common task and the common hopes of us all.

We demand that throughout the world the campaign to free Nelson Mandela be intensified so that his presence here at the next session of the General Assembly will be a victory of collective pride. In memory of our suffering and as a collective pardon, an international humanitarian prize should be given for all those who have contributed to the defence of human rights through their work and research. We call for cutting all budgets for space research by one ten-thousandth and devoting that amount to research in the field of health and to improving the human environment which has been disrupted by those “fireworks” which are harmful to the ecosystem.

We also propose that the structures of the United Nations be reviewed and revised so that an end may be put to the scandal of the right of veto. The perverse effects of its abuse have, of course, been offset by the vigilance of some States that possess the veto right. However, nothing can justify that right— neither the size of the country nor its wealth.

If the argument used to justify that inequity has been the cost paid during the Second World War, then those nations that have arrogated those rights to themselves should know that each of us has an uncle or a father who—like thousands of other innocent people recruited from the third world to defend the rights that had been flouted by the Hitlerite hordes— also suffered and died from Nazi bullets. Therefore, let those major Powers, which miss no opportunity to question the right of peoples, not be so arrogant. The absence of Africa from the club of those that have the right of veto is an injustice which must be ended.

Lastly, my delegation would be failing in its duty if it did not call for the suspension of Israel and the pure and simple exclusion of South Africa from the United Nations. When, in the course of time, those countries have done what they must do to justify their presence in the international community, then we would be only too happy to welcome them here and to guide their first steps.

We should like to reconfirm our confidence in the United Nations. We are grateful for the work which its agencies have done in Burkina Faso and for their presence side by side with us in the difficult times in which we are living. We are grateful to the members of the Security Council for having allowed us twice this year to preside over the work of the Council. We only hope the Council will recognize the principle of the struggle against the extermination of 30 million human beings each year through hunger, which today is more devastating than nuclear weapons.

Our confidence and faith in the United Nations leads me to thank the Secretary-General for his visit, which we greatly appreciated; he came to see for himself the harsh reality of our life and to get a true picture of the aridity or the Sahel and the tragedy of desertification.

I cannot conclude without paying a tribute to the President of the General Assembly, who, with his great intelligence and perception, will guide the work of this thirty-ninth session.

I have travelled many thousands of kilometres to be here. I have come to ask each member to work together to put an end to the contempt of those who are unreasonable, to eliminate the tragic spectacle of children dying of hunger, to do away with ignorance, to ensure the triumph of the legitimate rebellion of peoples and to put an end to the use of weapons so that they can be laid down and fall silent, and to ensure that mankind will survive and that together, with the great poet Novalis we can all sing together:

“Soon the stars will come back to the Earth where they have long been gone; soon the sun will return, the star will shine again among the stars, all the races of the world will gather together again after a long separation, the old orphaned families will find one another again and every day there will be new discoveries, more people will embrace one another; then the inhabitants of the old days will come back to the Earth, the ashes will be relit in each tomb, the flame of life will bum again, the old houses will be rebuilt, the old times wiL come again and history will be the dream of the present extended to infinity.”

Down with international reaction! Down with imperialism! Down with neo-colonialism! Down with “puppetism”!

Eternal glory to the peoples who are struggling for their freedom! Eternal glory to the peoples who stand shoulder to shoulder to defend their dignity! Eternal victory to the peoples of Africa, Latin America and Asia in their struggle!

Fatherland or death: we shall triumph.

inviata da CCG/AWS Staff - 5/4/2019 - 16:20




Lingua: Spagnolo

Traducción al español
Traduzione spagnola
Traduction espagnole
Spanish translation
Espanjankielinen käännös

Fuente / Fonte / Source / Lähde : thomassankara.net
Señor secretario general,

honorables representantes de la Comunidad internacional:

Vengo en estos lugares aportarle la salvación fraternal de un país de 274.000 km2; donde siete millones de niños, de mujeres y de hombres, se niegan en lo sucesivo a morir de ignorancia, de hambre, de sed, no logrando vivir verdaderamente desde un cuarto de siglo de existencia como Estado soberano, ocupando un escaño en la ONU.

Vengo a esta Treinta y nueve sesión a hablarle a usted en nombre de pueblo que, sobre la tierra de sus antepasados, escogió, desde ahora en adelante, confirmarse y de asumir su historia, en sus aspectos positivos, como en sus aspectos negativos, sin complejo alguno.

Vengo por fin, autorizado por el Consejo Nacional de la Revolución (CNR) de Burkina Faso, para expresar el punto de vista de mi pueblo sobre lo que concierne a los problemas inscritos en el orden del dia, y que constituyen la trama trágica de los acontecimientos que agrietan dolorosamente los fundamentos del mundo en estos finales del vigésimo siglo. Un mundo donde la humanidad se transformó en circo, desgarrada por las luchas entre los grandes y los semigrandes, batida por bandas armadas, sometida a la violencia y el pillaje. Un mundo donde naciones, sustrayéndose a la jurisdicción internacional, acosan a grupos persona fuera de la ley, donde se vive de rapiñas, y que organiza tráficos innobles, fusil en la mano.

Señor Presidente
No tengo aquí la pretensión de enunciar dogmas. No soy un mesías ni un profeta. No detengo ninguna verdad. Mi sola ambición es una aspiración doble: primero, poder, en lenguaje simple, el de la evidencia y de la claridad, hablar en nombre de mi pueblo, el pueblo de Burkina Faso; en segundo lugar, llegar a expresar también, a mi manera, la voz del ” Gran pueblo de los desheredados “, los que pertenecen a este mundo que maliciosamente se bautizó como Tercer Mundo. Y decir, si no logro darlos a entender, las razones que tenemos para rebelarnos.

De todo esto denota el interés a que nos referimos en la ONU, las exigencias de nuestros derechos que toman allí un vigor y el rigor de la conciencia clara de nuestros deberes.
Ninguno se asombrará de vernos asociar el ex Alto-Volta, hoy Burkina Faso, con este trastero despreciado, el Tercer Mundo, al que otro mundo inventó en el momento de las independencias formales, para asegurar mejor nuestra alienación cultural, económica y política. Queremos insertarnos en él sin justificar esta estafa gigantesca de la Historia. Todavía menos para aceptar ser ” el trasero del mundo de Occidente”. Pero para afirmar la conciencia de pertenecer a un conjunto tricontinental y admitir, como no alineados, y con la densidad de nuestras convicciones, que una solidaridad especial une estos tres continentes de Asia, de América Latina y de África en el mismo combate contra los mismos traficantes políticos, los mismos explotadores económicos.

Reconocer pues nuestra presencia en el seno del Tercer Mundo es, parafraseando a José Martí, “afirmar que sentimos sobre nuestra mejilla todo golpe dado a cualquier hombre del mundo”. Tendimos hasta aquí la otra mejilla. Las bofetadas redoblaron. Pero el corazón del malo no se ablandó. Pisotearon la verdad del justo. Del Cristo traicionaron la palabra. Transformaron su cruz en porra. Y después de que se hubieran vestido con su túnica, laceraron nuestros cuerpos y nuestras almas. Oscurecieron su mensaje. Lo que los occidentales tienen lo recibíamos como liberación universal. Entonces, nuestros ojos se abrieron a la lucha de las clases. No habrá más bofetadas.
Hay que proclamar que no puede haber salvación para nuestros pueblos, si radicalmente damos la espalda a todos los modelos que los charlatanes de la misma índole tratan de vendernos durante veinte años. Ningún desarrollo aparte de esta rotura.
 
De repente, ese mundo es despertado por la subida vertiginosa de mil millones de hombres andrajosos, es asustado por la amenaza que supone para su digestión esta multitud acosada por el hambre, comienza a remodelar sus discursos y, en una búsqueda ansiosa, busca una vez más nuestro lugar, conceptos-milagros, nuevas formas de desarrollo para nuestros países.

Basta para convencérselo de leer los numerosos actos de los coloquios innumerables y los seminarios.
Lejos de mí la idea de ridiculizar los esfuerzos pacientes de estos intelectuales honrados que, porque tienen ojos para ver, descubren las consecuencias terribles de los estragos impuestos por los susodichos “especialistas” en desarrollo en el Tercer Mundo. El temor que me habita es ver los resultados de tantas energías confiscadas por Prospéro de todo género, para hacerlo la varilla mágica destinada a reenviarnos un mundo de esclavitud maquillado según el gusto de nuestro tiempo.

La pequeña burguesía africana diplomada, si la del Tercer Mundo, por pereza intelectual, habiendo merendado al modo occidental de vida, no está dispuesta a renunciar a sus privilegios. Olvida que toda verdadera lucha política postula un debate teórico riguroso y niega el esfuerzo de reflexión que nos espera. Consumidora pasiva y lamentable, ella se rebosa de vocablos-fetiche por Occidente como lo hace su whisky y su champán, en sus salones a la armonía dudosa.
Rescatamos en vano los conceptos de negritud o de “African Personality” marcados ahora por los tiempos, las ideas verdaderamente nuevas nacidas cerebros de nuestros “grandes” intelectuales. El vocabulario y las ideas nos vienen por otra parte. Nuestros profesores, nuestros ingenieros y nuestros economistas se contentan con añadir a eso colorantes porque, universidades europeas devolvieron sólo sus diplomas y el terciopelo de los adjetivos superlativos.

Es necesario, es urgente que nuestro personal y nuestros trabajadores de la pluma se enteren que no hay escritura inocente. En estos tiempos de tempestades, no podemos dejar a nuestros enemigos de ayer y de hoy, el monopolio del pensamiento, de la imaginación y de la creatividad. Hace falta, antes de que sea demasiado tarde (porque ya es demasiado tarde) que estas élites, estos hombres de África, del Tercero Mundo, les vuelvan la cara a su sociedad, a la miseria que heredamos, para comprender no sólo que la batalla para un pensamiento al servicio de las masas desheredadas no es vana, sino que pueden volverse creíbles en el plano internacional. Realmente inventando, es decir, dando una imagen fiel de su pueblo. Una imagen que les permita realizar cambios profundos de la posición social y política, susceptibles de sacarnos de la dominación y de la explotación extranjeras que entregan nuestros Estados a la sola perspectiva de la quiebra.

Es lo que percibimos, nosotros, el pueblo burkinabè, en el curso de esta noche del 4 agosto de 1983, a los primeros centelleos de las estrellas en el cielo de nuestra Patria. Debíamos ponernos a la cabeza de levantamientos de campesinos que se miraban en los campos enloquecidos por la hijuela del desierto, agotadas por el hambre y la sed, abandonadas. Debíamos dar un sentido a las rebeliones gruñidoras de las masas urbanas ociosas, frustradas y cansadas de ver circular las limusinas de las élites enajenadas que se sucedían en la cabeza del Estado y que no les ofrecían nada más que las soluciones falsas pensadas y concebidas por otros cerebros. Debíamos dar peso ideológico a las luchas justas de nuestras masas populares, movilizadas contra el imperialismo monstruoso. A la rebelión pasajera, simple fuego de paja, debía sustituirse para siempre la revolución, la lucha eterna contra la dominación.
Otros han hablado antes que yo. Otros más, después de mí, dirán hasta qué punto se ensanchó el foso entre los pueblos pudientes y los que aspiran sólo a aplacar su hambre, su sed, sobrevivir y conservar su dignidad. Pero ninguno imaginará hasta qué punto “el grano del pobre alimentó la vaca del rico “.
 
