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La semaine sanglante

Jean-Baptiste Clément


Lingua: Francese


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[1871]
Paroles de Jean-Baptiste Clément
Sur l'air du "Chant des paysans" de Pierre Dupont

Testo di Jean-Baptiste Clément
Sull'aria del "Chant des paysans" di Pierre Dupont

La Semaine Sanglante et la fin de la Commune. Paris, 22-29 mai 1871.
La Semaine Sanglante et la fin de la Commune. Paris, 22-29 mai 1871.


La canzone fu scritta da Clément nel giugno 1871, in piena e sanguinosa repressione della Comune di Parigi e subito dopo la "Settimana di sangue" (22-29 maggio) che aveva segnato il ristabilimento del potere dei "Versagliesi" di Adolphe Thiers.

Dopo che i Comunardi ebbero tenuto la capitale per due mesi, i centomila uomini di Thiers riconquistarono Parigi strada per strada e casa per casa, dal 22 al 29 maggio. La repressione fu spietata: si ebbero almeno trentamila morti. [RV]

“J'étais encore à Paris quand je fis cette chanson. Ce n'est que quelques semaines plus tard que je pus gagner la frontière et me réfugier en Angleterre. De l’endroit où l'on m'avait recueilli et où je restai du 29 mai au 10 août 1871, j'entendais toutes les nuits des coups de fusil, des arrestations, des cris de femmes et d'enfants. C'était la réaction victorieuse qui poursuivait son oeuvre d'extermination. J'en éprouvai plus de colère et de douleur que je n'en avais ressenti pendant les longs jours de lutte.”




“Ero ancora nascosto a Parigi quando ho fatto questa canzone. E’ stato solo un paio di settimane più tardi che ho potuto varcare il confine e rifugiarmi in Inghilterra. Dove mi avevano accolto e dove soo rimasto dal 29 maggio al 10 Agosto 1871, ho sentito ogni notte spari, arresti, grida di donne e bambini. Era la Reazione vittoriosa che continuava la sua opera di sterminio. Mi sentivo in corpo ancora più rabbia e dolore di quelli provati durante i lunghi giorni di lotta.”

Jean-Baptiste Clemént in “Chansons de Jean-Baptiste Clemént”, Parigi, 1885

(Bernart Bartleby)
Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblant.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

Les journaux de l’ex-préfecture,
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par l’aventure,
Les complaisants, les décorés
Gens de Bourse et de coin de rues,
Amants de filles au rebut,
Grouillent comme un tas de verrues,
Sur les cadavres des vaincus.

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ceux qu’on ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d’empereurs.

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance
Et Saint Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

Demain les manons, les lorettes
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tampbours
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusques à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail ?

Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

inviata da Riccardo Venturi




Lingua: Italiano

Versione italiana ripresa da Comunisti Alto Friuli.

Lo spartito de La semaine sanglante
Lo spartito de La semaine sanglante
LA SETTIMANA DI SANGUE

Tranne spioni e gendarmi
Vedi soltanto per le vie
I vecchi tristi fino al pianto
Vedove e orfani
Parigi trasuda di miseria
Persino i ricchi sono tremanti
Consigli di guerra ogni momento
E il lastricato è sanguinante

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

I giornali dell'ex-prefettura
I pirati, i mascalzoni
Gli arricchiti per puro caso
I compiacenti, i decorati
Gente di borsa e dei meandri
Amanti di donne tra i rifiuti
Brulicano come tanti vermi
Sopra i cadaveri dei vinti

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

Si bracca, si arresta, si fucila
La gente raccolta senza ragione
La madre accanto alla sua figlia
Il bimbo in braccio all'anziano
Le leggi della bandiera rossa
Sono rimpiazzate dal terrore
Di tutti i rifiuti di casino
Servi di re e d'imperatore

