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Carmen et la Lune

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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Carmen et la Lune
 
Canzone française – Carmen et la Lune – Marco Valdo M.I. – 2012
Histoires d'Allemagne 68

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.



Voici donc, mon ami Lucien l'âne, une nouvelle Histoire d'Allemagne, celle de l'année 1969. Et voici, une nouvelle narratrice, elle s'appelle Carmen et cette année-là, elle fréquentait du haut de ses deux ou trois ans la crèche des étudiantes mères célibataires de Bochum. Par parenthèse, le combat pour des crèches est toujours d'actualité... et en Allemagne, plus encore depuis la disparition de la République Démocratique... Et afin que nul n'en ignore, cette très jeune personne se présente dès le début de la canzone : « Moi, Carmen l'indomptable... »

Ça promet, dit Lucien l'âne secoué par un rire quelque peu explosif. Elle ne manque pas d'air, si tu veux mon avis.

Cette Carmen est une personne fort pétillante et assez fière d'elle-même. Et elle ne manque pas d'air... Tu ne pouvais mieux dire. En effet, elle n'hésite pas un instant à s'assimiler à la célèbre Carmen de Bizet, dont elle nous chante sans atermoiement les deux airs les plus connus. C'est sa carte de visite en quelque sorte. Et quelle présentation de soi-même : « Si je t'aime, prends garde à toi... ». Elle raconte la crèche de son enfance et les événements qu'une enfant a pu retenir de ces temps lointains. Je te les résume : la mort de Jan Palach, les deux astronautes sur la Lune, l'élection de Willy Brandt comme chancelier et les péripéties de la vie dans son monde de la crèche... Ces péripéties d'enfants montrent d'ailleurs la différence d'approche entre les « prolos » et les étudiants. Question cruciale à cette époque où les étudiants, du moins, une partie d'entre eux, tentaient de se fondre dans le monde ouvrier...

À mon sens d'âne, elle le reste. Il va de soi que cela ne peut concerner qu'une frange des étudiants et par extension, la frange des ex-étudiants, diplômés ou non, devenus « manœuvres intellectuels » – autrement dit, ceux qui ne renient pas leur révolte et sont rétifs aux sirènes des riches. Ceux qui gardent en leur tête et en leur cœur notre sentence : Ora e sempre : Resistenza ! Ce sont ceux-là qui ont choisi le camp des pauvres dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leur puissance, de multiplier leurs profits, d'étendre leurs propriétés, d'imposer le travail obligatoire, de voler la vie des pauvres. Je ne sais trop combien ils sont, mais ils ont tout du tisserand, du canut qui tisse jour après jour, comme nous entendons le faire, le linceul de ce vieux monde ennuyeux, plein de vide, insupportable, chaotique et cacochyme (heureusement).


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Je te le dis, moi, Carmen l'indomptable
L'époque est folle et tout est difficile
Sans mentir, le monde est vraiment insupportable
Dis-donc Carmen de quoi s'agit-il ?

Je suis Carmen, née dans la Rhur
Je suis Carmen et je connais l'amour.
Et quand on parle de Carmen
On entend toujours cette rengaine :
« L'amour est enfant de Bohême,
Il n'a jamais, jamais connu de loi,
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,
Si je t'aime, prends garde à toi ! »
Ou encore
« Toréador, en garde!
Toréador! Toréador!
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu'un œil noir te regarde
Et que l'amour t'attend,
Toréador, l'amour, l'amour t'attend ! »

En 1969, dit Carmen, hélas...
L'année avait mal commencé
À Prague, sur la place Wenceslas
Jan Palach par le feu s'était immolé

J'étais encore à la crèche des étudiantes
Une vraie crèche de la fin des années soixante
Autogestion, assemblées , ça discutait
Maman n'était pas étudiante, elle nettoyait

À Bochum, notre crèche dans des bureaux
Finalement, c'était plutôt rigolo
Au début, y avait les enfants d'étudiantes célibataires
Et plus tard, sont venus les enfants de prolétaires

Nous les prolos, on a foutu le bordel, à peine arrivés
Avec leurs méthodes, ils n'arrivaient pas à nous calmer
Nous les mômes, on voulait tout et rien partager
Les poupées, les jouets, on voulait tout garder.

À l'été, moi et les autres, scotchés à la télé
On zyeutait les hommes sur la Lune
Avec leurs étranges costumes
Et leur drôle de drapeau étoilé.

On a dessiné tout ça : par terre, sur les murs
Après, ma mère a tout nettoyé...
Et puis, aux élections, c'est sûr
C'est son Willy qui a gagné

Croyez-moi ou ne me croyez pas
Après tant de temps, j'en rêve encore moi
De la crèche des étudiantes
De la fin des années soixante.

Je suis Carmen, née dans la Rhur
Je suis Carmen et j'ai connu l'amour.
Et quand on parle de Carmen
On entend toujours cette rengaine :
« L'amour est enfant de Bohême,
Il n'a jamais, jamais connu de loi,
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,
Si je t'aime, prends garde à toi ! »
Ou encore
« Toréador, en garde!
Toréador! Toréador!
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu'un œil noir te regarde
Et que l'amour t'attend,
Toréador, l'amour, l'amour t'attend ! »

Dis-donc Carmen de quoi s'agit-il ?
L'époque est folle et tout est difficile
Sans mentir, ce monde est vraiment insupportable
Je te le dis, moi, Carmen l'indomptable.

inviata da Marco Valdo M.I. - 4/5/2012 - 23:39



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