Lingua   

Stál voják na dešti

Jaromír Nohavica


Lingua: Ceco


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Testo di Jiří Šotola
Musica di Jaromír Nohavica

Crediamo che questa canzone, su testo del poeta Jiří Sotola e musicata sull'aria di una canzone popolare, sia autenticamente uno dei momenti più alti dell'arte del grande Jarek Nohavica. Un soldato di guardia da solo, nella notte, sotto la pioggia, che sceglie forse la forma estrema di ribellione, di diserzione, di dire "Non ci sto": uccidersi. Portarsi l'arma alla bocca in un "bacio raggelante" e spararsi. Questo dall'autore della versione cèca de Le Déserteur. Nessuno può sapere cosa, in quel momento, sia passato nella testa del soldato, in quella notte di solitudine; quali pensieri, quali angosce, quali rabbie. Certo è che questa canzone ci ricorda tanti, troppi episodi del genere accaduti realmente. Perché può succedere che una persona in preda a mille problemi, di qualsiasi natura, o semplicemente al male di vivere, sia contemporaneamente chiamata a "servire la patria", come si suol dire, e a dover passare una nottata sotto la pioggia a guardia di inutili, di stupidi depositi di armi mentre lontano un amore, un lavoro, una famiglia o chissà cosa stanno andando alla malora. Il famoso "dovere", un "dovere" inutile che uccide non solo con la guerra, ma anche con il distogliere da quelle che sono le cose veramente importanti nella vita di una persona. Ma di fronte a un episodio del genere, sembra dirci Nohavica, ogni giudizio è inutile e rischia di essere solo una serie di banalità. Perché, in fondo, noi siamo degli estranei. Indifferenti alla disperazione altrui, come la pioggia battente che cade su ogni cosa, non curandosene minimamente; ma che ha, aggiungiamo noi, almeno la scusante di essere solo pioggia, e non un essere umano. [RV]


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Stál voják na dešti a bylo to už k ránu,
stál voják na dešti a hlídal zbrojní sklad,
stál voják, stál tam sám, pršelo do kaštanů,
malounko svítalo, šli ho už vystřídat.

Vzal voják samopal, dal do úst hlaveň tmavou,
a byl ten polibek hořký a ledový,
co mu tam na dešti v té chvíli táhlo hlavou,
od toho vojáka nikdo se nedoví.

Leží a nedýchá, liják mu ránu myje,
krev bloudí, země má, co s ní - nu jen ji ber,
je zbytečná ta krev, i voják zbytečný je,
navždycky zbytečný, navždycky dezertér.

A my tu sedíme a soudit by se chtělo,
tohle se nedělá, tak neumírá muž,
jenže to promoklé, to natažené tělo
nevzbudí žádný soud a žádná moudrost už.

Kdopak mu pomohl, kdopak mu ruku podal,
když v noci na pryčně seděl a nemoh' spát,
tak někdy cizí jsme, lhostejní jak ta voda,
a pak se na dešti zastřelí, zastřelí kamarád ...

inviata da Riccardo Venturi - 2/9/2005 - 01:30




Lingua: Italiano

Versione italiana di Riccardo Venturi
25 dicembre 2006
STAVA UN SOLDATO SOTTO LA PIOGGIA

Stava un soldato sotto la pioggia, già era quasi mattina
stava un soldato sotto la pioggia a sorvegliare il deposito d’armi,
stava il soldato, stava là mentre pioveva a catinelle
già un poco albeggiava, e vennero a dargli il cambio.

Il soldato prese la mitraglia, si portò la canna scura alla bocca
e quello fu proprio un bacio amaro e raggelante,
che cosa gli sia passato per la testa, in quel momento,
a quel soldato, nessuno lo può sapere.

È steso, non respira, la pioggia battente gli lava la ferita,
il sangue cola, la terra ha...che gli succede, se lo porta via...
quel sangue è inutile, e il soldato è inutile,
sarà per sempre inutile, un eterno disertore.

