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Je ne hurlerai pas avec les loups

Gilles Servat


Lingua: Francese


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[1982]
Album “Je ne hurlerai pas avec les loups”
Testo trovato nella Bibliothèque Libertaire.

 Gilles Servat


Una lunga spoken-song, scritta a caldo dopo il golpe militare filo-sovietico in Polonia nel 1981 e l’inizio del lungo braccio di ferro tra il generale Jaruzelski e il leader di “Solidarność” Lech Wałęsa.

Un testo a tutto campo: dalla Polonia alla repressione in Francia, dall’imperialismo statunitense alla guerra d’Algeria, dal totalitarismo sovietico ai regimi sanguinari dell’America Latina, dalla rivoluzione iraniana alla dittatura degli ayatollah, dalla resistenza afghana contro i sovietici al fondamentalismo islamico, fino al conflitto in nord Irlanda, per arrivare a concludere che “Non prenderò mai un kalašnikov per imporre le mie idee, la mia legge o il mio credo… Ho troppa paura di avere torto!”
A quoi bon les vers et les rimes
Ces bijoux dérisoires
Ces mots qu'on cisèle et qu'on grime
Au jeu de l'illusoire
A quoi bon les vers et les rimes
Quand la rage a rendez-vous
Avec le désespoir


Je ne hurlerai pas avec les loups, ne comptez pas sur moi.
Je ne vomirai pas avec la droite, sèche comme un coup de trique.
Pendant vingt ans elle a joué matraque et réprime.
Sur Plogoff elle a lâché ses chiens farouches. (1)
Aux jours éclatants de 68, quand ses grenades offraient leurs fleurs de larmes aux barricades, quand noire était l'étoffe qui protégeait nos yeux, elle avait pris la fuite pour embrasser l'armée sur la bouche!
Maintenant elle pleure sur Varsovie, dans un mouchoir de soie bordé d'or, parfumée 'Soirs de Paris'.
C'est un crocodile. C'est un cannibale qui pleure en suçant les os de sa mère!

Je ne hurlerai pas avec les loups, ne comptez pas sur moi.
Je ne brandirai pas mon flingue avec "Battling Sam", le shérif de l'ouest.
Regardez le nouveau monde: c'est une guêpe!
W.A.S.P. White-Anglo-Saxon-Protestant.
Au nord, la tête. Au sud, l'Amérique latine, l'abdomen des States. Au centre, la taille qui se déglingue.
Le cow-boy dégaine, assis sur Saint-Domingue, les éperons griffant les flancs du Salvador, le Chili marqué au fer qui fume encore.
"Battling Sam" le vengeur dégaine, yeah!
Deux larmes aux coins des yeux: l'une pour la Pologne, l'autre pour Somoza. (2)
C'est un crocodile. C'est un cannibale qui pleure suçant les os de sa mère!

Je ne hurlerai pas avec les loups, ne comptez pas sur moi.
Je ne défilerai pas avec ce général qui sanglote, lui aussi.
Peut-être est-il sincère. Pourtant à Gdansk, c'est bien un militaire, général comme lui, qui dicte la loi de l'artillerie! Une larmichette, au bord de sa paupière lourde, tremblote et puis ruisselle sur ses balafres.
Instant d'émotion et de gêne. Car naguère, en Algérie, quand il n'était que colonel, c'était un tortionnaire!
Les droits de l'homme, il leur mettait une dynamo, des pédales, un guidon, une selle, et s'asseyait dessus pour alimenter la gégène.
C'est un crocodile. C'est un cannibale qui pleure en suçant les os de sa mère!

Et la France est indignée!
Quoi? Comment? Qu'ouïs-je? Qu'entends-je? Rêve-je?
Pendant le partage de la Pologne, l'Allemagne et la Russie interdisaient aux petits Polskis de parler leur langue à l'école! Quelle horreur! s'écrie l'ange au bonnet phrygien. Vilains Russes! Méchants Prussiens! Honte sur vous, et pire encore!
Elle verse un pleur et se déchire les seins. Peut-être le remords: il n'y a pas longtemps elle en faisait autant et sans vergogne, en Bretagne et ailleurs.

