Lingua   

Mir ist heut’ so nach Tamerlan

Kurt Tucholsky


Lingua: Tedesco


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(Kurt Tucholsky)
Mademoiselle Ilse
(Marco Valdo M.I.)


[1922]
Versi di Kurt Tucholsky, sotto lo pseudonimo di Theobald Tiger.
Musica di Rudolf Nelson (1878-1960), tedesco, compositore ed impresario di cabaret.
Testo trovato sul sempre ottimo Mudcat Café, proveniente dal German Music Database




Originariamente interpretata da Fritzi Massary (1882-1969), attrice e canatnte austriaca.
Più recentemente ripresa da Ute Lemper nel suo disco “Berlin Cabaret Songs” del 1996.

Berlin Cabaret Songs


Il cabaret berlinese ai tempi di Weimer non aveva nulla da invidiare a quello parigino, e anche la sfavillante vita mondana e, soprattutto, notturna erano assolutamente comparabili. Kurt Tucholsky, come corrispondente a Parigi del giornale “Die Weltbühne”, respirò entrambe quelle incredibili arie di sfrenata libertà e divenne uno dei più importanti scrittori di piéces per il cabaret.
Ma già all’inizio degli anni 20 Tucholsky cominciò a respirare un’altra aria, questa volta mefitica e malata, quella agognata dalle caste politiche, finanziarie e militari, ma anche da tanta gente comune, quella della voglia di un ritorno all’uomo forte - il Tamerlano della canzone - che riportasse la Germania all’antico splendore imperiale...
Forse proprio per questo, il grande Tucholsky, abituato ad un’aria fresca e libera, dopo l’avvento del nazismo non potè letteralmente più respirare... Amante del bello, ebreo e antiautoritario, nemico giurato di ogni bellicoso nazionalismo, Tucholsky scappò in Svezia e lì si tolse la vita nel 1935.
Tamerlan war Herzog der Kirgisen,
und jeder Mensch in Asien wußte wohl das.
Tamerlan ritt über grüne Wiesen,
und wo der Junge einmal hintrat wuchs kein Gras.
Und alle Frauen lauschten angstvoll seinem Schritt,
und fielen die Städte, fielen die Mädchen alle mit.
Er war auch stets zu einem wilden Kampf bereit,
das war in Asien eine schöne Zeit!

Mir ist heut so nach Tamerlan zu Mut!
Ein kleines bißchen Tamerlan wär` gut.
Es wäre ja, geniert mich das,
geniert mich das, gelacht.
Ich glaube, es passiert noch was,
passiert noch was heut Nacht.

Mir ist heut so nach Tamerlan zu Mut,
ein kleines bißchen Tamerlan wär` gut.
Und sehe ich ins Publikum,
da liegt heut so ein Fluidum.
Ach Mensch, gehen Sie weg,
es hat ja nur Zweck
mit dem Tamerlan.

Tamerlan, mein liebes Kind, ja Kuchen!
So einen Tamerlan, den möcht` ich wohl auch.
Tamerlan, da kannst du lange suchen,
wer mit Devisen handelt, der hat einen Bauch.
Und wenn `ne kleine Frau `ne große Glatze küßt.
dann weiß sie, daß das alles für die Katze ist.
Du suchst dir hier vergeblich einen Tamerlan,
nu guck mal runter, sieh dir mal an!

Hier ist doch gar kein Tamerlan zu sehn,
ein kleines bißchen Tamerlan wär` schön.
Seh` ich mir hier die Männer an, eih, weihl
Da ist ja gar kein Tamerlan dabei!
Mir ist heut so nach Tamerlan zu Mut
ein kleines bißchen Tamerlan, ja Tamerlan wär` gut.
Die sind ja nichts für dich und mich,
die haben alle einen Stich!
Ach weine nicht sehr, den gibt`s ja
nicht mehr,
solchen Tamerlan

inviata da Bernart Bartleby - 18/2/2014 - 22:14




Lingua: Inglese

Traduzione inglese trovata su Mudcat Café
IT’S SO MUCH LIKE TAMERLANE FOR ME TODAY

Tamerlane was duke of the Kyrgyz
And every person in Asia knew that.
Tamerlane rode ofver green meadows,
And where the youth had once ridden, no grass grew
And all the women listened anxiously for his step
And when the cities fell, the girls fell with them
He was always ready for a wild battle
That was a wonderful time in Asia!!

I am so much like Tamerlane in spirit today
A little bit of Tamerlane would be good
It would be, yes, but it embarrasses me,
It embarrasses me..laughingly.
I believe that something will happen
Something will happem….tonight.

