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Centomila sbarre (Canzone per Enrico Signori)

Riccardo Venturi


Lingua: Italiano


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[2010]
Testo di Riccardo Venturi
Musica ancora, chissà, da qualche parte

enricosignori

Ci sono di quelle serate, specie di pioggia battente, che qualcosa torna in mente. Una specie di presenza, e la presenza può essere quella di Enrico. Stasera avrei avuto una gran voglia di parlarci, anche di cose non decisive, anche di nuvole; con lui, che aveva conosciuto i quattro metri quadri di una cella di galera. Come vederselo entrare qui da me, dove peraltro non era mai stato; come raccontargli quel che si fa, come si agisce, del primo maggio in una piazzetta piena di gente, di una marea di cose. Dicono che non si può, perché Enrico è morto una stronza di serata d'ottobre. A volte fa bene ribadirselo; a volte fa bene invece rifiutare di crederci. Così nasce una cosa in testa, che non ha né nome e né definizione. Si sa soltanto per chi è. [RV]
Non c'è neppure un'ombra, non c'è nemmeno il sole,
Son spettri che si muovono per mezzo di parole.
Per mezzo di parole che sembrano una stella
Rinchiusa dentro i muri d'una schifosa cella.

È entrato piano, zitto, come san fare i ladri
In quest'abitazione, quaranta metri quadri.
Ma non rubava nulla, ma dava sguardi e forte
Pur fermo dava calci, e li dava alla morte.

Enrico, ti rivedo col cane e con le chiavi
E ti rivedo sempre con tutto quel che davi,
C'eran duemila miglia di vita ancor da fare,
E centomila sbarre ancora da segare.

Ti conoscevo poco, ti conoscevo tanto,
Di quel tanto che basta per nascere un rimpianto.
E c'era tanta gente per strada in quella sera,
Era gente che lotta, era gente che spera.

E quattro metri quadri non chiudono la vita,
Non la chiude una bara neppure se è finita.
E non la chiude niente se è stata amore e lotta,
Se è stata un faro che ci guida nella rotta.

Enrico, ti rivedo col cane e con le chiavi
E ti rivedo sempre con tutto quel che davi,
Ci son duemila miglia di vita ancor da fare,
E centomila sbarre ancora da segare.

2/5/2010 - 21:34



Lingua: Francese

Version française – Cent Mille Barreaux (Chanson pour Enrico Signori) – Marco Valdo M.I. a – 2010
Chanson italienne – Centomille Sbarre (Canzopne per Enrico Signori) – Riccardo Venturi – 2010

Il y a de ces soirs, quand il drache, où quelque chose tourne dans la tête. Une sorte de présence et la présence peut être celle d'Enrico. Ce soir, j'avais une grande envie de te parler, de choses sans importance, de nuages aussi. Avec lui qui avait connu les quatre mètres carrés d'une cellule de prison (quattro metri quadri ). Comme de le voir entrer ici chez moi, où il n'avait jamais mis les pieds; comme de lui raconter comment on fait, comment on fait, du premier mai sur une petite place pleine de gens, d'une marée de choses. On dit que cela ne se peut car Enrico est mort une stupide soirée d'octobre. Par moments, ça fait du bien de se le rappeler; parfois au contraire ça fait du bien de refuser d'y croire. Ainsi naît une chose dans la tête, qui n'a ni nom, ni définition. On sait seulement pour qui elle naît. [R.V. ]

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, et sans doute ne pourras-tu y répondre, je me pose souvent cette question... Vaut-il la peine que nous conversions en guise de commentaire ou d'introduction à nos traductions ou vaudrait-il mieux qu'on n'ennuie pas les gens avec nos réflexions ? Sans aucun doute, elles nous font bien plaisir ces parlottes et notre petite rencontre a-t-elle au moins ce sens-là, mais quand même...