Je ne hurle pas avec les loups.
Je dis, tourné vers le soleil levant qu'avez vous fait des espérances de 1917?
Les fleurs vermeilles des Soviets, écloses sous les nuées ardentes de l'aurore du siècle, se sont fanées peu à peu sous la neige pesante des années.
Et les sinistres corneilles de la sclérose n'ont pas laissé germer le grain semé.
A présent leurs corps noirs couvrent votre terre, et l'air vibre de leurs cris tristes et sonores! Camarades! Peuple des tourbillons, peuple des vents cinglants, le Staline d'or est toujours debout! Aujourd'hui, les pays frères sont votre Amérique latine, votre drapeau c'est la faucille et la carabine, et c'est l'état-major qui vous dirige.
Aujourd'hui, les militaires sont le dernier rempart du parti contre la classe ouvrière.
Camarades, peuple des tourbillons, peuple des vents cinglants, peuple des cyclones irrésistibles, peuple ses ouragans de l'histoire, un hiver terrible étend sa banquise sur l'espace de vos vies, et sous l'emprise de ses glaces, vos pensées sont prisonnières
Aujourd'hui, l'armée rouge, pour que rien ne se passe, tire sur tout ce qui bouge!
Demain, ses cibles seront les vagues, ou le feuillage sous la brise, ou le courant des fleuves, ou l'éclosion des fleurs vermeilles.

Je ne hurle pas avec les loups, même si l'on m'en accuse, et ils m'en accuseront!
Je dis qu'il est beau comme un songe de liberté ce peuple otage des partageurs de monde, bloqué dans les cachots de l'Europe, étouffé par des brontosaures et plaint par des paralytiques, prisonnier de, trouillards planétaires, piqué au formol par des croque-morts blafards, encamisolé de force par des infirmiers fous, lobotomisé par des docteurs paranoïaques.
Il vit! Écoutez battre son coeur! Il vit sous le couvercle kaki! Il est beau, ce peuple qui ne plie pas! Beau comme le rêve d'un étang qui se voudrait rivière!
Et je crie merde à Pinuchevski, triste pantin roide! (3)
Mais c'est facile à crier, ici, loin, dans l'incroyable confusion.
Ici où les cadres critiquent l'autogestion avec Solidarité au revers de la veste!
Même le gouvernement turc ose soutenir Solidarité!
Marécage des idées, sables mouvants, brouillards, feux follets, apparences, fantasmagories, attrape-nigauds, vessies, lanternes!
Solidarnosc! On se sert de toi! Des mains adverses te manipulent te triturent te transforment! Déjà, pour certains, tu n'es plus qu'un ballon qu'ils se disputent pour se marquer des buts!

Je ne hurle pas avec les loups!
Je dis, à vous tous qui m'écoutez: méfiez-vous.
Les gentils, les méchants, c'est pour les enfants.
Le bien est dans le mal comme la chaleur est dans Ia flamme.
La vie est confuse, les héros vieillissent, les martyrs enfantent des bourreaux!
Rien n'est simple, même Solidarité!
Rappelez-vous, Israël, le Liban, Pnom-Pehn libérée, le départ du tyran de Perse
Vers l'Ayatollah, vers le vieil homme à la barbe lumineuse coulait la sympathie comme un fleuve invincible.
Et voici: le flot de ferveur est devenu fanatisme. La dictature des croyants a éteint la lumière.
Le vieillard noir, assis sur les cadavres, nous l'avons chassé de nos coeurs.
Dans nos poitrines, la place était vacante pour accueillir les résistants des vallées afghanes. L'imam, démon obscur, les Afghans, héros clairs et purs, voilà l'image qu'on nous présente!
La même religion les guide et les arme.
Quand les résistants gagneront quel voile viendra cacher la face de l'Afghanistan? (4)
Non, je ne soutiens pas l'envahisseur. Il est exécrable, indigne, brutal, odieux, méprisable, inhumain, dégueulasse! Il doit quitter le territoire afghan tout de suite, aujourd'hui, ce soir, et cesser sa soie guerre honteuse et inutile. Je crie dehors!
Mais ne m'en demandez pas plus. L'agression ne change pas l'agressé en héros clair et pur.
Ne me demandez pas d'entrer dans le jeu truqué du choix simpliste le Coran ou le Capital, le tchador ou l'american way of life, le Pape ou le P.O.U.P., (5) les catholiques ou les protestants, l'infarctus ou le cancer, le gaz russe ou l'atome, le coup de poing dans la gueule ou le coup de pied au cul, les SS 20 ou les Pershings. (6)
Choisis! Dans les airs se joue un opéra titanesque. A l'ouest les cons d'or. A l'est, les cons d'acier. Au milieu, les pauvres cons! Choisis ton con, camarade!