En el caso del ex Alto Volta, el proceso era todavía más ejemplar. Éramos la condensación de todas las calamidades, que se derritieron sobre los países denominados “en vías de desarrollo “. El testimonio de la ayuda presentada como la panacea y a menudo anunciada a bombo y platillo es aquí más elocuente. Son muy pocos los países que fueron, como el mío, tan inundados de ayudasinternacionales de toda clase. Esta ayuda es en principio considerada para contribuir al desarrollo. Busquemos en vano, en lo que fue en otro tiempo Alto Volta, los monos de lo que puede depender de un desarrollo. Los hombres, sea por ingenuidad o por egoísmo de clase, no pudieron, no quisieron dominar este flujo del exterior. Cogieron todo lo que quisieron y exprimieron, en interés de nuestro pueblo.

Analizando un cuadro publicado en 1983 por el Club de Sahel, Santiago Giri en su obra ” Sahel Mañana “, concluye con mucho sentido común que la ayuda a Sahel, a causa de su contenido y mecanismos, es sólo una ayuda a la supervivencia. Sólo, subraya, el 30 por ciento de esta ayuda bastaría para que el Sahel sobreviviera. Según Santiago Giri, esta ayuda exterior tenía otros fines: continuar desarrollando los sectores improductivos, imponer cargas intolerables a nuestros pequeños presupuestos, desorganizar nuestros campos, cavar los déficit de nuestra balanza comercial, acelerar nuestra deuda…
Sólo algunos datos para presentarles el ex Alto Volta:
– 7 millones de habitantes, más de 6 millones campesinas y de campesinos.
– Un índice de mortalidad infantil de 180 pcada mil.
– Una esperanza de vida que se limita a 40 años.
– Un índice de analfabetismodel 98 porciento, si concebimos el alfabetizado como el que sabe leer, escribir y hablar una lengua.
– Un médico para cada 50.000 habitantes.
– Un índice de escolarización de 16 porciento.
– Y, por fin, un producto interior bruto por habitante de 53.356 francos CFA, es decir, de apenas más 100 dólares.
El diagnóstico, evidentemente, era sombrío. La fuente del mal era la política. Por eso, el tratamiento sólo podía ser político.

Por cierto, animamos a que nos ayuden a evolucionar sin ayuda externa. Porque, en general, la política de asistencia sólo nos llega para desorganizarnos, esclavizarnos, desestabilizar nuestro espacio económico, político y cultural.
Escogemos arriesgarnos para ser más felices. Elegimos practicar nuevas técnicas.
Preferimos buscar formas de organización mejor adaptadas a nuestra civilización, rechazando de manera abrupta y definitiva toda suerte de imposiciones externas, para crear condiciones dignas, a la altura de nuestras ambiciones. Acabar con la supervivencia, aflojar las presiones, liberar nuestros campos de un inmovilismo medieval, democratizar nuestra sociedad, despertar los espíritus sobre un universo de responsabilidad colectiva, para atreverse a inventar el futuro. Reconstruir la administración cambiando la imagen del funcionario, sumergir nuestro ejército en el pueblo y recordarle sin cesar que sin formación patriótica, un militar es sólo un criminal en potencia. Ése es nuestro programa político.

En el plano de la gestión económica, simplemente hemos damos una lección. Aceptamos e imponemos la austeridad, con el fin de poder estar en condiciones de realizar grandes intenciones.
Ya, gracias al ejemplo de la Caja de solidaridad nacional (alimentada por contribuciones voluntarias) comenzamos a responder a las cuestiones crueles derivadas de la sequía. Sostuvimos y aplicamos los principios de Alma-Ata extendiendo los cuidados primarios de la salud. Hicimos nuestra, como política de Estado, la estrategia del GOBI FFF, preconizada por UNICEF.
 
A través del Oficio de Sahel de Unidas las Naciones, pensamos que las Naciones Unidas deberían permitir a los países afectados por la sequía la puesta en pie de un plan a medio y largo plazo, con el fin de alcanzar la autosuficiencia alimenticia.

Para preparar el siglo XXI, vamos a aplicar el programa especial “Instruyamos a nuestros niños”, lanzando un programa inmenso de educación y formación de nuestros niños en una escuela nueva. Lanzamos, a través de la acción salvadora de los Comités de Defensa de la Revolución, un vasto programa de construcción de viviendas sociales, 500 en tres meses, de caminos, de pequeñas conducciones de agua. Nuestra ambición económica es trabajar para que el cerebro y los brazos de cada burkinabè puedan por lo menos servir para él mismo y asegurarse, al menos, dos comidas al día y agua potable.
Juramos, proclamamos, que en lo sucesivo, en Burkina Faso, nada más se hará sin la participación del burkinabè. Nada que previamente hubiera sido decidido por nosotros. No habrá más atentados a nuestro pudor ni a nuestra dignidad.
Fuertes de esta certeza, querríamos que nuestra palabra se extendiera a todos los que sufren en sus carnes, los que sienten que una minoría de hombres o un sistema que les atrpella y aplasta se burlan de su dignidad de hombre.
Permítame, usted que me escucha, que lo diga: hablo ni siquiera en nombre de Burkina Faso, sino en nombre de todos los que sufren dolor en alguna parte.

Hablo en nombre de estos millones de seres que están en los guetos porque tienen la piel negra o porque son de cultura diferente y gozan de un estatuto apenas superior al del animal.

Sufro en nombre de los indios masacrados, atropellados, aplastados, humillados y confinados desde hace siglos en reservas, con el fin de que no aspiren a ningún derecho y el fin de que su cultura no pueda enriquecerse casándose en bodas felices en contacto con otras culturas, incluida la del invasor.

Exclamo en nombre de los parados de un sistema estructuralmente injusto y conyunturalmente descentrado, reducidos a ver pasar la vida sólo en el reflejo de cómo viven los más pudientes.

Hablo en nombre de las mujeres del mundo entero, que sufren un sistema impuesto por los varones. Para lo que nos concierne, estamos dispuestos a acoger todas las sugerencias del mundo entero, alcanzaremos la libertad total de la mujer burkinabè. A cambio, escúchenme todos los países, creemos en la experiencia positiva de contar con las mujeres en todos los escalones del aparato del Estado y de la vida social en Burkina Faso. Mujeres que luchan y proclaman con nosotros, que el esclavo que no es capaz de asumir su rebelión no merece que nadie se apiade de su suerte. Sólo la lucha libera. Hacemos un llamamiento a todas nuestras hermanas de todas las razas para que se lancen al asalto de la conquista de sus derechos.
Hablo en nombre de las madres de nuestros países desprovistos, que ven morir sus niños de malaria o de diarrea, ignorando que existen, para salvarles, unos medios simples que la ciencia de las multinacionales no les ofrece, prefiriendo invertir en los laboratorios de cosméticos y en la cirugía estética para los caprichos de algunas mujeres o de hombres, cuya coquetería es amenazada por los excesos de calorías de sus comidas demasiado ricas que a nosotros, los del Sahel, dos producen vértigo. Recomendamos seguir las medidas básicas contempladas en los informes de la OMS y el UNICEF. Decidimos adoptarlos y popularizarlos.

Hablo también en nombre del niño. El niño del pobre, que tiene hambre y que bizquea furtivamente hacia la abundancia amontonada en una tienda para ricos. La tienda protegida por un cristal espeso. El cristal defendido por una verja infranqueable. Y la verja guardada por un policía enguantado y armado de garrote. Este policía, colocado allí por el padre de otro niño que vendrá para servirse o más bien para hacerse servir.

Hablo en nombre de los artistas (poetas, pintores, escultores, músicos, actores), hombres de bien, que ven su arte prostituirse para la alquimia de las prestidigitaciones de mundo del espectáculo.

Grito en nombre de los periodistas que son reducidos al silencio, o sea a la mentira para no sufrir las leyes duras del paro.

Protesto en nombre de los deportistas del mundo entero, cuyos músculos son explotados por los sistemas políticos o los negociantes modernos de la esclavitud.

Mi país posee concentradas todas las desgracias de los pueblos. Es una síntesis dolorosa de todos los sufrimientos de la Humanidad, pero también, y sobre todo, concentra las esperanzas de nuestras luchas. Es por eso que naturalmente vibro en nombre de los enfermos que escudriñan con ansiedad el horizonte de una ciencia acaparada ahora por los vendedores de armas. Mis pensamientos van a todos los que son tocados por la destrucción de la naturaleza y a estos treinta millones de hombres que van a morir como cada año, derrotados por el arma temible del hambre.

Militar, no puedo olvidar a este soldado que obedece las órdenes, el dedo sobre el descanso, y que sabe que la pelota que va a irse lleva sólo el mensaje de la muerte.
Por fin, quiero indignarme y pensar en los palestinos, que una humanidad inhumana escogió sustituir por otro pueblo, ayer todavía martirizado. Pienso en este pueblo valiente y palestino, es decir en estas familias atomizadas que vagan por todas partes en busca de un asilo. Valientes, determinados, estoicos e infatigables, los palestinos recuerdan a cada conciencia humana la necesidad y la obligación moral de que se respeten los derechos de pueblo: con sus hermanos judíos, son antisionistas.

Al lado de mis hermanos soldados de Iran y de Iraq, que mueren en una guerra fratricida y suicida, también quiero sentirme próximo a los compañeros de Nicaragua cuyos puertos son minados, sus ciudades bombardeadas y que, a pesar de todo, se enfrentan con coraje y lucidez a su destino. Sufro con todos los que, en América Latina, sufren del embargo imperialista.
Quiero estar al lado de los pueblos afganos e irlandeses, al lado de los pueblos de Granada y de Timor Oriental, cada uno en busca de una felicidad dictada por la dignidad y las leyes de su cultura.

Me elevo aquí en nombre de todo los que buscan vanamente dejar oír su voz y que realmente hacerlo signifique que los tengan en cuenta. Sobre esta tribuna muchos me precedieron, otros vendrán después de mí. Pero sólo algunos pocos tomarán decisiones. Sin embargo, oficialmente somos iguales. Pues bien, yo me erijo como la voz de todos los que buscan vanamente su lugar en este foro para que se les oiga.
Nuestra revolución en Burkina Faso está abierta a las desgracias de todos los pueblos. Se inspira también en todas las experiencias de los hombres, desde el primer soplo de la Humanidad. Queremos ser los herederos de todas las revoluciones del mundo, de todas las luchas de liberación de los pueblos del Tercer Mundo. Estamos en la línea de los grandes cambios que transformaron el mundo. Sacamos fruto de la revolución americana, las lecciones de su victoria contra la dominación colonial y las consecuencias de esta victoria. Hacemos nuestra la afirmación de la doctrina de la no injerencia de los europeos en los asuntos americanos y los estadounidenses en los asuntos europeos. Lo que Monroe clamaba en 1823, « América para los estadounidenses », le repetimos diciendo « África para los africanos », « Burkina para los burkinabè ». La Revolución francesa de 1789, revolviendo los fundamentos del absolutismo, nos enseñó los derechos del hombre aliados a los derechos de los pueblos a la libertad. La gran revolución de octubre de 1917 transformó el mundo, permitió la victoria del proletariado, quebrantó los cimientos del capitalismo y la devoluvió los sueños de justicia a los franceses.
 
