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60 anni

Talco


Lingua: Italiano


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2004
Tutti Assolti

Talco
Ho 60 anni tra lutti e prigioni
ormai risucchiato dal vil capital
piegato in lager di sbirri e massoni
bombe e assassini senza identità
Ho pagato colpe di preti e padrini
e carceri e ghetti ricolmi d'idee
Sogni traditi volar da finestre
e dogmi corrotti protetti ad Hamamet.

Ho pianto voti e ideali svenduti ad un american
ho barattato il mio dio col potere di un democristian
Vidi l'inganno e l'odio qualunquista
sparar nel ventre dell'utopia
E l'orda funesta del germe centrista
crebbe dal marcio della borghesia.

Ho visto ancora giudici ingrati
pagare cara lo lor dignità
E ebbri templari con scudi crociati
giù nella bolgia dell'immunità
Baciai le mani a piduisti potenti
ricchi plutocrati, guerrafondai
Comprai i miei voti a lupara e tangenti
succhiai la vita a studenti e operai.

Quando il silenzio è un dolore assopito in un sordo ideal
quando lo spettro di antichi tormenti riecheggiano lontan
rivedo il male negli occhi bendati
d'odio squadrista e nera nostalgia
rivedo Scelba e la piovra fascista
lungo le insegne della polizia.

8/8/2007 - 18:24



Lingua: Francese

Version française – 60 ANS – Marco Valdo M.I. – 2010
Chanson italienne – 60 Anni – Talco


Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson à clefs ou à tout le moins, une chanson pour laquelle il faut deux ou trois compléments d'explication... Je te dis tout de suite qu'à mon sens, le personnage qui parle n'est autre que le peuple italien lui-même...

J'imagine bien, dit Lucien l'âne, et j'aimerais au moins que tu me dises le sens de certains mots que je ne trouve pas au dictionnaire courant... Je ne parle pas des allusions à des personnages politiques précis... Mais de ces mots qui ont l'air tout à fait communs... comme piduiste, lupara, ou qualunquiste... qu'à mes yeux, tu n'as pas véritablement traduits comme tu l'aurais dû.

Tu as raison, Lucien mon ami l'âne, d'abord dans ta distinction entre les allusions à tel ou tel personnage et les noms communs. Pour ces derniers, je ne les ai pas traduits, dis-tu, comme j'aurais dû. Je sais bien que ce n'est pas un reproche, mais quand même... Je vais prendre la peine d'y répondre comme si c'en était un. Je n'ai pas traduit ces mots... Tout simplement car on ne peut les traduire; ils n'ont pas d'équivalents en français. Voilà qui complique singulièrement les choses... et dans ce cas, la meilleure solution est de conserver le mot et de l'importer tel quel en français. C'est le cas de nombre de mots italiens; par exemple : spaghetti, macaroni, tartufo, tifosi... ou d'autres langues comme bistro, caméra, matador... Comme ils n'avaient pas d'équivalents, il a bien fallu les utiliser tels quels ou légèrement transformés. C'est le cas ici de qualunquiste, de squadriste et de piduiste. Alors, on y va : qualunquiste – littéralement : je m'enfoutiste, mais il a un sens précis en politique en Italie (et sans doute ailleurs), c'est le n'importe quoi, la débrouille, le n'importe comment du moment qu'on arrive au pouvoir et quand on y est arrivé, on y reste. C'est à la fois, l'arrivisme, l'opportunisme, le populisme et ensuite, toutes les dérives qu'on peut voir et celles qu'on ne peut pas voir. Et bien, je n'ai pas de mot pour ça. Donc, j'ai francisé le mot italien. Squadriste est aussi un mot très précis et politique : c'est en fait un de ces nervis fascistes, un membre d'une bande de cogneurs, de tueurs fascistes... Quant à piduiste, il renvoie au même univers des zones noires du pouvoir en Italie : c'est un membre de la Loge P2, une loge maçonnique dévoyée par des arrivistes et des gens malades de la richesse et du pouvoir. Si tu veux des noms, il te faudra lire l'actualité présente en Italie... Tu en trouveras plein de ces gens-là aux premières pages des journaux... En clair – et provisoirement, il faut l'espérer – ceux-là tiennent le haut du pavé. C'est en fait ce système et ce régime du « n'importe quoi pourvu que je reste au pouvoir » que dénonce cette chanson.

Et la lupara ?, demande l'âne Lucien. Tu ne m'as rien dit de la lupara...

C'est normal, on ne parle jamais de la lupara... Je veux dire, on n'en parle pas dans le pays où elle est utilisée... Mais si je devais traduire ce mot, je devrais dire « fusil à canon scié » ou quelque chose du genre... Cependant, çà n'aurait pas le même sens, la même connotation disons sociale, politique ou de menace. C'est en quelque sorte l'instrument de travail des tueurs mafieux... C'est donc aussi une manière de dénoncer la mafia et ses méthodes criminelles et crapuleuses. Alors, on garde le mot lupara...

Décidément, dit Lucien l'âne, ce monde est encore plus tordu, plus en décomposition et plus cacochyme que je ne le pensais.. Viens, mon ami Marco Valdo M.I., il nous faut aller lui tisser son linceul.

En Sicile, comme ailleurs, conclut-il, Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
60 ANS

J'ai soixante ans de deuils et de prisons
Désormais ravagé par ce capital anonyme
Piégé dans un lager de flics et de maçons
De bombes et d'assassins sans patronymes
J'ai payé des fautes de prêtres et de parrains
Et des prisons et des ghettos remplis d'idées
Des rêves trahis envolés des fenêtres
Et des dogmes corrompus protégés à Hamamet.

J'ai pleuré votes et idéaux vendus à un Américain
J'ai échangé mon dieu contre le pouvoir d'un démochrétien
Je vis l'erreur et la haine qualunquiste
Tirer dans le ventre de l'utopie
Et la horde funeste du germe centriste
Croître sur la pourriture de la bourgeoisie

J'ai vu encore des juges ingrats
Payer cher leur dignité
Et des templiers ivres avec leurs écus croisés
Tomber dans la fosse de l'immunité
Tu as baisé les mains de puissants piduistes
De riches ploutocrates, de fauteurs de guerre
Tu as acheté mes votes à la lupara et aux pots de vin
Tu as sucé la vie aux ouvriers et aux étudiants

Quand le silence est une douleur assoupie dans un idéal sourd
Quand le spectre des anciens tourments résonne au loin
Je revois le mal dans les yeux brillants
De haine squadriste et de noire nostalgie
Je revois Scelba et la pieuvre fasciste
Le long des enseignes de la police.

inviata da Marco Valdo M.I. - 5/2/2010 - 16:05



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