Je choisis le doute!
Finis, les mains jointes, les yeux fermés, la bouche ouverte!
Je ne veux plus croire. Je veux savoir, connaître, comprendre, pénétrer, saisir, appréhender, juger en connaissance de cause, poser le doute comme principe.
Je veux laisser les certitudes aux bulldozers!

Je choisis le doute et la non-violence!
Il y a deux violences.
La première, celle qu'on impose, l'ordinaire, avec sa gueule d'homme ordinaire
La seconde, celle qui répond au silence. Celle-là, je la comprends. C'est un cri! Se taire sur l'injustice précipite la violence. Le silence, notre silence est lui-même une violence!
Censeurs, tripatouilleurs d'informations, trieurs de nouvelles, menteurs, étouffeurs de vagues, toutvabienistes, jeteurs de voiles pudiques, autocenseurs peureux, complices par omission, vous êtes tous des allumeurs de violence! Combien faut-il de morts pour desserrer vos dents? Envoyez vos barèmes!
La seconde violence, je la comprends. Mais, une fois brisé le silence, quand elle continue, elle devient ordinaire. Elle ne règle rien. Elle est injuste. Elle affaiblit les causes justes.
Quelque part, en Angleterre, une bombe.
Sur le trottoir, un enfant tombe, le visage arraché.
Le sacrifice de Bobby Sands et de ses amis s'estompe
Les index braqués sur Londres s'abaissent…
Et l'Irlande, seule, pleure ses fils et leur message anéanti…

Je choisis le doute, la non-violence et la dignité.
Je défendrai la dignité des êtres et même des choses.
La dignité des hommes, des animaux, des plantes, des pierres, des pays, des langues, du travail, des peuples, des mers, des paysages, des sols, des algues, des tribus, des pensées, des enfants, des poissons, des insectes, des races, des continents, des céréales, des femmes, des labours, des maisons, de la paix, des étoiles, des planètes.
Qu'elle est belle, dans l'espace, la Terre d'azur spiralée de lait!
Sa dignité est entre nos mains!
L'homme seul peut la dégrader, car l'homme, seul, est conscient!

La dignité de la Terre est entre nos mains.
Partout s'assemblent et s'organisent des hommes et des femmes qui refusent la rigidité d'un monde cadavérique.
Partout de nouvelles formes d'action paraissent, pour en finir avec l'économie coloniale, brûler les racines de la misère, court-circuiter les multinationales cachées derrière les dictatures, abattre les murailles entre les races, pulvériser les temples du profit, déchausser la médecine, reprendre les terres, diversifier les cultures, produire sur place des médicaments simples, abolir les tortures, apprendre à lire, ouvrir les prisons, donner la parole aux pauvres, écouter ce qu'ils ont à dire!
Partager! Partager la Terre entière! Chaleureusement!

Enfin arrive le temps du concret!
Enfin, on cesse de faire entrer de force la réalité dans le moule des idées!
Enfin arrive le temps du respect! Difficulté suprême.. Laisser libres les pensées différentes
Que chacun regarde en soi.
La bête est là, tapie, sournoise, prête à tout dévorer.
L'hydre du fascisme est en chacun de nous.
Chaque soir je la décapite. Chaque nuit ses tètes repoussent dons ma tète.
Parfois, elle me soumet. Parfois, je suis vainqueur
En moi: l'intolérance, moisissure fadasse je ne vaincrai jamais définitivement.
Mais, sans relâche, je décapiterai le monstre.
Jamais je ne prendrai la Kalachnikov pour imposer mes idées, ma loi ou ma croyance.
J'ai trop peur d'avoir tort!
Note:

(1) A Plogoff, un comune del Finistère in Bretagna, il governo francese voleva in tutti i modi costruire una centrale elettronucleare e, vista la netta ostilità degli abitanti, gli mandò contro esercito, paracadutisti e CRS (i “celerini” francesi). Gli scontri furono durissimi e durarono per 45 giorni. Nel 1981 Mitterand, salito al potere, bloccò il progetto.

