Lingua   

Canzone del cavallo bendato

Dario Fo


Lingua: Italiano


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[1972]
Dallo spettacolo “Traliccio di Stato. Grottesco tragico sulla morte di Giangiacomo Feltrinelli”, di Lanfranco Binni, Paolo Ciarchi e Vincenzo Vidali. Regia di Dario Fo.
Testo trovato sull’Archivio Franca Rame

Traliccio di Stato
Paraocchi
Sì, quando un cavallo è troppo focoso
cos’è che gli fanno? Lo bendano e lo chiudono
in un recinto, lo fanno correre
sempre in giro, sempre in giro sulla sabbia
e lui ci crede che sta correndo libero
chissà lui dove si crede di correre
di essere scappato chissà dove
e invece è sempre lì, rinchiuso
bendato e fregato, finchè non è sfiancato
tanti sono i cavalli
di bende il padrone ne ha tante
ne ha mille
corri, corri e hai la schiuma, corri fino ad azzopparti
è sulla sabbia che corri
ma ti dicono che è erba, mangi sterco
e ti dicono che è fieno, monti tutto eccitato
una bella cavalla bianca
e invece è una cavalla di legno
con un sacco di gomma per non sprecare il seme
che il tuo padrone venderà molto caro
agli allevatori, e quando ti calmerai
e avrai passato l’età della monta
finalmente uscirai dal recinto
e sarà lungo il viaggio sul carro merci del treno
ma sarà rapida la morte al macello
sarai un cavallo da mille al chilo
anche noi siamo nel recinto
di bende il padrone ne ha tante…

inviata da Bernart Bartleby - 28/8/2014 - 11:25



Lingua: Francese

Version française – CHANSON DE L’ÉTALON EXPLOITÉ – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson italienne – Canzone del cavallo bendato – Dario Fo – 1972

Etalon - delacroix


Ah, Lucien l’âne mon ami, voici une bien pénible histoire et même sans doute, plus pénible encore pour toi qui es aussi un ongulé. On avait déjà eu l’histoire du cheval pendu et celle du cheval de corbillard et celle du petit cheval, dont tu souviens certainement. Celle-ci est celle du cheval de monte lequel est forcément un étalon, mais certainement pas un de ces fiers étalons qui hantent les rêves des juments et de certaines jeunes cavalières. Il eût pu le devenir, s’il n’y avait les propriétaires de chevaux, les « maîtres » qui vont le réduire en esclavage et dans son cas, en esclavage sexuel ; le but est de recueillir sa semence pour la vendre aux éleveurs, eux-mêmes propriétaires de juments, qu’ils exploitent pareillement à des fins reproductrices. Il y a derrière tout ça un commerce ignoble, qui est dénoncé par la chanson.

Oh, j’en ai entendu parler et cela s’est fait, même chez les ânes. C’est évidemment assez cette exploitation, ses méthodes et la fin qu’elle réserve à l’animal dont elle a sucé toute l’énergie. Tout ce processus industriel appliqué au vivant est d’une incroyable brutalité et d’un cynisme écœurant et ces pratiques débordent largement l’exploitation des ongulés. Le nœud de l’affaire, c’est la façon dont l’homme considère les autres espèces animales. Il me semble d’ailleurs qu’il l’a fait à l’égard de sa propre espèce et qu’il le fait encore, d’ailleurs : l’esclavage, la prostitution, la colonisation en sont des exemples.

En effet, mais pas seulement et c’est ce que disent les derniers vers de la chanson :

« Nous aussi, nous sommes dans l’enclos ;
Le maître a tant de serviteurs. »


Ce qui est en cause, c’est la relation du maître et de l’esclave, du maître et du serviteur, du propriétaire et du fermier, du patron et de l’employé, etc. à chaque fois, à chacun de ces binômes correspond une relation d’exploitation, laquelle se fonde sur le pouvoir de l’un sur les autres. C’est le moteur essentiel de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres.

Ainsi, Marco Valdo M.I. mon ami, c’est toujours au même mur qu’on se heurte, celui de la richesse, de l’avidité des hommes, à ce que tu avais appelé « L’autre Côté du Mur ». Apportons notre petite contribution à la démolition de l’autre côté du mur et poursuivons notre tâche en tissant sans répit le linceul de ce vieux monde exploiteur, sans moralité, cynique, avide et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
CHANSON DE L’ÉTALON EXPLOITÉ

Quand un cheval est très fougueux,
Qu’en fait-on ? On l’aveugle et l’enferme.
Puis, on le fait courir tant qu’il peut,
Toujours en rond, en rond sur le sable
Aveuglé, il croit courir en liberté.
Qui sait où il croit courir ?
Qui sait où il croit fuir ?
Mais il est toujours là, enfermé.
Aveuglé, foutu, fourbu.
Des chevaux, il y en a tant en plus,
Le maître en a tellement,
Plus de mille certainement.
Cours, cours, écume, cours à t’estropier,
C’est sur le sable que tu cours,
Pas sur l’herbe ; et tu manges
La merde, pas le foin ; et tu montes
Une belle jument blanche
Mais c’est une jument de planches,
Avec un sac pour garder ta semence,
Que très cher, le maître vendra
Aux éleveurs. Et quand tu te calmeras,
Que tu auras passé l’âge de la monte,
Enfin, tu sortiras de ta prison
Pour un long voyage dans un wagon.
Ta mort sera rapide chez l’abatteur,
Ta viande sera vendue au kilo.
Nous aussi, nous sommes dans l’enclos ;
Le maître a tant de serviteurs.

inviata da Marco Valdo M.I. - 20/10/2016 - 21:58


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