Lingua   

Il disertore

Jerrinez


Lingua: Italiano


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[2005]
Album : Motel Singapore
Mi han detto ‘vai’
e servi la nazione
hai scarpe comode
adatte ad ogni situazione
mi han detto vai
e servi la nazione
avanza nel deserto
e prendi posizione
conquista il tuo nemico
e usa svelto la mitraglia
conquista per la gloria ed il potere
bombe a grappolo... vittoria!
volevo essere un acrobata
e invece sono un milite
volteggiare senza reti e protezioni
ma mi trovo qui a marcire tra i cannoni
la testa sottomessa a un colonnello
la rabbia soffocata nel plotone
scusate mi riprendo il mio cervello
non vedo altra soluzione

io penso a mia madre
inginocchiata nell’androne
da oggi sono ricercato
inizia la mia ribellione
io penso a mia madre
interrogata nell’androne
da oggi inizia la battaglia
sono un disertore

mi fermo qui
queste gambe da trascinare
medicami
quste vesti sono stracci infetti
tornando a casa
mi son sentito un demente
che nella polvere e nel fango
ha ammazzato per niente
adesso mi trovo scartato e deriso
un’onta al brillare del vostro sorriso
una carie che rosica
per cercare la polpa
un rottame impigliato
nel mio senso di colpa

inviata da adriana - 28/11/2009 - 18:02



Lingua: Francese

Version française – LE DÉSERTEUR – Marco Valdo M.I. – 2009
Chanson italienne – Il Disertore – Jerrinez – 2005


Je pense bien, Lucien l'âne mon ami si fièrement campé sur tes quatre pieds, que tu connais Boris Vian et sa chanson du déserteur dans laquelle il annonce son intention de déserter et d'aller par les chemins inciter les gens à faire de même. Tu sais bien cette chanson sous la forme d'une lettre et qui commence par « Monsieur le Président... ».

Oui, bien sûr, Marco Valdo M.I. mon ami très cher, comment pourrait-il en être autrement, moi qui suis un âne et par conséquent, depuis la plus haute antiquité, un déserteur en puissance. Sauf quand l'homme était un ami, nous avons toujours, nous les ânes, voulu échapper à toute contrainte et spécialement, à celle du travail obligatoire et bien entendu, à toute forme d'engagement guerrier. Une de nos manies était de nous enfuir dès que possible et spécialement, dès qu'il s'agissait de se battre. En somme, je suis – comme le paysan, comme l'ouvrier, comme l'homme libre – un déserteur-né. Donc, je connais fort bien cette chanson et même bien d'autres de Boris Vian. Veux-tu que je t'en chante une ou deux ?

Arrête-là tout de suite, tu vas faire pleuvoir... Lucien mon ami. Ce que je voulais te dire, c'est qu'aujourd'hui, la chanson s'intitule aussi Le Déserteur, du moins dans ma traduction en français, car en italien, langue dans laquelle elle a été écrite, c'est Il disertore. Cette chanson n'a rien à voir – si ce n'est le sujet – avec celle de Boris Vian. Elle est l'œuvre de Jerrinez, un groupe milanais contemporain, et elle raconte l'histoire d'un déserteur au moment de sa désertion sur le champ de bataille ou à tout le moins, d'une armée en campagne. Par exemple, en Irak ou en Afghanistan, puisqu'il s'agit d'une histoire contemporaine et que le déserteur, somme toute, devrait être Italien. Cela dit, c'est valable pour tout déserteur de quelqu'armée qu'il soit, dans quelque pays que ce soit.

Oui, oui, dit Lucien l'âne en penchant la tête pour saisir un chardon du bout des dents. J'imagine bien que, comme les ânes, les hommes n'aiment pas la guerre, ni se faire tuer... Elle m'intéresse ta chanson.

J'ajoute, Lucien l'âne, si tu veux bien considérer ce qui me plaît le plus dans cette chanson, ce sont ces deux vers :
« Excusez-moi, je reprends mon cerveau
Je ne vois pas d'autre solution. »

En effet, remarque Lucien l'âne sagace, il n'y a pas d'autre solution. Cela rappelle Boris Vian qui disait : « Pour marcher au pas (ce qui est la caractéristique du soldat...), il n'y a pas besoin de cerveau. Une colonne vertébrale suffit. »... Enfin, je cite de mémoire.

Le fond du débat est donc qu'ils peuvent, comme pour l'âne, se saisir du corps, mais chez celui qui résiste, jamais du cerveau.... De la conscience... ou de tout ce qui peut se cacher dans le cœur de l'homme. C'est juste une question de lucidité et de ne jamais céder. NON MOLLARE, mai !

