Lingua   

Lied einer deutschen Mutter

Bertolt Brecht


Lingua: Tedesco


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[1941]
Poesia di Bertolt Brecht
Musica di Paul Dessau
Scheda da The Lied And Art Song Texts Page, il database mondiale della canzone artistica

Bertolt Brecht nel 1946.
Bertolt Brecht nel 1946.
Mein Sohn, ich hab dir die Stiefel
Und dies braune Hemd geschenkt:
Hätt ich gewußt, was ich heute weiß
Hätt ich lieber mich aufgehängt.

Mein Sohn, als ich deine Hand sah
Erhoben zum Hitlergruß
Wußte ich nicht, daß dem, der ihn grüßet
Die Hand verdorren muß.

Mein Sohn, ich hörte dich reden
Von einem Heldengeschlecht.
Wußte nicht, ahnte nicht, sah nicht:
Du warst ihr Folterknecht.

Mein Sohn, und ich sah dich marschieren
Hinter dem Hitler her
Und wußte nicht, daß, wer mit ihm auszieht
Zurück kehrt er nimmermehr.

Mein Sohn, du sagtest mir, Deutschland
Wird nicht mehr zu kennen sein.
Wußte nicht, es würd werden
Zu Asche und blutigem Stein.

Sah das braune Hemd dich tragen
Habe mich nicht dagegen gestemmt.
Denn ich wußte nicht, was ich heut weiß:

Es war dein Totenhemd.

inviata da Riccardo Venturi - 31/8/2006 - 11:51




Lingua: Italiano

Versione italiana di Riccardo Venturi
31 agosto 2006
CANZONE DI UNA MADRE TEDESCA

Figlio mio, gli stivali e questa
camicia bruna t’ho regalato:
avessi saputo quel che oggi so,
piuttosto mi sarei impiccata.

Figlio mio, quando la tua mano
vidi tesa nel saluto a Hitler
non sapevo che a chi lo saluta
la mano si sarebbe disseccata.

Figlio mio, io t’ho sentito
parlare d’una razza di eroi.
Non sapevo. Né vedevo. Né immaginavo.
Tu eri il loro torturatore.

Figlio mio, e io ti vedevo
marciare dietro a Hitler.
E non sapevo che chi parte con lui
non ritorna mai indietro.

Figlio mio, mi dicevi che la Germania
sarebbe stata irriconoscibile.
Non sapevo che sarebbe diventata
cenere e pietra insanguinata.

Ti vedevo portare la camicia bruna
e a questo non mi sono opposta.
Io non sapevo quel che oggi so:

Era il tuo sudario di morte.

31/8/2006 - 15:14




Lingua: Finlandese

Traduzione finlandese / Finnish translation / Finnische Übersetzung / Suomennos: Juha Rämö
SAKSALAISEN ÄIDIN LAULU

Poikani, minulta sinä ne saappaat
ja sen ruskean paitasi sait.
Jos silloin tiennyt oisin, minkä nyt,
niin hirteen oisin mennyt kait.

Poikani, kun kätesi näin
noin natseja tervehtivän,
en tiennyt, ett' käden Hitlerin
jo soisin mädäntyvän.

Poikani, sun kuulin puhuvan
sukupolvesta sankarten.
En tiennyt, nähnyt, aavistanut,
ett' olit vain orjana sen.

Poikani, kun marssivan näin
sun natsien riveissä,
en tiennyt ett' retkeltä siltä
et koskaan palaisi sä.

Poikani, kun kerroit sä mulle
Saksasta uudesta uljaasta,
en vielä tiennyt, ett' tehty se ois
verikivestä ja tuhkasta.