Abiertos a todos los vientos de la voluntad de los pueblos y de sus revoluciones, instruyéndonos también de ciertos fracasos terribles que condujeron a trágicas consecuencias contra los derechos del hombre, queremos conservar lo bueno de cada revolución: que el tuétano de la pureza nos prohíba enfeudarnos en las realidades de otros.

Señor Presidente,
No hay más engaño posible. El nuevo orden económico mundial por el cual luchamos y continuaremos luchando, puede realizarse sólo:
– Si llegamos a arruinar al antiguo orden que nos ignora,
– Si imponemos el sitio que nos corresponde en la organización política del mundo,
– Si, dándose cuenta de nuestra importancia en el mundo, obtenemos un derecho de mirada y de decisión sobre los mecanismos que rigen el comercio, la economía y la moneda a la escala planetaria.

El nuevo orden económico internacional se inscribe simplemente, al lado de todos los demás derechos de los pueblos, como el derecho a la independencia, a la elección libre de las formas y de las estructuras de gobierno, como el derecho al desarrollo. Y como todos los derechos de los pueblos jamás será el resultado de un acto de la generosidad de una potencia cualquiera.

Conservo en mí la confianza inquebrantable, la confianza compartida con la comunidad inmensa de los países no alineados, que ante los ataques bruscos y violentos del desamparo aullador de nuestros pueblos, nuestro grupo va a mantener su cohesión, a reforzar su poder de negociación colectiva, a establecer alianzas entre las naciones para organizar un sistema de relaciones económicas internacionales verdaderamente nuevas.

Señor Presidente,
Si acepté presentarme delante de esta asamblea ilustre para tomar la palabra, es porque, a pesar de las críticas enviadas por ciertas grandes contributeurs, las Naciones Unidas son la tribuna ideal para nuestras reivindicaciones, el lugar obligado para reclamar la legitimidad de los países sin voz.
Es esto lo que expresa nuestro Secretario general, cuando escribe:

“La organización de las Naciones Unidas es única en lo que refleja las aspiraciones y las frustraciones de numerosos países y gobiernos del mundo entero. Uno de sus grandes méritos es que todas las Naciones, incluidas las que son débiles, oprimidas o víctimas de la injusticia, (se trata de nosotros), pueden, hasta cuando están confrontadas con las realidades duras del poder, encontrar allí una tribuna y hacerse oír allí. Una causa justa, aunque encuentra sólo revés o indiferencia, puede encontrar un eco en la Organización de las Naciones Unidas; este atributo de la Organización no siempre es apreciado, pero es esencial”.

No podemos definir mejor el sentido de la Organización.
Para cada uno de nosotros, es imperativo consolidar los cimientos de nuestra Organización, darle los medios para que pueda actuar. Adoptamos en consecuencia las proposiciones cumbres a este fin por el Secretario general, para sacar la Organización de los numerosos callejones sin salida, cuidadosamente mantenidos por el juego de las grandes potencias, con el fin de desacreditarla ante los ojos de la opinión pública.

Señor Presidente,
Reconociendo los méritos mismos limitados de nuestra Organización, sólo puedo regocijarme por verla contar con nuevas adhesiones. Es por eso que la delegación burkinabè saluda la entrada del 159 Miembro de nuestra Organización: el Estado de Brunei Darussalam.

Es el desatino de de las manos que han regido la dirección del mundo obliga al Movimiento de los países no alineados, al cual lo espero, se sumará pronto el Estado de Brunei Darussalam. Consideramos como uno de los objetivos permanentes la lucha para conseguir el desarme y, otro aspecto esencial, nuestro derecho al desarrollo.
 
Hace falta, según nuestra opinión, estudios serios que tomen en consideración todos los elementos que condujeron a las calamidades que se vertieron sobre la gente. A este título, el Presidente Fidel Castro en 1979, admirablemente expresó nuestro punto de vista en la apertura de la sexta cumbre de los Países no alineados cuando declaraba:

“Con 300 mil millones de dólares, podríamos construir en un año 600.000 escuelas que podrían recibir a 400 millones de niños; o 60 millones de viviendas confortables para 300 millones de personas; ó 30.000 hospitales equipados con 18 millones de las camas; o 20.000 fábricas que pueden emplear más de 20 millones de trabajadores o irrigar 150 millones de hectáreas de tierra que, con los medios técnicos adecuados, podrían alimentar a un mil millones de personas … “
Multiplicando hoy esta cifra por 10, ciertemente por debajo de la realidad, justamente coincide con lo que la Humanidad despilfarra cada año en el dominio militar, es decir, contra la paz.

Percibimos fácilmente por qué la indignación de los pueblos se transforma rápidamente en rebelión y en revolución contra las migajas que se les echa bajo la forma ignominiosa de una cierta “ayuda”, combinada por condiciones a veces francamente abyectas. Comprendemos por fin por qué en el combate para el desarrollo, nos designamos como militantes incansables de la paz.

Juramos luchar para atenuar las tensiones, introducir los principios de una vida civilizada en las relaciones internacionales y extenderlos en todos los continentes. Lo que quiere decir que no podemos asistir pasivos, al tráfico de conceptos.

Reiteramos nuestra resolución de ser agentes activos de la paz; de ocupar nuestra plaza en el combate por el desarme; de actuar por fin en la política internacional como el factor decisivo y liberado de toda traba, frente de todas las grandes potencias, cualesquiera que sean los proyectos de éstas últimas.

Pero la búsqueda de la paz es posible con la aplicación firme del derecho de los países a la independencia, los pueblos a la libertad y las naciones a la existencia autónoma. Sobre este punto, la lista de premios más lamentable y más lamentable sí, más lamentable la tienen en Oriente Medio en términos de arrogancia, de insolencia y de terquedad increíble por un pequeño país, Israel, que, después de más de veinte años, con incalificable complicidad de su protector poderoso los Estados Unidos, continúan desafiando a la comunidad internacional.
Con desprecio a la historia que ayer todavía enviaba a cada judío al horror de los hornos crematorios, Israel logra infligir a otros esto que fue su propio calvario. De todas formas, Israel del que nos gusta el pueblo por su coraje y sus sacrificios de ayer, debe saber que las condiciones de su propia paz mental no residen en la potencia militar financiada del exterior. Israel debe comenzar a aprender a hacerse una nación como otras.

Por ahora, queremos afirmar desde lo alto de esta tribuna, nuestra solidaridad militante y activa con respecto a los combatientes, a mujeres y hombres, de este pueblo maravilloso de Palestina porque sabemos que no hay sufrimiento infinito.
Señor, el Presidente,

Analizando la situación que prevale en África sobre los planos económicos y políticos, no podemos olvidar las preocupaciones graves frente a los desafíos peligrosos lanzados a los derechos de los pueblos por ciertas naciones que, seguras de sus alianzas, abiertamente se burlan de la moral internacional.

Por cierto, tenemos el derecho a regocijarnos de la decisión de retirada de las tropas extranjeras del Chad, con el fin de que chadianos entre ellos, sin intermediarios, busquen los medios de poner fin a esta guerra fratricida, y dar por fin a este pueblo que no acaba de llorar desde numerosas invernadas, los medios para secar sus lágrimas. Pero, a pesar de los progresos registrados acá y allí por los pueblos africanos en su lucha por la emancipación económica, nuestro continente continúa reflejando la realidad esencial de las contradicciones entre las grandes potencias, acarreando los insoportables pesos del mundo contemporáneo.
Es por eso que tenemos por inadmisible y condenamos sin recurso, la suerte que infringe al pueblo de Sáhara Occidental el Reino de Marruecos, que se entrega a métodos dilatorios para retrasar el vencimiento que, de todo modo, le será impuesto por la voluntad del pueblo saharaui. Después de haber visitado personalmente las regiones liberadas por el pueblo saharaui, adquirí la confirmación que nada más en lo sucesivo sabría trabar su marcha hacia la liberación total de su país, bajo la conducta del la Frente Polisario.

Señor Presidente,
No querría extenderme demasiado sobre la cuestión de Mayotte y de las islas del Archipiélago malgache. Cuando las cosas son claras, cuando los principios son evidentes, sólo hay que trabajar.El Mayotte pertenece a las Comores. Las islas del archipiélago son malgaches.

En América Latina, saludamos la iniciativa del Grupo de Contadora, que constituye una etapa positiva en la búsqueda de una solución justa a la situación explosiva que prevalece allí. El comandante Daniel Ortega, en nombre del pueblo revolucionario de Nicaragua, hizo aquí proposiciones concretas y planteó las cuestiones de fondo al que tienen derecho. Esperamos ver la paz instalarse en su país y en América Central el próximo 15 de octubre. Tomamos por testigo a la opinión pública mundial.

Lo mismo que condenamos la agresión extraña de la isla de Granada, también fustigamos todas las intervenciones extrañas. Tampoco podemos callarnos frente a la intervención militar en Afganistán.

Es sin embargo un punto, pero la gravedad exige a cada uno de nosotros su explicación franca y decisiva. Esta cuestión, usted lo sospecha, puede sólo ser la de África del Sur. La insolencia increíble de este país con respecto a todas las naciones del mundo, hasta enfrente de las que sostienen el terrorismo que erige en sistema para liquidar físicamente la mayoría negra de este país, el desprecio que adopta con respecto a todas nuestras resoluciones, constituyen una de las preocupaciones más oprimentes del mundo contemporáneo.
Pero lo más trágico no es que África del Sur misma se haya puesto en contra a la comunidad internacional a causa de la abyección de las leyes del apartheid, todavía más lo es lo que continúa vigente ilegalmente en Namibia bajo la bota colonialista y racista, o sometiendo impunemente a sus vecinos a las leyes del bandolerismo. No, lo más abyecto, lo más humillante para la conciencia humana, es que haya llegado a “hacer trivial” la desgracia de millones de seres humanos que sólo tienen para defenderse su pecho y el heroísmo de sus manos desnudas. Segura de la complicidad de las grandes potencias y del empeño activo de algunas de ellas a su lado, así como de la colaboración criminal de algunos tristes dirigentes de países africanos, la minoría blanca ridiculiza los estados de alma de todos los pueblos, que, por todas partes a través del mundo encuentran intolerable el salvajismo de los métodos en uso en este país.

Fue el tiempo cuando las brigadas internacionales se constituían para ir a defender el honor de las naciones agredidas en su dignidad. Hoy, a pesar de la purulencia de las heridas que nosotros todos nos llevamos en nuestros costados, vamos a votar resoluciones sobre las que las solas virtudes, se nos dirá, serían conducir a arrepentimiento a una nación de corsarios que ” destruye la sonrisa como el granizo las flores “.

Señor Presidente,
Vamos pronto a celebrar ciento quincuagésimo aniversario de la emancipación de los esclavos del Imperio británico. Mi delegación suscribe la proposición de los países de Antigua y del Barbados de conmemorar este acontecimiento que reviste, para los países africanos y el mundo negro, un significado de una gran importancia. Para nosotros, todo lo que podrá ser hecho, ser dicho u organizado a través de la gente en el curso de las ceremonias conmemorativas, deberá poner el énfasis en el precio terrible pagado por África y la gente negra al desarrollo de la civilización humana. Escote pagado sin retorno y que explica, sin duda alguna, las razones de la tragedia que hoy se cierne sobre nuestro continente.
Es nuestra sangre se alimentó el vuelo del capitalismo, la devolución posible nuestra dependencia presente y se consolidó nuestro subdesarrollo. No podemos más escamotear la verdad, traficar con las cifras. Por cada negro que llegó a las plantaciones, cinco por lo menos conocieron a la muerte o la mutilación. Y omito a propósito, la desorganización del continente y las secuelas que se lo siguieron.

