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L'aube

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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L’AUBE
Chanson française – L'aube – Marco Valdo M.I. – 2009

Cette canzone est une évolution d'une canzone léviane que Marco Valdo M.I. avait écrite à partir d'un passage de L'Orologio, roman étonnamment poétique de Carlo Levi. Cette évolution se justifie par le contexte auquel renvoie la jeunesse de Carlo Levi – le Turin de la guerre (1915 sqq) où le jeune Carlo (lycéen – il était né en 1902) le nez sur les Alpes et les grands massacres sur fond blanc prenait le parti du refus de cette guerre. Il avait de l'ascendance, sa mère était la sœur de Claudio Treves, pacifiste convaincu.
Cependant, il ne s'agit que d'une évolution, car le jeune Carlo à ce moment de sa vie était trop âgé pour être l'enfant ici évoqué; de plus, son père n'était pas mort à ce moment. C'est donc la reconstruction d'une enfance hypothétique, mais vraie, de cette vérité poétique, plus vraie d'être inventée. Mais combien y en eût-il de ces bambins orphelins perdus, éperdus qui cherchaient la consolation - la leur et celle de leur mère – dans les effusions des matins blancs ?
La canzone continue.
L'enfant a vieilli; l'enfant se souvient. L'enfant est-il devenu un de ces partisans, dans le blanc des Alpes ? Où sont-ce d'autres grondements qu'il entend ? D'où viennent-ils ? D'où reviennent-ils tout le temps ? D'ici, d'ailleurs ou d'autre part. Deux choses : primo, le malheur qui frappa l'enfance perdure tout au long de la vie – à en mourir; secundo, jusqu'à présent (guerre de cent mille ans ?) toujours dans le lointain reprennent les grondements. Regret de l'enfance, regrets de l'absent, serait-ce cette obsession qui réveille les grondements ?
La guerre se poursuit dans la mémoire; elle n'a jamais fini.

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.
A l’aube
Quand j’étais gamin
A l’aube de ma vie
Mon plaisir
Mon vrai grand plaisir
A l’aube
Mon plaisir de roi
A l’aube
Mon plaisir à moi
Était
D’aller dans le lit de maman
Quand mon père était en voyage
D’aller
A l’aube
Quand j’étais gamin
Dans le lit de ma maman
A l’aube
Quand Papa était au front
A l’aube
Quand Papa était ailleurs
A peine éveillé
Au matin
Sorti de mon lit-cage
Comme d'une tranchée
Je m'élançais
Comme de la tranchée de Papa.
Et, je sautais
Dans le vrai lit
Dans ce gigantesque lit
Sans limites
Dans cet immense lit
Cette grande mer calme
Cette plaine océanique
Ce Pays enchanté des blanches collines de lit
Blanches comme les sommets des Alpes
Où Papa se battait.

La tête sous
Les draps de lin
La tête sous
Les draps de lit
A l’aube
A l'heure de l'assaut
A l'heure où l'on fusille
Sonnaient les clairons
Crépitaient les mitrailleuses
Roulait la canonnade
A présent
A l’aube levée
Dans la tranchée,
l'obus est tombé
Papa s'est couché
Il ne s'est plus relevé.
De l'autre côté de l'enfer.
Il était sous terre.
Moi, j'étais au paradis
Dans la grotte merveilleuse
Dans la caverne des origines
Dans ce paradis de l’aube
Perdu pour toujours, maintenant
Et cependant, pour toujours
A l’heure de l’aube
Dans le lointain reprennent les grondements
Mon enfance à présent
Lointaine
Mon enfance si lointaine.
Dès l’aube levée,
Sur les mêmes montagnes blanches,
Dans le lointain reprennent les grondements.

inviata da Marco Valdo M.I. - 3/1/2009 - 21:41


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