Lingua   

L'omo e l'arbero

Trilussa


Lingua: Italiano (Romanesco)


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[1928-32]
Versi di Carlo Alberto Salustri, detto Trilussa, dalla raccolta “Giove e le bestie”, pubblicata nel 1932

Giove e le bestie

Messi in musica da Giuseppe Micheli nel disco “Trilussa e il suo tempo (e la sua Roma)”
Interpretazione di Alba Bosi, Marcello Baldassarini e i solisti del gruppo Folkloristico Romano.

Trilussa e il suo tempo (e la sua Roma)
Mentre segava un arbero d'olivo
un tajalegna intese 'sto discorso:
- “Un giorno, forse, proverai er rimorso
de trattamme così, senza motivo.

Perché me levi da la terra mia?
Ciavressi, gnente, er barbero coraggio
de famme massacrà come quer faggio
che venne trasformato in scrivania?”

- “Invece” - j'arispose er tajalegna -
“un celebre scurtore de cartello,
che lavora de sgurbia e de scarpello,
te prepara una fine assai più degna.

Fra poco verrai messo su l'artare,
te porteranno in giro in processione,
insomma sarai santo e a l'occasione
farai quanti miracoli te pare.”

L'arbero disse: - “Te ringrazzio tanto:
ma er carico d'olive che ciò addosso
nun te pare un miracolo più grosso
de tutti quelli che farei da santo?

Tu stai sciupanno troppe cose belle
in nome de la fede! T'inginocchi
se vedi che un pupazzo move l'occhi
e nun te curi de guardà le stelle!”

Appena j'ebbe dette 'ste parole
s'intravidde una luce a l'improviso:
un raggio d'oro: Iddio dar Paradiso
benediceva l'arbero cór sole.

inviata da Bernart Bartleby - 16/9/2017 - 20:45



Lingua: Francese

Version FRANÇAISE – L’HOMME ET L’ARBRE – Marco Valdo M.I. – 2018
Chanson italienne – L'omo e l'arbero – Trilussa – 1932
Poème de Carlo Alberto Salustri, dit Trilussa, tiré du recueil “Giove e le bestie”, publié en 1932
Mis en musique par Giuseppe Micheli dans le disque “Trilussa e il suo tempo (e la sua Roma)”
Interprétation : Alba Bosi, Marcello Baldassarini et les solistes du Gruppo Folkloristico Romano.

Dialogue Maïeutique

oliver pensant


Vois-tu, Lucien l’âne mon ami, «  L’HOMME ET L’ARBRE », est évidemment un sujet gigantesque à propos duquel il y aurait tant et tant à dire. On en disait déjà deux ou trois choses l’autre jour en discutant d’une autre chanson de Trilussa qui parlait d’un arbre qui faisait son testament (Er testamento d’un arbero).

Cet arbre-là était généreux, remarque Lucien l’âne, mais dans le fond, j’ai l’impression que tous les arbres ont toujours été généreux, même sans le savoir, comme le Monsieur Jourdain de Molière faisait de la prose. Ainsi, même un arbre mort est toujours généreux ; comme tous les morts, il offre son corps. De plus, des morts d’arbres, il y en a des millions, si ce n’est des milliards chaque année. Je me demande s’il restera encore quelque chose de l’Amazonie après la généreuse destruction qui s’annonce ; le résultat de cette curieuse alchimie où l’arbre vivant se transforme en profit mort et en terre battue sera probablement une sorte de Brésil chauve. La déforestation est pire que la guerre.

Tu ne crois pas si bien dire, Lucien l’âne mon ami. Pour en revenir à la chanson, elle prend la forme d’un dialogue enter un olivier, l’arbre nourricier de la Méditerranée, et son assassin avec en prime une intervention divinement ironique. En gros, l’imbécillité humaine veut sacrifier ce brave olivier, porteur de splendides récoltes pour en faire un saint de bois (ou plusieurs, qu’importe), star de la crédulité et de l’adoration des miraculeurs. Mais heureusement, le Dieu Soleil de son Paradis envoie un rayon d’or pour signifier son courroux et prendre la défense de l’olivier menacé de sainteté. On ajoutera que par ce même geste, le Dieu de ce Paradis Ensoleillé (n’est-ce pas le grand Rhâ lui-même ou sa réincarnation ?) met à mal la figure du saint, de tous les saints et par là, de la sainteté si chère à l’Église et à d’autres religions. Pourquoi chère à l’Église ? Dame, ce sont ses marionnettes qui dans son théâtre d’ombres égarent les hommes.

Hou-là, dit Lucien l’âne, on fit brûler des gens pour moins que ça et il n’y a pas si longtemps encore. Combien j’ai croisé d’histoires de saints sur ma route ? Je n’en sais plus rien ; mais, je me souviens très bien de combien elles étaient absurdes et ridicules. « Saint de bois, saint de fer, si tu ne crois pas, tu vas en enfer. » Bof, tissons le linceul de ce vieux monde majuscule, crédule, ridicule et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
L’HOMME ET L’ARBRE


Comme il sciait un olivier, un jour,
Un bûcheron entendit ce discours
- « Plus tard, peut-être, tu éprouveras du remords
De m’avoir conduit ainsi à la mort.

Pourquoi m’arraches-tu de ma terre ?
Aurais-tu cette rage barbare
De me massacrer comme ce hêtre
Qui fut transformé en secrétaire ? »

Le bûcheron répond aussitôt
« Au contraire, un sculpteur célèbre,
Un maître du ciseau et du marteau,
Te prépare une fin bien plus digne.

Sous peu, sur l’autel, on te mettra ;
On te portera en procession,
Tu seras un saint et à l’occasion,
Tu feras les miracles que tu voudras. »

L’arbre dit : « Je te remercie bien,
Mais la récolte d’olives que j’ai sur le dos
Ne te semble pas un miracle plus gros
Que tout ce que je ferais comme saint ?

Tu méprises trop de choses belles
Au nom de la foi ! Tu t’agenouilles
Dès que remue une gargouille
Et jamais, tu ne vois les étoiles ! »

À peine, ces mots dits
Qu’éclate une lumière sans pareille :
Un rayon d’or tombant du Paradis
Bénit l’arbre d’un clin de soleil.

inviata da Marco Valdo M.I. - 29/10/2018 - 17:02



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