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Le temps ne fait rien à l'affaire

Georges Brassens


Lingua: Francese


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brasschat
[1961]
Testo e musica: Georges Brassens
Paroles et musique: Georges Brassens
Album: Les trompettes de la renommée

Le temps ne fait rien à l'affaire
Chanson française – Georges Brassens – 1961

brassensAh, mon cher ami Lucien l'âne, tu me vois tout réjoui et je pense même que toi aussi tu vas te réjouir de la canzone que je te propose à l'instant et dont par ailleurs, je m'étonne qu'elle ne fut pas déjà dans les Chansons contre la Guerre, où Tonton Georges a naturellement sa place. Ne crois cependant pas que je dis naturellement, comme ça. Sans trop savoir de quoi je cause... Comme qui dirait que tout le monde dit... Naturellement, qui signifierait quelque chose comme évidemment... Je te concède volontiers qu'il est tout aussi évident que naturel que Brassens figure au Panthéon de la chanson... et pas seulement, « contre la guerre ». De la chanson, tout court. De la chanson de tous les temps, car de toute façon, s'agissant de Brassens tout comme de toi, Lucien l'âne, le temps ne fait rien à l'affaire... Sans que pour autant Georges et toi n'entriez dans la catégorie susdite. Je te précise tout de suite que les susdites n'ont aucune parenté avec les Sudistes du général Lee. Que cela soit bien clair. Quant au naturellement, il me paraît que c'est dans la nature-même de Tonton Georges d'être contre la Guerre... C'est même ce qui peut le mieux le caractériser...

Oui, certes, cependant, Marco Valdo M.I. mon ami, si tu me disais à moi et aux autres de quoi il s'agit... De quelle chanson es-tu en train de me parler, bref, quel est l'objet de ton soudain délire ?

Je ne te répondrai pas la sentence que tous mes enfants connaissent et dont ils perçoivent immédiatement la portée destructrice pour celui à qui elle s'adresse … "Comme disait Georges Brassens..." Ou éventuellement, selon les cas, comme disait Tonton Georges. D'ailleurs, « comme disait... » suffit amplement. Il s'agit de l'antienne de la chanson dont le titre ne laisse pas présager la puissance destructrice... Mais quand même quand on l'applique à tout ce qui de loin ou de près représente l'autorité, la puissance, la religion et toutes ces choses, cette antienne est du pur acide ironique. Je te la livre pour ne plus te faire languir : « Quand on est con, on est con ! » Prenons par exemple, un roi, un président de la République, un chef de gouvernement, un milliardaire poursuivi par les juges, un chanteur à la mode, un écrivain à succès, que sais-je, un ecclésiastique de haut rang, un pape, un guide suprême, un qui s'y croit et qui se prend pour le centre du monde (tiens, le revoilà!), un chef d'entreprise, le grand chef, le petit chef, les chefs en général et les généraux en chef, en particulier – qui prennent la tête des autres. L'antienne s'applique à tous ces cas : « Quand on est con, on est con ».

Tu aurais pu y ajouter les évangélisateurs, les prêcheurs en tous genres et de toutes les religions, les prophètes et même, n'en déplaise à Épicure, les dieux eux-mêmes. Je crois bien que la liste est infinie.

einstein.Cela me rappelle certaine réflexion de celui que chez nous, dans le cercle proche, on appelle le petit Albert. Il disait, cet homme-là à un journaliste qui l’interrogeait sur l'expansion de l'univers, sujet qu'il – le petit Albert, pas le journaliste – était censé (avec « c », évidemment ; quoique s'agissant du petit Albert, on eut pu dire sans grand risque de se tromper : sensé) connaître un peu plus que les autres : « Il y a deux choses en expansion continue : l'univers et la connerie. Enfin, pour l'univers, je n'en suis pas trop sûr ». Enfin, à peu près... C'est le sens général. De toute façon, c'est exact.

Sans vouloir être pédant, je crois quand même que c'est là qu'il faut aller chercher le premier moteur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour assurer leurs arrières, pour s'enrichir encore et toujours, pour imposer le travail aux pauvres, pour se rendre plus considérables à leurs propres yeux et ainsi de suite... Mais, méfions-nous quand même... Jeanson disait, titrait dans le Canard : « Au secours, les cons nous cernent ! » Dès lors, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche aussi infinie que de besoin, et tissons le linceul de ce vieux monde en extinction, rempli de guerre et de guerriers, de riches et de richesses et plein de cons et de conneries et in fine, cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Quand ils sont tout neufs
Qu´ils sortent de l´œuf
Du cocon
Tous les jeunes blancs-becs
Prennent les vieux mecs
Pour des cons
Quand ils sont devenus
Des têtes chenues
Des grisons
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunots
Pour des cons
Moi, qui balance entre deux âges
Je leur adresse à tous un message

Le temps ne fait rien à l´affaire
Quand on est con, on est con
Qu´on ait vingt ans, qu´on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons de la dernière averse
Vieux cons des neiges d´antan

Vous, les cons naissants
Les cons innocents
Les jeunes cons
Qui ne le niez pas
Prenez les papas
Pour des cons
Vous, les cons âgés
Les cons usagés
Les vieux cons
Qui, confessez-le
Prenez les petits bleus
Pour des cons
Méditez l´impartial message
D´un qui balance entre deux âges

Le temps ne fait rien à l´affaire
Quand on est con, on est con
Qu´on ait vingt ans, qu´on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons de la dernière averse
Vieux cons des neiges d´antan

inviata da Marco Valdo M.I. - 25/5/2013 - 00:05



Lingua: Italiano

Versione italiana di Mario Mascioli e Nanni Svampa
da "Brassens - tutte le canzoni tradotte".
IL TEMPO NON C'ENTRA NIENTE

Quando son belli nuovi
quando escono dall'uovo,
dal bozzolo,
tutti i giovani pivelli
prendono per stronzi
i vecchi.
Quando son diventati
teste canute,
dei grigioni,
tutti i vecchi scemi
prendono per stronzi
i ragazzotti.
Io che oscillo fra due età
invio a tutti loro un messaggio:

Il tempo non c'entra per niente:
quando si è stronzi, si è stronzi.
Che si abbiano vent'anni o che si sia nonni
quando si è stronzi, si è stronzi.
Basta con le vostre controversie
stronzi caduchi o stronzi debuttanti,
stronzetti dell'ultima ora,
vecchi stronzi del tempo che fu.

Voi, stronzi nascenti,
stronzi innocenti,
giovani stronzi
che, non negatelo,
prendete per stronzi
i vostri papà.
Voi stronzi attempati,
stronzi usati,
vecchi stronzi
che, confessatelo,
prendere per stronzi
le piccole reclute,
meditate sull'imparziale messaggio
di uno che oscilla fra due età.

Il tempo non c'entra per niente:
quando si è stronzi, si è stronzi.
Che si abbiano vent'anni o che si sia nonni
quando si è stronzi, si è stronzi.
Basta con le vostre controversie
stronzi caduchi o stronzi debuttanti,
stronzetti dell'ultima ora,
vecchi stronzi del tempo che fu.

13/1/2015 - 22:58



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