Lingua   

Die freie Wirtschaft

Kurt Tucholsky


Lingua: Tedesco


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Der schlimmste Feind
(Kurt Tucholsky)
La Locomotive unitaire
(Marco Valdo M.I.)
Le Mérinos
(Georges Brassens)


‎[1930]‎
Una poesia firmata sotto lo pseudonimo di Theobald Tiger pubblicata il 4 marzo 1930 su “Die ‎Weltbühne”, la rivista che Tucholsky diresse fino a quell’anno per poi autoesiliarsi in Svezia, ‎convinto che ormai la lotta contro l’avvento al potere dei nazisti fosse perduta…‎
Musica di Leobald Loewe, musicista noto per i suoi adattamenti delle canzoni di Brassens ‎in tedesco.‎
Interpretata dal cantautore e chitarrista tedesco Leo Kowald




Ma il nazismo non era l’unica preoccupazione di Tucholsky. Egli sapeva che i nuovi guerrieri erano ‎in auge non solo perché ingannavano le masse popolari stanche di miseria e disoccupazione, ‎solleticandone gli istinti più bassi, ma perché erano appoggiati dai grandi gruppi industriali, dagli ‎adoratori del “libero mercato”, della “deregulation” totale, del capitalismo sfrenato. E in cambio del ‎sostegno il capitale aveva chiesto ai nazisti di liberare il paese da tutti coloro che puzzavano di ‎marxismo, semplicemente perché criticavano il liberismo selvaggio, il populismo nazionalsocialista ‎e le violenze dei suoi sgherri…‎
Ihr sollt die verfluchten Tarife abbauen.‎
Ihr sollt auf euern Direktor vertrauen.‎
Ihr sollt die Schlichtungsausschüsse verlassen.‎
Ihr sollt alles Weitere dem Chef überlassen.‎
Kein Betriebsrat quatsche uns mehr herein,‎
wir wollen freie Wirtschaftler sein!‎
Fort die Gruppen – sei unser Panier!‎
Na, ihr nicht.‎
Aber wir.‎
‎ ‎
Ihr braucht keine Heime für eure Lungen,‎
keine Renten und keine Versicherungen.‎
Ihr solltet euch allesamt was schämen,‎
von dem armen Staat noch Geld zu nehmen!‎
Ihr sollt nicht mehr zusammenstehn –‎
wollt ihr wohl auseinandergehn!‎
Keine Kartelle in unserm Revier!‎
Ihr nicht.‎
Aber wir.‎
‎ ‎
Wir bilden bis in die weiteste Ferne
Trusts, Kartelle, Verbände, Konzerne.‎
Wir stehen neben den Hochofenflammen
in Interessengemeinschaften fest zusammen.‎
Wir diktieren die Preise und die Verträge –‎
kein Schutzgesetz sei uns im Wege.‎
Gut organisiert sitzen wir hier ...‎
Ihr nicht.‎
Aber wir.‎
‎ ‎
Was ihr macht, ist Marxismus.‎
Nieder damit!‎
Wir erobern die Macht, Schritt für Schritt.‎
Niemand stört uns. In guter Ruh
sehn Regierungssozialisten zu.‎
Wir wollen euch einzeln. An die Gewehre!‎
Das ist die neuste Wirtschaftslehre.‎
Die Forderung ist noch nicht verkündet,‎
die ein deutscher Professor uns nicht begründet.‎
In Betrieben wirken für unsere Idee
die Offiziere der alten Armee,‎
die Stahlhelmleute, Hitlergarden ...‎
‎ ‎
Ihr, in Kellern und in Mansarden,‎
merkt ihr nicht, was mit euch gespielt wird?‎
mit wessen Schweiß der Gewinn erzielt wird?‎
Komme, was da kommen mag.‎
Es kommt der Tag,‎
da ruft der Arbeitspionier:‎
‎“Ihr nicht.‎
Aber Wir. Wir. Wir.”‎

inviata da Dead End - 30/1/2013 - 15:53




Lingua: Inglese

Traduzione inglese di Raphael Israel trovata su questo blog dedicato al grande giornalista e scrittore satirico tedesco, morto ‎suicida nel 1935.‎
THE FREE ECONOMY

Abolish those cursed tariffs
Trust your company director.
Walk out of the arbitration committees.
Leave everything else to your boss.
No more union talking their way in,
we want to be free economists!
‎"Away with groups" - on our banner!
Now, not you.
But us.

You don't need rest homes for your lungs,
no retirement and no insurances.
You should all be ashamed of yourselves,
taking money from the penniless State!
You should no longer stand together.
Would you please disperse yourselves!
No cartels in our territory!
Not you.
But us.

We're building into the farthest future
trusts, cartels, associations, concerns.
We stand next to the furnace flames
in syndicated groups.
We dictate the prices and the contracts -
no law will get in our way.
We stand here well organized...
Not you.
But us.

