Olivier Mottet

Canzoni contro la guerra di Olivier Mottet

Da:www.oliviermottet.net


Olivier Mottet (biographie anarchico-poétique)

Comme pour d'autres, cela sera peut-être bien parti d'un bord de lit, une guitare à la main et, dans les oreilles, de ces airs longuement fredonnés, Renaud, Brassens pour ne citer qu'eux.


L'on pourrait alors parler de cet adolescent de 14 ans prenant les feuilles de papier pour des miroirs, y posant son empreinte d'une application sincère et indélébile de la plume et du cœur, en dépit de ceux pour qui " la poésie et les mots, c'est bon pour Verlaine et Rimbaud ". Ou alors toute cette histoire en train de s'écrire aurait-elle réellement commencé le jour où tout avait bien risqué de se terminer, ce 18 septembre 2000, " la gueule dans les débris de verre " ?

Si près d'une Mort " pas si dégueulasse ", qu'il n'aurait peut-être pas vu la différence : " Si j'étais mort, ça me changerait pas la vie… " Aujourd'hui, devant cette bière qui n'aura pas été sa dernière, Olivier en rit. Croyant - la réponse tarde à venir : " Oui, j'hésite, forcément, autrement ce ne serait plus une croyance, mais une certitude… "-, et, à l'instar de Coluche, loin d'être opposé au mariage des prêtres " s'ils s'aiment ", il ne craint pas ce dernier pont que chacun est appelé à franchir un jour ; nulle peur de ce qui rend le souffle plus court et le visage plus blême dans les derniers instants : ces remords qui contiennent jusque dans la sonorité même du mot tout le dépit des vies accroupies. Non, pas de cela chez Olivier. Oui, " on a le temps de mourir satisfait " !

Si près…et ce non-dit qui subsiste malgré tout au coin de l'œil : peut-être…peut-être ne voulait-on pas encore de lui là-haut, là où les guitares cèdent le pas aux trompettes ; peut-être n'avait-il pas rendu tous ces devoirs ici-bas. Alors quoi, " changer les hommes, changer les cœurs avec des bouquets de fleurs " comme le proposait Voulzy ? Il y a un peu de cela, certainement, chez Olivier, mais pas seulement. Parfois " bouquets de roses ", ses chansons à lui savent également se muer en briques et parpaings dans la gueule des puissants, en pavé dans la mare stagnante du conformisme, en " boîte à bouffon " contre les sombres et les taciturnes. Le parti politique qu'engage Olivier n'a d'autre nom que la Chanson, d'autre bannière que celle de la Poésie.

Mais aujourd'hui beaucoup de choses foutent le camp dans ce domaine-là. Tout, ou presque, est " pseudo ". Pseudos-stars, pseudo-poésie. Il ne reste que quelques aiguilles d'un pur métal dans des bottes de bas alliages -pour ne pas dire " de merde " lorsque la fabrication d'idoles se fait à la chaîne. Ainsi, la nouvelle chanson française -celle qui peut encore tout de même mérité ce titre - " emmerde " Olivier : " de la description balzacienne sans…Euh…génie ". Pseudo-poésie parce qu'environnement sans véritable microcosme : " Un poème, une chanson, tu les portes en toi plus qu'un tableau. Derrière une toile, il y a la technique du peintre ; derrière la poésie, c'est une atmosphère, une idéologie qui se dessinent ".

De là à considérer les textes d'Olivier comme autant de décalques d'une vie, il y a un pas délicat que nous n'oserons franchir. Car ce n'est pas tant le vécu que le ressenti que l'on retrouve en arrière-fond : une réaction au monde, un clin d'œil complice, une valse dans le gris-blanc du passé. Olivier n'est pas un danseur de tango : aux brutales et frictionnelles saccades, il préfère la virevoltante légèreté des trois temps. Trois temps pour deux : " Y'a eu Gainsbourg et sa Jane, Brassens et sa Jeanne ". Tout poète a sa -ses- muse(s), le nôtre n'y faillit point. Pour un bonheur de valse, un amour de l'âme pour l'âme -cette langue, certainement, que recherchait Rimbaud…- " l'ataraxie, quoi ! ", cette douce ivresse si proche de celle éprouvée sur scène. Olivier n'est d'ailleurs jamais plus heureux que dans l'amour ou devant un public ; heureux parce que satisfaisant son désir d'être utile en donnant du bonheur aux gens. " L'amour, t'en as besoin pour être bien… "

D'amour et d'eau fraîche, comme dit l'poète. Finalement, " oui ! ", a-t-on envie de crier. L'Amour, la suprême Poésie. Avec sa guitare, voilà la seule chose qu'Olivier emporterait sur une île déserte : nul besoin d'écrire, la chanson serait du vécu à pleines gorgées. Et en même temps du ressenti pur. Le plus beau des poèmes pour lui? Fonder une famille à son tour, un jour. Pour des enfants qui porteraient dans leurs Perles Noires " l'Asie, l'Orient " peut-être ; cette région du Valais, à tous les coups, dans laquelle Olivier a grandi et qu'il aime tant.

Ce petit coin de pays bien discret où le poète a trouvé ses auditeurs du début -et d'aujourd'hui encore-, lorsqu'il se lançait en 1997 dans son premier concert, pour les Restos du Cœur. " C'est parti de là… ", dix-huit ans après ce 7 octobre 1979 qui vit naître le " p'tit loubard " aux cheveux roux, cadet de trois enfants dont le premier deviendra peintre et enseignant, la seconde psychologue " et bricoleuse de choses inutiles ", ainsi que la plaisante Olivier. Mené sur le chemin de l'art, le benjamin en choisira la bordure musicale et poétique, tantôt menant les mots par la bride, tantôt écrasés par eux, qui deviennent alors maux, l'adolescent se faisant réceptacle d'émotions, " gouffre à sentiments ", puis artisan du verbe, parce qu'il faut bien que cela sorte, d'une manière ou d'une autre.

Et cela sortira tellement fort et avec une telle intensité que ses parents auront " peut-être eu peur, un moment ", rigole-t-il, que leur Ecorché vif de fils " ne finisse seul avec une guitare, sous un pont "…

Mais il y a eu l'amitié, cet " apprentissage à acquérir avant de pouvoir réellement tomber amoureux ", ces amis qui lui ont " permis de (se) reconstruire durant les temps où (il) en avait vraiment besoin ". Il y a eu, chemin faisant, " les bonnes rencontres aux bons moments ", Benoît, Lionel et les autres, Marc Aymon, complice talentueux et verso rock d'un Olivier qui ne risque guère de finir sous des arches de pierres. Ou alors ce sera " l'âme en carafe sous les ponts de la Seine ", ainsi que Ferré voit les poètes. Ou au cœur de ces " imaginaires pays où tout est neige, où tout est blanc ". Et il n'y sera pas seul…

Patrice Genet