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Mon vieil album

Marco Valdo M.I.
Language: French


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Mon Vieil Album

Canzone léviane – Mon Vieil Album – Marco Valdo M.I. – 2009

Cycle du Cahier ligné – 25

Mon Vieil Album est la vingt-cinquième chanson du Cycle du Cahier ligné.


Toujours cette histoire du prisonnier-blessé et son voyage en Onirie. Ce tour de soi-même et la recherche de la substance de la vie. Dans la nuit des nuits, il cherche à se raccrocher à ce qui lui revient en esprit des événements de son passé, de faits saillants de l'histoire qu'il a vécue, de moments forts qui furent aussi les siens. Il s'agit bien de se retrouver soi-même, de se donner raison et des raisons de continuer à lutter, de résister, résister encore.


Alors, le prisonnier-blessé « ferme les yeux pour voir ».
Comme çà, à première vue, l'idée est étrange, mais en réalité, on ferme souvent les yeux pour voir. Ici, on pense à Nougaro : « Sur l'écran noir, de mes nuits blanches... »
Mais dans le lieu clos de l'enfermement, quelle autre façon de voir ? De voir ou de revoir le monde du dehors ? « La fraîcheur du matin sur le fleuve, Le patinage coloré sur la glace, La jeune fille avec son panier de fruits... »

Cette canzone, rappelons-le, est une canzone léviane et les souvenirs sont ceux de Carlo Levi. C'est bien son univers qu'on découvre et subitement, un retour sur images, un flash-back terrible : l'insurrection de Florence (voir la chanson éponyme L'insurrection de Florence), le passage du Ponte Vecchio (en évitant les mines et sous les tirs des « snipers » fascistes ou des canons nazis, un reportage en direct et par un des acteurs de cette bataille. Pour rappel, Carlo Levi fut un des dirigeants clandestins de la Résistance florentine, où il représentait Giustizia e Libertà.

Et donc, on passe ainsi « en fermant les yeux pour voir » à une sorte de film... Carlo Levi est un homme de l'image; il fut d'abord par choix et passion un peintre. Et cela se voit dans son écriture éminemment poétique.

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.
Je ferme les yeux pour voir
et revoir toute mon histoire,
Mon vieil album de photographies.
Le ciel indifférent d'Austerlitz
Aux nuages d'ouate pourpre,
Dissout les tableaux vivants,
La fraîcheur du matin sur le fleuve,
Le patinage coloré sur la glace,
La jeune fille avec son panier de fruits,
L'enfant tenu par la main.
Mais ici, aucune main n'existe,
Ici personne ne tient par la main

La corde pendait d'un côté,
sur le tas de décombres.
Le couloir avait sauté.
À la lumière des lucarnes,
Je passais attentif aux fils.
Sur le pavement brûlant
du Ponte Vecchio et du Lungarno des Offices,
Les corps noirs et gonflés
étaient restés
à se calciner au soleil d'août.
Parmi ces morts sans nom,
Mes pas résonnaient sous les voûtes.

On entendait le canon,
Par les rues et les places
On approchait des moments décisifs.
Dans ce long boyau,
Comme alors, je suis seul
À l'intérieur de la Baleine ou de la Lune,
Et je pressens ce qui m'attend
Le monde multiple du dehors,
La misère, l'horreur, le bonheur.
Le rouge des drapeaux et le noir du sang mort;
Le vert de l'été et l'explosion des couleurs
Le drame, la tragédie et l'enfant mort.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2009/6/21 - 23:14



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