What you're doing is Marxism. Down with it!
We're assuming the power, step by step.
No one's disturbing us. Complacently
the ruling socialists stand by and watch.
We want you individually. To arms!
That's the newest economic theory!
The demand has not been made
that a German professor couldn't justify.
Working for our ideas in the factories
are officers of the old army,
the Steel Helmets, the Hitler garde ...
You, in cellars and attics,
Don't you see what they're doing with you?
With whose sweat the profit is gained?
No matter what might come.
The day will arrive,
when the crusading worker calls:
‎"Not you.
But us. Us. Us."‎

inviata da Dead End - 30/1/2013 - 15:54




Lingua: Francese

Version française – LA LIBRE ÉCONOMIE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson allemande – Die freie Wirtschaft – Kurt Tucholsky – 1930



Un poème signé sous le pseudonyme de Theobald Tiger publiée le 4 Mars 1930 sur « Die Weltbühne », la revue que Tucholsky dirigea jusqu'à cet année, pour ensuite s'exiler en Suède, convaincu que désormais la lutte contre l'arrivée au pouvoir des nazis était perdue…


Musique de Leobald Loewe, musicien connu pour ses adaptations des chansons de Brassens en allemand.
Interprétée par l'auteur-compositeur et le guitariste allemand Leo Kowald


Mais le nazisme n'était pas l'unique préoccupation de Tucholsky. Il savait que les nouveaux guerriers étaient dangereux pas seulement car ils dupaient les masses populaires épuisées par la misère et le chômage, en titillant leurs instincts les plus bas, mais car ils étaient soutenus par des grands groupes industriels, des adorateurs du « libre marché », de la « dérégulation » totale, du capitalisme effréné. Et en échange de son soutien, le capital avait demandé aux nazis de libérer le pays de tous qui sentait le marxisme, simplement car ils critiquaient le libéralisme sauvage, le populisme nazi et les violences de ses sbires…
LA LIBRE ÉCONOMIE

Vous devez supprimer ces foutus barêmes
Vous devez faire confiance à votre directeur
Vous devez abandonner ces comités de conciliation
Vous devez avoir plus confiance dans le chef.
Plus de conseil d'entreprise chez nous,
Nous voulons être de libres entrepreneurs !
À bas les groupes – suivez notre enseigne !
Après vous, non
Mais nous, oui.

Pas besoin de maisons pour vos poumons,
Pas de pensions et pas d'assurances.
Vous devriez tous avoir honte,
De prendre encore de l'argent au pauvre État !
Vous ne devez plus rester ensemble –
Voulez-vous bien vous disperser !
Pas de cartels dans notre secteur !
Vous non.
Mais nous, oui.


Nous formons pour le long terme
Des trusts, des cartels, des fédérations, des ententes.
Avec les flammes de nos hauts fourneaux, nous sommes
Unis dans des sociétés par des intérêts solides.
Nous dictons les prix et les contrats –
Aucune loi de protection ne nous contrarie
Nous sommes bien organisés ici…
Vous, non.
Mais nous, oui.

Ce que vous faites, c'est du marxisme.
Pas de ça !
Nous conquérons pas à pas le pouvoir.
Personne ne nous dérange. En toute tranquillité
Les gouvernements socialistes regardent.
Nous vous voulons à titre individuel. Aux fusils !
C'est la dernière leçon de l'économie.
La revendication n'est pas encore lancée,
Un professeur allemand ne nous l'a pas encore confirmée.
Dans les entreprises travailllent pour nos idées
Les Officiers de l'ancienne armée,
Les Casques d'acier, les gardes d'Hitler…

Vous, dans les caves et dans les mansardes,
Ne voyez-vous pas ce qu'ils font de vous ?
Avec quelle sueur se fait le profit ?
Arrivera ce qui arrivera.
Le jour arrivera
Où le pionnier du travail dira :
« Vous pas.
Mais nous. Nous. Nous. »

inviata da Marco Valdo M.I. - 26/5/2013 - 20:01




Lingua: Francese

Version française – L’ÉCONOMIE LIBÉRALE – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson allemande – Die freie Wirtschaft – Theobald Tiger, alias Kurt Tucholsky – 1930
Histoires d’Allemagne 48

Economie liberale


Un poème de Theobald Tiger, alias Kurt Tucholsky, publié le 4 mars 1930 dans « Die Weltbühne », la revue que Tucholsky dirigea jusque cette année-là avant de s’exiler en Suède, convaincu que désormais la lutte contre l’arrivée au pouvoir des nazis était perdue…

Le nazisme n’était pas l’unique préoccupation de Tucholsky. Il savait que les nouveaux guerriers étaient dangereux, car ils dupaient les masses populaires épuisées par la misère et le chômage, mais aussi, car ils étaient soutenus par de grands groupes industriels, des zélateurs du « libre marché », de la « dérégulation » totale, du capitalisme. En échange de son soutien, ils avaient demandé aux nazis de libérer le pays de tout ce qui sentait le syndicalisme, le socialisme, le communisme, l’anarchisme.