C'est çà, dit Lucien l'âne, toujours sur tes gardes, ne jamais se soumettre... Sauf peut-être en apparence. Ce qui est de bonne guerre... Ah ! Ah!, comme disait Bosse de Nage.

Et voilà donc un autre déserteur, dit Marco Valdo M.I. en souriant....


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
LE DÉSERTEUR

Ils m'ont dit « Vas-y »
Et sers la nation
Tu as des chaussures commodes
Adaptées à toutes les situations
Ils m'ont dit « Vas-y »
Et sers la nation
Avance dans le désert
Et prends position
Envahis l'ennemi
Et arrose-le de ta mitraillette
Conquête pour la gloire et le pouvoir
Bombes en grappe... Victoire !
Je voulais être acrobate
Et me voici soldat
Voltiger sans filet ni protection
Et me voilà ici à moisir parmi leurs canons
La tête basse devant un colonel
Ma rage étouffe au cœur du peloton
Excusez-moi, je reprends mon cerveau
Je ne vois pas d'autre solution.

Je pense à ma mère
Agenouillée dans l'entrée
À compter d'aujourd'hui, je suis recherché
Ma révolte commence
Je pense à ma mère
Interrogée dans l'entrée
À compter d'aujourd'hui commence la bataille
Je suis un déserteur

Je m'arrête là
Ces jambes à traîner
Soigne-moi
Ces habits sont des loques infectes
En rentrant chez moi
Je me suis senti un dément
Qui dans la poussière et dans la boue
A assassiné pour rien
Maintenant je suis démobilisé et moqué
Une offense au brillant de votre sourire
Une carie qui grignote
Pour chercher la pulpe
Des débris enferrés
Dans mon sentiment de culpabilité.

inviata da Marco Valdo M.I. - 29/11/2009 - 22:17


Cari Marco Valdo e Lucien Lane,
la citazione a memoria non è di Boris Vian, bensì di Albert Einstein che in "Come io vedo il mondo" scriveva

"Disprezzo dal più profondo del cuore chi può con piacere marciare in rango e formazione dietro una musica; soltanto per errore può aver ricevuto il cervello; un midollo spinale gli basterebbe ampiamente."

Lorenzo - 30/11/2009 - 00:08


Tout d'abord, salut à toi, Lorenzo et merci d'avoir rectifié l'attribution de la citation et d'avoir rendu à Einstein... Depuis le temps, elle a été mise à toutes les sauces... Cependant, il me reste dans la mémoire de l'avoir découverte dans un texte de Vian. Quand ? Je n'en sais plus rien.
Voilà, j'ai retrouvé.
C'était il y a bien des années... C'était dans une lettre que Boris Vian écrivit à un certain Faber - le Fréron de Vian ( parenthèse : Fréron est ce monsieur qui dénonça Voltaire... ce qui lui fit en son déshonneur cette épigraphe : « « L'autre jour, au fond d'un vallon / un serpent piqua Jean Fréron / que pensez-vous qu'il arriva... / Ce fut le serpent qui creva ». »)... Lequel Faber avait porté plainte contre Vian, avait réussi à le faire interdire de diffusion par la radio et monté une ligue contre lui à la suite de la chanson « Le Déserteur ».
On y découvre qu'en effet, c'est bien Einstein qui parlait de colonne vertébrale, mais.... Voici expliqué mon souvenir de Vian et ma conséquente erreur. Peut-être aussi, une sorte de méli-mélo avec le cancer de la colonne vertébrale de Je Voudrais pas Crever du même Boris Vian.

J'en profite – à titre documentaire et aussi pour me faire pardonner ma confusion – pour citer intégralement la fameuse lettre à Faber. C'est sans doute la plus belle et la meilleure illustration du Déserteur et par quelqu'un qui savait de quoi il parlait – lui.
Elle s'impose d'elle-même entière (je sais qu'il y en a des extraits en introduction au Déserteur) dans le site de Chansons (et lettre) contre la guerre".


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
(qui embrassent bien fraternellement Lorenzo...)

Marco Valdo M.I. - 30/11/2009 - 11:53


Grazie ragazzi.
Io non parlo il francese, ma il fatto che un mio testo sia stato tradotto in francese e che si dibatta, poi, di citazioni del grande Boris Vian, non può che lusingarmi.
Grazie!!!
Bobo Jerrinez

http://frankscighera.splinder.com - 8/1/2010 - 15:02


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