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L'Entaille Rose

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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L'Entaille Rose

Canzone léviane – L'Entaille Rose – Marco Valdo M.I. – 2009
Cycle du Cahier ligné – 39


L'Entaille rose est la trente-neuvième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

Le guerrier-blessé rumine ses douleurs. Il fait le compte de ses blessures et cherche le sommeil et dans le sommeil un instant d'oubli. Mais dans le même temps, sa résistance s'affirme au travers de son errance imaginative. On devine ici la patte du peintre (Carlo Levi) ou la mémoire du voyageur : "Comme dans le ciel de l'Inde, la Lune horizontale.". Résister passe par un voyage dans un autre monde, par le monde personnel, immense et inaccessible, par le dernier refuge de l'être... tout au fond de lui-même.

Oui, dit Lucien l'âne, je sais tout cela et j'ai dû souvent l'expérimenter. Tu sais, Marco Valdo M.I., nous, les ânes, on a été plus qu'à notre tour les souffre-douleurs de bien des humains cruels et stupides... mais armés. Roués de coups, blessés, aveuglés même, nous avons dû subir et nous avons appris à nous réfugier en nous-mêmes. Tu sais, on n'a parfois pas d'autre choix. C'est un de ces mystères dont il vaut mieux s'accommoder. Ce n'est pas que nous soyons des pleutres, mais nous n'avons pas toujours les moyens de faire directement face à l'adversité. En somme, on fait le gros dos, le temps qu'il faut.

Oh, je te comprends, mon ami Lucien l'âne. Mais sache que pour bien des hommes, il n'en va pas autrement. Il y a mille situations où il en va ainsi : dans le travail – où l'homme est aussi esclave que l'âne, dans les camps, en prison, à l'armée, à la guerre, à l'école... Partout où certains hommes imposent leur domination, leur pouvoir, leur droit de propriété, leur exploitation... Partout où des hommes par la force ou la persuasion tentent de tirer avantage des autres.

Oh, dit Lucien l'âne en ouvrant ses yeux comme des étoiles noires, je pressens mieux, d'un coup, toute la portée de notre devise commune - à nous les ânes et à nos amis les hommes - "Ora e sempre : Resistenza !"... Même quand il n'y paraît pas. Un peu comme une taupe qui avance sous la terre...

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.
Pour le guerrier blessé sept fois
Sur le sol encore étendu.
Le sommeil n'est pas revenu
Sur les pattes ultra-légères des chats.

Le rêve ou la peinture,
Sont choses interchangeables.
Là, il y a une montre, sur la table
Dont les aiguilles, précises et sûres,
Toujours sans le moindre retard,
Indiquent l'heure où je suis né.
Minuit moins le quart.
Tout le cadran est effrangé,
Rougi, noirci, troué, labouré :
Un sillon sans fond le rompt.
Ma blessure se confond
Dans le fleuve noir qui baille.
Quelque chose a creusé sept entailles.
Un absurde rapport cabalistique
Superstitieux et névrotique.
Le tableau est une vraie peinture
D'as de cœur dans des mains rouges.
Le tracé de mes sept blessures
Le sillon noirâtre et rose bouge,
Sur un fond de velours blanc.
Cette entaille rose ou rouge,
S'étale sur le cadran.
L' image s'inscrit en un vol sidéral
Comme dans le ciel de l'Inde, la Lune horizontale.
Bouche humide d'actrice à la sensualité salivante,
L'eau de ta bouche comme une blessure souriante,
Languissante, palpitante, angoissée,
Au milieu de ma main éclatée, déchirée
Annonçait peut-être ma mort ou cachait mon secret émoi
De guerrier blessé sept fois
Sur le sol encore étendu.
Le sommeil n'est pas revenu.
Sur les pattes ultra-légères des chats.
Le sommeil n'est pas revenu.
Sur les pattes ultra-légères des chats.

inviata da Marco Valdo M.I. - 7/8/2009 - 23:39


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