Lingua   

Eul' chomach'

anonimo


Lingua: Francese (Chtimi)


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Canzone popolare del Nord-Pas de Calais
Chanson populaire du Nord-Pas de Calais

chomheur.


Qualcuno, vedendo magari nell'elenco delle canzoni questo titolo, potrà pensare a qualche melodia celtica o in qualche altra strana lingua. Invece no. Sarebbe, ehm, "francese"; ma è il francese che si parla nel Nord e nel Passo di Calais, lo chtimi (o ch'ti). I linguisti ci dicono che sarebbe il piccardo moderno, ma io preferisco chiamarlo col suo nome, che poi è anche quello di chi lo parla. Anche i Nordistes si chiamano chtimi.

E gli voglio parecchio, ma parecchio bene allo chtimi e ai suoi parlanti. Ho avuto la ventura di camparci in mezzo per un po'; addirittura, questo sito, le "CCG", è nato proprio quando stavo lassù, vicino a Valenciennes, in una via dedicata a Jean Jaurès e in un hachelem dove eravamo di 22 nazionalità diverse. Mica vorrete che il Venturi fosse andato in una villa, no..?; per questo, da allora, il mio francese parlato ha un'andatura decisamente da banlieue pourrie (ufficialmente, però, bisognerebbe dire da quartier sensible). Mi ci diverto pure parecchio, quando mi capita di scambiare qualche parola con dei turisti francesi a Firenze; scioccarli un pochino che il rital al quale chiedono un buon ristorante risponda loro roba tipo "y en a un tout près mais faut fair' gaffe qu'y ne vous flanquent une addition à vous fair' péter le cul.". Come sempre, divago. Il "Dottor Divago", mi si potrebbe chiamare. A quest'ora poi.

A quest'ora, poi, non s'ha veramente da fare un cazzo. Si sta qui a cazzeggiare e a godersela, la notte. Pausa pausa ritmo lento; e, infatti, sono certo che questa canzoncina chtimi non sarebbe per nulla dispiaciuta a Enzo Del Re e alla sua sedia. Per di più in quest'epoca di crisi, con tutte le sue geremiadi sull'occupazione (curioso che lo stesso termine si usi sia per il "lavoro" che per l' "invasione militare"...), sui "giovani senza futuro" e compagnia bella. Sai che futuro per i giovani, col lavoro! Pour en finir avec le travail, si cantava sulle barricate parigine del 1268; dico 1268 perché sono passati, appunto, circa otto secoli. Qualcuno dice 45 anni, ma non è vero. E' stato il lavoro che en a fini avec nous. Vaffanculo!

E, allora, largo a questa canzone del pòpolo. Il pòpolo, ogni tanto, ne azzecca qualcuna. Lassù in Chtimilandia, disoccupazione al 45% o giù di lì, vita fatta di ex minatori, di Assedic Chômage (voi non capirete cosa sto dicendo, forse; ma Marco Valdo sì), di RMI, di assegni familiari e di alcool, chi ha concepito questa canzone lo sa bene. Un'angolazione un po' diversa da quella usuale, che nella strofa finale sembra riprodurre quasi esattamente quella della Leggera. Ciò equivale al vero internazionalismo. Gratta gratta, i disoccupati cominciano a fregarsene del lavoro; ed è questa, sí, la rivoluzione. Quella vera. Quella che scuote le fondamenta.

Il testo della canzone l'ho trovato sul libro della Chorale Karaoke, a pagina 74. Lo trascrivo così com'è e poi lo traduco in italiano. [RV]
Tertous i sait qu' l'été dins les fabriques
i' fait malsain, i' pu et i' fait chaud.
Aussi j'propose d'serrer tout' les boutiques,
et les ouvris z'irotent au bord eud' l'eau
jusqu'en septembre à la fin des vacances
on commench'rot à s'met' à ouvrer dur
et d' tins in tin in iro faire bombance
pendant l'hiver, à Nice su'l côte d'Azur.

Et pour qu'i n'arrive jamais pu d' chomach',
voilà eun loi qu'in devra faire voter:
diminuer les heures d'ouvraches
et les salaires faudra les augminter.
On n'a pas b'soin de tous les bins du monde,
pour vivre heureux i' nous in faut pas tint.
Et in un mot voilà tout c'que l'on d'minde:
très peu d'ouvrach' et bin des macarons,
des macarons!