(2) Anasatasio Somoza Debayle, ultimo della dinastia di dittatori del Nicaragua prima della rivoluzione sandinista. Fu poi ammazzato nel 1980 in Paraguay, dove era scappato, da un commando dell’Ejercito Revolucionario del Pueblo (ERP), formazione guerrigliera argentina, guidato da Enrique Gorriarán Merlo.

(3) Immagino che, avendo appena deprecato lo stalinismo, Servat voglia assimilare nella condanna ogni totalitarismo, ogni dittatura, rossa o nera che sia… “Pinuchevski” = Pinochet + Jaruzelski...
Ovvio, no?!?

(4) Durante l’invasione sovietica dell’Afghanistan, la Francia fu molto vicina agli USA nel finanziamento della guerriglia dei mujaheddin. Servat già vedeva giusto: se è vero che i jihadisti combattevano una giusta guerra contro un invasore, cosa avrebbero fatto della loro terra dopo? Oggi sappiamo che il fiume di denaro e di armi che dagli USA e dall’Europa arrivò in Afghanistan contribuì a creare Osama Bin Laden e i Talebani…

(5) P.O.U.P, Partito Operaio Unificato Polacco (Polska Zjednoczona Partia Robotnicza), il partito dei comunisti in Polonia.

(6) Sigle di missili balistici nucleari degli anni 70/80, il primo sovietico, il secondo statunitense.

inviata da Bart Pestalozzi - 8/9/2010 - 12:16



Lingua: Italiano

Versione italiana di Flavio Poltronieri
IO NON URLERÒ CON I LUPI

Per cosa i versi e le rime
Questi gioielli derisori
Queste parole che si cesellano
o che si truccano
Nel gioco dell'illusorio
Per cosa i versi e le rime
Quando la rabbia ha appuntamento
Con la disperazione


Io non urlerò con i lupi, non contate su di me. Non vomiterò con la destra, magra come uno stecco. Per vent'anni ha giocato con manganello e repressione. Su Plogoff ha mollato i suoi cani feroci. Nei giorni eclatanti del ‘68, quando le sue granate offrivano i loro fiori di lacrime alle barricate, quando nera era la stoffa che proteggeva i nostri occhi, essa aveva preso la fuga per baciare l'esercito sulla bocca! Ora essa piange su Varsavia, in un fazzoletto di seta ricamato d'oro, profumato "Soir-de Paris". È un coccodrillo. È un cannibale che piange succhiando le ossa di sua madre!

Io non urlerò con i lupi, non contate su di me. Non brandirò il mio fucile con "Battling Sam", lo sceriffo dell'ovest. Guardate il nuovo mondo: è una vespa! W.A.S.P. White-Anglo-Saxon-Protestant. Al nord, la testa. Al sud, l'America latina, l'addome degli States. Al centro, la vita che si sfascia. Il cow-boy goffo e ridicolo, seduto su San Domingo, gli speroni che graffiano i fianchi del Salvador, il Cile marchiato a ferro che fuma ancora. "Battling Sam" il vendicatore goffo e ridicolo, yeah!...Due lacrime agli angoli degli occhi: una per la Polonia, l'altra per Somoza! È un coccodrillo. È un cannibale che piange succhiando le ossa di sua madre!