Que veux-tu me dire, Marco Valdo M.I. mon ami et camarade ? Peut-être nos propos sont-ils oiseux, mais rassure-toi, personne n'est obligé de les lire... C'est pas comme à la radio ou à la télé ou à l'école ou au restaurant ou dans le train... où tu es bien obligé d'entendre ce qu'on dit autour de toi, où tu es coincé, manipulé, torturé... Ici, non ! Celui qui nous lit, c'est qu'il le veut bien.

Oui, Lucien l'âne mon ami, mais quand même... Je pensais ceci qu'au temps où j'avais lancé un ciné-club disons laïc, militant et tout et tout, dans une ville occupée par la Compagnie de Jésus, lors de la première séance, un brave homme, peu au courant de mes habitudes alimentaires (rappelle-toi : je mange un curé au petit-déjeuner, un évêque au dîner et un archevêque aux grandes occasions... Façon de parler, ils ne sont pas comestibles; et de plus, je ne suis pas cannibale, moi. Je ne mange le fils de personne... même pas celui de Dieu), me demanda, avant d'acheter son billet... Est-ce que le curé fera un discours... je l'ai rassuré. Il a souri et acheté son billet... On a parlé après le film... Il est resté au débat.

Maintenant, Marco Valdo M.I. mon ami et camarade, parle-moi quand même de la chanson... Elle est de notre ami Riccardo, de celui qu'à l'école, on appelait Ventu. Très joli surnom, on dirait le vent lui-même dans une variante romane. Que dit-elle ?

Elle dit, elle dit... En fait, elle dit qu'elle ne sait pas de quoi elle parle, d'une indéfinissable, d'une ineffable, d'une fable... D'un souffle de souvenir, d'une remémoration, d'une remembrance, aurait dit Rimbaud. Elle parle d'un chanteur disparu, d'Enrico Signori que nous avions traduit, nous aussi. En somme, elle parle d'un ami, elle parle d'un camarade. Il y a du Ferré là-dedans, le Ferré des Poètes, ces « drôles de types qui traversent la. En somme, une très belle chanson.

Sans musique ?

Mais, Lucien l'âne, tu sais aussi bien que moi, que la musique est dans les mots, dans la voix qui traverse le corps en le faisant vibrer comme l'âme d'un violon... Et alors, les sons sont.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
CENT MILLE BARREAUX (CHANSON POUR ENRICO SIGNORI)

Ce n'est même pas une ombre, il n'y a même pas de soleil,
Il y a des spectres qui se meuvent par le biais des mots.
Par le jeu des mots qui semblent des étoiles
Renfermées entre les murs d'une cellule infecte.

Il est entré tranquille, silencieux, comme savent le faire les voleurs
Dans cette habitation, quarante mètre carrés
Mais il ne volait rien, il donnait des regards et fort
Bien qu'à l'arrêt, il donnait des coups de pied et il les donnait à la mort.

Enrico, je te revois avec ton chien et les clés
Et je te revois toujours avec ce que tu donnais,
Il y avait encore deux mille miles de vie à faire encore
Et cent mille barreaux à scier encore.

Je te connaissais peu, je te connaissais tant,
De ce tant qui suffit à faire naître le regret,
Et il y avait tant de gens par les rues ce soir-là,
C'étaient des gens qui luttent, c'étaient des gens qui espèrent.

Et quatre mètres carrés n'enclosent pas la vie
Ne l'enclot même pas un cercueil quand elle est finie,
Et rien ne l'enferme si elle fut d'amour et de lutte,
Si elle fut un phare qui guide notre route.

Enrico, je te revois avec le chien et les clés
Et je te revois toujours avec ce que tu donnais,
Il y avait encore deux mille miles de vie à faire encore
Et cent mille barreaux à scier encore.

inviata da Marco Valdo M.I. - 3/5/2010 - 17:47


Un minuto fa ho sentito dire dal TG della Lombardia che oggi, a Varese, il Sindaco della città ha conferito al ministro degli Interni Roberto Maroni la Girometta d'Oro (?!) nel corso di una cerimonia dedicata alla sicurezza in occasione della festa del Patrono di Varese, san Vittore.

Gian Piero Testa - 8/5/2010 - 14:09



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