Et pi l'lundi, ce s'ra un jour de fête,
et pi l'mardi ça s'ro pour s'reposer,
et l'mercredi in verra si, peut-être,
in iro s'met' tout douch'mint à ouvrer.
Et pi l'jeudi in pass'ro à la caisse,
et l'vendredi ça s'ra pour s' décrasser,
et pi l' sam'di in f'ro la s'maine anglaisse,
et les dimanches ça s'ra congés payés.

inviata da Riccardo Venturi - 27/4/2012 - 03:37




Lingua: Italiano

Versione italiana di Riccardo Venturi
27 aprile 2012
LA DISOCCUPAZIONE

Tutti sanno che l’estate nelle fabbriche
fa male alla salute, puzza e fa caldo.
Così propongo di chiudere bottega
e gli operai se ne andranno in riva al mare
fino a settembre, alla fine delle vacanze
cominceranno a mettersi a lavorar duro
e di tanto in tanto s’andrà a fare una capatina
durante l’inverno, a Nizza in Costa Azzurra.

Più disoccupazione! Ma perché non succede mai?
Ecco una legge che si dovrà far votare:
diminuire le ore di lavoro
e si dovrà aumentare i salari.
Non s’ha bisogno di tutti i beni del mondo,
per vivere felici non ci occorre tanto.
In una parola, ecco tutto quel che si chiede:
pochissimo lavoro e tanti pasticcini,
tanti pasticcini!

E poi il lunedì sarà giorno di festa,
e poi il martedì sarà per riposare.
e il mercoledì si vedra poi, forse,
se mettersi pian piano a lavorare.
E poi il giovedì si passerà alla cassa,
il venerdì sarà per dirognarsi,
e poi il sabato si farà all’inglese
e le domeniche saran ferie pagate.

27/4/2012 - 03:50




Lingua: Francese

Version française – Le Chômage – Marco Valdo M.I. – 2012
d'une chanson populaire du Nord-Pas de Calais – Picard Chtimi – Eul' chomach' – anonyme


chomheur.


Quelqu'un peut-être, en voyant ce titre dans la liste des chansons pourrait penser à quelque mélodie celtique ou en quelque autre langue étrange. En fait, non. Ce serait, hem, du "français"; mais le Français qui se parle dans le Nord et dans le Pas de Calais, le chtimi (ou ch'ti). Les linguistes nous disent que ce serait le picard moderne, mais je préfère l'appeler par son nom, qu'ensuite, c'est aussi celui de ceux qui le parlent. D'ailleurs, les Nordistes s'appellent chtimi.

Et je l'aime bien ce chtimi et ceux qui le parlent. J'ai vécu un peu au milieu d'eux, i pour un po'; justement, ce site, les "CCG", sont nées quand j'étais là-haut, près de Valenciennes, dans une rue dédiée à Jean Jaurès et dans un hachelème (HLM) où nous étions de 22 nationalités différentes. Vous ne voudriez quand même pas que Venturi fût allé dans une villa, non.. ?. Pour cela, depuis lors, mon français parlé a résolument une allure de banlieue pourrie; officiellement, cependant, on parle de quartier sensible. Je m'amuse aussi pas mal, quand il m'arrive d'échanger quelques mots avec des touristes français à Florence, à les choquer un peu lorsque le rital auquel ils demandent un bon restaurant leur répond quelque chose du genre : «Y en a un tout près mais faut fair' gaffe qu'y ne vous flanquent une addition à vous fair' péter le cul». Comme toujours, je divague. Le "Docteur Divago », on pourrait m'appeler. À l'heure que voici, puis.

À cette heure, puis, on n'a pas vraiment à en faire une tonne. On est ici à déconner et à s'amuser, la nuit. Pause pause rythme lent; et, en effet, je suis certain que cette chansonnette chtimi n'aurait pas en rien déplu à Enzo Del Re et à sa chaise. En outre dans cette époque de crise, avec toutes ces jérémiades sur l'occupation, (curieux qu'on utilise le même terme pour le "travail" que pour l' "invasion militaire."..), sur les "jeunes sans avenir" et belle compagnie. On sait quel futur pour les jeunes, avec le travail! Pour en finir avec le travail, on chantait sur les barricades parisiennes de 1268; je dis 1268 parce que depuis environ huit siècles ont passés. Quelqu'un dit 45 ans, mais ce n'est pas vrai. C'est le travail qui en en a fini avec nous. Vaffanculo!

