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Je voudrais pas crever

Boris Vian


Lingua: Francese

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Je voudrais pas crever

Chanson française – Je voudrais pas crever – Boris Vian - 1953


Ursula Kübler et Boris Vian
Ursula Kübler et Boris Vian


Tu vois, Lucien l'âne mon ami, j'ai longtemps hésité à proposer cette chanson de Boris Vian aux Chansons contre la Guerre. Car, à première vue, on pourrait penser qu'elle n'en est pas une... et pourtant, à la réflexion, c'en est une. C'en est une et c'est en même temps autre chose. Mais laissons de côté cette ou même ces autres choses, et voyons son caractère nettement antiguerrier. Quel est le but essentiel du guerrier ?

Ben, dit Lucien l'âne tout ahuri d'une telle question, le but principal du guerrier, c'est de tuer. C'est même sa fonction dans le monde ; une sorte de tueur à gages au service d'un pouvoir et plus encore aujourd'hui, où la plupart des États ont abandonné la conscription, ont renoncé au service militaire... Actuellement, le guerrier est un tueur professionnel.

Et que souhaite le très civil poète Boris Vain dans cette chanson, dont le titre est éclairant. Il le dit sans ambages : « Je voudrais pas crever »... Cette exhortation ne vise pas un seul type de mort, il concerne tous les types de mort possibles. Et parmi tous les types de mort possible, il y a la vieillesse, la maladie, l'accident, la mort au travail et à cause du travail, la mort par assassinat individuel – à la pièce en quelque sorte, ou en bande, ou en masse... Sans oublier, évidemment, la mort par manque de savoir-vivre. C'est là qu'intervient la guerre et ses vilaines façons. Une autre façon de dire « je voudrais pas crever » serait de dire « Je veux vivre »... Message des plus civils, même les plus acharnés des militaires devront le reconnaître. Note aussi le mot « crever »... Crever, c'est mourir salement... et qu'y a-t-il de plus sale que cette mort industrielle qu'est la guerre – surtout quand on est civil. On peut toujours considérer que le militaire – surtout, stipendié – l'a cherchée, qu'il s'agit en quelque sorte d'une des dimensions de son métier. Tuer ou être tué, telle est leur devise. Qu'il s'agisse de militaires publics ou privés... Le raisonnement est le même. Mais de toute façon, militaire ou civil, la guerre, c'est l'aller-simple pour l'abattoir.

D'accord, « Je voudrais pas crever » est une sentence contre la guerre. Mais, il faut également l'envisager sur le plan personnel, la maladie tueuse... et Boris Vian était visé par un pareil destin et d'ailleurs, il avait anticipé ce qui lui est arrivé en tentant d'en faire le maximum (des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des chansons, de la musique...) avant qu'il ne soit trop tard et en écrivant cette chanson : « Je voudrais aps crever ! », c'est tout un programme de résistance face à la camarde, qui ne lui a d’ailleurs jamais pardonné. Elle l'a poursuivi d'un zèle imbécile... Comme disait Georges Brassens. Mais en plus, il y a à considérer la mort dans la Guerre de Cent Mille Ans, cette grande mort collective par la faim, la soif, le manque d'eau, la malaria et toutes les autres maladies endémiques, toutes les épidémies, la mort à l'usine, la mort aux champs qui est la mort des paysans... Toutes ces morts, filles de cette Guerre sournoise, déguisée en paix, que les riches font aux pauvres pour renforcer leur emprise, pour développer leur richesse, pour accroître l'exploitation... Alors, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche et recommençons illico à tisser le linceul de ce vieux monde assassin, tueur, mortifère, massacreur et cacochyme (Heureusement !)

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles

Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre

Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zob
Dans des coincetauds bizarres

Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne

Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, Ursula

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux

Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur

Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
À voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
À chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

inviata da Marco Valdo M.I. - 27/6/2012 - 21:10



Lingua: Italiano

Versione italiana di Giovanni Soriano
NON VORREI CREPARE

Non vorrei crepare
Prima d'aver conosciuto
I cani neri del Messico
Che dormono senza sognare
Le scimmie a culo nudo
Divoratrici dei tropici
I ragni d'argento
Dal nido pieno di bolle

Non vorrei crepare
Senza sapere se la luna
Sotto la sua falsa aria di moneta
Ha un lato appuntito
Se il sole è freddo
Se le quattro stagioni
Sono davvero quattro

Senza aver provato
A portare un vestito
Lungo i grandi viali
Senza aver guardato
Dentro a un tombino
Senza aver ficcato il cazzo
Nei posti più impensati

Non vorrei crepare
Senza conoscere la lebbra
O le sette malattie
Che si prendono laggiù
Il bene e il male
Non mi farebbero penare
Se sapessi
Che ne avrò la strenna

E c'è anche
Tutto ciò che conosco
Tutto ciò che apprezzo
E che so che mi piace
Il fondo verde del mare
Dove le alghe ballano il valzer
Sulla sabbia ondulata
L'erba bruciata di giugno
La terra che si screpola
L'odore delle conifere
E i baci di colei
Che questo che quello
La bella ecco
Il mio Orsetto, Orsola

Non vorrei crepare
Prima d'aver consumato
La sua bocca con la mia bocca
Il suo corpo con le mie mani
Il resto coi miei occhi
Non dico altro bisogna pur
Mantenersi riverenti

Non vorrei crepare
Prima che abbiano inventato
Le rose eterne
La giornata di due ore
Il mare in montagna
La montagna al mare
La fine del dolore
I giornali a colori

Tutti i bambini contenti
E tante cose ancora
Che dormono nei crani
Di geniali ingegneri
Di allegri giardinieri
Di socievoli socialisti
Di urbani urbanisti
E di pensatori pensierosi
Tante cose da vedere
Da vedere e da sentire
Tanto tempo d'attendere
A cercare nel nero

E io vedo la fine
Che brulica e che s'avvicina
Con la sua gola ripugnante
E che m'apre le braccia
Di ranocchia brancicante

Non vorrei crepare
Nossignore nossignora
Prima d'aver provato
Il gusto che mi tormenta
Il gusto più forte

Non vorrei crepare
Prima di aver gustato
Il sapore della morte...

27/6/2012 - 23:50


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