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

Rieccoci in mano ai gesuiti
Ai Mac-Mahon, ai Dupanloup
Pioverà l'acqua benedetta
Le chiese faranno affari d'oro
Da domani, in grande festa
Sant’Eustacchio e l’Opera
Si rifaranno concorrenza
E la galera si riempirà

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

Domani tutte le puttane
E le signore dei bei quartieri
avranno sulle camicette
Dei fucilini e dei tamburi
Tutto sarà in tricolore
I piatti del giorno e le medaglie
Mentre il grande eroe Pandore
Farà sparare ai nostri figli

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

Domani la stirpe dei poliziotti
Rifiorirà sul marciapiede
Fiera d'aver ben meritato
Con la pistola in bella mostra
Senza pane, lavoro e armi
Saremo di nuovo governati
Dagli spioni e dai gendarmi
Dagli assassini e dai curati

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

Il popolo sarà sempre inchiodato
al suo collare di miseria?...
Fino a quando i militari
trionferanno per le strade?...
Fino a quando la sacra cricca
ci crederà un vile bestiame?
Quando verrà la Repubblica
della giustizia e del lavoro?

Sì, ma...
Ciurla nel manico
I brutti giorni finiranno
E occhio alla vendetta
Quando tutti i poveri ci si metteranno!

inviata da Riccardo Venturi - 26/6/2005 - 19:24




Lingua: Francese

Alcune strofe da aggiungere sulla stessa aria, opera della Chorale des Chants de la Rue.

Autres couplets à ajouter selon le thème, par la Chorale des Chants de la Rue.
Nous voilà rendus aux évêques,
aux Jean-Paul II et aux Lefèbvre
Il va pleuvoir des eaux bénites
Les troncs vont faire un argent fou.
Jusqu'à quand les intégristes
vont-ils régir l'cours de nos vies
avec Travail, Famille, Patrie
comme au bon vieux temps de Vichy

A part des flics et des vigiles,
On ne voit plus dans les villes,
Que des chômeurs ou des précaires,
Des SDF ou des mendiants.
Le monde suinte la misère,
Les heureux même sont tremblants
La mode est au conseil de guerre,
Les riches contre les prolétaires.

Les gens de Bourse, les actionnaires,
Les exploiteurs et les vendus,
Les profiteurs de la misère,
Les complaisants, les parvenus,
Capitalistes planétaires
Et leurs larbins et leurs sicaires,
Grouillent comme un tas de verrues
Sur les cadavres des vaincus.

inviata da Riccardo Venturi - 20/8/2005 - 23:40


Ciao, hanno seganalato a ilDeposito.org che la traduzione del ritornello non sarebbe corretta, e che l' espressione "Ça branle dans le manche" andrebbe tradotta con "Tutto può cambiare". Che dite? Certo che "Ciurla nel manico" è più colirita, ma in effetti quale sarebbe il senso?
Un abbraccio
Roberta

Roberta - 2/2/2012 - 15:32




Lingua: Catalano

LA SETMANA SAGNANT

Deixant de banda els policies,
els confidents i els assassins,
només es veuen vells plorosos,
orfes i vídues pels camins.
París transpira sols misèria,
tothom tremola enmig del fang,
i van caient consells de guerra,
i els carrers baixen plens de sang.

Però,
no és morta l'esperança:
els temps dolents acabaran.
I compte amb la venjança
quan tots els pobres s'alçaran,
quan tots els pobres s'alçaran!

I així ens empaiten i afusellen,
i a aquell qui els plau li fan la pell.
Maten la mare com la filla.
Maten l'infant, maten el vell.
L'estendard roig ja no flameja,
substituït pels tres colors,
i pel terror que ara ens imposen
servents de reis i emperadors.

Ens han lliurat als jesuïtes,
als Mac Mahon i a altres bergants.
Caurà un ruixat d'aigua beneita,
s'enriquiran els capellans.
Des de demà, veurem com l'Òpera
torna a exhibir luxe i diners,
i a les presons, que s'omplen i omplen,
no hi haurà lloc per ningú més.

