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L'étrangère

Léo Ferré


Lingua: Francese


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L'étrangère

Chanson française – L'étrangère – Léo Ferré
Poème de Louis Aragon.


Gipsy Girl<br />
Theodor Aman - 1884 - National Gallery, Bucharest
Gipsy Girl
Theodor Aman - 1884 - National Gallery, Bucharest


Voilà un Léo, comme tu ne l'as jamais vu, Coco ! Je parle de celui qu'on voit sur la vidéo, qui est en fait un petit film, car à l'époque, on filmait encore. Et puis, le cadrage, le gars qui l'interroge, qui est-ce, au fait ? . Un homme en costard, déjà. Et puis, à cet âge... C'était, c'était quand donc ? Au début des années soixante du siècle dernier. Hier, à peine. Un Ferré d'entre deux âges. Ce n'est plus l'émacié du Scaphandrier, ni déjà le vieillard aux cheveux fous.

Mais la chanson elle, oui, la chanson, tu ne m'en parles pas...

Une chose à la fois, si tu veux bien. C'est ainsi nous ne sommes pas des images, nous sommes des locuteurs séquentiels. Un mot à la fois, sinon... Sinon, rien... Même si je pense tout en même temps, je dis je, mais je est aussi l'autre, les autres. N fonctionne tous pareils. Les idées, les images se bousculent dans la tête, mais les mots ne sortent qu'un à la fois. Y a rien à faire. Pour la chanson, pareil, un mot à la fois. Quelle que soit la langue, d'ailleurs... Et maintenant, je vais t'en parler et te dire ce qu'elle vient faire dans les Chansons contre la Guerre, les CCG. En fait, tu comprendras dès la premièer ligne... « Un bas quartier de bohémiens »... Une chanson qui parle des Gitans et plus encore – lis le commentaire de Scocciante sur la Zingara 2008... Voici une chanson plus moderne, plus réelle, plus fantasmatique aussi, sur les Gitanes et celle-là en particulier... L'étrangère et plus sensuelle, plus nettement libre aussi, plus femme aussi et pas seulement imaginaire, crois-moi, j'en ai croisé des comme celle-là... Moi aussi j'aimais déjà les étrangères quand j'étais petit enfant.

Moi aussi, du temps où je n'avais pas encore été ensorcelé et même après. Cela dit, tu as raison, elle est vraiment très belle la chanson... Elle me paraît compléter celle que tu proposas toi-même sous le titre Les Gitanes

Elle est là cette chanson de Léo pour montrer aussi qu'un des grands poètes de langue française – Louis Aragon – a élevé là, un fameux monument à l'étrangère, mais aussi, à l'étrangeté de l'autre et à sa nécessaire présence pour donner sens à l'humanité. Une chanson résolument xénophile. Je suis moi-même, disons-le tout dret, un xénophile.

Comme bien tu le penses, Marco Valdo M.I. mon ami, moi aussi, je pratique assidûment la xénophilie et je tiens pour une immense bêtise la xénophobie et ses détestables penchants : la haine de l'autre, le rejet de l'étranger, l'intolérance à la différence...En fait, crois-moi, ce sont les fondements-mêmes du fait national, fût-il socialiste ou d'une autre couleur.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.
Il existe près des écluses,
Un bas quartier de bohémiens
Dont la belle jeunesse s'use
À démêler le tien du mien

En bandes on s'y rend en voiture,
Ordinairement au mois d'août.
Ils disent la bonne aventure
Pour des piments et du vin doux.

On passe la nuit claire à boire,
On danse en frappant dans ses mains.
On n'a pas le temps de le croire,
Il fait grand jour et c'est demain

On revient d'une seule traite,
Gai, sans un sou, vaguement gris
Avec des fleurs plein les charrettes,
Son destin dans la paume écrit.

J’ai pris la main d’ une éphémère
Qui m'a suivi dans ma maison.
Elle avait les yeux d'outremer
Elle en montrait la déraison.

Elle avait la marche légère
Et de longues jambes de faon
J'aimais déjà les étrangères
Quand j'étais un petit enfant.

Celle-ci parla vite vite
De l'odeur des magnolias
Sa robe tomba tout de suite
Quand ma hâte la délia

En ce temps-là j'étais crédule
Un mot m'était promission.
Et je prenais les campanules
Pour les fleurs de la passion.

A chaque fois tout recommence
Toute musique me séduit
Et la plus banale romance
M'est éternelle poésie.

Nous avions joué de notre âme
Un long jour une courte nuit
Puis au matin bonsoir madame
L'amour s'achève avec la pluie.

inviata da Marco Valdo M.I. - 2/6/2011 - 12:45



Lingua: Italiano

Versione italiana di Stefano Cosulich
LA STRANIERA

Esiste vicino alle chiuse
un malfamato quartiere di vagabondi
Dove la bella gioventù si intrattiene
a distinguere il tuo dal mio

In banda ci si reca in macchina
di solito nel mese d'agosto
Dicono la bella avventura
per i sapori e del buon vino

Si passa la notte chiara a bere
si danza battendo le mani
Non si ha il tempo di accorgersene
e si fa giorno ed é domani

Si ritorna da un solo tragitto
felici senza un soldo vagamente grigi
Con le corde vocali piene di fiori
e il proprio destino scritto sul palmo

Ho preso la mano di una efemera
che mi ha seguito dentro casa
Aveva gli occhi d'oltremare
e ne mostrava la follia

Aveva il passo leggero
e delle lunghe gambe di fauno
amavo già le straniere
quando ero un bambino

Questa parlò velocemente
specchiandosi nell'odore delle magnolie
Il suo vestito cadde subito
quando la mia fretta lo slacciò

In quel tempo ero credulone
prendevo ogni parola per una promessa
E scambiavo le campanule
per i fiori della passione

Ogni volta tutto ricomincia
ogni musica mi seduce
E la più banale romanza
è per me eterna poesia

Le nostre anime hanno suonato all'unisono
un lungo giorno una corta notte
Poi al mattino buonasera signora
l'amore finisce con la pioggia

2/12/2014 - 15:45



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