Lingua   

Berceuse pour un Pas-de-Chance

Jehan Rictus
Lingua: Francese



Versi di Gabriel Randon de Saint-Amand, in arte Jehan-Rictus (1867-1933), poeta in “langue populaire”, anarchico (almeno fino alla vigilia della Grande Guerra).
Nella raccolta intitolata “.. le Coeur populaire” pubblicata per la prima volta nel 1914, di fatto l’ultima produzione letteraria di Jehan-Rictus, il quale ricomparve brevemente all’inizio degli anni 30 ma morì già nel 1933.

.. le Coeur populaire

Una poesia che fa sicuramente il paio con La Charlotte prie Notre-Dame durant la nuit du Réveillon

Ninna nanna per un ragazzino morto di stenti sulla strade di Parigi, la “Ville Lumiére” (e guai a non chiamarla così, perché si è subito considerati degli anarchici o dei “Bonnot”!)…
I signori e le signore si fanno d’intorno, e c’è già chi afferma che sia tutta una messinscena…
Poi interviene la polizia – “Circolare, circolare, non c’è niente da vedere!” – la stessa che quel ragazzo lì, una volta grande, l’avrebbe massacrato senza pietà per aver scioperato o per aver rubato da mangiare…
I passanti non prestano più attenzione, ognuno è tornato alle sue faccende e nessuno ci pensa più a quel ragazzo crepato di fame sulla strada…

“Piccolo mio, se tu in Cielo incontrassi il Figlio di Dio, non raccontargli come sei morto, che non sei riuscito a diventare un esattore, un proprietario, un magnaccia o un finanziere ma sei rimasto tra quelli che non hanno nessuna possibilità… Non dirgli che arrivi dalla grande Parigi, e che il lavoro e la fame e la miseria ti hanno rubato la gioventù, la salute, la gioia e i desideri, e che sei crepato solo e nudo davanti alla Ricchezza, e che quando a quei maledetti spilorci hai chiesto un po’ di pane loro, in tutta risposta, ti hanno declamato i Diritti dell’Uomo e ti hanno cantato La Marsigliese…”

Recitata da Mouloudji nel disco collettivo “Crève-cœur dit par Jehan Rictus, Marie Dubas, Francis Carco, Mouloudji, Maurice Chevalier. Le Livre qui parle”, 1989.

Claude Antonini chante et dit Jehan-Rictus

Cantata da Claude Antonini nel suo disco “Claude Antonini chante et dit Jehan-Rictus” del 1993.
Do mon pétiot ; do ma tototte....
Te viens d’ t’effondrer su’ l’ crottoir
comme un bestiau à l’abattoir
ou comme un qui s’rait en ribotte.

V’lan ! Nib de fieu ! Floc ! Never more !
Les passants caus’nt : « C’est h’yeun’ syncope,
faurait l’ poser chez l’ pharmacope ! »
Toi... tu caus’s pas, pisque t’es mort.

Un Mossieu qu’a un beau pardosse
dit : « J’ la connais c’est du chiqué ! »
Toi, tu t’ostin’s à fair’ la rosse
et tu t’ tais pisque t’es claqué.

Ton bloum pisseux roulé à terre,
ta p’lur’, tes tifs en escaïers,
tes sorlots qui montr’nt tes goigts d’ pieds
font croir’ qu’ t’es pas un meuyardaire.

Voyons un p’tit peu c’ qu’y t’a pris ;
on t’ lèv’, on ouvr’ ta requimpette,
v’là qu’on voit qu’ t’avais pus d’ liquette
et qu’ tes boïaux sont vert-de-gris.

Oh ! ça fait voir d’ quoi t’es crevé ;
chacun se z’yeute avec malaise,
le Mossieu lui... s’ tire à l’anglaise
du temps qu’on t’arr’couch’ su’ l’ pavé.

Do rataplan ! Do Mad’moiselle...
de loin, légers comm’ des gazelles
deux sergots s’amèn’nt essouflés,
la gueul’ pleine de « Circulez » !