E ora ce ne stiamo là e si vorrebbe dare un giudizio,
questa cosa non si fa, così non muore un uomo,
se non che quel corpo bagnato, quel corpo là disteso
non desta nessun giudizio e più nessuna saggezza.

Chi mai lo aiutò, chi mai gli diede un vestito
quando nella notte sedeva su un tavolaccio e non poteva dormire,
a volte siamo stranieri, indifferenti come quell'acqua
e poi a fucilate, a fucilate si uccide un nostro compagno.

25/12/2006 - 19:41




Lingua: Ceco

Gli accordi per chitarra della canzone, da questa pagina
 Ami       D          Ami          D
1. Stál voják na dešti a bylo to už k ránu,
Ami D C Cdim E7
stál voják na dešti a hlídal zbrojní sklad,
Ami G F Dmi C E7
stál voják, stál tam sám, pršelo do kaštanů,
Dmi Ami
malounko svítalo, šli ho už vystřídat.


2. Vzal voják samopal, dal do úst hlaveň tmavou,
a byl ten polibek hořký a ledový,
co mu tam na dešti v té chvíli táhlo hlavou,
od toho vojáka nikdo se nedoví.

3. Leží a nedýchá, liják mu ránu myje,
krev bloudí, země má, co s ní - nu jen ji ber,
je zbytečná ta krev, i voják zbytečný je,
navždycky zbytečný, navždycky dezertér.

4. A my tu sedíme a soudit by se chtělo,
tohle se nedělá, tak neumírá muž,
jenže to promoklé, to natažené tělo
nevzbudí žádný soud a žádná moudrost už.

5. Kdopak mu pomohl, kdopak mu ruku podal,
když v noci na pryčně seděl a nemoh' spát,
tak někdy cizí jsme, lhostejní jak ta voda,
a pak se na dešti zastřelí, zastřelí kamarád ...

inviata da Riccardo Venturi - 25/12/2006 - 19:43




Lingua: Francese

Version française – DÉSERTEUR – Marco Valdo M.I. – 2014
d'après la version italienne de Riccardo Venturi d'une
Chanson tchèque – DEZERTÉR – Jaromír Nohavica – 1982

Texte de Jiří Šotola
Musique de Jaromír Nohavica

Nous croyons que cette chanson, sur un texte du poète Jiří Sotola et sur l'air d'une chanson populaire, est vraiment un des moments les plus élevés de l'art du grand Jarek Nohavica. Un soldat de garde tout seul, dans la nuit, sous la pluie, qui choisit peut-être la forme extrême de rébellion, de désertion, de dire « Je ne marche pas » : se tuer. Porter l'arme à la bouche en un « baiser glaçant » et se flinguer. Par l'auteur de la version tchèque du Déserteur. Personne ne peut savoir ce qui, alors, s'est passé dans la tête du soldat, dans cette nuit de solitude ; quelles pensées, quelles angoisses, quelles rages. Il est certain que cette chanson nous rappelle beaucoup, trop d'épisodes du genre arrivés réellement. Car il peut se passer qu'une personne en proie à mille problèmes, de quelque nature, ou simplement au mal de vivre, soit en même temps appelée « à servir la patrie », comme on dit, et à devoir passer une soirée sous la pluie à une garde d'inutiles, de stupides armureries loin d'un amour, d'un travail, d'une famille ou qui sait quoi qui s'en vont à la dérive. Le fameux « devoir », un « devoir » inutile qui ne tue pas seulement avec la guerre, mais même avec l'éloignement des choses vraiment importantes dans la vie d'une personne. Mais face à un épisode du genre, semble nous dire Nohavica, chaque jugement est inutile et risque d'être seulement une série de banalités. Car, au fond, nous sommes des étrangers. Indifférents au désespoir d'autrui, comme la pluie battante qui tombe sur chaque chose, en ne s'en souciant pas le moins du monde ; mais qui a, ajoutons-nous, au moins l'excuse d'être seulement pluie, et pas un être humain. [RV]