Et, alors, place à cette chanson du peuple. Le peuple, de temps en temps, en serine une. Là-haut en Chtimilande, chômage à 45% ou à peu près, une vie faite d'anciens mineurs, d'Assedic Chômage, vous ne comprendrez pas ce que je suis en train de dire, peut-être; mais Marco Valdo oui, de RMI, d'allocations familiales et d'alcool, celui qui a conçu cette chanson il le sait bien. Une approche un peu différente de l'habitude, qui dans la strophe finale semble reproduire celle de la Leggera. Ceci vaut un vrai internationalisme. Il gratte il gratte, les chômeurs commencent à s'en foutre du travail ; et la voici, oui, la révolution. La vraie. Celle qui secoue les fondations.

Le texte de la chanson je l'ai trouvé sur le livre du Chorale Karaoke, à la page 74. Je le transcris comme il est et puis, je le traduis en italien. [RV]

Cela dit, nos aut's (je ne garantis pas l'orthographe... ), Marco Valdo M.I. mon ami, on comprend assez bien cette langue étrange, le chtimi. Je dis langue, car c'est une langue à part entière qui est plus généralement connue sous le nom de picard, ou parler de la Picardie, de la région picarde... Ce n'est donc pas une variante du français, bien qu'elle lui soit apparentée. Tout comme les wallons sont des variantes d'une langue wallonne et non du français, même si comme le français et le picard, le wallon est une langue romane. Vu d'ici, de quelque part dans ce Hainaut (qui d'ailleurs pourrait aussi bien être Haynaut, Hennaut, Hénaa... Serait-ce le bassin de la Haine – Henne qui en serait à l'origine ?) qui allait des confins de l'Île de France à ceux de Bruxelles et de Namur, on assimile certains wallons à certaines formes de picards ou l'inverse. Donc, à l'oreille et à une oreille d'âne mieux encore, on s'y retrouve...

D'abord, Lucien l'âne mon ami, tu as vu que notre ami Ventu m'a interpellé dans son commentaire à propos des Assedics, devenues entretemps Pôle Emploi... Il va évidemment de soi que je sais qu'il s'agit là de l'organisme qui en France, s'occupe du chômage et des allocations qu'il remet aux personnes concernées et que le terme est également usité pour désigner les allocations elles-mêmes; il en va de même pour le RMI - Revenu Minimum d'Insertion... mais cette nomenclature évolue en fonction des errances des réglementations et des administrations. Pour l'organisme, je traduirais en « wallon » par Forem (Formation Emploi) – Onem(Onem – Office national de l'emploi), lesquels, comme il n'y a pas d'emplois pour plus de cinq cent mille personnes (je rappelle que la population totale de la Wallonie frôle les 3.500.000 de personnes)... sont des administrations qui gèrent les chômeurs (pas tous les sans-emplois – il y a beaucoup d'exclus) et au besoin (c'est-à-dire de plus en plus souvent), les virent purement et simplement, font de l'animation des chômeurs, qui organisent (et même pas bien) l'occupation des chômeurs...

C'est cela... Il faut bien les occuper, ces gens-là... Sinon, ils finiraient par s'ennuyer, dit Lucien l'âne en ponctuant son propos de points d'ironie avec ses oreilles.

Tout cela à défaut de créer les emplois, ce qui devrait en bonne logique être leur mission première. Avant de poursuivre, je signale qu'il faut ajouter aux sans-emplois les membres de leurs familles, qui sont à leur charge... Ceci augmente encore l'ampleur des dégâts...

Disons qu'on multiplie par deux (au moins) les cinq cent mille personnes évoquées ci-dessus... On est au million...
Un bon tiers de la population...

Mais, laissons de côté ces administrations fantoches et répressives et revenons maintenant au picard et au wallon... En ce qui me concerne, sans doute un peu comme toi, on a parfois du mal à identifier tel ou tel wallon – nos oreilles acceptant indifféremment les wallons de Liège (Lîdge), de Hesbaye, du Namurois, d'Ardenne, du Brabant wallon, de Charlewè (alias Charleroi), du Centre, du Borinage, le tout mâtiné de picard, de brabançon, de bruxellois, de flamand et bien évidemment, d'italien ou de sicilien...

Comme tu le sais,dit Lucien l'âne en riant, il est tout-à-fait possible de vivre ici en ne parlant que l'italien ou le sicilien. Cela pour m'en tenir à ce qui est le plus évident... je te passe les particularités locales... On n'en sortirait plus.