Señor Presidente,
Si la tierra entera, a gracias a usted, con la ayuda del Secretario general, alcanza con ocasión de este aniversario que hay que convencerse de aquella verdad, comprenderá por qué, con toda la tensión de nuestro ser, queremos la paz entre las naciones, por qué exigimos y reclamamos nuestro derecho al desarrollo en la igualdad absoluta, por una organización y una repartición justa de los recursos humanos.

Es porque, de todas las razas humanas, pertenecemos a las que más sufrieron, que juramos, nosotros los burkinabè, no aceptar nunca más la menor parcela de esta tierra, la omisión de justicia. Es la memoria del sufrimiento que nos coloca al lado del OLP contra las fuerzas armadas de Israel. Es la memoria del sufrimiento que, de una parte, nos hace sostener el ACN y el SWAPO, y por otra parte, nos hace intolerable la presencia en África del Sur de los hombres que se dicen blancos y que queman al resto del mundo sólo esgrimiendo ese título. Es por fin esta memoria la que nos hace depositar en la Organización de las Naciones Unidas toda nuestra fe en un deber común, en tarea común para una esperanza común.

Reclamamos:
– Que se intensifique a través del mundo la liberación de Nelson Mandela y su presencia efectiva en la Junta general próximo de la ONU como una victoria de orgullo colectivo.
– Qué sea creado como recuerdo de nuestros sufrimientos y a título de perdón colectivo un Precio internacional de la Humanidad reconciliada, concedido a todos los que por su búsqueda habrían contribuido a la defensa de los derechos del hombre.
– Qué todos los presupuestos de bla carrera espacial sean amputados por 1/10000E Y consagrados a búsqueda del dominio de la salud, que apunta a la reconstitución del medio ambiente humano perturbado por todos estos fuegos de artificios perjudiciales para el ecosistema.
También proponemos que las estructuras de las Naciones Unidas sean repensadas y para que se dé fin a este escándalo que constituye el derecho de veto. Por supuesto, los efectos depravados de su uso abusivo son atenuados por la vigilancia de algunos de sus poseedores. Sin embargo, nada justifica este derecho: ni la talla de los países que lo detentan, ni las riquezas de estos últimos.

Si el argumento desarrollado para justificar tal iniquidad es el precio pagado en el curso de la guerra mundial, estas naciones, que se arrogaron estos derechos, deben saber que nosotros también nos tenemos cada uno un tío o un padre que, a ejemplo de millares de otros inocentes arrancados al Tercer Mundo para defender los derechos burlados por las hordas hitlerianas, lleva él también en su carne las magulladuras de las pelotas nazis. Que cese pues la arrogancia de los grandes que no pierden ninguna ocasión para devolver en causa el derecho de los pueblos. La ausencia de África del Club de los que detentan el derecho de veto es una injusticia que debe acabar.

Por fin mi delegación no habría cumplido todos sus deberes si no exigiera la suspensión de Israel y África del Sur de nuestra organización. Cuando, con el paso del tiempo, estos países hayan operado la mudanza que los introducirá en la Comunidad internacional, cada uno de nosotros, y mi país en cabeza, deberá acogerlos con bondad, guiar su primer paso.
Queremos reafirmar nuestra confianza en la Organización de las Naciones Unidas. Le somos agradecidos del trabajo desarrollado por sus agencias en Burkina Faso y de la presencia de estas últimas a nuestro lado en los momentos duros que atravesamos.
Somos agradecidos a los miembros del Consejo de Seguridad por habernos permitido presidir dos veces este año los trabajos del Consejo. Deseamos ver al Consejo admitir solamente el exterminio de 30 millones de seres humanos cada año, por el arma del hambre que, en nuestros días, hace más estragos que el arma nuclear.

Esta confianza y esta fe en la Organización me obligan a agradecer al Secretario general, Sr. Xavier Pérez de Cuellar, la visita tan apreciada que nos hizo para comprobar, en el mismo sitio, las realidades duras de nuestra existencia y hacerse una imagen fiel de la aridez del Sahel y la tragedia del desierto conquistador.

No sabré acabar sin rendir homenaje a las calidades eminentes de nuestro Presidente (Pablo Lusaka de Zambia) que sabrá, con la clarividencia que le conocemos, dirigir los trabajos de esta Treinta y nueve sesión.

Señor Presidente,
Recorrí millares de kilómetros. Vine para pedirle a cada uno de ustedes que pudiéramos poner juntos nuestros esfuerzos para que cese el depósito de cadáveres de la gente que no tiene razón, para que se borre el espectáculo triste de los niños que mueren de hambre, para que desaparezca la ignorancia, para que triunfe la rebelión legítima pueblos, para que se calle el ruido de las armas y que, por fin, con una sola y misma voluntad, luchemos por la Supervivencia De la Humanidad, y lleguemos cantar en coro al gran poeta Novalis:

“Pronto los astros volverán a visitar la tierra de donde se alejaron durante nuestros tiempos oscuros; el sol depositará su espectro severo, volverá a ser estrella entre las estrellas, todas las razas del mundo se reunirán de nuevo, después de una separación larga, las familias viejas huérfanas se reencontrarán y cada día verá nuevos reencuentros, nuevos abrazo; entonces los habitantes del tiempo antaño volverán hacia la tierra, en cada tumba se despertará la ceniza apagada, por todas partes quemarán de nuevo las llamas de la vida, moradas viejas serán reconstruidas, los tiempos remotos se renovarán y la historia será el sueño de un obsequio a la extensión infinita “.

¡ La Patria o la muerte, venceremos!

inviata da CCG/AWS Staff - 5/4/2019 - 17:09




Lingua: Italiano (Toscano Livornese)

Il discorso integrale di Thomas Sankara tradotto integralmente e leggermente adattato in Livornese dall' Anonimo Toscano del XXI Secolo

sankaraliv
DISCORZO DI TOMAS SANCARA ALL'ONU IR 4 D'OTTOBRE DER 1984
Trentanovesima sessione dell'Assembrèa Generale delle Nazzioni Unite
Novaiòrche, 4 ottobre 1984


Presidente, Segretario generale, compagne, 'ompagni, pezzi grossi di tutti li stati der mondo.

So' qui pe' salutavvi da fratèłło da un paese di dugentosettantavattromila 'ilometri vadrati dove sette milioni di bimbi, di donne e d'òmini pròpio 'un vogliano grepà' di gnoranza, di fame e di sete, visto 'é 'un ce la fanno più a campà' anco se ir nostro è uno stato 'é c'è da venticinqu'anni e sta quì 'n mezzo a' quelli di voiartri alle Nazzioni Unite. E io sto quì co' voiartri, ora, in nome d'un pòpolo 'é, sur zólo de' su' antenati, doranavanti vòle di' e fà' dassólo e pigliàssi la su' storia sur groppone, ner bene e ner male e senza ringambà'.

'Nzomma, sto quì dopo 'é mi cià mandato ir Conziglio Nazzionale della Rivoluzzione (Cnr) der Burchìna Faso pe' di' quello 'é ciaddaddì su' problemi all'oddiggì, un per popo' di 'asìni che fanno sbudełłà' ir mondo 'é fra pòo s'è ner dumìla e semo sempr'a penà'. Un mondo 'é si sembra ar circo Togni, dove ci si sdraia a picchi ne' denti fra grandi e piccoli e dove ałła gente 'ni dànn'addosso bande armate co' violenze e saccheggi. Un mondo dov' ałłe nazzioni 'nimportasèga der diritto 'nternazzionale, visto 'é armano fino a' denti gruppi di dolinquenti, di ladri, di traffiànti e d'artri budełłoni der genere.

Dé, 'un zò mìa vì pe' raccontàvvi le mi' dottrine. 'Un zò Dio 'n tèra e manco un profeta, e 'un ciò la verità 'n tasca. Sò quì' pe' du' òse: la prima, è parlà' pe'r mi' popolo, ir pòpolo der Burchìna Faso, e parlà' dimòrto 'iaro de' fatti 'òme stanno; la seònda, è fa' parlà' a modo mio ir “grande pòpolo de' diseredati”, quelli 'é ir mondo 'iama sputandoci sopra ir “Terzo Mondo”. E sto quì' pe' cercà' di fàvvi 'apì' perché ci s'è rivortati, anco se 'un credo 'é v'entrerà mai in quer capone duro ' ciavète. Bòia, a noàrtri l'ONU però c'interessa e ci s'ha ir diritto di stàcci 'ołła 'oscènza di dìvvi tutto 'vanto sułła ghigna e ammodino.

Nessuno di siùro spiperà łł'occhi se si parla 'nzieme der vecchio Arto Vorta, che oggi si 'iama Burchina Faso, con quer popo' di burbuglione 'é voartri lo 'iamate Terzo Mondo pe' danni addosso, co' una parola 'é i restodermòndo ha 'nventato 'vando c'è stata l'Indipendenza -dé occhèi, l'indipendenza pemmododidì- pe' mètte' meglio ir becco nełłe nostre maniere di penzà', di vìve', di 'ommercià, di scambiàcci e 'nzomma di fà' gnïòsa e di fàcci li 'azzi nostri 'omesisordì. Noartri ner mondo ci si vole stà' senza 'ste manfrine e 'sti lacchezzi storici, e 'un si vole sentì' parlà' di “entroterra der sàzzio Occidente” 'ome si fosse 'Ollesarvetti o Cenaia. Noartri si fappàrte di tutt'un gruppo di tre continenti, se ci si vede in quarchemmanièra ci si vede 'ome un paese non alliniàto e ci s'ha fisso ner capo, e ci s'ha pure ragione, 'é c'è una solidarità parecchio grossa de' tre continenti, łł'Asia, l'Amèrïa der Sudde e łł'Àffrïa, nełła lotta 'ontro li stessi dolinquenti polìtici e li stessi sfruttatori eonòmici. Se ci si vede di fappàrte der Terzo Mondo, questo vordì, pe' diłła 'ó Giosemmartì, “sentì' sur muso tutti i lattoni 'é ni dànno a tutti 'vanti ner mondintèro.” Finora s'è fatto 'ome ner Vangelo e s'è dato l'artraguància, e ir resurtàto è stato 'è s'è preso ir doppio di stiàffi. Unn'è che li stronzi so' doventati meno stronzi, casomai arrovèscio. Sułła verità der giusto ciànno 'aàto sopra. Su quełło 'é diceva Gesuccrìsto, pure. Cołła su groce ciànno presi a martełłate; si so' messi la su' tùnia e poi ciànno marzagrati animeccòrpo. Ir zu' messaggio? Peggio 'andà' ar buio di notte. N'hanno fatto un messaggio bòno pełł'occidentali, 'vand'era un messaggio di liberazzione univerzale. Bè, noartri saòsa s'è fatto ałłora? S'è principiato a fa' la lotta di crasse, e a 'un volé' più piglià' stiàffi. E vi vo in culo e porto sei.

