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Le Chat et la Locomotive

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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(Marco Valdo M.I.)


Le Chat et la Locomotive

Canzone léviane – Le Chat et la Locomotive– Marco Valdo M.I. – 2009
Cycle du Cahier ligné – 75


Le Chat et la Locomotive est la septante-cinquième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

Salut à toi, Lucien l'âne venu sur tes sabots de lave depuis le bout le plus lointain des temps du monde, dit Marco Valdo M.I., as-tu déjà réfléchi à ceci que toutes ces canzones dont nous parlons et nos versions de chansons d'autres mains se tiennent et s'entrecroisent en une sorte de grande tapisserie, en une sorte de roman ou d'opéra dont tu serais avec moi le protagoniste et dans ton cas, je n'hésiterais pas à dire le porteur majeur.

C'est bien normal, rappelle-toi Marco Valdo M.I., que nous revendiquons notre qualité de tisserands du linceul de ce vieux monde gangrené et cacochyme. Cependant, à dire la vérité, j'y avais bien songé quelquefois à cette idée, mais je la trouvais un peu biscornue, dit Lucien l'âne en se dandinant des épaules dans un petit mouvement rythmique qui rappelle le Park, park du chat de la canzone. Mais quand même...

Ce n'est pas tout, prenons l'exemple de ce park, park du chat et tout ce qui s'ensuit, il sort – ce chat – directement du Quaderno de Carlo Levi. Par contre, si tu prends le chat et la locomotive, on pourrait aussi bien y voir une sorte de synthèse de certaines des – disons – figures centrales de ce site et en fait, c'est bien le cas... Pour le reste, on retrouve cette méditation, ce songe ininterrompu du guerrier-prisonnier-blessé-allongé-isolé qui, comme on l'a déjà supputé, lui sert à résister à la pression, à la peur, à l'ennui, à la solitude qui pèsent sur lui.

Autre chose, dit Lucien l'âne en se frottant le menton sur le genou gauche, ça me démange, excuse-moi, j'ai comme un chatouillis en dessous du menton et ça me démange... Alors, je voudrais te faire remarquer autre chose... J'ai parfois, et même souvent à vrai dire, la sensation au moment-même où tu me présentes une canzone – et je n'ose pas trop le dire – qu'elle n'est pas comme elle devrait être, qu'en somme, elle comme ratée ou insignifiante et j'imagine parfois de te demander de ne pas la publier...

Tu dis vrai, Lucien mon ami, dit Marco Valdo M.I., moi aussi, j'ai des fois cette sensation... Mais je me dis que toute canzone a du sens et qu'une fois écrite, ce qui est un travail long et difficile, il faut – comme pour certains vins ou, excuse-moi de parler pour moi, comme pour certaines dames – lui laisser le temps de se donner. Partant de là, je retourne parfois revoir des canzones plus anciennes et en quelque manière, voir comment elles se portent. Et là, j'ai souvent de bonnes surprises... et j'en suis à la fois ravi et tout étonné. Cependant, il faudra voir avec le temps, si elles pourront garder cette fraîcheur ou si elles vont comme les fleurs se faner et tomber dans la poussière.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Dans la maison de Ferruccio
On parle de musique
Réunion de familiers et de vieux amis
Assis sur une chaise longue
Avec une couverture beige sur les genoux,
Un peu plus tard, sur un train très rapide
Debout dans le couloir, je regarde,
Par la fenêtre grande ouverte.
"Jette un coup d'œil à gauche !".
Personne ne s'est aperçu de rien.
Le train longe un long moment une longue voie
Où s'avance une longue locomotive à la cheminée longiligne
Surmontée d'une étoile dorée
Et de bouffées blanches. Pouf, pouf, pouf.
Elle entraîne sur trois wagons
Un groupe d'animaux : un vieux chien jappant
Une girafe, un loup, un tigre, un éléphant
Quelques fennecs, un hippopotame et un varan.
Le train avance
Précédé d'un chat qui marche à reculons,
Debout sur ses pattes postérieures,
Qui psalmodie sans interruption.
Rythmiquement, comme une prière,
Une litanie qui simule le bruit d'une locomotive
"Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke…"
La scène est gracieuse comme une caricature anglaise
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...
Soudain une voyageuse, une grosse dame,
Avec des sourcils fort épais et pileux
Et de grosses lunettes,
Dans les affaires et riche
Persuadée aussi d'être séduisante, dit :
" Vous savez, Messieurs, les dernières nouvelles ?
Je ne suis pas Sarde, je suis de Paris,
Mais le Pape sera très bien à Cagliari
Où je vais souvent pour le commerce des cochons… »
Le groupe des animaux s'avance
Le chat dit soudain
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...
L'avion plonge
Tac, tac, tac, tac, tac
L'avion lâche ses bombes
Boum, crac, lumière, fureur, débris, poussière
Le train déraille,
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...
Le machiniste se met à rire,
Les animaux sont blessés.
La machine revient sur sa vieille voie,
Les blessés sont remis d'aplomb,
Le chat recommence à murmurer à reculons
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...
Et tous ensemble,
Dans un nuage de vapeur ferroviaire
S'en vont se perdre du côté de la mer.
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...
Les gens partent pour les congés
À une heure moins le quart
Avec un Niagara de voitures
Et trente cinq degrés
C'est l'heure où on a
La prétention d'exister et d'être quelque chose
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...
Et l'or des Atrides reste
Un masque intact.
Parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke, parke...

inviata da Marco Valdo M.I. - 6/1/2010 - 21:08


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