Quant à écrire le wallon ou le picard, c'est une autre paire de manches... Certains s'y sont essayés avec succès... On parlait de l'Acopleûse l'autre jour... et de son auteur, Marcel Hicter, que tu as fort bien connu. Lequel distinguait, t'en souvient-il, le wallon de Haneffe de celui de Momalle, villages distants de quelques kilomètres... Et écrivit « Li Pont à l' Mwète Êwe », qui commence ainsi :

« Hènèef Donceel èt Lîmont
Doûmartégn' èt Hôzémont
èt lès bwès dès haûteûrs di Moûse
è Lîdge tot à coron... »


en français contemporain, cela donne :

« Haneffe, Donceel et Limont
Dommartin et Hozémont
Et les bois des hauteurs de Meuse
Et Liège tout au fond... ».


Avec ça, on n'est pas sorti de l'auberge et je ne te dirai rien des affres dans lesquelles m'a jeté la traduction de Rémi Magermans... Tout ça pour dire que celle que je vais faire de cette chanson en ch'ti pourra bien être aussi approximative, aussi « à peu près », que celles que je te sers de l'italien ou de l'allemand... Elles tiennent toutes plus de l'interprétation que de la traduction proprement dite... On ne saurait donc trop s'y fier... Pour le reste, je veux dire, pour ce qui concerne le « chomach' », là, on en connaît un bout... Il suffit de se reporter aux chansonchômes wallonnes de langue française, à commencer par À la Poursuite du Chômeur, qui se termine par le suicide du « chercheur d'emploi », dûment animé jusqu'à la fin par les sbires de l'administration... Chanson prémonitoire, s'il en est... À mettre en rapport avec ce qui se passe aujourd'hui en Grèce (Regardez ce qu'ils font aux Grecs !), en Espagne, au Portugal, en Italie... Partout en Europe. Le fait nouveau est peut-être le suicide des petits patrons – les grands eux sont dans leurs îles dorées et s'en foutent complètement.

Évidemment qu'ils s'en foutent et pire, je pense même qu'ils s'en réjouissent, dit Lucien l'âne en se hérissant de tous ses poils d'échine, car si tu examines ces suicides dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les terroriser... Pourquoi ? Eh bien, chaque suicide renforce la terreur... Répand dans les caisses de résonance des médias outre la sainte terreur du présent, la grande peur de l'avenir. Et il ne faut pas penser un seul instant que cette mise à genoux des populations, des immenses majorités des gens – jeunes, vieux ou de moyens âges soit fortuite ou l'œuvre d'une « main invisible qui tue »... Certes, la main est invisible, car elle se cache... mais on sait quelle est cette main, c'est celle de l'étrangleur de Chicago ou de Francfort, la main des marchés et comme on le voit, elle tue. Une main tueuse ainsi décrite par Arthur Rimbaud, jeune poète de chez nous...

« Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'œil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez pris dans un atroce entonnoir. »


Revu à l'aune des chansonchômes, ce passage des Assis prend une allure d'acide vérité... « Vous suez pris dans un atroce entonnoir... », c'est ce qui arrive aux chômeurs, aux jeunes, aux vieux, aux Grecs... et qui pend au nez de tous les Européens aujourd'hui déjà ou alors demain... La Guerre de Cent Mille Ans continue ses ravages...

Raison de plus, Marco Valdo M.I., pour continuer la résistance (Ora e sempre : Resistenza !) et pour que nous tissions sans relâche le linceul de ce vieux monde abrutissant, équarrisseur en gros, mortifère et cacochyme (heureusement).

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
LE CHOMAGE

Tous savent que l'été dans les fabriques
Il fait malsain, il pue et il fait chaud
Aussi je propose de fermer toutes les boutiques
Et que les ouvriers s'en aillent au bord de l'eau
Jusqu'en septembre à la fin des vacances
On commencerait à se mettre à travailler dur
Et de temps en temps, on irait faire bombance
Pendant l'hiver à Nice sur la Côte d'Azur.

Et pour qu'il n'y ait plus jamais de chômage
Voilà une loi qu'on devra faire voter
Diminuer les heures d'ouvrage
Et les salaires faudra les augmenter.
On n'a pas besoin de tous les biens du monde
Pour vivre heureux, il ne nous en faut pas tant.
Et en un mot, voilà ce qu'on demande
Très peu d'ouvrage et bien des macarons
Des macarons !

Et puis, le lundi sera un jour de fête
Et puis le mardi, ça sera pour se reposer
Et le mercredi on verra si, peut-être,
On se remettrait doucement à œuvrer.
Et puis, le jeudi, on passerait à la caisse,
Et le vendredi, ça serait pour se décrasser,
Et puis, le samedi, on ferait al semaine anglaise
Et les dimanches, ça sera les congés payés.

inviata da Marco Valdo M.I. - 27/4/2012 - 15:39


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