Kun ruskean paidan näin ylläsi,
en tuominnut valintaasi.
En tiennyt, en osannut aavistaa:

se oli sun kuolinpaitasi.

inviata da Juha Rämö - 3/6/2015 - 11:50




Lingua: Francese

Version française – CHANSON D’UNE MÈRE ALLEMANDE – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson allemande – Lied einer deutschen Mutter – Bertolt Brecht – 1941

  « monté sur un âne,  sur un ânon, petit d’une ânesse. » (Zacharie 9, 9-10)
« monté sur un âne, sur un ânon, petit d’une ânesse. » (Zacharie 9, 9-10)


Tu sais, Lucien l’âne mon ami, combien dans l’esprit des gens, la douleur d’une mère qui voit souffrir son enfant, spécialement d’ailleurs quand c’est un garçon, fait une profonde impression. C’est en quelque sorte une de ces séquences archétypales venues du plus lointain des âges et considérablement récupérée par la figure chrétienne de la « Mater dolorosa » et on peut aussi y ajouter mille poésies, spectacles et tableaux. Tout cela donne une puissance terrible à l’évocation d’une situation similaire au mythe. C’est sur cette base symbolique que Bertolt Brecht a construit cette « Chanson d’une mère allemande ».

Je n’ignore rien grand-chose de tout cela, ayant moi-même été présent à la naissance légendaire d’un personnage mythique qui sert d’idole à nos idolâtres christicoles. Je suis aussi représenté portant le même sur mon dos lors de son entrée à Bruxelles, dans le tableau célèbre du peintre ostendais James Ensor, parodiant l’entrée du même roi à Jérusalem, comme en témoigne Zacharie :

« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion !
Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !
Voici que ton roi vient à toi :
Il est juste et victorieux,
humble et monté sur un âne,
sur un ânon, petit d’une ânesse. » (Zacharie 9, 9-10)


Formidable ta citation, Lucien l’âne mon ami, te voilà confirmé dans un rôle de premier plan au théâtre des marionnettes qui amuse tant notre société. Mais revenons à la mère allemande dont le fils, loin de se promener sur un âne et de proclamer la fin des chevaux et des arcs de guerre, c’est-à-dire la paix et la concorde entre les humains, s’est engagé à suivre le plus infâme et le plus délirant des dictateurs sanguinaires et se promène sur un panzer.
Et la mère qui avait placé tant d’espoir dans ce fils, qui l’avait imaginé en bon fils d’une bonne mère, se rend compte de ce qu’il est devenu et elle énumère ses griefs :
Ah, si j’avais su où te conduiraient tes bottes et les horreurs qu’elles t’induiraient à faire… mais j’ai apprécié ta chemise brune quand elle t’a servi de suaire.

Que voilà en quelques strophes une immense tragédie familiale et je pense qu’elle n’est pas seulement familiale et qu’encore une fois, il nous faut lire au-delà des lignes et voir dans cette mère allemande, l’Allemagne elle-même et dans ce fils dévoyé, ce peuple allemand qui s’est laissé entraîner et conduire jusqu’à sa propre destruction par le joueur de tambour de Braunau. Ratata, ratapla. Reprenons maintenant notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde plein de chemises de couleur, de bottes, de brun et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
CHANSON D’UNE MÈRE ALLEMANDE

Mon fils, je t’ai offert ces bottes
Et cette chemise brune.
Ce qu’aujourd’hui je sais, l’aurais-je su
Alors, je me serais plutôt pendue.

Mon fils, lorsque j’ai vu ta main
Faire le salut hitlérien
Je ne savais pas qu’à ainsi saluer
Ton bras se serait desséché.

Mon fils, je t’entendais
Parler d’une famille de héros.
Je n’imaginais, je ne voyais, je ne savais
Pas que tu étais leur bourreau.

Mon fils, quand je te voyais
Marcher derrière Hitler,
J’ignorais que jamais,
Tu ne reviendrais en arrière.

Mon fils, quand tu me disais que l’Allemagne
Ne pourrait plus être reconnue,
Je ne savais pas qu’elle serait devenue
Cendres, sang et ruines.

Je vis la chemise brune que tu portais
Je ne m’y suis pas opposée alors
Je ne savais pas ce qu’aujourd’hui, je sais :
Que c’était ta chemise de mort.

inviata da Marco Valdo M.I. - 2/6/2016 - 21:54



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