Ir nostro pòpolo 'un zi sarva se 'un zi manda ner boccino tutti i modełłi 'é de' ciarlatani d'ogni risma hanno provato a véndeci pe' ventànni. 'Un ci si po' sarvà' se 'un zi fa così, 'un ci si sguiluppa surzèrio se 'un zi rompe sto' mododifà. E tutti 'vé novi “intełłettuali” 'é ora sembra si so' svegliati, tirati giù dar letto da miliardi d'òmini 'é si so' incazzati rioperti di stracci, e che si so' caati nełłe mutande 'vand'hanno visto 'sti miliardi d'affamati ribełłassi pe' rovinanni la digestioncina, ora principano a riscrìve i su' discorzi e a ri-ricercà' tutt'affannati concetti miraolòsi e la pòrvere der pirimpimpì pe' trovà' nove forme di sguiluppo pe' nostri paesi. Dé, 'un zerve 'é lègge' le tonnełłate di atti, di fòrumme e di 'ongressi pe' capìłło.

'Un voglio di certo rediolizzà' tutti 'vełł'intełłettuali onesti e i su' sforzi. Loro magari łł'occhi pe' vedé' ce l'hanno, e scòprano 'os'è voluto dì' di tremendo èsse' devastati da' 'osiddetti “specialisti” dełło sguiluppo der Terzo Mondo. Uimména, io ciò paura 'é tutto quer ch'è venuto fòra 'on tant'energia ci sia 'onfiscato da Prosperi di 'vì e Prosperi di là che, colla su' bacchetta màgia, ci rispedìscano a fa' li schiavi vestiti però tutti moderni e ammodino.

E ciò ragione d'avécci paura, dé, se penzo a' piccoloborghesi 'struviti, affriàni e di tuttormòndo, che di certo 'unni garba punto di lascià' i su' privilegi perché 'ni fa' fatìa ner capino o perché hann'assaggiato 'osa vordì vìve all'occidentale e n'è garbato parecchio. 'Nzomma vaaffinì che 'sti piccoloborghesi dełłe parti nostre 'un zi riòrdano più che tutte le lotte polìtie cianno bisogno di discùte' surzèrio, e che bisogna dàssi daffà' pe' trovà' cose nòve detteffàtte se 'un si vòle 'èsse ammazzati. So' conzumatori passivi 'é fanno 'npoìno pena specie se li senti dì' tutte 'velle parolone 'é łł'occidentali ci si 'mbriàano di nìdio, dé proprio 'ome si 'mbriàano di guìschi o di sciampagna ner salottino o ner buduàr della marchesa.

Dopo 'velle 'ose lì, come si 'iàmano, la negritùdine e la perzonalità affriàna, 'un ze ne pòle pròpio più perché di 'ose nòve tirate fòra da que' popo' di cervełłi de' nostri grand'intełłettuali bisogna smètte' di cercàłłe. 'Vełło 'é si dice e si penza noàrtri viene d'un'àrtra parte. I nostri professori, 'ngegneri e eonomìsti si 'ontèntano solo di mètteci in mezzo 'mpò' di 'olore, visto 'é dałł'univerzità uropèe 'unn'hanno riportato 'ndietro àrtro 'é le làure e i su' paroloni der cazzo.

Ora sarebbe anco łł'ora 'é i nostr'esperti e i pennaioli 'mparassino a 'un scrìve tutti bełłini e senza 'un dì' nułła manco pe' sbaglio. Ora c'è buriana, e 'un si pole fa' ché' 'nemici d'ieri e d'oggi si tengano ir monopolio sur penziero, sułł'immaginazzione e sułła 'apacità di creà. Frappòo è troppo tardi. Tutti 'st' Affriàni e 'sta gente der Terzo Mondo dèvano tornà' a casa pe' davvero, valaddì' ałła su' società e ałła miseria 'è ci s'ha sur groppone da sempre, e capì' che la lotta pe' avécci un'ideologia ar zervizzio de' bisogni dełłe masse diseredate cor cazzo ch'è inùtile, ma piuttosto serve a fàłłi doventà' credibili in tutto 'r mondo, criativi surzèrio e a fànni dà' finarmente un'immagine vera de' su' popoli. Un'immagine 'é ni possa finarmente servì' a cambià' commilfò le 'ondizzioni polìtie e sociali, e che tiri fòra i nostri paesi dar dominio e dałło sfruttamento dełłi stragneri 'é ci fànno stà e vìve' di 'ontinuo 'n bancarotta, e àrtro 've quełła.

Noartri ir pòpolo burchinabè s'è capito tutto 'vanto la notte der quattr'agosto 1983, 'vando s'è visto le prime stełłe 'omincià' a luccià' ner celo dełła nostra terra. S'è dovuto guidà' la rivorta de' 'ontadini 'è campavano piegatindùe in una 'ampagna 'é a chiamàlla 'ampagna ci vo' ir coraggio di Napoliòne perché è già doventata tutta un deserto dove 'un c'è più una sega di nułła apparte la sete e la fame. S'è dovuto dà' una direzzione ałła rivorta dełłe masse cittadine senza lavoro, avvilite e stanche di vedé' de' popo' di macchinoni guidati da' pottaioni der governo, fòra dar mondo e tutti 'ołłe su' soluzzioni studiate da' cervełłoni di voartri. S'è dovuto dà' un'anima ideològia ałłe giuste lotte der pòpolo 'é si mobilitava 'ontro ir mostro dełł'imperialismo. S'è dovuto rimpiazzà' pe' sempre ir foerèłło dełła rivorta 'ołła rivoluzzione, 'ołła lotta permanente ar padrone.

Prima di me ci so' stati artri 'é łł'hanno spiegato, e ce ne saranno artri 'é łło spiegheranno anco meglio, 'é tra li pòpoli ricchi e quełłi 'é crepano di fame e di sete c'è come la fossa delle Marianne, mìa 'ome ir canale di Piombino. Pòpoli 'é vorèbbano 'ontinuà' a campà' co' su' modi di vìve e cołła su' dignità. Però 'un ci si fa manco a immaginà' quanta roba da mangià' è servita 'invece a ingrassà' le vostre vacche.

Lo stato 'é una vorta si 'iamava Arto Vorta serve a fa' un esempio 'iaro 'ome 'r zole pe' tutto vełło 'é successo. Noarti dell'Arto Vorta s'era 'ome la guintessenza dełłe tragedie 'é dassempre 'ni 'ascano addosso a' paesi in via di sguiluppo. Guardate 'mpo' pe' dinne una łł'ajuto estero, 'é tutti sbandierano e dìano 'é è come ir cacio grattugiato sułłe cèe. Dé, sur Burchina Faso s'è arrovesciata un'ałłuvione d'ajuti esteri 'é quełła der dieci di settembre in confronto sembra du' goccioline d'acqua. Ora, la teoria è 'na 'òsa e la pràtia un'artra; peresèmpio, si dice 'é la 'ooperazzione sarebbe fatta pe' ir nostro sguiluppo. Pe' quełło 've riguarda l'Arto Vorta, si poteva cercà' sapeqquantotèmpo una 'osa varsìasi 'é si potesse 'iamà sguiluppo; 'vełłi 'é cianno ir potere, o perché so' 'ngenui opperché so' egoisti di 'rasse, a łłoro unn'è garbato o 'unn'hanno potuto 'ontrołłà' tutta 'vest'ałłuvione di vaìni e adoperàłłi pe' ir bene der nostro pòpolo. Se si va a vedé' una tabełła pubbriàta ner 1983 dar Crubbe der Zaèl, quer brav'òmo di Giac Girì concrudeva ner su' libro “Ir Zaèl domani” 'é pe' come funziona tutto st'affare, łł'ajuto ar Zaèl 'un zerviva a artro 'é ałła su' sopravvivenza ebbasta. Solo ir 30% di vest'ajuto, ci rinòa ir Girì, permette di vìve' ar Zaèl. Seòndo ir Girì, łł'ajuto estero 'un zerve a artro 'é a mandà avanti 'ose 'é 'un so' bone a un segone a du' mani, 'é 'un prodùano nułła e che fanno sprofondà' i nostri bilanci 'ome un traghetto della Tòrema 'vando làsciano ir portełłone aperto ir dieci d'agosto. 'Nzomma, le 'ampagne vanno 'n confusione, la nostra bilancia 'ommerciale affoga nełła merda e vaffinì che ci s'indèbita a rondemà.

Pe' descrìve l'Arto Vorta, basta pòo derresto. Un paese di sette miglioni d'abitanti, e se' miglioni so' contadini; i bimbi piccoli mòiano ar centottanta per mille, artro 'é otto per mille ar Vatiàno; se ci va bene, si 'ampa varant'anni, ir novantotto per cento 'un za né lègge' e ne' scrìve' (più o meno 'ome a Pisa, dove perartro 'un zanno manco parlà ammodino), c'è un dottore ebbasta ogni cinquantamila abitanti, a scola 'un ci và che ir sedicipercento de' ragazzi e ci s'ha un prodotto interno lordo accrànio di 53.356 franchi ci-effe-a, valaddì' 'mpo' più di cento dòłłari pe' ogni abitante. Come si dice dałłe mi' parti ner Burchina Faso, s'era come un gatto sułł'Aurelia. Ci s'era ammalati d'una malattia polìtia, e ałłora polìtia la 'ura łł'aveva da èsse'. Bòia, 'un voglio mia dì' che 'un zi vole łł'ajuto 'é ci serve a superà' i bisogni più neri; ma, in generale, la polìtia dełł'ajuto e dełł'assistenza 'nternazzione cià avuto un resurtato solo, la disorganizzazzione e la schiavitù continua, senza tregua. Ciànno rubbato ir zenzo di responsabbilità pe' ir nostro territoro eonòmio, polìtio e curturale.

Saòsa s'è fatto? S'è arrischiato di trovà vie nòve pe' èsse più contenti. S'è appriato tènnie nòve e si sta cercando forme d'organizzazzione 'é ni vanno meglio ałła nostra civirtà, mandando a fàsselo troncà' ner culo, e pessempre, ogni dìttatte esterno pe' fabbrià' finarmente 'mpo' di 'ose degne e bòne pe' quełłi 'é s'è e si vale. Sopravvìve' così pe' fàłło 'un zerve a ałłeggerì' tutti i pesi; bisogna sparalizzà' le 'ampagne, 'un fàłłe sembrà' più ar tempo de' feudi, bisogna demo'ratizzà' la nostra società, e aprìcci ir core ałła responzabbilità' cołłettiva, bisogna avécci ir coraggio d'inventà' ir futuro. Bisogna smontà' tutto ir carrozzone dełł'amministrazzione pe' rifà' un'immagine nòva der dipendente statale, fònde' 'nzieme l'esercito 'or pòpolo 'or lavoro e la produzzione, e capì' bene 'é se 'un cià un'eduazzione polìtia patriòttia un zordato 'unn'è artro 'é uno 'é pole doventà' un criminale. Eccolo 'và ir nostro programma polìtio.

Péłła pianifiazzione eonòmia si stà 'mparando a vìve' modestamente e s'è pronti a fa' fronte a quełł'austerità che ci serve pe' mandà' avanti i nostri progetti ambizziosi. Giaddaòra, co' un fondo di solidarità nazzionale finanziato 'ó 'ontributi volontari, si 'omincia a avé quarche risposta ar probblema dełła siccità, che dé è 'n probblema di nìdio! S'è sostenuto e appriato i princìpi d'Arma Ata e migliorato ir livełło de' servizzi sanitari di base. S'è preso 'ome polìtia di stato la strategia der GOBI FFF ch'è stata 'onzigliata dall'UNICEF; le Nazzioni Unite, si penza noartri, dovrèbbano adoperà ir zu' ufficio ner Zaèl pe' fabbrià' piani di scadenza breve e łłunga pe' ddà' l'autosufficienza alimentare a que' paesi 'é patìscano pełła siccità.

