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Al carcere

Tommaso Campanella


Lingua: Italiano


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[tra il 1594 ed il 1597]
Versi di Tommaso Campanella (1568-1639), filosofo, teologo, poeta e frate domenicano italiano.
Musica di Joe Fallisi (2007)

Tommaso Campanella, ritratto dal pittore Francesco Cozza intorno al 1630.
Tommaso Campanella, ritratto dal pittore Francesco Cozza intorno al 1630.


Una poesia che Tommaso Campanella scrisse all'epoca del suo terzo, e non ultimo, processo per eresia, quando si trovava nel carcere dell'inquisizione a Roma.
Il primo arresto di Campanella risale al 1591. Ne seguirono molti altri, e detenzioni, e terribili torture, fino alla condanna definitiva, nel 1599, al carcere a vita (scampò alla morte solo fingendosi pazzo). Poi 27 anni di prigionia a Napoli, all'inizio dei quali, nel 1602, scrisse la sua opera più famosa, “La Città del Sole”. Nel 1626 la scarcerazione, quindi la fuga in Francia nel 1634 e la morte pochi anni dopo.

Ovvero, come sia quasi inevitabile che chi non si accontenta delle opinioni comuni, chi ama la verità e la professa, rischi di finire molto male, se va bene nel fondo di un'umida cella, dove il Potere esercita la sua “tirannia segreta” su tutti coloro che hanno osato pensare liberamente e diversamente...
Come va al centro ogni cosa pesante
dalla circonferenza, e come ancora
in bocca al mostro che poi la devora,
donnola incorre timente e scherzante;

così di gran scïenza ognuno amante,
che audace passa dalla morta gora
al mar del vero, di cui s’innamora,
nel nostro ospizio alfin ferma le piante.

Ch’altri l’appella antro di Polifemo,
palazzo altri d’Atlante, e chi di Creta
il laberinto, e chi l’Inferno estremo

(ché qui non val favor, saper, né pièta),
io ti so dir; del resto, tutto tremo,
ch’è ròcca sacra a tirannia segreta.

inviata da Bernart Bartleby - 22/3/2017 - 23:15



Lingua: Francese

Version française – EN PRISON – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Al carcere – Joe Fallisi – 2007
Texte de Tommaso Campanella (1568-1639), philosophe, théologien, poète et moine dominicain italien.

Tommaso Campanella


Un poème que Tommaso Campanella écrivit à l’époque de son troisième, et pas ultime, procès pour hérésie, alors qu’il se trouvait dans la prison de l’Inquisition à Rome.
La première arrestation de Campanella remonte à 1591. Beaucoup d’autres suivirent, et des détentions, et de terribles tortures, jusqu’à sa condamnation définitive, en 1599, à la prison à vie (Il échappa à la mort seule en se faisant passer pour fou). Suivent 27 ans de captivité à Naples, au début desquels, en 1602, il écrivit son œuvre la plus célèbre, « La Cité du Soleil ». En 1626, à sa libération, suivie de sa fuite en France en 1634 et sa mort quelques années après.

Comme quoi, il est quasi-inévitable que celui qui ne se contente pas des opinions communes, qui aime la vérité et la professe, risque de finir très mal, au mieux au fond d’une cellule humide, où le Pouvoir exerce sa « tyrannie secrète » sur tous ceux qui ont osé penser librement et différemment…

Dialogue maïeutique

Je suppose, Lucien l’âne mon ami, que tu as déjà entendu parler de Tommaso Campanella, de son vrai nom Giovanni Domenico Campanella, philosophe et auteur d’une utopie fameuse : « La Cité du Soleil » et sans doute aussi, de ses démêlés avec l’Église catholique.

En effet, Marco Valdo mon ami, j’ai souvenir de ce Campanella, qui si ma mémoire est fidèle, était membre de l’ordre religieux des Dominicains, promoteurs zélés et vertueux de l’Inquisition. Je l’ai souvent, quand bien évidemment, il n’était pas retenu en prison, lors de ses multiples pérégrinations en Calabre, dans les États romains et même, par la suite, en France, où il finit sa vie en exil. Pour ce que je me souviens de ce qu’il m’a raconté durant nos cheminements, il était assez convaincu de la justesse des idées de Telesio, qu’il considérait comme son maître et si je me souviens bien encore, ce Telesio était un philosophe assez matérialiste.

Parfaitement, Lucien l’âne mon ami, à propos de Telesio et de son influence sur Campanella, ta mémoire ne te joue pas de tour. Bernardino Telesio était un fameux philosophe et devait avoir choisi avec soin de titre de son livre le plus fameux : « De rerum natura juxta propria principia (De la nature des choses selon leurs principes propres) », qui rappelle sans aucun doute le « De rerum natura » de Lucrèce. Il assoit sa pensée sur la raison et l’expérience. En fait, c’est un naturaliste ; il étudie la nature des choses selon leurs propres principes, c’est-à-dire sans faire intervenir Dieu. On ne peut plus hérétique et quand on lit bien entre les lignes, athée. Pour tous les trois, la nature est sa propre maîtresse, elle s’est autodéveloppée. Mais, pour bien saisir la portée de tout ceci, il convient de se rappeler que Telesio publie son œuvre majeure en 1565 (on le mettra à l’index) et Campanella, sa Cité du Soleil, écrite en prison, quarante ans plus tard.

Mais alors, Marco Valdo M.I., il faut examiner notre chanson à la lumière de tout ceci, dit Lucien l’âne.

Bien évidemment, Lucien l’âne mon ami, ce poème de Campanella, si on le lit bien, est une charge contre la religion et aussi, la dénonciation de la dictature tyrannique que l’Église fait peser sur le monde.

Ainsi va le monde, Marco Valdo mon ami, et s’il est certain que l’humanité ne pourra être elle-même que du moment où elle se sera débarrassée des dieux et des religions, et tout aussi évidemment, des religieux, cela nous impose de reprendre sans relâche notre tâche et de tisser le linceul de ce vieux monde croyant, crédule, inquisitorial, dictatorial, létal et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
EN PRISON

Comme chaque chose lourde va au centre
De la circonférence, et comme encore,
En bouche du monstre qui ensuite la dévore,
La belette court craintive et allègre

Ainsi chaque amoureux de la grande science ,
Qui d’audace passe de la mare morte
À la mer vraie, dont il s’amourache,
Dans notre hospice finalement décrit les plantes.

Certains l’appellent l’antre du bavard Polyphème,
D’autres, le palais du géant Atlas, et celui-là discerne
Le labyrinthe de Crète, et celui-ci voit l’Enfer extrême

(Où ne valent ni savoir, ni pitié, ni privilège).
Moi, je peux te le dire ; je tremble, du reste,
Car c’est la roche sacrée de la tyrannie secrète.

inviata da Marco Valdo M.I. - 6/12/2017 - 21:28



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