Gaston Montéhus

Canzoni contro la guerra di Gaston Montéhus

Gaston Montéhus (1872-1952) fu uno dei primi "anarchici provocatori" della canzone francese. Si presentava in scena con in testa un casco da operaio e con alla vita una larga cintura rossa. Difese i movimenti operai, anarchici e socialisti. Divenuto pacifista a oltranza all'epoca della Prima guerra mondiale, sostenne il leader antimilitarista Jean Jaurès (assassinato il giorno prima della dichiarazione di guerra) e i "Poilus" (chi si rifiutava di combattere), entrando in scena vestito da soldato e con la testa fasciata da una benda macchiata di sangue. Nel 1947, oramai "monumento" ed istituzionalizzato, gli fu decretata la Legion d'Onore dal Presidente della Repubblica Francese.

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Difficile à classer celui-là : les socialistes le réclament comme étant un des leurs mais aussi les anarchistes, les juifs, les communistes, les antimilitaristes, les syndicalistes, les pro-choix, les anticléricaux, les radicaux, les gauchistes et tout le prolétariat mais il lui est arrivé de faire crever les pneus de sa voiture par les ouvriers du quartier où il chantait, son public étant souvent composé de bourgeois.

Ses chansons d'une lointaine actualité, de 1897 à 1928 (?) sont presque toutes oubliées. La petite histoire a retenu Gloire au 17e, La grève des mères et La butte rouge. - Il en écrit pourtant : une bonne centaine sinon plus, en majeure partie mises en musique par son camarade Raoul Chantegrelet.

On sait qu'il est né à Paris, en 1872, le neuf juillet ; qu'il s'appelait Gaston Mordachée Brunschwig, qu'il était l'aîné d'une famille de 22 enfants, qu'il a débuté dans la chanson à 12 ans (sous le nom de Montéhus, déjà) ; qu'il publia sa première chanson, Au camarade du 153e, en 1897, à Chalons-sur-Marne ; qu'il fut admis à la S.A.C.E.M. en 1904 en soumettant Du pain ou du plomb (thème imposé : «L'heure de l'Angelus aux champs» !) et qu'il devint presque mondialement connu en 1907 avec son Gloire au 17e.suite à ce qui est aujourd'hui un fait divers, les soldats de ce régiment ayant refusé de tirer sur des vignerons en colère en 1907 :

Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en tirant sur nous
Assassiner la République...

Ce que l'on sait moins, c'est qu'il fut l'ami de Lénine lors de l'exil de ce dernier en France ; qu'il chantait en première partie de ses conférences, en 1911 et qu'il était franc-maçon.

Ce qu'on ne veut pas trop se rappeler, c'est qu'en 1914, lui, l'anti-militariste par excellence, composa des chansons pour l'emprunt de guerre, la victoire finale, l'union sacrée dont une célèbre Lettre d'un socialo sur - comble des combles - l'air du Clairon de Déroulède :

Certes cela est pénible
Quand on a le coeur sensible
De vois tomber les copains
Mais quand on est sous les armes
On n'doit pas verses de larmes
On accepte le destin.

Pour ces chants patriotiques, il reçut, en 1918, la croix de guerre.

En 1919, il revient à ses premières convictions pour composer son chef-d'oeuvre, La butte rouge, la seule chanson de lui qui nous soit vraiment restée.

Chantre de toutes les revendications, de toutes les luttes sociales, «véritable polygraphe de la petite histoire» (Serge Dillaz - La chanson sous la IIIe république), sa popularité commença à décliner au début des années vingt : son costume, ses allusions à la Commune et aux conflits ouvriers d'avant-guerre commencent à faire vieux jeu.

Dans les années trente, il passe du côté de la politique, devient membre du SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) puis du Front populaire mais en 1942, âgé de 70 ans, il se voit contraint de porter l'étoile jaune. - En 1947, le Ministre de la guerre, Paul Ramadier, lui remet la Légion d'Honneur. - Pauvre, malade, oublié de tous, il s'éteint à Paris en 1952.

Sa discographie, qui s'étend de 1905 à 1936, comprend une vingtaine de titres dont, curieusement, pas sa chanson la plus connue, La butte rouge.

La voix est vibrante - un peu «Bérard-esque» -, passionnée (théâtralement passionnée) et colle bien à ses textes. La diction et le timbre sont inoubliables.