Frappòo s'è ner ventunesimo sèolo e ałłora s'è fatto una gran campagna pełł'eduazzione e łł'istruzzione de' nostri bimbi in un tipo nòvo di scola, finanziato 'ó una sezzione speciale dełła nostra lotteria nazzionale: “Ora i bimbi dèvano èsse' 'struiti”. E cor lavoro de' Omitàti pełła difesa dełła rivoluzzione s'è lanciato un grosso progetto di 'ostruzzione di 'ase pùbbrie (500 in cinque mesi), strade, piccoli bacini d'acqua evviaosì. Come obbiettivo eonòmio s'ha quełło di 'reà una situazzione dove ogni burchinabè pole adoperà' i su' braccini e ir zu' cervełło 'é ni servano armeno pe' mangià du' vorte ar giorno e bé' acqua bona. Noartri si promette 'é doranavanti 'un zi farà nułła senza senza fa' partecipà' i burchinabè. Doranavanti s'è noartri a decìde gniòsa. Basta fa' der male ar nostro pudore e ałła nostra dignità.

Convinti 'oppiùfforza ancora ci garberebbe abbraccià' cołłe nostre parole a tutti 'vełłi 'é patìscano e che łła dignità 'nela pestano 'ó piedi una 'aàta di gente o un zistema oppressivo. Chi mm'ascorta mi faccia dì' che io 'un parlo solo in nome der mi' Burchina Faso 'é celò ner core, ma anco di tutti 'vełłi 'é patìscano in tutti łł'angoli der mondo. Parlo in nome dełła gente 'é vive ammigliòni ne' ghetti perché ciànno la pełłe nera opperché la su' 'urtura è differente, e che łłi vèdano peggio dełł'aninali. Io patisco in nome dełł'Indiani d'Amèria 'é so' stati marzagrati, stiacciàti, canzonati e messi a marcì' pessèoli nełłe riserve pe' un fàłłi più spirà' a un diritto e pe' 'un fànni più combinà' la su' 'urtura 'on quełła dełł'artri, compresi łł'invasori, in maniera da potéssi aricchì' che è sempre un bene. Parlo in nome di 'vełłi ''hanno perzo ir lavoro in un zistema pieno d'ingiustizzia più puzzolente della merda di 'ane e sempre in grisi, e che si ridùano e vedé' ir mondo ełła vita 'ome nełło specchio de' ricchi. Parlo in mondo dełłe donne di tutto 'r mondo 'é patiscano in un zistema maschilista 'éłłe sfrutta. Per querchecciriguarda a noartri ci vanno bene tutti li suggerimenti da 'unn'importa dove, su' come si pole favorì' lo sguiluppo dełła donna burchinabè e 'ncambio si pole divìde' co tutti 'vełł'artri paesi la nostra sperienza positiva 'é s'è fatto 'ołłe donne 'é ormai stanno dappertutto nełło stato e ne' su' uffici e in tutti łł'aspetti dełła vita sociale burchinabè. Le donne in lotta dìano d'una voce sola 'nzieme a noartri 'é lo schiavo 'é 'unn'organizza la su' ribełłione 'ummèrita un cazzo di solidarità pełła su' sorte. Uno schiavo 'osì è responzabbile der zu' sculo se ci 'asca 'vando 'r padrone ni promette la libbertà. La libbertà si vadagna solo 'ołła lotta e noartri si vole 'iamà tutte le nostre sorełłe di tutte le razze a rivortàssi pe' conquistà' i su' diritti.

Parlo in nome dełłe mamme de' nostri paesi 'mmiseriti 'é vèdano li su' bimbi morì' di malaria o di 'aaiòla e che 'un zanno 'é ci so' de sistemi dimorto semplici pe' sarvałłi ecchepperò la scènza dełłe murtinazzionali ałłoro 'or cazzo 'é ne li dà e 'nvece preferisce buttà' vaìni a carrettate ne' laboratori 'osmètici e nella 'irurgìa stètia pe' soddisfà' i 'apriccini d'una 'aàta d'òmini e donne 'é si sèntano brutte perché prima mangiano 'ome lótri eppò' 'ingrassano 'ome motonavi, 'é se noartri der Zaèl si mangiasse 'omełłoro ci verèbbe ir giramento di 'apo solo a vedéłło. Noartri s'è deciso d'adoperàłłi e di diffòndeli, sti mezzi dimorto semplici raccomandati dall'OMS e dałł'UNICEF.

Dé, parlo anco in nome de' bimbi. Di 'ver figliolo di poveracci 'é ha fame e guarda di nascosto una bottega di ricchi 'óttutta la robba in vetrina, tanta da strippà'. La bottega però cià ppe' protéggela un vetro 'é 'un ci passerebbe manco un Lupetto in prima ridotta, 'óttutte łł'inferriate, e poi ci so' le guardie 'ołł'ermetto, co' 'vanti e cor manganełło 'é łłì ce l'ha messe, tantopeddì', ir babbo d'un artro bimbo epperò lulì pole venicci in bottega a piglià' quer che ni pare e èsse' servito e riverito perché lui pole visto 'é ir capitalismo dice 'é lui lo pole fa, natacciodancane.

Parlo in nome dełł'artisti, de' puèti, dełłi scrittori, scurtori, musicisti, attori, 'é dèvano doventà' peggio dełłe puttane pe' maneggini der biznes dełło spettàolo. Urlo in nome de' giornalisti 'é 'mpo' dèvano stà' zitti e 'mpò' dèvano mitraglià' cazzate pe' 'un ritrovassi senza lavoro. Protesto in nome dełłi sportivi e dełł'atrèti di tutto 'r mondo 'é li su' muscoli so' sfruttati da' sistemi politici o da' negrieri d'oggi.

Ir mi' paese è la guintessenza di tutte le disgràzzie de' pòpoli, 'mpò 'ome ir carderone di tutti li patimenti dełł'umanità e anco e soprattutto dełłe speranze 'é vèngano dałła nostra lotta. Peqquesto ci si sente tuttùno 'ó malati che stanno lì a aspettà' a boccaperta i resurtati ełłe scoperte d'una scienza 'epperò è tuttimmano a' mercanti d'armo. Ir mi' penziero và a tutti 'vełłi 'é so' corpiti dałła distruzzione dełła natura e a que' trenta miglioni di gente 'è mòiano tuttiłłanni pe' quełła 'osa 'é si 'iama fame,

Siccome so' un zordato dé 'un posso di certo dimentià' che ur zordato deve ubbidì' ałł'ordini e sa bene 'é la pałłottola 'é sta pe' sparà', ammazza. Io parlo 'ndignato in nome de' palestinesi, 'é un'umanità 'é d'umano cià solo ir nome ha voluto métteci un artro pòpolo ar su' posto, un pòpolo 'é solo ieri era stato martirizzato. Ir mi' penziero và ar valoroso pòpolo palestinese, ałłe famiglie spezzate 'é girano ir mondo cercando refugio e protezzione. Coraggiosi, determinati, duri 'ome 'r macigno e mai stanchi, i palestinesi riòrdano ałła 'oscenza dełł'òmo ir bisogno e łł'obbrigo morale di rispettà' i diritti d'un pòpolo: i palestinesi, 'nzieme a' su' fratełłi giudei, so' contro ir zionismo.

Io so' affianco de' mi' fratełłi sordati dełł'Iranne e dełł'Iracche 'é s'ammazzano tra fratełłi e s'ammazzano da soli, e so' vicino a' 'ompagni der Nicaragua 'é anco se cianno li porti minati e i' su' paesi neli bombàrdano, fanno fronte ar su' destino co' coraggio e intełłigenza. Io patisco 'ó tutti łł'ameriàni der sudde 'é fatìano a lottano 'ontro le jene dełł'imperialismo. Io sto affianco de' pòpoli dell'Affgànista e dełł'Irlanda, di Grenada e di Tìmor Est, 'é dé cercano tutti 'mpo' di serenità sułła base dełłe su' leggi e dełła su' 'urtura. Io parlo 'vì in nome di tutti 'vełłi 'é cercano, ma 'un ce la fanno, una tribbuna mondiale surzèrio dove possono fàssi sentì e 'èsse finarmente caàti peddavvero. Parecchi hanno parlato prima di me su questo pàrco, e artri parleranno doppo. Però le decisioni poi le prèndano 'mpòi. Budełło di Gesù, ma 'un z'era tutt'uguali 'vaddentro...?

Oggiù, mi scuso pe 'ir moccolo, però io 'vi mi fo ir portavoce di tutti 'vełłi che 'un ce la fanno a trovà' un posto ndove łłi si stà a ascortà. Sì, ammé mi garberebbe di poté parlà in nome di tutti łł'abbandonati der mondo, perché òmo summe e nìil umanum ammé aglienum puto. La nostra rivoluzzione ner Burchina Faso abbraccia le digràzzie di tutti i pòpoli, vole ispiràssi a tutte łł'esperienze umane 'é ci so' state fin da quando è nato sto mondaccio 'ane. Noartri si vole èsse' łł'eredi di tutte le rivoluzzioni der mondo e di tutte le lotte di liberazzione de' pòpoli der Terzo Mondo, e si 'varda a tutti 'vanti i modi 'é ir mondo c'è stato arrovesciato e cambiato, a quer che ha 'nzegnato la rivoluzzione ameriàna, ałła lezzione dełła su' vittoria sur colonialismo e a quer che n'è resurtato. Noartri si vole fa' come diceva ir presidente Monrò ner 1823, cioè che l'uropèi 'un zi dèvano impiccià dełł'affari dełł'ameriàni, e łł'ameriàni 'un zi dèvano impiccià di 'vełłi dełł'uropèi. “Łł'Amèria ałł'Ameriàni”, 'nzomma, e ałła stessa maniera ora noartri si dice “łł'Àffria ałł'Affriàni” e “ir Burchina Faso a' burchinabè”. La rivoluzzione francese der 1789, 'vand'ha sbarbato łł'assolutismo derrè, cià 'nzegnato 'ome so' 'ntrecciati 'nzieme li diritti dełł'òmo e quełłi de' pòpoli ałła libbertà. La grande rivoluzzione d'ottobre der 1917 ha cambiato ir mondo e fatto vìnce' ir proletariato dando 'n bełło sgrullone ar capitalismo e facendo doventà' veri i sogni di giustizzia dełła 'Omune di Parigi.

Noartri si vole sempre andà' dietro a quer che vògliano li pòpoli, ałłe su' rivoluzzioni e s'è anco 'mparato ammodino la lezzione di 'vando poi 'nvece s'è combinato macełłi su macełłi su' diritti dełł'òmo e su artre 'ose. Dełłe rivoluzzioni noartri 'un zi vole piglià artro che ir bòno pe' poi 'un doventà' schiavi dełł'artri e dełłe su' 'ose differenti, anco 'vando si stà bene 'nzieme pe' 'mpo' di 'ose 'é ci s'ha 'n comune.