I am so much like Tamerlane in spirit today
A little bit of Tamerlane would be good
And I look out into the audience
There is today such an atmosphere (aura)
Oh, friend, go away
My only goal
Is with Tamerlane

Tamerlane, my dear child, what a hope!
Such a Tamerlane, that would I also like to have.
Tamerlane, you can look for a long time.
He who works with devices, has a belly.
And when a little woman kisses a big bald spot,
Then she knows, that everything is useless (for the cat).
You are seeking in vain for Tamerlane here
Look below now, look there!

There is no Tamerlane to see here
But a little bit of Tamerlane would be nice.
I look at the men here, oh, dread!
There is no Tamerlane nearby!
I am so much like Tamerlane in spirit today
A little bit of Tamerlane would be good
There is nothing for you and me
They all have a pain
Oh, don’t cry too much, for there is
No more
Such a Tamerlane

inviata da Bernart Bartleby - 18/2/2014 - 22:14




Lingua: Francese

Version française – TAMERLAN – Marco Valdo M.I. - 2019
Chanson allemande – Mir ist heut’ so nach Tamerlan – Kurt Tucholsky – 1922

Texte de Kurt Tucholsky, sous le pseudonyme de Theobald Tiger.
Musique de Rudolf Nelson (1878-1960), Allemand, compositeur et imprésario de cabaret.
Texte trouvé sur Mudcat Café, dans la base de données musicale allemande
Chanté à l’origine par Fritzi Massary (1882-1969), une actrice et compositrice autrichienne. Récemment repris par Ute Lemper dans son album "Berlin Cabaret Songs" de 1996.

Le cabaret berlinois à l’époque de Weimar n’avait rien à envier au cabaret parisien, et la vie sociale étincelante et, surtout, la vie nocturne étaient absolument comparables. Kurt Tucholsky, correspondant à Paris du journal « Die Weltbühne », a respiré ces deux incroyables airs de liberté débridée et est devenu l’un des plus importants auteurs de pièces pour cabaret. Mais déjà au début des années vingt, Tucholsky a commencé à respirer un autre air, cette fois-ci méphitique et malade, qui était apprécié par les castes politiques, financières et militaires, mais aussi par beaucoup de gens ordinaires, celui du désir d’un retour à l’homme fort – le Tamerlan de la chanson – qui allait ramener l’Allemagne à son ancienne splendeur impériale. C’est peut-être pour cela que le grand Tucholsky, habitué à l’air frais et libre, après l’avènement du nazisme ne put plus respirer. Amoureux de la beauté, juif et anti-autoritaire, ennemi juré de tout nationalisme guerrier, Tucholsky s’enfuit en Suède et s’y suicida en 1935.


Dialogue Maïeutique

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Quoi ? Que vient faire Tamerlan dans un cabaret berlinois d’il y a presque cent ans ?, demande Lucien l’âne.

Tout réfléchi, dit Marco Valdo M.I., je peux te l’expliquer. Mais pour cela, il faut mieux connaître Kurt Tucholsky et sa manière de procéder et doublement : dans la création poétique, littéraire, politique et dans la vie, particulièrement dans ses relations avec les femmes. Pour cette chanson, il convient de se souvenir qu’il s’agit d’une chanson de cabaret, ce qui implique une forte dose d’acide comique, mêlé d’acide ironique et d’acide humourique. On doit donc se figurer un cabaret de l’époque, t’en souviens-tu ? Mettons l’Ange bleu (Marlene Dietrich: Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt) tel qu’il apparaît dans le film de Sternberg.

Certainement, Marco Valdo M.I., ces cabarets étaient des lieux où on pouvait passer la soirée ou même la nuit, où on mangeait (mais pas dans tous), où on buvait (dans tous), on consommait diverses substances (partout, mais pas tous), où il y avait une piste de danse (mais pas dans tous) et où des artistes se produisaient – du musicien à la stripteaseuse en passant par le magicien, le danseur, la chanteuse, etc. L’éclairage – sauf sur l’artiste – y était généralement tamisé. Il y avait là toute une atmosphère de complicité, d’alcôve, d’alcool ; une fausse réalité alimentée par une intimité factice.