T’as d’ la veine d’êt’ cuit, autrement
qué qu’on t’ pass’rait dans l’ genr’ mandales
pour t’apprendre à fair’ du scandale
et « causer des rassemblements » !

C’mment mon pauv’ vieux, en plein Paris,
à deux pas des chouatt’s devantures
t’es clamsé faute ed’ nourriture ?
Pas possib’, c’était h’un pari !

Tu sauras qu’ c’est pas comme y faut,
qu’ ça s’ fait pas en not’ « temps d’ lumière »
et qu’ les ceuss’ qui dis’nt el’ contraire,
c’est d’ la grain’ d’anars et « d’ Bonnots ».

T’as donc pas pu te mette huissier,
proprio, barbot, financier ?
T’as empoyé ton ézistence
à rester parmi les « Pas-d’-Chance » ?

Sûr qu’avant d’en arriver là
t’as dû t’ cogner à ben des seuils,
pus d’eun’ fois rester chocolat,
le ventre vide et l’ cœur en deuil.

C’est donc ça qu’ t’as pas l’air content,
qu’ t’as su’ la tronche un mauvais rire ;
en sombrant quoi c’est qu’ t’as pu t’ dire
si la Mort t’en a laissé l’ temps ?

Tu t’es p’têt ben revu p’tit gas
quand, au retour de l’atelier,
ton Pepa t’ prenait dans ses bras
en t’ disant : « Bonïour mon salé ? »

Au temps des preumières quenottes
où ta Moman se saoulait d’ toi
en t’app’lant : « Mon trésor, mon Roi,
mon cien-cien, mon loup, ma tototte ! »

Et pis t’ fesait dans les tétés
des papatt’s et des çatouillettes,
et t’inondait de baisouillettes,
du quiqui à la berdouillette
comme eun’ puïe d’orage en été.

Hein, si a t’ voyait là ta Vieille,
A lèv’rait ses pauv’s mains au ciel
en disant : « Moi que j’ l’ai nourri,
y n’est claqué d’ faim, mon petit ! »

Maint’nant t’as p’t-êt’ jamais rien eu
que la Solitude et la Peine,
t’as p’t-êt’ jamais tété, goulu,
que l’ téton mou de la Déveine !

Bah ! à présent, do ma filleule....
Quoi qu’ t’aye pleuré, quoi qu’ t’aye souffert,
te v’là sorti de not’ enfer,
t’es « arrivé », tu t’ fous d’ nos gueules.

Avec eun’ bonne grâce essquise,
les flics te lèv’nt à leur hauteur
et te balanc’nt comme eun’ marquise
d’autrefois, en chaise-à-porteurs.

Les mêm’s, qui t’emport’nt au p’tit trot,
t’auraient truffé d’ coups d’ bottes ou d’ giffes
si t’avais fait grève ou d’ la r’biffe
ou bouffé à l’œil chez Bistrot.

Les passants qui sont cor émus
s’en vont chacun à leu’ z’affaires ;
tout à l’heure y n’y pensaient guère,
à l’estant y n’y pens’ront pus.

Adieu mon p’tit, pars... pour la Morgue.
Tout l’ mond’ peut pas, évidemment,
s’ procurer pour son enterr’ment
les griftons, la grand Messe et l’orgue.

Mais si des fois tu vas aux Cieux
et qu’ tu t’y but’s dans l’ Fils de Dieu,
au nom de nos maigres remords
n’y racont’ pas comment qu’ t’es mort.

N’y dis pas : « J’arriv’ de Paris
moi Seigneur, qu’étais votre Image !
Voilà comme on vous rend hommage,
regardez mes boïaux pourris !

Le turbin a pris ma jeunesse
ma santé, ma joie, mes désirs ;
et vioque on m’a laissé moisir,
seul et nu devant la Richesse.

Et quand à ces gas économes
j’ai d’mandé un peu d’ pain ou d’ pèze ;
Y m’ont cité les “Droits de l’Homme”
et m’ont chanté “La Marseillaise”. »

inviata da Bernart Bartleby - 15/6/2015 - 13:16


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