Juste deux mots pour indiquer que cette chanson de Nohavica est généralement connue sous le titre de Dezertér... raison pour laquelle je lui rends son titre, au moins dans la version française : DÉSERTEUR ; un titre qui dans les Chansons contre la Guerre s'impose... Ceci dit, cet éternel déserteur ou ce déserteur pour l'éternité vient de la Tchécoslovaquie de 1982 (sans doute même d'avant) et à l'époque, il n'était pas de bon ton, sinon pire, de parler de désertion, l'armée étant un des piliers de la nation et du système – peu importe le système. Dézerter, c'est net quand on entend la chanson, c'est bien le mot, l'essence du poème de Jiří Šotola et c'est à l'audition, le mot qui ressort. On ne peut donc esquiver la parenté avec celui de Boris Vian, qui inaugura les CCG. Mais si le Déserteur de Vian était un Déserteur en quelque sorte putatif, celui-ci est un déserteur accompli, complet, terminé, selon la définition du mort par le même Vian, dans « L'Herbe rouge » : « On n'est pas complet quand on n'est pas mort » ; bien entendu, la sentence vaut pour tout le monde. Et puis, comme le soldat en question est n'importe quel soldat, car n'importe qui aurait pu et pourrait faire ce qu'il a fait... j'ai pensé au soldat de Ramuz.

Je me souviens très bien de ce soldat et de la musique de Stravinski. Un opéra appelé « L'Histoire du Soldat »...

Donc, tu connais cette marche du soldat qui l'introduit :
« Entre Denges et Denezy,
Un soldat qui rentre chez lui...
Quinze jours de congé qu'il a,
Marche depuis longtemps déjà.
A marché, a beaucoup marché.
S’impatiente d’arriver,
Parce qu’il a beaucoup marché... »
Ainsi, tu peux voir d'où vient le fait que j'ai fait disparaître l'article comme Georges Pérec fit disparaître la lettre « e » dans son roman « La Disparition ». Je te montre le premier couplet :

« Soldat sous pluie, déjà presque matin
Soldat sous pluie surveille dépôt d'armes,
Soldat là, pleut à verse
Déjà un peu jour, relève vient... »

Pour finir, quelques mots de présentation de l'auteur Jiří Šotola, qui somme toute mérite d’être connu lui aussi. Vers la fin des années 1960, Jiří Šotola se tourne vers la prose. Mais suite à l'écrasement du « Printemps de Prague », son premier roman ne sera pratiquement pas distribué et son auteur se verra réduit au silence jusqu'à son « autocritique », publiée au début de 1975. Ce roman,  Tovaryšstvo Ježíšovo (La Nuit baroque, 1969), bien que situé au XVIIe siècle, au moment où le pouvoir impose de force à la Bohême protestante la religion catholique par l'intermédiaire de la Compagnie de Jésus, n'est pas sans évoquer la mise au pas, après 1968, de la Tchécoslovaquie par un pouvoir étranger. Jiří Šotola s'inspire des faits historiques pour mieux cerner les problèmes du présent. La plupart de ses héros sont des petites gens. Marionnettes broyées par la Grande Histoire, qui essayent en vain, tantôt de la fuir, comme le héros tragi-comique de son roman Kuře na rožni (Les Jambes c'est fait pour cavaler), publié d'abord en samizdat – édition clandestine, en 1974. On pourrait dire un dissident, un résistant.