Donc, Lucien l’âne mon ami, imagine la chose. On est dans un cabaret et c’est une dame qui chante Tamerlan. Sa chanson relate la conversation qu’elle tient avec son compagnon quand elle est assise avec lui à une table dans la salle du cabaret comme une de ces multiples jeunes femmes rêveuses. Et de fait, elle rêve, elle rumine, elle calcule aussi ; son imagination voyage entre le songe et la réalité, entre ses illusions de jeune femme et la réalité qui l’attend au sortir du fantasme. Bref, elle est à la recherche du prince charmant, de l’homme fort à séduire qui lui assurera un bel avenir. Son compagnon de soirée est Tucholsky lui-même qui fait écho à leurs chuchotements.

Tucholsky, dit Lucien l’âne, mais il n’a jamais rien eu d’un Tamerlan, même si c’était un séducteur assidu.

Oh, je le sais, Lucien l’âne mon ami, je l’ai d’ailleurs décrit en action dans une chanson intitulée « Mademoiselle Ilse », où on retrouve cette même atmosphère berlinoise des années de Weimar, la même qu’on peut reconnaître dans le Fabian. Die Geschichte eines Moralisten (Fabian, l’histoire d’un moraliste) d’Erich Kästner, publié en 1931. La version originale intégrale, qui devait s’intituler Der Gang vor die Hunde (Le couloir pour le chien), n’a été publiée qu’en 2013 et en 2016 en français sous le titre significatif (pour décrire cette époque et la nôtre) : « Vers l’Abîme ».

Donc, Lucien l’âne, retiens que cette chanson est un aparté entre deux personnes au cabaret et tout comme dans Mademoiselle Ilse, Kurt Tucholsky se met en scène dans son costume de séducteur, c’est le pseudo-Tamerlan avec qui la dame s’entretient. Écoute-le dire en conclusion en s’appliquant à lui-même cette ironie cinglante et lucide :

Aujourd’hui, je suis fort comme Tamerlan !
Un petit peu Tamerlan, ce serait épatant.
Ce n’est pas pour toi et moi,
Ils ont tous un grain !
Ne pleure pas pour rien,
Il n’y en a plus maintenant
Comme Tamerlan.

Reste maintenant à voir le côté prophétique de la chanson, car la chanson (plus exactement, l’auteur de la chanson) a souvent joué le rôle périlleux de Cassandre. En l’occurrence, ce sera le cas. Sortant du néant avant de la créer et d’y retourner, Tamerlan reviendra sur la scène du monde et sur son passage, l’herbe disparaîtra. L’humanité aussi, d’ailleurs.

Il me semble, dit Lucien l’âne, que si cette chanson résonne tant à nos oreilles, c’est qu’elle trouve à nouveau écho dans notre temps. Je vois partout des apprentis Tamerlan. Enfin, en voilà assez pour cette chanson ; tissons le linceul de ce vieux monde de ce vieux monde déliquescent, tourmenté, crétin, fantasmatique et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.
TAMERLAN


Tamerlan le duc des Kirghizes était
Et tout le monde savait en Asie
Que quand Tamerlan traversait les vertes prairies,
Où il marchait, l’herbe ne repoussait jamais.
Et que toutes les femmes craignaient son arrivée,
Car quand les villes tombaient, tombaient les filles.
Il était toujours prêt pour une lutte acharnée,
C’était le bon temps en Asie !

Aujourd’hui, je suis fort comme Tamerlan !
Un petit peu Tamerlan serait mieux.
Ce serait quand même embarrassant,
Ça fait rire, ça me gêne un peu.
Je pense que quelque chose va arriver,
Cette nuit, quelque chose va se passer.

Aujourd’hui, je suis fort comme Tamerlan !
Ce serait bien un petit peu Tamerlan.
Et dans le public, le fluide, je le sens
Serpenter comme le courant.
Oh Monsieur, allez-vous-en,
Il n’y a place ici à présent
Que pour Tamerlan.

Tamerlan, ma chère enfant, oui, du gâteau !
Être comme Tamerlan, ce serait très beau.
Un Tamerlan, elle peut chercher longtemps,
Dans ce trafiquant de devises ventripotent
Et quand une femme embrasse un gros chauve
On sait que c’est pour du vent.
Elle cherche en vain son Tamerlan,
Redescends sur terre, regarde-le !

Ici, on ne trouve pas de Tamerlan,
Ce serait bien un petit Tamerlan.
Je vais regarder les hommes ici, ohlala,
Il n’y a pas de Tamerlan là !
Aujourd’hui, je suis fort comme Tamerlan !
Un petit peu Tamerlan, ce serait épatant.
Ce n’est pas pour toi et moi,
Ils ont tous un grain !
Ne pleure pas pour rien,
Il n’y en a plus maintenant
Comme Tamerlan.

inviata da Marco Valdo M.I. - 15/1/2019 - 12:56



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