Signor Presidente, ora 'un ci si pole più pigliappercùlo. Noartri si lotta pe' scombinà' ir vecchio òrdine eonòmio der mondo e pe' cambiàłło 'ó uno nòvo, ci si vole seguità' a lottà' e ci si pole arivà' solo se si piglia 'vełło vecchio e łło si butta ner bottino, visto 'é 'un ci 'àà manco di striscio. Ci si pole arivà' solo se si piglierà' ir posto dove si deve stà' nełł'organizzazzione polìtia 'nternazzionale e se ci si piglierà' ir diritto, dato 'é ner mondo s'ha la nostra 'mportanza, di poté' discùte' e decìde' su come deve funzionà' ir commercio, l'eonomìa e ir zistema dełłe monete in tutto ir mondo. 'Sto nòvo òrdine eonòmio 'nternazzionale deve marcià' di paripàsso 'ó tutti łł'artri diritti de' pòpoli, ir diritto ałł'indipendenza, ir diritto a voleffà' pe' conto suo e a governàssi 'ome si vole, ir diritto ałło sguiluppo. Come tutti 'vełł'artri, 'sto diritto pòle èsse' conquistato solo lottando nełła e pełła lotta de' pòpoli. Unn'è che ce lo darà mai, so io, una grande potenza. Io séguito a avécci parecchia fiducia, uguale ałła grande 'omunità de' paesi non alliniati, 'é łł'urli di dolore de' nostri pòpoli faranno stà' bełłi strétti 'nzieme ir nostro gruppo, ni faranno avé più potere 'ołłettivo di negozzià', ni faranno trovà' più' alliati e compagni 'n tutte le nazzioni e, 'nzieme a tutti 'vełłi 'é ciascòrtano, ni faranno organizzà' un zistema di relazzioni eonòmie 'nternazzionali nòvo peddavvéro.

Signor Presidente, dé come telodevodi', io se sto qui a parlà' in quest'iłłustre assembrèa ci sto anco se a parecchi membri 'mportanti 'unni garbava un granché, e poi 'omunque, pe' parlà' e ffà' le nostre riièste e pe' ddà' voce a' paesi 'é 'un ce l'hanno,le Nazzioni Unite dé ci stanno sempre a pipadiòcco. Ma questo lo dice anco'r Zegretario Generale dell'Onu: “L'organizzazzione delle Nazzioni Unite è ùnia ner zenso 'é rifrette łł'aspirazzioni e le frustazzioni di parecchi paesi e di gruppi in tutto ir mondo. Uno de' maggiori meriti dełł'Onu è che tutte le nazzioni, e anco 'vełłe oppresse e vittime dełł'ingiustizzia -dé sta a parlà' di noartri!- anco 'vando dèvano fronteggià' la dura riartà der potere, pòssano venì' qui e trovà' una tribbuna dove quarcuno li 'àa. Una giusta 'àusa po' anco 'ncontrà opposizzione oppure a quarcuno n'importa meno der campionato der Pisa, ma comunque ałł'Onu se ne parlerà. 'Nzomma, a quarcuno 'unnè ma'garbata staòsa, però budéłło s'è 'importante.” La nostra organizzazzione 'un pole èsse' spiegata meglio.

Bisogna ałłora 'é tutti noi si lavori pe' rafforzà' łł'Onu e pe' méttela in condizzioni di fassurzèrio. E ałłora anco noartri si vole adottà' le priposte der Zegretario Generale pe' ajutà' la nostra organizzazzione a sartà' appieppàri łł'ostàoli 'é i grandi poteri fanno di tutto pe' infilànni tra' piedi e pe' sputtanàłła ałł'occhi dell'opinione pùbbria. Signor Presidente, dop'avé rionosciuto i meriti anco se popo' 'un zo' cosittànti dełła nostra organizzazzione, dé 'un posso 'é rotolàmmi dałła 'ontentezza 'vando entra 'varchedunàrtro e do ałłora ir benvenuto ar 159° stato dell'Onu, ir Brunei Panessalàm o come si 'iama, dé e spero di certo 'é ir Brunei Panessalàm 'un doventerà' ir zolito surtanato 'ó un paperone 'ome presidente 'é fa' lapidà' łł'omosessuali e l'adùrtere. Pe' un destino matto, anco se so' parecchio più matti 'vełłi 'é guidano ir mondo, ir movimento de' Non Alliniati ('é spero presto ci sarà ancor ir Brunei Panessalàm) deve 'onziderà' ir disarmo 'ome un obbiettivo da 'un lascià ma' pérde' perché è la 'osa più 'mportante di tutte 'vełłe 'é pure so' importantissime pełło sguiluppo.

Seòndo 'vełło 'é si penza noàrtri, bisogna vedé' parecchio perbene ir perché e ir percome delle disgrazzie 'é ir mondo ci patisce di nìdio. Ir presidente Fidercàstro l'ha detto 'ome si deve 'é meglio 'un si pole dì', budełłodèva, nel 'settantanove ar Sesto sammit de' Non Alliniati: “Dé, compagneros, cò trecento miglioni di dołłari ci si pole fabbrià' secentomila scole ałł'anno pe' 400 miglioni di bimbi, o sessanta miglioni di 'ase fatte perbenino pe' 300 miglioni di perzone, o trentamila spedali co' diciotto miglioni di letti, o dugentomila fàbbrie 'é pòssano dà' lavoro a venti miglioni di lavoratori, o ancora ci si pòle annaffià' 150 miglioni d'èttari di tèra 'é se s'adopera bene la tènnia ci si pole dà' da mangià' a un migliardo di perzone...” Se si mortìpria 'ste cifre pe' dieci, e so' siùro 'é comunque si resta ardisòtto di 'vełło 'é si spende oggi davvero pełł'armi di merda, ci si rende 'onto 'vanto łł'òmo spende pe' militari e no pełła pace.

E' peqquèsto 'é l'indinniazzione dełłe masse doventa veloce rivorta e rivoluzzione 'ontro 'brìcioli 'é ni so' buttati sur muso 'ome “ajuti”, che poi so' spesso “ajuti” da fa' caà' ir majale. E ałłora si pole 'apibbène perché noàrtri se si vole lottà' pełło sguiluppo bisogna lottà pełła pace, 'unceccristi.

E ałłora si promette di lottà' per fałła finita 'ołłe tenzioni e fassicché le relazzioni 'nternazzionali si fàccino da gente civile, in tutto ir mondo 'ompresa Pisa. Dé 'un zi pole mìa seguità' a vénde' parole 'ome ar mercatino di Piazza 'Avałłotti! 'Nzomma bisogna propółła attivamente 'sta pace, stà ar nostro posto e 'mprimafìla nella lotta pe'ir disarmo e agì' 'mmaniera decisiva nełła polìtia 'nternazzionale, andando ner culo alla grande ałłe superpotenze e a' su piani.

Pe' cercà łła pace bisogna andà' di paripàsso a cercà' i diritti de' paesi ałł'indipendenza, de' pòpoli ałła libbertà e dełłe nazzioni a fa' come vògliano. Ora lo 'mmaginate 'osa vi stoppeddì: sì, der Mediuriente, 'é seòndo me cià 'r primo premio pełła situazzione di merda & stramerda e tutto pełł'arogòanza, pełł'inzolenza e pe' ir capaccio più duro der granito d'un paesucolo der cazzo, Isdraele, che da 'na 'aterva di decenni, e coll'ajutino de' su' protettori, li Statunìti, séguita a méttelo ner baugigi a tutta la 'omunità 'nternazzionale. Bełła storia dé! Quarcannofà łł'ebbrei finìvano nełłe 'ameraggàsse, e ora Isdraele fappatì ałł'artri le stesse 'ose. Noartri ar pòpolo 'sdraeliano ni si vole bene perché cià avuto tanto 'oraggio e ha patito tanti sagrifici ner passato, ma ora bisogna 'ominci a sapé che la su' tranguillità 'un ze la pole piglià' cołł'armi finanziate dałł'esterno. Isdraele deve 'mparà' a doventà' una nazzione come quełł'artre e a vìve 'nzieme a quełł'artre, accidentałłòro. Da 'sto podio oggi noartri si vole ribbadì' la nostra solidarità attiva e militante 'ołłe donne e cołł'òmini der maraviglioso pòpolo palestinese, maraviglioso e che 'un smette mai di combàtte', e ni si vole dì' pe' 'ncoraggiałło 'é 'un zi pole patì' pessempre.

Signor Presidente, noartri s'è preoccupati di nułła dełła situazzione polìtia e eonòmia dełł'Àffria. I diritti de' nostri pòpoli, vaddètto apertisbèrbi, so' in uno stato 'éssomiglia parecchio ałłe vostre ghigne, cioè di merda pe' diłła tutta. Ci so' de' paesi 'é fanno ir bełło e ir cattivo tempo, 'ołłe su' allianze. Sivvabbé, certo, noartri s'è dimorto contenti tipo pe' ir Ciàdde ora 'é le truppe straniere so' state fatte ritirà' e magari ora i ciaddesi, senza avécci i sordati dentroàsa, pòssano 'mpo' 'avàssela da soli e fa' quercheppiù ni garba e piuccheàrtro 'un sbudełłàssi più fraddisé e dinni ar zu' pòpolo di smètte' 'mpo' di piànge visto 'é ormai mi sa che hanno finito anco le làgrime.

Però anco se quarcosa è migliorata 'n Àffria nełłe lotte pełł'emancipazzione eonòmia, ir nostro continente è ancora lo specchio dełłe 'ontraddizzioni dełłe superpotenze, e deve ancora tribolà' parecchio in questo mondo d'ora. A noartri ci fa pròpio caà ner profondo der core quełło 'é deve patì' ir pòpolo der Saàra occidentale pe' córpa der regno der Marrocco 'é 'un si vole decìde' a ridà' la su' libbertà a' Saaràui 'é la vògliano a tuttiòsti. Dopo 'é so' stato di perzona nełłe regioni libberate da' Saaràui, 'unceccristi 'é ir Fronte Polisario, 'é so' brava gente e ci vèdano parecchio 'nlà, ce la farà.

Signor Presidente, dé, 'un voglio parlà' più di tanto dełła 'vestione di Maiòtte e dełł'isole der Madagascà, budełłodèva 'vando le 'ose so' chiari 'un c'è mìa tanto bisogno di rinoàcci sopra. Maiòtte è dełł'isole 'Omore, łł'isole dełł'arcipèlago ar Madagascà. Nełł'Amèria Latina voglio salutà' l'inizziativa der gruppo di 'Ontadora che seòndo me pòle servì' a trovà' una soluzzione giusta pe' una situazzione 'é rischia di scoppià'. Ir comandante Daniełłortèga, pe' ir pòpolo rivoluzzionario der Niaràgua, ha detto 'ose giudizziose e ha fatto domande 'mportanti a chiddidové'. Noartri s'aspetta di vedé' la pace ner zu' paese e in tutta łł'Amèria centrale ir prossimo 'vindici d'ottobre, e dopo ir 15 d'ottobre si piglia a testimone łł'opinione pùbbria mondiale.