Ainsi, dit Lucien l'âne, voici deux nouveaux résistants tchèques qui viennent rejoindre Chveik le soldat à la capacité de résistance infinie. Ce que nous devrions faire aussi si l'on en croit la devise que nous avons été chercher en Italie : Ora e sempre : resistenza ! À propos du sens de « La Nuit Baroque » (Tovaryšstvo Ježíšovo) de Jiří Šotola dans lequel on voit la Compagnie de Jésus instaurer par la force et par la ruse son ordre noir (et catholique) sur la Bohème de Huss, il est intéressant de remarquer que cette même Compagnie conquérante, colonisatrice et dictatoriale vient de placer un des siens (et pour la première fois) à la tête de l'ÉCAR – Église Catholique Apostolique et Romaine. La chose est plus qu'inquiétante, les Jésuites sont une armée et un ordre combattant... Il est utile de lire ou de relire cette « Nuit Baroque ». Quant à nous, hic et nunc, ici et maintenant, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce monde suicidaire, assassin, militarisé et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.
DÉSERTEUR

Soldat sous pluie, déjà presque matin
Soldat sous pluie surveille dépôt d'armes,
Soldat là, pleut à verse
Déjà un peu jour, relève vient.

Soldat prend fusil, porte canon à bouche
Amer baiser de glace,
Ce qui passe par tête,
Nul ne peut savoir, vraiment personne.

Étendu, ne respire pas, pluie lave blessure,
Sang coule, terre… avale, terre emporte…
Sang inutile, soldat inutile,
Pour toujours inutile, éternel déserteur.

Maintenant on est là et on voudrait donner un avis,
Ça ne se fait pas, un homme ne meurt pas ainsi,
Pour ce corps étendu là, ce corps humide,
Pour lui, aucun jugement, aucune sagesse.

Qui jamais lui donna un vêtement, qui l'aida vraiment
Les nuits où assis sur le lit, se sentait malade,
Parfois nous sommes étrangers, indifférents
À coups de fusil, de fusil, on tue nos camarades.

inviata da Marco Valdo M.I. - 17/7/2014 - 20:54


Je comprends bien que la situation soit un peu embrouillée, dit Lucien l'âne, et même très confuse. Car en réalité et en tchèque, cette chanson qui dans les Chansons contre la Guerre est intitulée : « Stál voják na dešti », est mieux connue sous celui de « Dezertér ». Comme il est dit dans le commentaire à la version française, le titre tchèque de la chanson et du poème de Jiří Šotola est très exactement Dezertér.

http://1.bp.blogspot.com/-2X39VXmAKG8/U8glU4HiwSI/AAAAAAAABTs/sXlojwnkRv8/s1600/deserter+.jpg



Dans les programmes de concerts et dans les interprétations publiques de Nohavica, c'est également ce titre de Dezertér qui est repris. Bref, cette chanson s'intitule tout simplement Dezertér et est connue sous ce nom dans son pays. Voici quatre extraits de récitals de Nohavica sur une période de plus de 20 ans où il interprète sous ce titre la chanson tirée du poème de Sotola.

http://www.nohavica.cz/cz/tvorba/archiv/dezerter/dezerter_1982.mp3
http://www.nohavica.cz/cz/tvorba/archiv/dezerter/dezerter_2005.mp3

http://www.nohavica.cz/cz/tvorba/archiv/dezerter/dezerter1990.wmv
http://www.nohavica.cz/cz/tvorba/archiv/dezerter/dezerter2005.wmv

La présenter sous un autre titre a la conséquence fâcheuse de rendre bien difficile à ceux qui en cherchent une traduction de la retrouver...

Quid de la version tchèque du Déserteur de Boris Vian, chantée elle aussi par Jahomir Nohavica, et reprise comme telle dans les versions de la chanson française ?
Eh bien, il faut se rendre à l'évidence... Son titre exact est « PÁNOVÉ NAHOŘE », chantée elle aussi depuis 1982. Son titre me semble repris lui du poème de Miloš Rejchrt (1965) et me semble devoir se traduite par : « Monsieur le Président » ou quelque chose d'approchant – les premiers mots de la chanson de Boris Vian.

À mon sens, il y a lieu de rectifier...


Bien cordial


Lucien Lane

Lucien Lane - 18/7/2014 - 11:05



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