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Circulez ! Circulez !

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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Circulez ! Circulez !

Canzone léviane – Circulez ! Circulez ! – Marco Valdo M.I. – 2009
Cycle du Cahier ligné – 71


Circulez ! Circulez ! est la septante et unième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Circulez ! Circulez !, y a rien à voir!, dit Lucien l'âne en balançant la tête de gauche à droite et vice-versa. Circulez ! Circulez !, j'ai déjà entendu çà et dans la bouche des pandores les plus obtus. Il me semble même que cette injonction est tellement répandue et si ancienne que je n'arrive pas à me souvenir de quand je l'ai entendue pour la première fois. Disons que je l'ai bien entendue des centaines et des milliers fois et à chaque fois, c'était précisément quand il y avait quelque chose à voir.

Et où on ne voulait pas que tu mettes ton joli museau, ni que tu saches ce qui se passait là. C'est exactement le sens de cette interjection autoritaire. Ainsi, encore une fois, tu as parfaitement saisi de quoi il s'agit dans la canzone, dit Marco Valdo M.I. Il s'agit de la censure et de la dissimulation pratiquées par les gens de pouvoir, quels qu'ils soient et où qu'ils soient. L'autorité n'aime pas voir éclater en lumière la vérité.

C'est assez normal, dit Lucien l'âne aux yeux de diamant, le pouvoir est fondé sur la dissimulation et sur le mensonge. Et le premier de tous ces mensonges, sais-tu quel est-il, mon ami Marco Valdo M.I. ?

Sans doute, sans doute, j'imagine assez bien, mais dis-le moi quand même, mon cher Lucien...

Et bien, ce mensonge fondateur, le père de tous les mensonges du pouvoir, dit Lucien l'âne en regardant Marco Valdo M.I. d'un regard fixe et pénétrant pour bien encrer son propos, c'est d'affirmer qu'il agit pour le bien de tous. Telle est la première imposture et elle entraîne toutes les autres. Comme la raison d'État, par exemple ou la légitimité démocratique... Qui sont des mensonges dérivés, en quelque sorte.

Quoi, quoi... Ai-je bien entendu, Lucien l'âne mon ami, et tu as de la chance d'être un âne... Tu mets en cause la légitimité démocratique, dont je te rappelle qu'elle est la loi du nombre, celle de la majorité et même, j'ajouterai, de la majorité démocratique...

Là, Marco Valdo M.I. mon ami le plus cher, plus cher à mon cœur que mon frère si j'en avais un – de frère, excuse-moi, mais je crois que tu énonces une ânerie... ou que toi-même, tu es tombé dans le panneau de la démocratie appliquée à tout et à n'importe quoi et n'importe comment... Ce que, rassure-toi, je ne crois pas un instant car je te sais intelligent et démocrate dans l'âme. Rappelle-toi à ce propos ce que disait Ésope, que par parenthèse, j'ai personnellement connu et que j'ai même porté longuement sur mon dos sans d'ailleurs qu'il prenne la peine de me remercier. Mais laissons cela...Donc, ce que disait Ésope, c'était, souviens-toi, que la langue est la meilleure et la pire des choses. C'est exactement la même chose pour la démocratie.

Que veux-tu dire ?

Ceci... Prenons par exemple, un exemple parmi d'autres de la démocratie mal comprise : Hitler a été élu... Tu me diras que d'autres aussi, Silvio B. par exemple qui s'en prévaut.... Tout ceci, montre que le nombre n'est pas un choix satisfaisant, si on le considère seul. C'est un peu comme ces dames qui défilaient avec une banderole où il était écrit : « Érection : piège à cons ! ». On ne peut pas nier la justesse de cette remarque dans un certain nombre de cas.

En effet, en effet... Ceci dt, la canzone est celle de notre ami le prisonnier-guerrier-blessé et elle provient de ce lieu où il est tenu au secret. Pour faire court, je te dirais, puisqu'à chaque fois tu me demandes ce qu'elle raconte, que cette fois, elle commence sur un ton prophétique, qui était celui de Cassandre, revient à la situation du prisonnier, puis éclaire un moment de l'histoire de l'Italie, mais ce qui y est dit peut être étendu à l'ensemble du monde et enfin elle revient sur certaine actualité où sévit le mensonge et qui risque de durer encore et encore...

Bref, dit Lucien l'âne, il est encore une fois question d'un épisode de la guerre de Cent Mille Ans... Ce monde est décidément décrépit et cacochyme. Aide-moi à lui tisser son linceul...


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Des mondes plus sombres nous attendent.
Penser, penser, dans le noir,
Quelqu'un pleure dans le couloir
Minuit sonne.
Fermons la porte.
Cette nuit, il ne viendra personne
Y a rien à voir ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Y a rien à penser ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Condition absurde,
De celui qui gît prostré, immobile, intoxiqué,
Après la bataille dans un pays inconnu,
Mieux vaut partager son pain
Avec les sorcières qu'avec le diable
C'est fête aujourd'hui
Y a rien à voir ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Y a rien à penser ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Des esprits disent des choses civilisées et intelligentes
Giovanni Pirelli a brûlé comme un livre de la Bibliothèque d'Alexandrie.
Giangiacomo Feltrinelli, et en son temps, Raniero Panzieri,
Et tous les autres reposent inconnus
dans le cimetière des cerveaux détruits.
Leurs pensées, comme des vapeurs, ont été dispersées
Y a rien à voir ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Y a rien à penser ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Voyez l'étrangeté de notre temps
Les intellectuels de gauche ont tendance à mourir d'accidents
Au-delà du supplice des chairs découpées et brûlées,
Ressuscitent les ruisseaux d'une terre aride.
Ces fragments, ces essences, ces riens, ces soupirs,
S'en vont ensemençant le monde
Y a rien à voir ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Y a rien à penser ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Dans cette confusion de port levantin,
Dans ce monde d'essoufflés
Rivalisant et faisant la course, sportif,
Où seul compte qui arrive le premier.
Celui qui s'arrête est dangereux,
Il peut se mettre à penser.
Y a rien à voir ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Y a rien à penser ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Rides de bruits, tissus de sommeil, vallées d'oublis,
Sur ce plateau un peu honteux,
On est toujours ou des serviteurs ou des mendiants.
Feignant la folie face au massacre inévitable
Dans des vallées que couvre à peine le gris.
Se dressent les guerriers afghans foudroyés
Y a rien à voir ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !
Y a rien à penser ! Y a rien à dire !
Circulez ! Circulez !

inviata da Marco Valdo M.I. - 20/12/2009 - 16:29



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