Dialogue maïeutique

Lucien l’âne mon ami, nous venons de voir en quelques phrases la situation de l’Allemagne de ce temps-là. On en avait eu une illustration déjà dans les années qui précèdent. L’Allemagne des années vingt n’était pas un havre de paix et de prospérité. Depuis la fin de la guerre, la population assistait médusée à un affrontement violent entre les tenants de l’ancien régime, les nostalgiques de l’Empereur qui ambitionnaient une sorte de restauration ou espéraient un pouvoir fort, une dictature ; les républicains qui essayaient de se maintenir au pouvoir et de sauver la République et les révolutionnaires – de gauche ou de droite – qui visaient eux aussi la conquête du pouvoir.
Sur le terrain économique et social, la confrontation n’était aps moins vive. Pour les patrons, il s’agissait tout simplement de déconstruire le système social (hérité de l’Empire) trop favorable aux travailleurs, de déconstruire (sinon détruire) les organisations ouvrières, de se libérer de toute concertation, d’imposer la liberté d’exploiter, qui est celle du loup) dans la bergerie, du renard dans le poulailler ; bref, de se débarrasser de toute entrave à la « liberté économique ». Il s’agissait également de mater toute velléité de résistance dans les entreprises et dans le pays.

Je vois ça très bien et d’autant mieux que c’est ce qui est en train de se passer aujourd’hui, ici, dans ce pays où nous résidons et sans doute dans les autres pays d’Europe : Regardez ce qu’ils font aux Grecs, ils vous le feront bientôt. On assiste au démantèlement systématique de tout ce qui gêne les riches : diminution des salaires, instauration de la précarité dans le travail, diminution des pensions, allongement de la durée du travail, recul de l’âge de la retraite ; tirs de barrage médiatiques et répression policière contre les pauvres et ceux qui les défendent ; ils dressent les gens les uns contre les autres et tentent de jeter la responsabilité de leurs attaques sur leurs victimes. Je constate aussi que tout cela se fait sans la moindre honte, sans aucune pudeur, à visage découvert, avec une arrogance croissante. On est en plein dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font obstinément et sans aucun scrupule contre les pauvres.

Dans la chanson, Kurt Tucholsky, alias Theobald Tiger, détaille – par la voix d’un héraut du patronat – la situation, toutes les exigences des patrons et les forces (armées et privées) qu’ils mettent en place pour appliquer manu militari leur sympathique programme.
« Dans les entreprises travaillent pour nos idées
Les Officiers de l’ancienne armée,
Les Casques d’acier, les gardes d’Hitler… »
Mais arrivé à la dernière strophe, changement de programme, renversement de la vapeur : Tucholsky-Tiger appelle à la défense et à la conquête du pouvoir dans l’entreprise, dans l’économie, dans l’État par les « prisonniers du travail ». Il en annonce l’avènement :

« Le jour arrivera
Où le prisonnier du travail dira :
« Pas pour vous.
Mais pour nous. Pour nous. Pour nous. »

Sans doute en manière de mobilisation face aux périls qu’il n’arrête pas de dénoncer.

Et nous pareillement, nous dénonçons l’iniquité du système, l’injustice de l’exploitation, la dangerosité de l’économie libérale, ce qui est notre manière de tisser le linceul de ce vieux monde inique, injuste, dangereux et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
L’ÉCONOMIE LIBÉRALE

Vous devez supprimer ces foutus barèmes
Vous devez faire confiance à votre directeur
Vous devez abandonner ces comités de conciliation
Vous devez avoir plus confiance dans le chef.
Plus de conseil d’entreprise chez nous,
Nous voulons être de libres entrepreneurs !
À bas les groupes – suivez notre enseigne !
Vous suivre, non
Mais nous-mêmes, oui.

Pas besoin de maisons pour vos poumons,
Pas de pensions et pas d’assurances.
Vous devriez tous avoir honte,
De prendre encore de l’argent au pauvre État !
Vous ne devez plus rester groupés –
Voulez-vous bien vous disperser !
Pas d’unions dans notre secteur !
Pour vous non.
Mais pour nous, oui.

Nous formons pour le long terme
Des trusts, des cartels, des fédérations, des ententes.
Avec les flammes de nos hauts fourneaux, nous sommes
Unis dans des sociétés par des intérêts solides.
Nous dictons les prix et les contrats –
Aucune loi de protection ne nous contrarie
Nous sommes bien organisés ici…
Chez vous, non.
Mais chez nous, oui.

Ce que vous faites, c’est du marxisme.
Pas de ça !
Nous conquérons pas à pas le pouvoir.
Personne ne nous dérange. En toute tranquillité
Les gouvernements socialistes regardent.
Nous vous voulons à titre individuel. Aux fusils !
C’est la dernière leçon de l’économie.
La revendication n’est pas encore lancée,
Un professeur allemand ne nous l’a pas encore confirmée.
Dans les entreprises travaillent pour nos idées
Les Officiers de l’ancienne armée,
Les Casques d’acier, les gardes d’Hitler…

Vous, dans les caves et dans les mansardes,
Ne voyez-vous pas ce qu’ils font de vous ?
Avec quelle sueur se fait le profit ?
Arrivera ce qui arrivera.
Le jour arrivera
Où le prisonnier du travail dira :
« Pas pour vous.
Mais pour nous. Pour nous. Pour nous. »

inviata da Marco Valdo M.I. - 28/5/2016 - 22:34



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