I florirà demà la bòfia
un altre cop aquí i allà,
amb un esguard ple d'arrogància
i sempre a punt per disparar.
Sense treball ni pa ni armes,
tindrem de nou com governants
els delators i els policies,
els militars i els capellans.

Fins quan el poble miserable
serà oprimit, serà un esclau?
Fins quan els amos de la guerra
podran barrar el pas a la pau?
Fins quan ens tractarà l'Església
com al bestiar i a cops de mall?
Quan farem néixer la República
de la Justícia i el Treball?

26/10/2014 - 21:25


Vorrei ricordare la cara Lindsay Cooper con immutato affetto da questo sito, proponendo la Canzone dei Contadini, scritta e musicata nel 1849 da Pierre Dupont e che lei ha arrangiato e riproposto nel suo primo disco "Rags"(che tratta delle inaccettabili condizioni di lavoro femminile nell'industria tessile nell'Inghilterra vittoriana) con Sally Potter al canto.


1848: La Chanson des Paysans

Quand apparut la République
Dans les éclairs de Février,
Tenant en main sa longue pique,
La France fut comme un brasier :

Dans nos vallons et sur nos cimes
Verdit l'arbre de liberté ;
Mais les quarante-cinq centimes
Et Juin plus tard ont tout gâté.

Oh ! quand viendra la belle ?
Voilà des mille et des cents ans
Que Jean-Guêtré t'appelle,
République des paysans !

La terre va briser ses chaînes,
La misère a fini son bail ;
Les monts, les vallons et les plaines
Vont engendrer par le travail.

A bas les menteurs et les traîtres,
Les tyrans et les usuriers !
Les paysans seront les maîtres,
Unis avec les ouvriers.


testo completo della canzone originale:
Le Chant des paysans

Quand apparut la République
Dans les éclairs de Février,
Tenant en main sa longue pique,
La France fut comme un brasier :
Dans nos vallons et sur nos cimes
Verdit l'arbre de liberté ;
Mais les quarante-cinq centimes
Et Juin plus tard ont tout gâté.

Oh ! quand viendra la belle ?
Voilà des mille et des cents ans
Que Jean-Guêtré t'appelle,
République des paysans ! (bis)

Mais ce beau feu s'écroule en cendre ;
Le diable en passant l'a soufflé,
Le crédit n'a fait que descendre,
Et l'ouvrage est ensorcelé ;
La souffrance a fait prendre en grippe
La jeune Révolution
Comme le vieux Louis-Philippe,
Et nous nommons Napoléon.

Napoléon est sur son siège,
Non point l'ancien, mais un nouveau
Qui laisse les blés sous la neige
Et les loups manger son troupeau,
Quand l'aigle noir fond sur les plaines,
Terre d'Arcole et de Lodi,
Il se tient coi... dedans ses veines
Le sang du Corse est refroidi.

Que va donc devenir la France,
Si rien n'en sort à ce moment
Où le cri de l'indépendance
Nous appelle au grand armement ?
Soldats, citadins, faites place
Aux paysans sous vos drapeaux ;
Nous allons nous lever en masse
Avec les fourches et les faux.

Les noirs et les blancs sans vergogne
Voudraient nous mener sur Paris,
Pour en faire une autre Pologne,
Et nous atteler aux débris :
A bas les menteurs et les traîtres,
Les tyrans et les usuriers !
Les paysans seront les maîtres,
Unis avec les ouvriers.

La terre va briser ses chaînes,
La misère a fini son bail ;
Les monts, les vallons et les plaines
Vont engendrer par le travail.
Affamés, venez tous en foule
Comme les mouches sur le thym ;
Les blés sont mûrs, le pressoir coule :
Voilà du pain, voilà du vin !

Flavio Poltronieri - 15/12/2015 - 22:43


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