Come s'è condannato l'aggressione straniera ałł'isola di Grenada, si 'ondanna ałło stesso modo tutte łł'invasioni e ecco perché 'un zi pole stà' zitti pełł'invasione armata dell'Afgànista'. Eppòi c'è la 'osa peggio di tutte 'vante, e pe' questa 'osa 'un voglio spreà' parole perché bisogna parlà dimorto 'iaro. Lo potete immaginà' che parlo der Suddàffria, dé, seondovòi parlavo dełła Lapponia o di Sammarino? 'Sti pezzi di mota, 'sti popò' di bòdde, 'sti sudiciumi aroganti 'ó ttutti 'ompresi 'vełłi 'é łł'ajutano ner zu' sistema terorista 'é vole fa' fora tutti li negri di 'ver paese, é so' parecchi di più, eppòi dé ir disprezzo pe' tutte le vostre risoluzzioni dell'Assembrèa Generale, essì diavvoàrtri, 'e fate le risoluzzioni pe' poi vedévvici 'aà sopra e 'un battete ciglio, ma 'un vi vergognate, 'nzomma dicevo a noàrtri ir Suddàffria ci preoccupa parecchio ortre 'a fàcci 'ncazzà' come bisce.

Ma łła 'osa più tremenda 'unnè che ir Suddàffria è accusato dattùtta la 'omunità 'nternazzionale pełłe su' leggi sułł'apartàid, e nemmeno 'é séguita a tené' stiacciàta la Namibia sotto ir zu' stivale 'olonialista e razzista, o che si 'omporta 'ó su' vicini peggio de' banditi. Ennò, la 'osa peggio di tutte, 'vełła 'é fa pròpio vomità' 'r majale e fa' andà' di 'onco una piattola, è che la miseria di miglioni di gente è doventata 'na 'osa 'osì banale, tèra-tèra, normale, e 'sta gente pe' diféndesi 'un cià artrto 'é combàtte' a pettognùdo e cołłe mane. Deppeffòrza, ir Suddàffrica cià le grandi potenze dałła su' parte, quarcuna di loro łł'ajuta anco ałła luce der zole, c'è anco 'varche lìde affriàno 'é bisognerebbe pigliàłło pełłe trombedercùlo e sbàttelo giù dar ponte di 'Alignaja, e 'nzomma i bianchi 'un zi vergognano punto di rìde' sułła ghigna a' pòpoli 'é der Suddàffria ormai ce n'hanno fin qui e 'un pòssano fannułła.

Dé, quarchannofà si sarebbe fatto le brigate 'nternazzionali pe' difénde' łł'onore delle nazzioni 'é ni minacciavano la dignità...oggi 'invece anco se c'è tutto 'sto marciume 'é si deve sopportà' e stazzìtti, oggi dicevo si vota risoluzzioni 'é łł'ùnia 'osa 'é possano fa' sarebbe fa' 'mpo' rinzavì' un paese di pirati 'é “distrugge ir sorìso 'ome la grandine spiàccïa 'fiori.”

Signor Presidente, frampò' ci sarà ir 150° anniverzario dełł'emancipazzione dełłi stiàvi dell'impero britànnio. La mi' delegazzione stà dałła parte d'Antigua e Barbuda 'é vògliano 'ommemorà' solennemente 'st'avvenimento 'osì 'importante pe' paesi affriàni e pe' tutti li negri. Seòndo noartri, tutto 'ver che si pole fa', dì' e organizzà' durante le cerimonie di 'ommemorazzione dovrebbe fa' capì' bene e una vorta pettùtte ir prezzo terrifiànte 'é łł'Àffria e łł'affriàni hanno pagato ałło sguiluppo della civirtà dełł'òmo. Un prezzo pagato senz'avécci un cazzo di nułła 'ncambio, e che senzàrtro spiega bene la tragedia 'é ora tutt'hanno davantałłòcchi ner nostro 'ontinente. Łł'àrbero der capitalismo è stato innaffiato 'or nostro sangue, e cià resi dipendenti, e cià resi sottosguiluppati. 'Un zi pole più nasconde' łła verità' connùmeri finti. De' negri deportati nełłe piantagioni, parecchi so' morti o so' rimasti mutilati, pe' un parlà' dełła devastazzione der nostro 'ontinente e di 'osa n'è resurtato.

Signor Presidente, se ir mondo grazziałłèi e ar nostro Segretario generale magari si 'onvince 'vando ci sarà 'st'anniverzario di 'vesta verità, ałłora si 'apisce anco meglio perché noàrtri si vole 'osì tanto la pace dełłe nazzioni e perché si sotiene e si programa ir nostro diritto ałło sguiluppo e ałł'uguaglianza assoluta 'ołł'organizzazzione e la ridistribuzzione dełłe risorze. Visto 'é fra tutte le razze noàrtri s'è quełła 'é s'è patito di più, noartri burchinabè s'è giurato 'é doranavanti 'un si vole sopportà' più manco la più piccola ingiustizzia nełł'angolino più sperduto der mondo. E' perché si riòrda quer che s'è patito, appunto, è pe' questo 'é noartri s'è affianco dell'ORPE 'ontro le bande armate isdraeliani, dełł' Affrian Nescional Congres (ANC) e dełł'Organizzazzione der Pòpolo dełł'Àffria der Suddòve (SWAPO), visto 'é ci se n'ha fin qui d'òmini bianchi 'é sur zolo suddaffriano distrùggano ir mondo pe 'r 'zu' 'olore. Durcissinfùndo, è sempre pe' questo riòrdo 'é s'ha così tanta fiducia nełłe Nazzioni Unite e in un dovere 'omune pe' una speranza 'omune e di tutti.

Si domanda ałłora di 'ntenzifià la 'ampagna pe' libberà' Nerzommandèla dimodoé possa 'èsseci anco lui ałła prossima sessione dell'Assembrèa Generale, testimone der trionfo dełła nostra dignità cołłettiva. Si domanda 'é pe' riòrdà' li nostri patimenti e pe' rimarcà' anco meglio ir perdono 'ołłettivo si stituisca un Premio 'nternazzionale dełła rionciliazzione tra' pòpoli e che deve èsse' dato a chi lavora pełła difesa de' diritti dełł'òmo. Si propone 'é ir bàgge, valaddì tutti i vaìni e so' palate destinati ałłe ricerche spazziali, sia tagliato dell'unopeccènto e che st'unopeccènto łł'adoperate pełła ricerca sułła salute e sułła protezzione dell'ambiente rovinato da tutti 'sti foidartificio 'é fanno parecchio male all'eosistèma.

Si propone anco di rivedé' tutto ir modo 'ome funzionano le Nazzioni Unite pe' fa' finì' 'sto scàndolo der diritto di veto. Sì certo è vero 'é cert'effetti diabolici der zu' abuso so' stati 'mpo' messaffrèno 'ołła vigilanza di certi stati 'é 'sto 'azzo di diritto di veto ce l'hanno, ma è una 'osa ingiustificata 'é esiste, né pe' quant'un paese è grande, enné pe' quant'è ricco.

C'è chi difende tutta 'sta bełła popo' di merda eddìce 'é bisogna fałło perché hanno patito tanto nełła Seònda guerra mondiale. Però bisogna anco 'é sappino, 'sti paesi, che anco noàrtri s'è avuto uno zio o un babbo 'é so' stati portati via, 'ome 'nzisaqquantantr' innocenti a migliaja, da Terzo Mondo e poi so' stati mandati a combàtte' contro que' merdoni di nazzisti di Ìtre. Anco la nostra 'arne è stata marzagrata dałłe pałłottole nazziste. Bisogna fàłła finita 'ołł'aroganza dełłe grandi potenze 'é 'un pèrdano łł'occasione pe' sputà' sopra i diritti dełł'artri pòpoli. Ora bisogna 'é anco łł'Àffria ciabbia ir diritto di veto, sennò si fa un macełło.

La mi' delegazzione dé sarebbe venuta 'vì cosìppeffà 'na giratina, se 'unn'avesse 'iesto di sospènde' Isdraele e di buttàì fòra ir Suddàffria dałłe Nazzioni Unite. Se 'sti du' paesi si dànno un'aggiustatina e princìpiano a comportàssi ammodino e no come trogroditi più 'ncivili de' pisani di 'ampagna, tutti si sarà contenti 'ome pasque e pure 'ome pasquette pe 'un parlà' der primomàggio, e ir mi' paese pe' primo 'ni darà ir benvenuto e łłi seguirà ne' su' primi passi.

Noàrtri si vobbène e s'ha fiducia nełłe Nazzioni Unite. 'Ni si vobbène pe' tutto ir lavoro 'é le su' agenzie fanno ner Burchina Faso e pe' stàcci accanto in questi tempacci di mota. Si vobbène anco a' membri der Conziglio di Siurèzza perché ciànno fatto ir favorino di facci 'omandà i lavori der Conziglio pe' du vorte 'vestànno. Ci si pole sortanto agurà' che ir Conziglio adotterà e apprierà ir principio dełła lotta 'ontro lo sterminio pe' fame di 30 miglioni di gente tuttiłłànni, dé peggio d'una guèra atòmia.

E siccome ciò tanta fiducia in quest'organizzazzione, voglio rengrazzià' ir Segretario Generale Saviè Peres de Chègliar pełła su' visita ner Burchina Faso, che così ha potuto vedé' co' li su' occhi in che maniera di merda secca si vive quiddannòi, secca in tuttisenzi vista la siccità der Zaèl e la tragedia der deserto 'é va avanti e 'nghiotte gniòsa. 'Un posso finì' di certo 'sto discorzo senza rengrazzià' anco ir nostro presidente Pol Lusàa dello Zambia 'é guidato 'sta 39a sessione davvero bene, dé, e łłè un ganzo di perrìde'!

Signor Presidente, dé, n'arò fatti di 'ilometri a migliaja pe' venì' finovì, e so' venuto pe domandàvvi a tutti di sforzàvvi 'nziemannòi peffà' finì' l'aroganza di 'vesti popo' di budiùlo, pe' 'un vedé' più i bimbi grepà' di fame, pe' spazzavvìa łł'innioranza, peffà' vìnce' tutti li pòpoli 'é si ribèłłano, pe' zittì' i sòni di guèra, pełłottà' tuttinzième pełła sopravivenza dełł'òmo. Bisognerebbe 'antà 'nzieme 'or gran pueta tedesco Novàli:

“Dé! Le stełłe stavvedé' che tòrnano a visità' la tèra 'é łł'hanno lasciata 'vando c'era un bujume da 'un vedéccisi manco 'ir zu' pipi; ir zole depositerà ir zu' spettro severo e risarà uno de' tanti, tutte le razze der mondo ritorneranno 'nzieme; dopo 'é so' state separate pe' tanto, ci sarà ir riongiungimento dełłe famiglie e ddełł'òrfani, e ci si rotolerà tutti dałł'abbracci, e poi torneranno anco 'vełłi de' templi antìi, e si raccenderanno in tutte le tombe le ceneri raffreddate, e dappertutto bruceranno ancora le fiamme dełła vita, si rifaranno le 'ase vecchie, rinasceranno li tempi antìi e la storia sarà ir zogno d'un presente in sèula seulòrum amen.”

Patria o morte, meglio la prima, si vince e vi si va in culo!

Grazziattùtti.

inviata da CCG/AWS Staff - 5/4/2019 - 17:30


5 APRILE 2019 ORE 16.27
APRIL 5, 2019 4:27 pm
5 AVRIL 2019 h16:27
5. HUHTIKUUTA 2019 16:27


ccg30000

CCG/AWS Staff - 5/4/2019 - 16:33



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