Io non urlerò con i lupi, non contate su di me. Non sfilerò con questo generale che singhiozza, anche lui. Può darsi che sia sincero...Comunque, a Gdansk, c'è un militare, generale come lui, che detta la legge dell'artiglieria! Una lacrimuccia al bordo dalla sua palpebra pesante, tremola… e poi cola sui suoi sfregi. Momento d'emozione,. .e di fastidio.
Poiché non molto tempo fa, in Algeria, quando non era che un colonnello, era un seviziatore! I diritti dell'uomo, egli metteva loro una dinamo, dei pedali, un manubrio, una sella, e si sedeva sopra per alimentare la tortura. È un coccodrillo. È un cannibale che piange succhiando le ossa di sua madre!
E la Francia è indignata! Cosa? Come? Cosa odo? Cosa sento? Sto sognando? Durante la spartizione della Polonia, la Germania e la Russia impedivano ai piccoli Polskis di parlare la loro lingua a scuola! Quale orrore! esclama l'angelo dal ber-retto frigio. Villani russi! Cattivi Prussiani! Vergogna su
di voi, e peggio ancora!...Lei versa un pianto e si strappa i seni...Forse il rimorso...Non è molto tempo fa che essa faceva altrettanto, e senza vergogna, in Bretagna e altro-ve...
Io non urlo con i lupi. Io dico, rivolto al sol levante, cosa ne avete fatto delle speranze del 1917? I fiori vermigli dei Soviets, schiusi sotto le nubi ardenti dell’aurora del secolo, si sono appassiti poco a: poco sotto la neve pesante degli anni... E le sinistre cornacchie della sclerosi non hanno lasciato germogliare il chicco seminato. Ora i loro corpi neri coprono la vostra terra, e l'aria vibra delle loro grida tristi e sonore!...Compagni! Popolo di vortici, popolo di venti sferzanti, lo Stalin d'oro è sempre in piedi! Oggi, i paesi fratelli sono la vostra America latina, la vostra bandiera è la falce e la carabina ed è lo stato maggiore che vi dirige. Oggi i militari sono l'ultimo baluardo del partito contro la classe operaia. Compagni, popolo di vortici, popolo di venti sferzanti, popolo di cicloni irresistibili, popolo degli uragani del¬la storia, un inverno terribile stende la sua banchisa sullo spazio delle vostre vite, e, sotto l'influenza dei suoi ghiacci, i vostri pensieri sono prigionieri...Oggi, l'armata rossa, perché niente passi, tira su tutto ciò che si muove! Domani, i suoi bersagli saranno le onde o le foglie sotto la brezza o la corrente dei fiumi o lo sbocciare dei fiori vermigli...

Io non urlo con i lupi, anche se mi si accusa e essi me ne accuseranno! Io dico che è bello come un sogno di libertà questo popolo ostaggio dei generosi del mondo, bloccato nel¬le celle dell'Europa, soffocato dai brontosauri e compatito dai paralitici, prigioniero dei fifoni planetari, punto dal formolo di becchini smorti, incamiciati a forza da infermieri pazzi, lobotomizzato da dottori paranoici.., Esso vive! Ascoltate battere il suo cuore! Vive sotto il coperchio kaki!...È bello, questo popolo che non si piega! Bel¬lo come il sogno di uno stagno che si vorrebbe fiume!.

E grido merda a Pinuchevski, triste burattino rigido! Ma è facile da gridare, qui, lontano, nell'incredibile confusione. Qui dove i quadri criticano l'autogestione con Solidarietà ai risvolti della giacca! Perfino il governo turco osa sostenere Solidarietà!...Palude di idee, sabbie mobili, nebbie, fuochi fatui, apparenze, fantasmagorie, specchietti per le allodole, lucciole, lanterne!...Solidarnosc! Ci si serve di te! Delle mani avverse ti manipolano, ti triturano, ti trasformano! Già, per alcuni, tu non sei che un' pallone che si disputano per segnarsi delle reti!

Io non urlo con i lupi! Dico, a voi tutti che mi ascoltate: diffidate. I gentili, i cattivi, vanno_bene.per.i.bambini.
Il bene è nel male come il calore è nella fiamma. La vita è confusa, gli eroi invecchiano, i martiri generano dei boia! Niente è semplice, perfino Solidarietà!...Ricordate Israele, il Libano, Phnom Pehn liberata, la partenza del tiranno di Persia...Verso l'Ayatollah, verso il vecchio uomo dalla barba luminosa scorreva la simpatia come un fiume invincibile. Ed ecco: l'onda di fervore è diventata fanatismo. La dittatura dei credenti ha spento la luce. Il vecchio nero seduto sui cadaveri, l'abbiamo cacciato dai nostri cuori. Nei nostri petti, il posto era vacante per accogliere i partigiani delle vallate afgane. L'Imam, demone oscuro, gli Afgani, eroi chiari e puri, ecco l'immagine che ci presentano!...la stessa religione li guida e li arma.
Quando i partigiani vinceranno, quale velo nasconderà la faccia dell'Afghanistan?...No, io non sostengo l'invaso¬re. E’ esecrabile, indegno, brutale, odioso, spregevole, inumano, vomitevole! Egli deve lasciare il territorio afgano subito, oggi, questa sera, e cessare la sua sporca guerra vergognosa e inutile. Io lo grido! Ma non chiedete di più. L'aggressione non cambia l'aggredito in eroe chia¬roe puro. Non chiedetemi di entrare nel gioco truccato della scelta semplicista: il Corano o il Capitale, il tchador- o l'american way of life, il Papa o il P.O.U.P., i cattolici o i protestanti, l'infarto o il cancro, il gas russo o l'atomo, il pugno sul muso o la pedata nel culo, gli SS 20 o i Pershings. Scegli! Nell'aria si recita un'opera titanica. A ovest gli stronzi d'oro. A est gli stronzi d'acciaio. In mezzo i poveri stronzi!
Scegli il tuo stronzo, compagno!

Io scelgo il dubbio! Basta con le mani giunte, gli occhi chiusi, la bocca aperta! Non voglio più credere. Voglio sapere, conoscere, capire, penetrare, prendere, afferrare, giudicare per conoscenza di causa, porre il dubbio come principio...Io voglio lasciare le certezze ai bullldozers!

Scelgo il dubbio e la non-violenza! Ci sono due violenze. La prima, quella imposta, l'ordinaria con la sua bocca di uomo ordinario... la seconda, quella che risponde al silenzio. Quella io la capisco. È un grido! Tacere sull'ingiustizia precipita la violenza. Il silenzio, il nostro silenzio è esso stesso una violenza! Censori, sbudellatori dell'informazione, selezionatori di notizie, bugiardi, soffocatori di onde, tuttovabenisti, lanciatori di veli pudici, autocensori paurosi, complici per omissione, voi siete tutti lampionai di violenza! Quanti morti ci vogliono per schiudere i vostri denti? Inviate i vostri tariffari! ... La seconda violenza, io la capisco. Ma, una volta spezzato il silenzio, quando essa continua, diventa ordinaria. Non definisce niente. E’ ingiusta. Indebolisce le cause giuste. Da qualche parte, in Inghilterra, una bomba. Sul marciapiede un bambino cade, il viso strappato...Il sacrificio di Bobby Sands e dei suoi amici sfuma...Gli indici puntati su Londra si abbassano...E l'Irlanda, sola, piange i suoi figli e il loro messaggio à annientato...

Io ho scelto il dubbio, la non—violenza e la dignità. Difenderò la dignità degli esseri e anche delle cose. La dignità degli uomini, degli animali, delle piante, delle pietre, dei paesi, delle lingue, del lavoro, dei popoli, dei mari, dei paesaggi, dei suoli, delle alghe, delle tribù, dei pensieri, dei bambini, dei pesci, degli insetti, delle razze, dei continenti, dei cereali, delle donne, dei lavori nei campi, delle case, della pace, delle stelle, dei pianeti... Com'è bella, nello spazio, la Terra di azzurro a spirali di latte! La sua dignità è nelle nostre mani! L'uomo solo può degradarla, poiché l'uomo solo è cosciente!
La dignità della Terra è nelle nostre mani. Dappertutto si raggruppano e si organizzano degli uomini e delle donne che rifiutano la rigidità di un mondo cadaverico. Dappertutto appaiono nuove forme di azione, per finirla con l'economia coloniale, bruciare le radici della miseria, corto—circuitare
le multinazionali nascoste dietro le dittature, abbattere le muraglie tra le razze, polverizzare i templi del profitto scalzare la medicina, riprendere le terre, diversificare le culture, produrre sul posto dei medicamenti semplici, abolire le torture, imparare a leggere, aprire le prigioni, dare la parola ai poveri, ascoltare quello che hanno da dire!... Dividere! Dividere la Terra intera! Calorosamente!

Infine arriva il tempo del concreto! Infine, si cessa di far entrare di forza la realtà nello stampo delle idee! Infine arriva il tempo del rispetto! Difficoltà suprema... Lasciare liberi i diversi pensieri... Che ciascuno guardi in sé. La bestia è là, acquattata, sorniona, pronta a divorare tutto. L'idra del fascismo è in ciascuno di noi. Ogni sera io la decapito. Ogni notte, le sue teste, ricrescono nella mia testa. Talvolta, essa mi sottomette. Talvolta, sono vincitore... In me: l'intolleranza, muffa scipita... Io non vincerò mai definitivamente... ma senza tregua, decapiterò il mostro. Mai prenderò la Kalaschnikov per imporre le mie idee, la mia legge o il mio credo. Ho troppa paura di avere torto!

inviata da Flavio Poltronieri & CCG Staff - 17/2/2014 - 21:27


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